Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de…

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Korn

Les Korn du diable

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Lors de cette soirée placée sous le signe du diable ('Number of the beast 666'), le Zénith s'est converti à la philosophie du métal pour accueillir des groupes aussi solides et réputés que Soulfly et Korn. Les formations en présence partageaient d'ailleurs une devise commune : "Make some fxx noise". Et manifestement, ils ont respecté ce dessein. Ce qui a bien évidemment enchanté le public.

A ce jour, Flyleaf n'a commis qu'un seul Ep ; mais un disque sur lequel figure un hit : 'I'm so sick'. Ce quintet américain peut, en outre, compter sur une chanteuse charismatique : Lacey Mosley. Elle possède un timbre vocal perçant, proche d'une Courtney Love. Le combo pratique un rock dynamique, énergique, mélodique, mais surtout métallique. Et leur set s'est révélé, ma foi, fort agréable.

Soulfly ne disposait que de 40 minutes pour chauffer la salle. Son métal tendu et implacable concentre (speed)metal, hardcore, rock, dub et rythmes brésiliens. Tout au long du set, les guitaristes se sont acharnés à multiplier les envolées de cordes (NDR : surtout Tom Morello). Une prestation enfiévrée par les accès de basse et fouettée par les percussions impitoyables. Une section rythmique en béton, quoi ! Fin de l'an dernier, le band a commis son cinquième opus, 'Dark Ages' ; mais Soulfly n'a guère interprété de titres issus de cette plaque. 'Babylon' et 'Frontlines', quand même. On a eu droit à une cover du 'Roots bloody roots' de Sepultura, l'ex groupe de Cavalera. Les morceaux sont imprimés sur un tempo infernal. Le climat est lourd. Max Cavalera hurle tout ce qu'il a dans les tripes. Comme un animal blessé… De temps à autre, un second vocaliste se met également à rugir. Il en remet une couche. Effrayant ! Bref, un set très court mais puissant et surtout convainquant!

Après une traversée du désert, caractérisée par la confection d'albums sans grand intérêt et de prestations scéniques de piètre facture, Korn s'était enfin de nouveau montré à la hauteur de son sujet, l'an dernier, lors du festival Pukkelpop. On le croyait au bout du rouleau. Et il est ressuscité. 'See you on the other side', son nouvel elpee, aligne des compos lourdes mais mélodiques. Les spécificités de Korn ont retrouvé toutes leurs couleurs : les riffs de guitares tranchants, la ligne de basse ronflante, les drums stimulants et le chant torride de Jonathan Davis. Le line up est aujourd'hui élargi à huit musiciens, impliquant un percussionniste, un second guitariste et un 'backing vocalist'.

La formation a ouvert le set par 'It's on'. Derrière le rideau, on pouvait entrevoir la structure imposante de la batterie et des claviers. Un rideau qui s'est finalement ouvert pour laisser apparaître la gigantesque mise en scène, après trois morceaux. La double percussion a rendu le son plus riche et dynamique. Le band a privilégié les compos issues de son ancien répertoire ; et puis dès le début, a exécuté quelques classiques comme 'Falling away from me' ou 'Here to stay'. En milieu de parcours, le collectif a quelque peu ralenti le tempo. Ce qui ne l'a pas empêché de maintenir la concentration de la foule. Notamment à travers 'Shoots and ladders' et 'Lies'. Ils a, bien sûr, livré l'un ou l'autre fragment issu de son dernier elpee ; et en particulier 'Coming undone' et 'Throw me away'. Traditionnellement Davis interprète une chanson à la cornemuse. Pour 'ADIDAS', l'excitation du public était à son comble ; une manière de conduire le spectacle vers l'apothéose : 'Got the life'…

En rappel, Korn a dispensé trois titres imprimés sur un rythme particulièrement soutenu : 'Twisted radio', 'Freak on a leash' et 'Blind'. Le guitariste fêtait son anniversaire ce jour là (666). Un 'Happy Birthday' diabolique lui a été réservé. Après une heure et demie de prestation, les musiciens se sont retirés. Et il faut reconnaître que leur set s'est révélé à la fois captivant et intense, démontrant ainsi que le groupe s'est enfin reconnecté à la scène métal contemporaine…

Organisation: France Leduc Productions

Traduction: Hendrik Tant (Adaptation Bernard Dagnies)

 

Korn

Neo Metal is not dead !

Quatre ans après leur dernier passage dans la capitale belge, les rois du Neo Metal étaient de retour ce 30 mai, et de nouveau à l’Ancienne Belgique. Le concert affiche complet depuis de nombreux mois et malgré les énormes embarras de circulation, la salle est pleine à craquer pour accueillir les Californiens. Retour sur une soirée qui a fait plus que tenir ses promesses.

N’allons pas trop vite en besogne, et attardons-nous d’abord quelques instants sur la première partie assurée par les Allemands de Beyond The Black. Évoluant dans un style radicalement différent de la tête d’affiche, les Teutons –dont on peut qualifier la musique de Metal Symphonique– sont venus nous présenter leurs deux opus gravés à ce jour. Emmené par la talentueuse chanteuse Jennifer Haben, le groupe nous propose un show pas vraiment inoubliable, mais loin d’être de mauvaise facture. Leurs différents titres reposent sur des bases solides et carrées, quoique sans véritable éclat ni originalité. Si les intros et refrains regorgent de subtiles nuances et de bonnes trouvailles, les morceaux ont tendance à s’aplatir durant les couplets. Une première partie sympathique, mais qu’on oubliera finalement assez rapidement.

Place maintenant aux stars du soir, tout droits venus de Bakersfield. Accoutrés comme à la grande époque du Neo Metal, nos 6 acolytes débarquent sur le podium d’un air assez nonchalant. Exit l’habituel « Blind », le band entame les hostilités sur « Right Now » et embraie par « Here to Stay ». Il n’en faut pas beaucoup plus pour déchaîner la fosse, qui se transformera en une véritable cocote-minute durant une grosse partie du show.

« Somebody Someone » et « Narcissic Cannibal » installent l’auditoire dans l’ambiance du set. Entre les morceaux, la formation se montre plutôt discrète et meuble les quelques ‘blancs’ par des jeux de lumières, des nappes de claviers atmosphériques et de petites vagues de batterie. Assez anodine en apparence, cette technique permet au public de ne jamais lâcher prise et de rester à tout moment présent dans ce climat pesant dont le band a le secret.

Après le classique « Falling Away from me » et « Coming Undone », Jonathan Davis s’arme de sa cornemuse. Tout fan qui se respecte sait que le moment est venu pour « Shoot and Ladders », monument du premier elpee, conclu par un petit bout du classique de chez classique, « One » de Metallica. Les titres suivants font retomber légèrement l’atmosphère, sans pour autant la refroidir totalement. Un petit solo de batterie suivi de l’instant de folie « Twist » permet au spectacle de repasser à la vitesse supérieure.

Ray Luzier aux fûts et le bon vieux Fieldy à la basse accomplissent un superbe travail de l’ombre en construisant une ossature solide aux compos Ce n’est pourtant pas une surprise. Cependant, celui qui impressionne encore le plus, c’est le frontman Jonathan Davis. Vocalement au top, le chanteur semble presque dans son état normal, loin de son époque torturée et déchirante.

Après une petite séance de gros mots (« Y’all Want a Single ») ainsi que sa rituelle et énergique cover de Pink Floyd (« Another Brick in the Wall »), Korn quitte la scène sous les cris d’un public enchanté. Quelques longs instants plus tard, ils sont de retour pour nous proposer un véritable enchaînement destructeur réunissant « Blind », « Got the Life » et « Freak on a Leash ». Rien que ça !

Le public est K.O. et le sextuor jubile, car il est de nouveau parvenu à prouver qu’il n’est pas un des empereurs du Néo Metal pour rien. Tout au long de la soirée, hormis peut-être Brian Welsh, visiblement agacé par quelques petits pépins techniques, le combo a donné le max pour nous communiquer toute sa hargne et sa folie.

Une soirée pareille, on en redemande volontiers ; en espérant ne pas devoir encore attendre quatre ans, un autre concert en salle, là où il peut vraiment nous montrer ce dont il est capable (voir aussi notre section photos ici)

Julien Sterckx (Suricate)

Organisation : Ancienne Belgique

 

Korn

Untitled

Écrit par

Icône absolue du mouvement Néo Métal, Korn continue d’expérimenter. Bien que son chemin tout tracé l’éloigne de ses premières amours, il a conservé sa marque de fabrique : une production toujours massive et saturée !

Le single « Evolution » s’inscrit dans la tradition des grands classiques du groupe ayant mis le feu au Graspop 2007, tandis que « Hold On » évoque furieusement l’hymne « Got the Life ». Cependant, l’ensemble s’écarte de la déjà bien solide discographie du combo dont la tête pensante demeure la rock star Jonathan Davis. Le batteur David Silveria s’en est allé, et l’intérim est assuré aujourd’hui par un des drummers les plus techniques de l’histoire du rock. Permanent chez King Crimson, Terry Bozzio est aujourd’hui âgé de 57 ans. Comme musicien de session, il a accompagné des noms aussi prestigieux que Frank Zappa, Steve Vai et même Fantomas. Sa collaboration à la nouvelle livraison de Korn n’est malheureusement pas à la hauteur de nos espérances. Bozzio s’est juste contenté de suivre les instructions de Davis, et n’apporte aucune touche personnelle à cette œuvre éponyme. Globalement, les tempos sont plutôt lents, et l’agressivité toute relative. Et dorénavant, le piano s’incruste dans le monde torturé de Korn, accentuant le côté sombre d’une musique mécanique, parfois bizarroïde et difficile à digérer. Mélangeant l’industriel et le heavy à des couplets lyriques, la sphère musicale de la formation est en parfaite adéquation avec la pochette particulièrement réussie de cet opus, une œuvre qu’il faudra apprivoiser au fil des écoutes. Accuser Davis n’ Co de se reposer sur sa gloire et se répéter serait bien de mauvaise foi, mais cette nouvelle remise en question risque de dérouter les fans les plus hardcore tout en séduisant un public en manque de ce que l’on dénommait à la fin des années 80, le métal fusion. Loin d’être un chef d’œuvre, le Korn ‘cru 2007’ mérite largement que l’on y prête une oreille attentive.

Pour les inconditionnels, nous ne pouvons que recommander la très luxueuse édition limitée qui, outre son très bon titre inédit, recèle un poster de l’artwork de l’opus, des cartes à l’effigie des membres du groupe, et un DVD plutôt sympa.

Korn

Greatest Hits

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A première vue, ce best of n’a guère d’intérêt. Ce n’est ni la reprise du “Word up” de Cameo ni d’“Another brick in the wall” du Pink Floyd qui le rend intéressant. Ni le tracklist à proprement parler, au demeurant impeccable, enfilant les hits (le but du best me dirait vous) de manière rétrospective, puisant 2 à 3 titres dans chaque galette. Remarquons que l’argument “cross over” de Korn est complètement écarté. Pas de rapper à l’horizon. Du rock bien balancé sur 15 titres. Non, là n’est pas l’intérêt. Mais alors ??? Alors le Dvd mes amis ! Et quel Dvd. Flash-back : le matin du 24 novembre 2003, une radio annonce un concert de Korn. Pour le soir même. Le spectacle est gratuit et se déroulera au mythique CBGB de New York... Double cohue. Gratuité et exiguïté. La nuit tombe. A cette époque de l’année, normalement, personne ne se ballade en tee-shirt dans cette métropole. Surtout pour y faire le pied de grue depuis le matin. Le groupe arrive. On imagine facilement les minutes qui paraissent des heures avant la montée du band sur scène. 7 titres y seront joués. De quoi concocter un mini best of. Au départ, le tracklist était bien plus conséquent. Mais dans la fournaise et par mesure de sécurité le set sera écourté. Les grands bénéficiaires de cette opération sont bien sûr les (quelques) fans qui ont réussi à y accéder ; mais de manière plus indirecte Korn. Replacé dans une salle et non pas dans des stades, le groupe rappelle sa dimension humaine et s’inscrit dans la lignée des grands groupes de scène. Et Jonathan Davis chante vraiment. Les musiciens jouent vraiment. Exit l’image d’une machine en pilotage automatique. Pour les petits veinards qui ont chopé le concert diffusé sur une chaîne musicale il y a quelques semaines, pas besoin de ce best of. Pour les autres et pour épingler le commentaire d’un témoin de l’événement : ‘Je n’ai rien vu, mais je sais que c’était génial’. Soyez de ceux qui ont vu !

Korn

Take a look in the mirror

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Désirant contrecarrer la mise en ligne prématurée (NDR : à l'insu de leur plein gré) de leur nouveau rejeton, Korn décida donc d'avancer la date de sortie de "Take a look...". Cet avancement dans le planning marketing de Sony est-il à la base de la démi-déception/joie que procure ces 13 nouveaux titres? Nous savions que le finalement bien nommé " Untouchables ", précédente galette sortie fin 2002 (ils ne chôment pas les petits gars de Bakersville !), avait bénéficié d'un travail studio particulier. Chiadé dans ses moindres détails, l'album remettait Korn aux avant-postes de la scène néo-métal bien souffreteuse à l'époque. Mais ne doit-on pas également voir le premier changement de personnel depuis la création du groupe comme un effet négatif ou tout au moins perturbant, pour ce groupe qui place la "famille" au premier rang de leurs valeurs ? David Silveria a en effet laissé sa place derrière les fûts (pour sûrement passer derrière les casseroles de son resto) à Wally Balljacker, inconnu au bataillon, moins créatif et percutant. Le groupe semble être à un tournant. A ce titre le livret parle de lui-même : des photos puisées ça et là tout au long des 10 ans d'existence du groupe. Musicalement, les racines sont clairement identifiables. On retrouve donc la cornemuse si chère à Jonathan Davies; un rap enlevé en compagnie de NAS. Mais aussi deux hommages : le premier, à peine dissimulé, sous la forme d'une reprise (une première ?) du tellurique "One" des vétérans de Metallica. Capté lors d'une soirée hommage aux grands-pères du trash diffusée sur MTV, Korn balance un titre sévèrement burné, personnellement réinterprété et de surcroît, de fort belle manière. L'autre hommage, plus "caché", vous saute aux oreilles au troisième titre, "Counting on me", où Munky et Head s'aventurent dans du pur Black Sabbath... Papy Ozzy, le clin d'oeil est appuyé... C'est Jack qui doit le prendre pour lui ! Bon au-delà des ces piailleries, "Take a look..." réserve son lot des tueries, mais n'atteint pas le niveau de ses productions antérieures. Pour quiconque entre dans l'univers torturé de Korn, passe encore. Les puristes verseront une petite larme...

Korn

Untouchables

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Cinquième effort pour ce groupe porte étendard de la jeunesse désœuvrée de tout le monde libre occidental. Après avoir décroché quelque peu la carrière de Korn après " Life is peachy ", je me suis surpris à réécouter plus attentivement les albums que j'avais loupés en leur temps. Car " Untouchables " m'a donné cette envie de combler le vide que j'avais laissé. Car c'est un putain de bon album. Selon mon humble avis, la plaque est trop longue (à l'instar d'" Issues " et de " Follow the leader "). Mais c'est bien là son moindre défaut. Après avoir opté pour une approche trop hip hop, trop marquée tendance, Korn opère une espèce de retour aux sources à travers un rock tendu, noir, martial et couillu. Le groupe restera une grosse machine vendeuse, ne retombera pas de sitôt dans l'anonymat, mais devrait l'assumer de façon manière astucieuse. Mais pitié qu'ils arrêtent de jouer les éternels adolescents collégiens dans leurs clips. Ils sont devenus adultes aujourd'hui, non ?

 

Alexis Korner

Musically rich… and famous

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Alexis Korner nous a quittés voici juste vingt ans. Et il mérite à coup sûr l'étiquette de père du blues anglais. Flanqué de son ami Cyril Davies, il jouait le blues fin des années 50, à Londres. En 1962, il fondait la véritable première formation de blues anglais : le Blues Incorporated. Dans toute bonne discothèque blues, doit figurer un témoignage de cette époque glorieuse ; et je pense tout particulièrement au célèbre "R&B from the Marquee". Ce double album constitue également un document très intéressant pour illustrer la 2ème partie de la vie musicale d'Alexis. Sous-titré "Alexis Korner Anthology 1967 – 1982", il résume en plus de deux heures, quinze années d'aventures musicales diverses. Car cet artiste ne se focalisait pas sur un seul genre ; il développait sans cesse de nouvelles expériences. Il était également devenu un découvreur de talents, offrant même leur chance à bon nombre de musiciens anglais. C'est à ce titre que l'album est très recommandé.

La présentation de chaque plage serait fastidieuse, mais il est bon de savoir que l’histoire de cet elpee débute en novembre 1967, par un très beau "Corina, Corina". Alexis se réserve le chant et la guitare. Il y est uniquement accompagné par Victor Brox, figure de proue de l'Aynsley Dunbar Retaliation, au chant, au piano et au cornet. En septembre 1968, il opère sous la forme d’un trio pour attaquer "Operator" et "Steel away". Robert Plant est au chant et à l’harmonica, Steve Miller aux claviers. Cet épisode s’est produit quelques jours avant que Plant ne rejoigne les Yardbirds qui allaient devenir Led Zeppelin. Alexis appréciait les artistes en herbe. Et en particulier le Free, une formation drivée par le chanteur Paul Rogers et le bassiste Andy Fraser. En septembre 69, ils se réunissent en compagnie du groupe New Church, pour interpréter plusieurs plages dont "Mighty mighty Spade and Whitey". Ils reçoivent, en outre, le concours du guitariste danois Pete Thorup et d’une armée de cuivres, reflet de la scène jazz anglaise particulièrement dynamique d'alors. En 71, on le retrouve aux côtés de Zoot Money, une célébrité de la scène R&B locale, pour chanter "Lo and behold". L’intéressant "One scotch, one bourbon, one beer" date de 72. Mel Collins, Boz Burrell et Ian Wallace, musiciens qui sévissaient alors chez King Crimson, sont de la partie. Il chante en compagnie du regretté et talentueux Steve Marriott (Humble Pie), "I don't know". "Oo-Whee baby" est un rockin' blues allègre soutenu par le piano de Tim Hinkley, les cordes de son fidèle Pete Thorup et le sax de Mel Collins. Soutenu par un front de cuivres, il se révèle très swing tout au long de "Captain America". Mais aussi très roots, pour échanger un duo avec l'harmoniciste Duster Bennett, en juillet 73, sur "Vicksburg Blues".

Le second CD s’ouvre par une adaptation du "Get off my cloud" des Rolling Stones. Nous sommes en septembre 74. Keith Richard, Steve Marriott, Peter Frampton et Nicky Hopkins sont de la fête. Excusez du peu ! Un document, c’est une certitude ! En 75, il chante le "Spoonful" de Willie Dixon, en solo. Seul, face au public allemand de Mayence. Il y démontre qu'il est incontestablement un vrai bluesman. Flanqué de Thorup, il chante avec le funky "You got the power", un fragment sur lequel Dick Morrissey (ex-If) se réserve le sax ténor. En 77, il chante en solitaire une autre cover des Rolling Stones, "Honky Tonk woman". Un nouveau témoignage historique remonte à 1978 : "Hey pretty mama". Chris Farlowe chante. Eric Clapton partage les guitares avec Alexis. Zoot Money se réserve le piano et le jazzman John Surman se consacre au sax baryton. En 1979, il s'assied derrière le piano pour chanter avec émotion le "How long blues" de Leroy Carr. L'année suivante, il s'attaque à "Got my mojo working" épaulé par son fidèle et talentueux bassiste, Colin Hodgkinson. Les dernières plages datent de juin 1982 et ont été réalisées en duo avec Colin, dont les deux célèbres "Big boss man" et "High heeled sneakers". Désormais malade, Alexis devait s'éteindre le 1er janvier 1984, à l'âge de 55 ans. Il avait été sa vie durant un musicien ouvert et productif. Il restera celui qui mérite incontestablement le titre de père du blues européen. Que les amateurs de blues reconnaissent que ce mouvement, essentiellement productif dans les années 60, a sans doute permis au blues de retrouver un vaste public et aux vrais créateurs du blues, d'un peu mieux vivre de leur musique.

 

Korn

Pour aller à l'essentiel, pas besoin de grosses machines…

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Au sein de tout groupe imposant, véhiculant une image forte, il existe invariablement, au moins, un leader charismatique, à la personnalité affirmée et quelquefois très trouble aussi. Pensez à Trent Reznor ou Marylin Manson. Chez Korn, ce rôle est incarné par l’étonnant –et le mot est faible– Jonathan Davis, un Californien âgé de 29 ans.

Il semblerait que Jonathan Davis ait, lui aussi, vécu une enfance difficile suite au divorce de ses parents. Dans l’univers su rock contemporain, cette situation semble courante. Cette rupture l’a particulièrement marqué et les conséquences le poursuivent toujours. En outre, avant de devenir le chanteur attitré de Korn, Jonathan déclare avoir travaillé, dès l'âge de 16 ans, comme... assistant de médecin légiste. Afin de l’aider à découper des cadavres. Il a ainsi  entamé des études à la ‘school mortuary science’ de San Francisco. Cette expérience l’a-t-elle transformé en un angoissé chronique, doublé d'un parano qui porte la mention ‘HIV’ en tatouage sur un bras ?

Quoi qu'il en soit, Davis –qui s'exprime relativement peu–a souvent reconnu éprouver beaucoup de mal à se sentir heureux. Ce qui n'a surpris personne ! Davis reconnaît souffrir d’insomnie, née précisément de ses angoisses. « Chaque fois que le bonheur était à portée de main, un malheur m'a frappé » explique-t-il. « Le jour où ‘Follow The Leader’ est entré directement à la première place dans les charts US, j'enterrais mon grand-père! Au sommet de la gloire du groupe, je me suis séparé de ma femme... »

En clair, Davis se méfie désormais de ce bonheur. C'est sans doute la raison pour laquelle il carbure au Prozac : pour au moins connaître un certain bien-être, même virtuel… Bien sûr, son comportement n'étonnera personne, puisque pendant de nombreuses années, il a été sous l’emprise de la cocaïne et à l'alcool. Aujourd'hui, il affirme être sobre. Peut-être parce qu'il est devenu père (NDR : d'un fils prénommé Nathan, né en octobre 95), allez savoir...

Jonathan Davis en a conscience, Korn est, aujourd'hui, le porte-parole de mômes un peu paumés, pour lesquels la vie est un perpétuel combat. A ce titre, son image se rapproche sans doute de celle d'un Kurt Cobain, la surexposition médiatique en moins. « Je me sens comme ces gosses, aussi mal qu'eux » expliquait encore Davis à un journaliste d'un mensuel metal français, il y a quelques mois. « Mais peut-être avons-nous empêché que certains se foutent en l'air (...) Si la musique peut sauver des vies, elle devient spéciale et spirituelle ».

Résumons : Jonathan Davis n'est pas un joyeux drille, son approche de la vie est empreinte de négativisme. Il confirme : « Tout dans ma vie est génial alors je ne peux m'attendre qu'à quelque chose de mauvais... » Néanmoins, il se soigne. Et il y a tout lieu de le considérer comme un type intelligent qui analyse, interprète et exprime son intériorité avec lucidité. Dans l'ensemble, Korn avance. En six ans de production discographique, le groupe a enregistré une progression inimaginable, passant du statut de groupe metal alternatif voire obscur à celui de ténor de la scène rock, de véritable machine à dollars qui dispose de son propre label (Elementree Records) et de son propre festival itinérant (Family Values).

Le guitariste Brian ‘Head’ Welch avait, il y a cinq ans déjà, clairement résumé Korn en nous déclarant que ‘le rock de Korn est vrai’ : « Notre musique sert à communiquer, à nous exprimer, c'est pas pour poser ou pour amasser du blé. Nous sommes, à travers nos compos, exactement à l'image de nos personnalités. » Bon, ce genre de propos est défendu par bon nombre de musiciens, et de prime abord, il fait très ‘cliché’, mais peut-être que derrière cette réflexion, il a quelque chose de concret…

De l’influence de Faith No More sur un fan de Duran Duran

Korn a toujours été convaincu de son succès. Le bassiste Reggie ‘Fieldy’ Arvizu le confirme : « D'aussi loin que je puisse me rappeler, dans notre petit local de répète, alors qu'on n’avait pas encore accordé de concert, on était persuadé de faire de la putain de musique qui allait tout exploser ».

Kom est aujourd'hui un leader. Il a imposé son style, en profitant des brèches ouvertes par d'autres. A titre de référence, Davis reconnaît être grand fan de Faith No More dont il adore l'album ‘The Real Thing’. Initialement, durant son adolescence, il était plutôt adepte du mouvement néo-romantique et de Duran Duran ; ce qui lui avait valu une réputation d'homosexuel. « Faith No More, a été une lumière pour moi. Objectivement, il a encouragé de nombreux groupes à se former, en leur ouvrant une nouvelle voie. Ils sont les précurseurs d'un hard-rock différent. Ils ont été les premiers à introduire des éléments hip-hop dans leur musique ; et à l'époque, c’était très original ».

De Korn à Leader

Korn est l'archétype du groupe metal rock de la seconde moitié des années 90. Brûlant, ésotérique, détraqué et surtout anticonformiste. Au tout début, les choses étaient sans doute différentes. Head s’explique : « L'orientation musicale de Korn a vraiment pris son essor lors de l'arrivée de Jonathan. Toutes les chansons qui figurent sur le premier CD ont été composées à partir du moment où il a débarqué. Avant, on avait écrit plein de trucs mais on n'a rien retenu. Jonathan est vraiment une personnalité, quelqu'un de très complexe. Chez lui, s'exprimer est un besoin et Korn, c'est son exutoire, sa thérapie. C'est la raison pour laquelle nos textes sont si noirs, si angoissants ».

Korn est issu de Bakersfield (Californie), une petite cité américaine perdue et anonyme. Jonathan Davis y est d'ailleurs né en 1971. « On s'est tous ou presque connus sur les bancs de l'école » avait un jour déclaré Welch, installé au soleil dans le parc du Botanique où Korn était venu jouer en première partie de Primus, une de ses influences évidentes. « On a donc forcément joué ensemble. Après un certain temps, on s'est barré pour aller vivre à Los Angeles. On a un peu galéré. En jouant dans d'autres formations ». Les quatre autres membres de Korn ont sévi chez IAPD avant de lancer le groupe. « On a été plus funk-rock ou punk, avant de trouver notre voie, ce qui n'a pas été simple. Korn existe depuis 1991, mais on eu un mal fou à trouver un bon chanteur. Le soir où on a vu Jonathan à l'oeuvre, on a su que c'était lui ! On l'a débauché, simplement » Du groupe Sexart, où il militait. « En pratique, on a surtout évité de mettre des limites à ce qu'on allait projeter. Avoir l’impression d’être poussé dans le dos par quelque chose, sans savoir exactement de quoi il s’agit, est un sentiment assez grisant ».   

Le metal des 90’s

En 94, Korn grave un premier elpee éponyme. Le vrai démarrage du disque nécessitera quelques mois mais dès que la vitesse de croisière sera atteinte, l’ascension sera rapide. L'album deviendra disque d'or aux States et permettra au groupe de partir en tournée en compagnie d’Ozzy Osbourne, Megadeth et Marilyn Mansun, entre autres. A propos de ce premier disque, ‘Head’ nous avait expliqué : « Nous avons tenu à enregistrer en pur analogique. Le matériel utilisé date bien des années 60. Pour aller à l'essentiel, pas besoin de grosses machines. Au contraire… »

Le second opus, ‘Life Is Preachy’, connaîtra une réussite commerciale beaucoup plus rapide. En quelques semaines, il atteint le 3ème rang du Billboard aux States. Par la suite, Davis lui-même admettra pourtant que cet album n'était pas excellent. Peu après la sortie du disque, le band part en tournée dans le cadre du Lollapalooza festival. Il doit, pourtant quitter l'affiche: le guitariste James ‘Munki’ Shaffer –qui joue sur une guitare à 7 cordes– est atteint d’une méningite.

Korn devient de plus en plus énorme. Comme d'habitude, l'Amérique puritaine se fait entendre. A Zeeland, une ville du Michigan, un étudiant est renvoyé de son lycée pour avoir arboré un tee-shirt affublé du logo du groupe. Le directeur de l'école explique sérieusement qu'il considère la musique de Korn comme ‘indécente, vulgaire et obscène’.

C'est surtout grâce à l'album ‘Follow The Leader’, sorti en 98, que Korn atteint le sommet de sa popularité. Le long playing est splendide. Il lui permet d'être identifié dans les médias spécialisés comme un ensemble ‘psycho-musical de chimistes de la sensation hip-métallique’. Une définition qui cerne bien le groupe d'alors ? On n'a pas encore forgé son opinion.

Plus Korn grimpe haut, plus le groupe cherche à rester en contact avec ses fans. Son site web officiel est très actif (1). Il se lance dans une ‘Korn Campaign’ qui le voit traverser les USA d'une côté à l'autre ‘pour rencontrer ses admirateurs et signer en moyenne 2 000 autographes par jour. I1 expérimente en concert le concept de la ‘Korn Cage’, une cage en acier placée sur le podium où on installe des aficionados, pendant le show. Le groupe explique que par ce titre d'album, ‘Follow The Leader’, il insiste sur l’importance d'une nouvelle scène de musique ‘crossover’ qui le voit lui et quelques autres, comme Limp Bizkit, Coal Chamber ou les Deftones, proposer un mélange entre des musiques qui n'ont pas de frontières. Il y a quelques mois, est sorti le 4ème album ‘Issues’. Un disque au succès commercial retentissant, lui aussi. Pour la pochette, le combo a organisé un concours sur MTV. Très metal, ‘Issues’ est moins ‘crossover’ que les précédents long playings. Dans la foulée, la formation s'est lancée dans une gigantesque tournée…

(Article paru dans le n° 83 du Magazine Mofo d’avril 2000) 

(1) Korn a été parmi les premiers artistes metal à miser sur le Net (www.korn.com) pour assurer sa promo et créer un contact direct avec les fans. Les musicos ont été des pionniers pour diffuser un concert via Internet. Cette initiative leur a valu la une de ‘Time Magazine’. Il avait aussi mis tout le contenu de ‘Life Is Preachy’ à disposition des fans sur son site. Mais le standard ‘MP3’ n'était pas encore répandu, à l'époque ...

 


Korn

Issues

Écrit par

Attendu au dernier festival de Dour, Korn, le groupe américain phare de la scène néo-métal, a été contraint de déclarer forfait, pour cause de travail en studio. " Issues " est donc le fruit d'un travail de longue haleine ! Rendu énorme grâce au soutien d'MTV (NDR : notamment !), le groupe du boss Jonathan Davis ne pouvait se permettre de décevoir ses fans après un " Follow the leaders " jubilatoire. Plus que jamais, Korn combine hardcore, métal et hip hop, avec une classe évidente, renforcée par une production signée Brendan O'Brien, garantie d'un son bétonné. A classer aux côtés des derniers Coal Chamber, Filter et Rage Against the Machine. Soulignons qu'un bonus CD qui renferme des versions remixées de " classiques " et le très dispensable Jingle Balls est disponible sur le premier pressage européen, en édition limitée.

 

Korn

Korn

Korn pratique un trash métal à la croisée des chemins de Suicidal Tendencies et d'Helmet. Ce qui doit probablement vous donner une petite idée des intentions affichées sur ce morceau de plastique. Rien de bien original, cependant; mais un groove très solide galvanisé par la conjugaison des guitares viscérales, rebelles de Welsh et de Munkey Munk, et abrasé par le vocal vindicatif, sulfureux de Jonathan Davies, dont le timbre semble coincé entre celui d'Eddie Vedder (Pear Jam) et de Weiland (Stone Temple Pilots).