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Kristofer Astrom

From Eagle to Sparrow

Écrit par

Ex-membre des vétérans émo de Fireside, Kristofer Åström mène depuis 1998 une régulière et attachante carrière solo dont on avait perdu la trace depuis « Sinkadus » (2009). Habituellement flanqué de ses fidèles Hidden Trucks, c’est aujourd’hui seul maître à bord que le Suédois revient dans un registre folk immuable qu’il maîtrise à merveille à l’aide de sa guitare acoustique et son inséparable harmonica (« For You »). Il tisse des complaintes folk aux accents pop et mélancoliques (« Strong & Tall), rappelant parfois Elliott Smith (« Taser Gun ») voire Conor Oberst (« Can You Imagine ? »), mais qui s’avèrent malheureusement parfois soporifiques (« Full Moon »)…

Pas convaincu que cette nouvelle étape lui permette de décrocher une notoriété pourtant méritée ; et pourtant, la musique du ‘loner’ nordique est une valeur sûre sur laquelle on revient avec plaisir, certains d’y retrouver quelques pépites à écouter en solitaire…

 

Kristofer Astrom

So Much For Staying Alive

Après quatre albums solo de country-folk crépusculaire (dont les très beaux « Northern Blues » (2001) et « Loupita » (2004)) et des années de bourlingue EMO passées en compagnie de son groupe Fireside, le Suédois Kristofer Astrom a décidé, cette fois-ci, de ne plus couper la poire en deux. D’où cette pop-rock aux relents amerloques (Tom Petty-Bright Eyes-The Posies), pleine de riffs électriques et de piano boogie. Enregistré en été 2004, ce disque est plaisant comme une brise sous le soleil (les jolis chœurs de « The Wild », la ritournelle au piano d’« Until Tomorrow »). A la fin les nuages apparaissent (« Empty Hands » et son ambiance ‘waitsienne’, le country-blues de « Telling Lies ») mais la journée fût belle… « So Much For Staying Alive » ? Pas tant que ça, en fin de compte.

Kristofer Astrom

Loupita

Il y a trois ans Kristofer Astrom sortait un premier album solo : pas du rock-EMO dont il nous avait habitué en compagnie de son excellent groupe Fireside, mais du folk country crépusculaire, à écouter les tentures bien tirées sur nos rêves de grandeur. Une musique profil bas, mais dont la beauté sourde, quelque part, nous rassurait. Tout au long de " Loupita ", Astrom creuse le même sillon, mais cette fois-ci vraiment seul. Son backing band, Hidden Truck, étant trop occupé dans d’autres projets musicaux, c’est à l’arrache, avec sa guitare et son harmonica, que le songwriter suédois continue son bonhomme de chemin. Un chemin poussiéreux sentant bon l’Amérique de Palace et de Timesbold, qu’on foule en espérant se perdre. Astrom a donc enregistré ce disque. En quatre jours. Bénéficiant de la participation de l’inconnue Britta Persson, sur certains morceaux. Aux vocaux. Et à l’instar, d’un Nona Mez chez nous, on sent le couple parfait. L’amour, toujours : le meilleur remède à la mélancolie et au surplace. Kristofer Astrom l’a bien compris, et livre ici treize titres d’une élégance cajoleuse. Joli travail!

Kristofer Astrom

Northern Blues

Au pays des songwriters qui font mouche, la Scandinavie fait partie désormais des valeurs sûres : Kings of Convenience, St Thomas, voire Royksopp (pour son électro plus proche des formats " chanson " que de Biosphere) et Lee Hazlewood (un Américain jadis en villégiature en Suède, comme en témoigne son " Cowboy in Sweden ")… Autant de jeunes (et moins jeunes) compositeurs qui allient le flegme nordique aux sonorités les plus sereines. Pensez à ce " Quiet is the new loud " érigé en manifeste par les Kings il y a plus d'un an, et que l'Angleterre s'est empressée de récupérer sous l'appellation moins poétique de " new acoustic movement "… Un retour aux sources de la guitare folk et country dont Kristofer Astrom semble être le nouvel ambassadeur (un de plus). Son " Northern Blues " fait en effet la part belle aux ambiances tristounettes, le spleen comme nouvelle arme de séduction et la libido scandinave sacrifiée au profit d'une langueur toute hivernale. Pas qu'il fasse froid chez Astrom : ses chansons parlent quand même d'amour (" All Lovers Hell ", " You Don't Know How Good You Are ", " She Loves Me ", " Connected "), mais d'amour déchu, raté, fini. " I hope you'll burn in hell ", lance-t-il par exemple à sa belle dans " How Can You Live With Yourself ? ". Astrom, bourreau des cœurs ? Sur " You Don't Know How Good You Are ", il tente pendant dix minutes de se faire pardonner… Peine perdue : la belle est partie. " I've been the lonely one since you've been gone " (" Years Since Yesterday ") : t'en fais pas, mon vieux, elle reviendra… La preuve avec " She Loves Me " et " Summer Version " en final de ce beau disque. L'été en Scandinavie, ça existe donc bel et bien ? Ouaip, et il paraît même que ça dure six mois. D'ici là, on espère qu'Astrom n'aura plus trop le " Northern Blues ", et que son disque continuera à rythmer nos saisons.