Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Kurt Vile

Kurt Vile, c'est mon vrai nom…

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Co-fondateur de The War On Drugs, Kurt Vile quitte rapidement le groupe, en 2009, pour (ré)embrasser une carrière solo qu’il avait entamée en 2003. Prolifique, en deux décennies il doit compter, en tout, près d’une quarantaine d’elpees et d’Eps à son actif. Ce virtuose de la guitare est revenu progressivement d'une lo-fi bruyante vers ses racines country-folk-rock, lui qui vit désormais entouré d'arbres et de forêts. L’an dernier, il avait gravé le splendide « Watch My Moves » et il est déjà de retour en sortant « Back To Moon Beach », un Ep de six morceaux jamais publiés et écrits au cours des quatre dernières années, très pandémiques (un titre s'intitule d'ailleurs « Touched Somethin (Caught a Virus) », dans une veine très dépouillée comme les arbres en cette saison, et flanquées d'une nouvelle version de « Cool Water » (NDR : l’original est paru sur le dernier LP) et de deux covers, dont une de « Must Be Santa », une chanson de Noël signée Bill Fredericks et Hal Moore et adaptée en 2009 par Bob Dylan…

Vous reprenez le Zim et Wilco, évoquez Tom Petty (« Tom Petty's Gone ») sur ce disque. Pourtant, en termes de guitare, vous vous référez plutôt à Thurston Moore de Sonic Youth et J Mascis de Dinosaur Jr. Alors pourquoi cette combinaison de références à ces trois artistes sur ce disque ?

J'ai été très tôt influencé par la virtuosité de J. Mascis ainsi que trois artistes, par leur jeu de guitare pincée.

Mais c'est surtout qu'ils me parlent en tant qu'auteurs-compositeurs.

De plus, les morceaux de Tom Petty passait à la radio, alors qu'au contraire, Dylan ne verra que quelques-unes de ses chansons diffusées ; cependant, il exercera une influence indéniable sur des musiciens comme Neil Young et Tom Petty, au niveau de l'écriture. Jeff Tweedy de Wilco a lui-même été influencé par ces deux-là... Impossible dès lors de ne pas l'être à mon tour.

Être fan de Petty, Dylan et Springsteen, ne serait-ce pas une sorte d'hommage rendu à votre père et à ses choix musicaux ?

Non, c'est simplement parce que je suis un auteur-compositeur américain. J'ignore pourquoi ces chansons me parlent. Celles de Springsteen vont simplement vous anéantir, et notamment « The River », Atlantic City » ou « Independence Day ». Elles évoquent son père et une manière de lui signifier qu'il doit quitter le nid familial.

Elles vous parlent parce que c'est de la musique de col bleu ?

Partiellement. En ce qui concerne Springsteen, c'est très possible. J'écoutais des radios de rock classique pendant que j’accomplissais mon propre boulot de col bleu à l'usine, tout en essayant de m'en extraire.

Plus vous vieillissez, plus lo-fi vous devenez...

C’est une évolution naturelle pour revenir à mes racines. Je n’affirmerai pas que je suis spécifiquement lo-fi, mais simplement que j'utilise tous les éléments du genre. Je suis vraiment heureux de composer depuis chez moi ou d'aller en studio quand bon me semble. Mais je peux terminer un morceau à tout moment dans mon home studio, si je le souhaite. Le simple fait d'être entouré à la maison d'un tas d'instruments étranges que j’utilisais à mes débuts –comme la trompette– suspendus sur tous les murs, ont une incidence, alors que lorsque j'enregistre dans un autre studio, je n'ai pas cette relation intime avec les instruments qui là-bas vous encadrent également. Ainsi, lorsque quelqu'un d’extérieur vous enregistre, la performance devient trop professionnelle…

La covid a-t-il modifié votre approche de la musique ?

L’épidémie m'a forcé à en revenir aux fondamentaux. S’asseoir et remplir un carnet comme au bon vieux temps. Avant la pandémie, lorsque j'étais embarqué dans une tournée, je n'y arrivais plus. Elle m'a finalement permis de me replonger dans l'époque où, à la maison, je me posais afin de lire et d'écrire de la musique, pris dans une sorte de pratique bénéfique. La covid m'a redirigé vers une manière plus conventionnelle de travailler à domicile.

Pourquoi publiez-vous autant d'Eps ?

Il y a une minute au moins que mon dernier Ep n'était pas paru (il rit) ! Je suis fier d'être aussi prolifique et de pouvoir sortir celui-ci à la fin d'un cycle de tournée plutôt qu'au début. J'ai trouvé un bon équilibre désormais. Je sais que j'aurai toujours des concerts à l'horizon, mais également que je disposerai du temps libre entre les deux pour sortir un disque.

Je livre des Eps parce que c'est mon boulot, mec ! Je fais de la musique et j'en suis fier ! Le précédent, « Speed, Sound, Lonely KV », ressemblait à un extended play enregistré à Nashville. Et notamment parce qu’il a été enregistré en présence du chanteur de country-folk, John Prine... 

Quel que soit le voyage, j'ai de la chance de pouvoir explorer différents mondes, par Eps et par albums.

D’un point de vue littéraire, pourrait-on comparer un Ep à une nouvelle et l’elpee au roman ?

Cela dépend. Dans ce cas-ci, c'est peut-être quelque part entre les deux. Celui-ci en particulier, et les six chansons qui y figurent, a un petit air de compilation, d'autant que trois chansons le complètent.

Quelle est l'influence de la forêt environnante sur votre production ?

Je la vois tous les jours et nous y campons souvent. J'ai écrit certaines des chansons comme « Like Wounded Bird Trying To Fly » durant l'un de ces séjours en forêt. Pendant la pandémie, j'avais l'habitude de m'asseoir au milieu des arbres et de regarder les bois dans lesquels nous vivons. Il est important pour moi d'être entouré de forêts au point où j'ai même oublié l'époque où nous vivions en ville.

L'élévateur semble toujours une grande source d'inspiration pour vous, puisque « Space Forklift » est le titre d'une de vos premières chansons…

Oui, j'y pense constamment. Je songe à mon univers de col bleu et à la brasserie, toute proche, où j'ai travaillé. Au cours de l'été dernier, j'y ai assisté à un concert, et j'y ai revu mon vieux chariot élévateur... J'aimerais le conduire à nouveau. Viendra un moment où c'est que je ferais (il sourit).

Quel est donc le point commun entre Kurt Weill, le compositeur classique et toi ?

Eh bien, c'est mon vrai nom Kurt Vile mais je suis également un grand fan du compositeur allemand. J'ai un box-set de ses œuvres avec Bertold Brecht. Mais je vous avoue qu'un jour, en allant me faire couper les cheveux, j’ai entendu une interview de David Byrne qui racontait être fan de ma musique... celle de Kurt Vile. En écoutant ces mots, j’en ai conclu qu’il parlait certainement du compositeur allemand... (rires)

Ou plus récemment Martin Gore de Depeche Mode qui avouait dans un programme télé qu'il aimait les accords étranges dans la musique de Kurt Vile. Et j'étais sûr qu'il parlait du compositeur de musique classique. Mais je n'ai jamais eu de confirmation à ce sujet...

Mais bon, j'adore Depeche Mode, donc, finalement, c'est peut-être vrai… (il sourit)

Kurt Vile - Back To Moon Beach (Virgin) - 17/11/2023

Photo : Ludovic Vandenweghe

 

Kurt Vile

De plus en plus près du succès, de plus en plus loin de ses fans…

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Le dernier elpee de Kurt Vile est paru ce 25 septembre. Intitulé  “b'lieve I'm goin down”, il privilégie le country/folk voire l’americana. Tout en se révélant davantage mélancolique aussi. Il s’agit de son sixième. De quoi se demander si le concert de ce soir n’allait embrasser une forme acoustique. Bref, une chose est sûre, le succès du Pennsylvanien est en constante progression. En décembre 2013, il se produisait encore à l’Orangerie du Botanique et aujourd’hui, il est programmé à l’AB. La salle est comble et il faut craindre ou espérer (biffer la mention inutile) que dans un futur proche, il se retrouvera à l’affiche de Rock Werchter et de festivals du même calibre…

En débarquant à l’AB, Lower Dens vient d’entamer le dernier titre de sa prestation. Opter pour les transports en commun, c’est une bonne alternative pour ne pas s’engluer dans les embouteillages de Bruxelles. Encore faut-il qu’ils soient ponctuels… Le band de Baltimore (NDR : c’est dans le Maryland) a également publié son dernier long playing, en mars dernier (« Escape from Evil »). Après avoir écouté un seul morceau, le final en l’occurrence, difficile d’en dire davantage… 

Suite à une brève intro (NDR : toujours celle d’une compo des Happy Mondays), Kurt Vile et ses Violators montent sur l’estrade. Et le band attaque directement l’allègre « Dust bunnies », un titre issu du dernier opus. De cet elpee, la set list va d’ailleurs proposer 7 plages, rappel y compris. Mais pour la plupart en version plus électrique. Sauf le plus ‘bluegrass’« I’m an outlaw », au cours duquel Vile troque sa gratte contre un banjo qu’il joue remarquablement en picking. Et lors du rappel pour « All in a daze work » du dernier LP ainsi que « Baby’s arms » (« Smoke my funny halo »). Et si Vile se consacre à la sèche sur « Stand inside » et « Wild imagination » (« b'lieve I'm goin down »), le torturé « KV Crimes » (« Walkin on a pretty daze ») ainsi que « Freeway » (« Childish prodigy »), il est quand même soutenu par son trio (basse, guitare, batterie, claviers) et parfois par une boîte à rythmes. Parmi les morceaux les plus électriques, on épinglera cependant, le plus offensif « He’s alright » et le crazyhorsien « Walking on a pretty day ». Un style que votre serviteur apprécie. Sans oublier le dernier titre du set, « Freak train ». Puissant, percutant, enlevé et chargé de feedback, il est enrichi d’un saxophone et imprimé sur un tempo ‘motorik’, rappelant quelque part Hawkwind. Quelquefois, surtout dans ses inflexions les plus laconiques, la voix de Kurt évoque celle de feu Lou Reed. Kurt peut s’appuyer sur un excellent backing group, c’est manifeste. Le drumming du batteur est ample et précis. Le guitariste et le bassiste sont loin d’être des manchots. D’ailleurs, ils échangent régulièrement leurs instruments, quand le premier ne se consacre pas aux claviers. Ou tire carrément son épingle du jeu, en se servant en même temps d’un bottleneck et du vibrato, comme sur « Wheelhouse ».

Kurt Vile est un excellent guitariste, tant en picking qu’aux accords plaqués. Il change d’ailleurs pratiquement de gratte (NDR : une Fender Jaguar, quand elle est électrique) à chaque compo. Mais il n’est pas un bon entertainer. Il parle très peu entre les chansons et ne suscite pas d’engouement ni de réaction enflammée au sein de la foule. Qui a sans doute espéré l’étincelle qui n’est jamais venue. Elle applaudit pourtant à la fin de chaque morceau ; mais en restant sur la réserve. Tout comme Vile, d’ailleurs. Il semble vivre dans son monde. Sa longue chevelure lui cachant très souvent le visage. Pourtant, vu l’affluence, il ne fait aucun doute que sa musique est devenue accessible au grand public. Et que l’Américain est prêt à écumer les grands rassemblements estivaux. Où vous ne le verrez plus à 3 ou 20 mètres, mais peut-être à 100 voire 200 mètres. Il s’éloignera donc des fans de la première heure…

Setlist :

1. Dust Bunnies
2. Pretty Pimpin
3. Jesus Fever
4. I'm an Outlaw
5. Wheelhouse
6. KV Crimes
7. Freeway
8. H
e's Alright
9. Stand Inside
10. Wakin on a Pretty Day

11. Freak Train

 Encore:

12. Wild Imagination
13. All in a Daze Work (with b'lieve i'm going down in the outro)

14. Baby's Arms

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

Kurt Vile

Ne pas perdre les pédales…

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La prévente relative à la double affiche réunissant Scout Niblett ainsi que de Kurt Vile & The Violators n’ayant pas obtenu le succès escompté, le spectacle a dû déménager à l’Orangerie du Botanique. Bref, il était donc logique que la salle soit bien garnie pour accueillir ces artistes.

Originaire de Nottingham, Scout Niblett est depuis peu quadragénaire. Elle s’est installée au States en 2003 et s’est fixée à Portland, dans l’Oregon, deux ans plus tard. C’est d’ailleurs au début de ce millénaire qu’elle a véritablement entamé sa carrière. Responsable de 6 albums à ce jour, son dernier « It's Up to Emma » est sorti en mai dernier. Au cours des dernières années, elle beaucoup bossé en compagnie de feu Jason Molina, Bonnie ‘Prince’ Billy et Steve Albini, ce dernier comme producteur. C’est aussi une passionnée d'alchimie et d'astrologie. C’est d’ailleurs un des thèmes de ses lyrics. A ses débuts, elle pratiquait une forme de blues indé, avant de glisser progressivement vers un post punk minimaliste.

Kurt Vile est étasunien. Et il nous vient très exactement de Philadelphie, en Pennsylvanie. Avant d’embrasser une carrière individuelle, il militait chez War on Drugs, formation qu’il a quittée en 2005, cédant alors le relais du leadership à Adam Granduciel. Vile en solo, ce n’est pas tout à fait vrai, puisqu’il est soutenu par un backing group qu’il a baptisé The Violators, en 2009. Et jusqu’au pénultième elpee, Granduciel était encore de la partie. A la guitare, mais parfois aussi à la production. Paru cette année, « Wakin on a Pretty Daze » constituera certainement un des albums de l’année. On était donc curieux d’assister à sa transposition en ‘live’…

Il est 20 heures pile, quand Scout Niblett monte sur l’estrade. Seule. Juste armée de sa guitare. Et on peut affirmer qu’elle est curieusement fagotée. Elle dépose son sac à dos à ses pieds. Des grands pieds, puisqu’elle doit chausser du 47 fillette. Mais ses chaussures sont trouées, il faut le préciser. Elle a enfilé des chaussettes de laine rouge jusqu’au genoux. Et puis a revêtu une robe qui doit sortir de la garde-robe de son arrière arrière grand-mère. Elle a cependant un joli minois. Pas très souriante, quand même, elle a piqué une fleur rouge, dans ses cheveux, au-dessus de son oreille droite. A partir du second morceau, elle est rejointe par un drummer. Excellent, mais aux interventions à la fois parcimonieuses et percutantes. Puis du troisième titre, par un guitariste, tout aussi discret, mais dont les petites touches nuancent judicieusement les compos. En fin de parcours, il va prendre de plus en plus de place, notamment sur les morceaux les plus musclés. A la limite du grunge. Pas pour rien qu’elle cite Nirvana, Sonic Youth et Mudhoney, parmi ses influences majeures. Pourtant, tout au long de son set, je n’ai pas cessé de penser à PJ Harvey. Et en particulier à l’époque de « To Bring You My Love ». A cause de cette tension constante, qui va aller crescendo. Et puis de son style dépouillé, sauvage, viscéral, la voix campant plutôt un hybride entre Cat Power et Kim Deal, malgré des intonations parfois terriblement violentes. A l’instar de « Gun », morceau au cours duquel on a l’impression qu’elle est prête à se procurer un fusil pour régler ses comptes. Ses hurlements font même froid dans le dos. Probablement le résultat de problèmes de couple. Franchement, à la place de son mec, je m’exile au fin fond de l’Amazonie… Et pour accentuer cette impression, les coups de drums claquent comme de véritables balles. Meurtrières, implacables. Avant d’entamer le dernier titre, Emma Scott esquisse un léger sourire. Nous avoue être malade depuis quelques jours (NDR : elle a probablement chopé une bronchite), puis reprend son sac à dos et tire sa révérence. N’empêche on a vécu un excellent concert…

21h30, les lumières s’éteignent et les haut-parleurs diffusent un titre des Happy Mondays. Puis, Kurt Vile et ses Violators prennent possession de la scène. Kurt et son guitariste rythmique arborent une chevelure impressionnante, celle du drummer et du bassiste s’arrêtant au-dessus des épaules. Kurt change de gratte à chaque morceau. Et manifestement aux six cordes acoustiques, il est particulièrement habile. En se servant d’un tapis de pédales, il dissémine des sonorités élégantes, psychédéliques, en picking, torturées ou encore scintillantes. Il est même capable de dispenser des accords en ‘barré’ à l’aide de son pouce, comme Jimi Hendrix. Impressionnant ! Il tâte aussi de la gratte électrique ; mais il me semble bien moins à l’aise. Si bien qu’au début d’un morceau, il lâche son manche, empoigne le micro pour chanter, puis ne sait plus où il en est, regarde ses pédales et interrompt la chanson. Il récidive et se plante une seconde fois sur le même titre. Finalement, il en revient à une guitare acoustique et rétablit la situation. En fin de set, il reprendra la gratte électrique, mais sans se servir de ses pédales, preuve s’il en est que l’artiste est bien plus à l’aise armé d’une acoustique électrifiée, voire d’un dobro. En milieu de parcours, il va même nous réserver deux titres ‘unplugged’, « Peeping tomboy » et « Feel my pain ». Remarquable ! Vocalement, Kurt a un peu trop tendance à laisser traîner la voix ou alors à la tremper dans la reverb. Pourtant son timbre est aussi chaleureux et profond que celui de Lloyd Cole. C’est tout à fait flagrant sur disque, mais pourquoi ne profite-t-il pas de cet atout majeur sur les planches ? La question mérite d’être posée. Au fil du show, le second guitariste et le bassiste s’échangent leurs instruments, ce dernier en profitant alors d’injecter davantage de vibrato dans les sonorités électriques. C’est également lui qui circonstanciellement se sert de la boîte à rythmes. Il imprime ainsi un tempo de rumba à l’excellent, long et atmosphérique « Goldtone ». Hormis « Freeway », le band va puiser son répertoire au sein de ses trois derniers albums, l’entamant par le titre maître du dernier long playing, « Walkin on pretty day », et l’achevant, lors du rappel par celui du « Smoke ring for my halo ». Un bon concert, parsemé de quelques titres psychédéliques, hypnotiques, planants, de la meilleure veine, dont le sens mélodique des compos m’a parfois rappelé Robyn Hitchcock, mais pas aussi parfait que nous ne l’espérions…

(Organisation Toutpartout + Botanique)

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Kurt Vile

Un mur de guitares…

Écrit par

Ce soir, j’éprouve un énorme plaisir en me rendant au Botanique. Et pour cause, je vais revoir Kurt Vile, le nouveau génie américain de la guitare. Cet ex-membre de The War on Drugs avait publié « Smoke Ring for my Halo », son quatrième opus solo, l’an dernier. Un disque remarquable qui s’était classé dans le ‘Bilboard 200’. L’Orangerie est donc comble pour accueillir ce jeune trentenaire, nouvelle coqueluche avouée de Sonic Youth.

En live, le Philadelphien est soutenu par un backing band : les Violators. Et déjà depuis 2009. Lors de son set, le gratteur yankee et ses acolytes vont enchaîner les perles des deux derniers opus, parmi lesquels j’épinglerai « Jesus Fever » et « Freak Train » mais aussi « Overnite Religion » et « Blackberry Song » (NDR : issus de « Childish Prodigy »). Le son est pachydermique. Les six cordes imparables. Mieux encore, les quatre musicos se révèlent de véritables virtuoses. Traversées de larsens, brumeuses, psychés, les compos baignent dans le shoegaze. Bref, tout au long de ce show, Kurt Vile & The Violators vont s’efforcer d’ériger un véritable mur de guitares. Et le quatuor chevelu va y parvenir, le concert atteignant même son pic d’intensité lors de la reprise du « Downbound Train » de Bruce Springsteen  (NDR : une plage extraite de son dernier Ep, « So Outta Reach ») ainsi que de l’irrésistible « Peeping Tomboy ».

A contrario de son dernier passage à la Rotonde, Rotonde, Kurt Vile concèdera un rappel au cours duquel il va interpréter « He’s Alright » et un « Baby’s Arms » empreint de délicatesse. Ce soir, cette nouvelle grande figure de la musique américaine nous a accordé un concert tout simplement magique…

(Organisation Botanique)

 

Kurt Vile

Childish Prodigy

Écrit par

Kurt Vile est chanteur/guitariste. Avant de se lancer dans une carrière solo, il militait au sein de War on Drugs, une formation responsable de deux Eps et d’un seul album. Mais je dois avouer que sans la biographie et les quelques articles recueillis sur internet, j’aurais bien été en peine de vous fournir ces quelques mots d’introduction. « Childish Prodigy » constitue le troisième album perso du Philadelphien. Et vu son prénom, je me demandais à quelle sauce, j’allais être dévoré. Craignant même qu’elle soit bien grasse, noyée sous la réverb’ et gavée de distorsions. Et pourtant, à premier abord peu digeste, elle se révèle progressivement savoureuse, pour finalement mériter l’une ou l’autre étoile réservée à un grand chef.

Ce grand chef n’en est donc pas à son coup d’essai. Néanmoins ce « Childish Prodigy » est sa première œuvre à bénéficier d’une distribution mondiale grâce à Matador. Ce qui n’est pas n’importe quel label ! L’elpee recèle l’un ou l’autre titre dispensable, mais en général, ils sont de bonne voire de très bonne facture. Faut dire que les compos jouissent d’un sens mélodique particulièrement aiguisé. De ce tracklisting, j’épinglerai ainsi « Freak Train », une plage de 7 minutes à la fois malsaine et géniale, au cours de laquelle on a l’impression d’être piloté par un conducteur fantôme sous l’emprise de l’alcool. Ce périple folk/rock totalement chaotique trouble autant qu’il ne fascine. « Monkey » ensuite. Une ballade mélancolique au cours de laquelle la voix de Kurt est bouleversante. A en attraper des frissons. Vile adore brouiller les pistes. Oscillant entre folk, psyché et rock, sa solution sonore est souvent filandreuse, saturée, rebelle, à première écoute aride ; mais surtout originale et séduisante. Un peu comme s’il voulait revêtir à la fois les costumes d’un M. Ward moins classique, d’un Dinosaur Jr. plus folk ou d’un Neil Young moderne…

Une chose est sûre, au sein de la galaxie des nouveaux songwriters américains, Kurt Vile mérite une place privilégiée. Sa musique est à la fois bordélique, émouvante et inventive ; et s’il s’agit de folk, il vient d’une autre planète… où il n’existe aucune règle...