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Laberinto

Mask Of A Thousand Faces

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Au début des années 90, le métal cherchait à se renouveler en mariant les genres. La fusion était partout. On mixait tout et n’importe quoi. Funk, Rap, Jazz, World Music tout passait à la moulinette métallique.

L’Amérique latine, comme le reste du monde, n’était pas épargnée. En 1989, à Caracas au Venezuela, quelques solides gaillards se prennent au jeu. Ils décident d’injecter massivement des percussions traditionnelles afro-américaines, à un cocktail de métal lourd et de hardcore. Ils choisissent pour patronyme Laberinto (Labyrinthe en espagnol) et, dans la foulée, baptisent leur création artistique de ‘Metalatino’. Dès 1992, le groupe s’expatrie et s’installe à Amsterdam, bien décidé à faire découvrir son style multiculturel révolutionnaire aux Européens. De son pied-à-terre batave, Laberinto édite album sur album : “Laberinto" (1995), "Priority" (1996), "Freakeao" (1998), “Laberinto Live" (2000), "Another Style” (2000), “Decada" (2003) et “The World Might Suck – Laberinto Featuring Osdorp Posse” (2008). Les Vénézuéliens se forgent aussi une sérieuse réputation scénique en tournant aux quatre coins du monde.

En  2010, Abel Canizales (Guitare), Marco Toro (Batterie & Percussion), Gregorio (Basse) et Miguel Padron (Percussion) durcissent le ton et recrutent un frontman  hollandais charismatique et burné répondant au nom de Ronny Tuinman. Cette évolution vers un style plus extrême est plutôt judicieuse ; et pour cause, leur nouvel opus, « Mask Of A Thousand Faces », devient l’album ultime du métal ethnique : furieux et exotique à la fois. Une basse qui slappe autant qu’elle groove, d’énormes riffs de guitare, des percussions tribales, des soli à faire pâlir n’importe quel adepte du shredding et une voix hurlée, à la limite du métal et du hardcore. L’appellation ‘Metalatino’ semble soudainement bien réductrice : ‘Samba Post-Thrash’, ‘Funk Metal Extrême’, ‘Metal Urbano-tribal’, ‘Carnavalcore’ tous ces termes correspondraient mieux au Laberinto millésimé 2010. On pense bien sur à Sepultura, à Soulfly pour le côté métal moderne, extrême et tribal, mais aussi aux Parisiens d’Abinaya pour les percussions savamment intégrées. Laberinto y ajoute ses influences typiquement latino, mais aussi du funk, du groove et du feeling, le tout servi par une technique remarquable.

Laberinto vient de livrer sa meilleure réalisation en vingt-et-une année d’existence. Un voyage ultime entre modernité urbaine et tradition tribale. Ne passez pas à côté de cette plaque !