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Ozark Henry connaît la musique Parker…

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Lescop

Des arrangements musicaux précis et une mise en scène visuelle efficace…

‘Ça fait longtemps !’, confie d'emblée Lescop au public venu assister à sa prestation, ce soir, au Botanique. En effet, son dernier concert au centre culturel remonte à 2013 ! C’est même à cette date qu’il avait accordé une interview à Musiczine (à lire ou à relire ici).

Pour être précis, le chanteur français visite la capitale de l'Europe pour la 5ème fois. D'abord, en 2012, en première partie de Daniel Darc, dans le cadre des Nuits Botanique et, rebelote quelques mois plus tard, au sein de la Rotonde. Dès 2013, à nouveau, lors des Nuits et enfin, en 2017, au cours du regretté BSF (Brussels Summer Festival).

Ce soir, il revient après un long hiatus, qu'il a mis à profit pour changer d'air après avoir subi les aléas d'un succès un peu trop rapide. Selon ses déclarations, il a apprécié son rôle d’acteur (sa première passion), écrire des scénarios et former un projet 'rock/glam', baptisé Serpent. Cette période lui a aussi permis de changer de maison de disque. Adieu, le label ‘Pop Noire’ de ses amis Johnny Hostile et Jenny Beth et bonjour Labréa Music / Wagram Music / Turenne Music.

Pour rappel, Lescop est le pseudo de Matthieu Peudupin. Lescop, c’est le nom de famille de son arrière-grand-mère bretonne. Ex-chanteur du groupe punk rochelais Asyl, il a développé, en solo, un style de ‘pop française' fortement inspiré des années '80. Une ‘pop noire’ qui a fait mouche dès son premier hit, le lumineux "La Forêt", et son album éponyme, dont la musique célébrait un mariage parfait entre Daho, Taxi Girl et Indochine, tout en empruntant des accents à The Cure, Joy Division et The Velvet Underground.

Ce soir, le retour s’opère dans l'intimité de la salle du Museum, au Botanique. L'artiste vient y présenter son tout nouvel elpee, “Rêve Parti”, réalisé en coopération avec le musicien-producteur Thibault Frisoni (comparse de Bertrand Belin).

Après une courte introduction, le très beau "Elle" ouvre efficacement le concert. Lescop investit les lieux avec classe et discrétion. Pendant "Exotica", un des 3 hits potentiels de sa dernière production, en l’observant, on constate qu’il a mûri : exit, le polo Fred Perry, le jean et les Converse ; il porte un costume foncé et une chemise brune. Derrière son pied de micro, concentré et les yeux fermés, il affiche un air sérieux, presque grave. Quand il bouge, il s'autorise juste quelques élégants déhanchements, légèrement androgynes.

A ses côtés, un tout nouveau 'band', composé d'un batteur, d'un claviériste/guitariste et d'une bassiste qui prend en charge les voix d'appoint mais aussi celles des chanteuses présentes sur le nouvel album : Halo Maud, dans “Femme Papillon” et Izia dans “La Plupart du Temps”. Tout au long de “La Nuit Américaine” et du puissant “Tokyo, La Nuit”, on remarque la précision des arrangements musicaux et l'efficacité de la mise en scène visuelle.

Pendant “Le Vent”, on sent planer une atmosphère Joy Division-esque : le côté hypnotique et solennel évoque le titre “Atmosphere”, des légendaires Mancuniens. Le premier grand frisson de la soirée intervient pourtant un peu plus tard, à la faveur de nouveau hit de Lescop, “Les Garçons”. Le clin d'œil à “Cherchez Le Garçon”, de Taxi Girl, saute aux oreilles et il est impossible de ne pas danser, à tout le moins de se déhancher sur cette composition finement ciselée.

Comme prévu, le final du concert sera consacré aux ‘vieilleries botoxées’, comme l'annonce avec humour Lescop. Tout d'abord, le puissant “Marlène” et ensuite, en apothéose, “La Forêt”. Dès les premières notes, l'ambiance monte de plusieurs crans et, à ce moment, comme d’habitude, Lescop descend du podium pour se mêler au public. A quelques mètres seulement de l'artiste, on se met à danser en remuant la tête, comme ensorcelés par la mélodie envoûtante.

Après des applaudissements nourris, Lescop revient pour le rappel. Visiblement ému, il évoque le courage qu'il faut avoir pour partir, quand les choses ne vont plus bien, comme l'a fait Marlène Dietrich, en quittant Berlin. ‘Dans les couples, c'est la même chose’, ajoute-t-il, ‘il faut pouvoir, à un moment, dire adieu à son 'Rêve Parti'’. Et d'enchaîner sur la chanson titulaire de son dernier opus, suivie d'un tout dernier titre, “Un Rêve”.

Un concert absolument parfait, même si votre serviteur n'a pas eu la chance, cette fois, de prolonger la soirée auprès de l'artiste, comme en 2012. En compagnie de mon amie Valéria, nous nous étions retrouvés à faire la fête avec l'artiste dans ‘Bruxelles, La Nuit’, car, il faut le savoir, Mathieu aime Les-c(h)oppes.... Hum...

Setlist

Elle
Exotica
La femme papillon
David Palmer
Radio
La nuit américaine
Tokyo, la nuit
La plupart du temps
Grenadine
Le vent
Les garçons
Le jeu
Tu peux voir
Marlène
La forêt

Encore

Rêve parti
Un rêve

Organisation : Botanique

The Telescopes

Exploding head syndrome

Écrit par

11ème album pour The Telescopes, un groupe fondé par Steven Lawrie en 1987. Responsable d’une musique psyché/noise/shoegaze/space rock, la formation britannique nous entraîne, tout au long de « Exploding head syndrome », au cœur d’une atmosphère brumeuse hantée par le murmure de Steven, une atmosphère traversée de convulsions sonores, de distorsions électroniques, de tourbillons mélodiques, de bourdonnements lancinants, de couches de fuzz et de rythmes hypnotiques. Orgue vintage, sonorités de guitare saturées, maracas, ligne de basse menaçante et bruitages technologiques alimentent cet univers pulsant et fluide qui au fil des plages finit par ensorceler. De cet elpee, on épinglera cependant « Until the end » coécrit par Chris Plavidal (Slumpston) et dédié au regretté Nevada Hill (Bludded Head »), ainsi que « Everything turns into you », une piste qui mène directement au « Saucerful of Secrets » du Floyd, une compo hypnotique, alimentée par une sonorité d’orgue dont Richard Wright était particulièrement friand à cette époque…  

The Telescopes

As light return

Écrit par

Pour enregistrer « As light return », John Lawrie a de nouveau reçu le concours du band écossais St Deluxe. Mais si le précédent opus, « Hidden fields », se distinguait par son sens mélodique, « As light return » s’enfonce profondément dans le bruit blanc. Hormis le morceau qui ouvre l’elpee, les 4 autres plages atteignent et dépassent même les 7 minutes, le final « Handful of ashes » franchissant même le cap des 17 minutes. Expérimentale, ténébreuse, sonique, tentaculaire, blême, sinistre, l’expression sonore se nourrit de drone, de cordes torturées voire déchiquetées, de feedback et de machinerie électronique. Des vagues électriques ondulatoires qui évoluent, le plus souvent, en boucles. Finalement le 9ème long playing de Telescopes s’apparente davantage au « Metal Machine Music » de Lou Reed. Tout un symbole ! Il y a parfois des voix. Mais elles ressemblent plutôt à des incantations plaintives, hantées, qu’à du chant. A ne pas mettre entre toutes les oreilles !

 

The Telescopes

Hidden fields

Écrit par

The Telescopes est une formation insulaire de shoegazing/psyché/space/noisy/rock qui a d’abord sévi de 1988 à 1992, publiant dans le style, deux opus incontournables (« Taste » et un éponyme) avant de se reformer en 2002. Dans l’intervalle, le chanteur Stephen Lawrie et la guitariste Joanna Doran ont sévi chez Unisex. Depuis cette reformation, le groupe en a gravé 5 autres, dont 4 bien moins shoegaze, mais davantage ouvert au trip hop, post rock et à l’électro ambient, avant d’en revenir à ses sources, grâce à « Hidden fields ».

Si ce nouveau long playing ne compte que cinq titres, le final « The living things » s’étale sur plus de 15 minutes. Une plage tentaculaire, viscérale, cathartique, sinistre, malsaine, rampante, marécageuse, transique, qui doit autant à My Blooody Valentine, Loop, Spacemen 3 que Jesus & Mary Chain. Si vous êtes accros au shoegazing, c’est sans doute le rêve ultime du bruit blanc. Sans quoi les autres pistes, qui vont le plus souvent au-delà de 5 minutes, valent leur pesant de noisy. Mais en moins post-apocalyptique. Disons qu’il servent de discours préparatoire, même si la voix de Lawrie est toujours aussi laconique et discrète, mais quand même bien présente. Mon feedback ? Impressionnant !

 

Lescop

De l'art d'être à la fois populaire et alternatif...

Mathieu Peudupin, alias Lescop, est issu de Châteauroux, en France. C’est au cœur de l’Indre, dans le Centre. Avant d’embrasser une carrière individuelle, il a milité chez Asyl. Comme chanteur. Ce 6 mai 2013, il se produisait dans le cadre des Nuits Botanique. Nous l’avons interviewé, à l’issue de son concert. Dans sa loge. Autour d’un verre de whisky, en compagnie de mes amis Vincent et Valéria, qui m'ont présenté à l'artiste. Il est détendu et souriant…

« Je suis alternatif, mais pas confidentiel », nous confie d'emblée Lescop en répondant aux critiques sur son côté pop mainstream. « Je n'aime pas trop le côté élitiste de certains artistes qui gravitent dans l’univers de la musique underground. Si j'ai finalement écouté les grands groupes alternatifs comme Einstürzende Neubauten ou Joy Division, c'est parce que j'avais découvert Depeche Mode, New Order ou même Indochine à la TV. Ces formations se sont fondues dans une culture populaire qui proposait des filtres pour entraîner les gens à emprunter une autre voie. » Ce pari, rendre populaire une musique plus alternative, Lescop est clairement occupé à le gagner. Sa ‘pop wave’ minimale, qu’il chante dans la langue de Molière, évolue quelque part entre Daho, Taxi Girl, Indochine et Joy Division. Teintée d'éléments 'dark', elle rencontre un beau succès, notamment grâce au hit lumineux ‘La Forêt’, qui a révélé au grand public un artiste talentueux et réservé.

La musique de Lescop est particulièrement influencée par le cinéma, surtout à travers les réalisateurs Jean-Pierre Melville, Fassbinder et Schlöndorff. Le titre ‘La Nuit Américaine’ en est une preuve évidente, même si Lescop nous assure qu'il n'avait pas encore vu le long métrage de Truffaut, quand il l'a écrite. Etonnant! « En fait, je l'ai composée après avoir regardé 'Gilda', qui met en scène Rita Hayworth. J'avais des images de ce film dans la tête. J'aime bien ce vieux cinéma américain en noir et blanc ; son côté un peu emprunté. C’est un peu comparable à mon approche de la chanson. Mes paroles, par exemple, ont l'air d'être simples, mais en fait elles ne le sont pas. Elles sont légèrement décalées, un peu étranges. Je les aborde quelque part dans l’esprit d’un Jean-Pierre Léaud, le comédien de Truffaut : il jouait faux mais en même temps, c'était juste, car il causait volontairement un décalage. De manière à susciter l'attention du public. J'essaie aussi de créer une tension, une ambiguïté qui invite à tendre l'oreille. »

Dans son processus de composition, Lescop prend comme point de départ une phrase ou une 'punchline' un peu mystérieuse et ensuite la développe. « D'abord, je saisis une phrase un peu bizarre, puis je bâtis une histoire autour, et quand je l’ai terminée, je bosse sur la musique. Pour 'La Forêt', par exemple, je disposais de ces quelques mots : 'La Forêt soudain qui frémit, Puis s'installe le silence...' et j'ai construit le texte à partir de cela, au fur et à mesure des rimes. »

Comme il évoque ‘La Forêt’, je ne résiste pas à l'envie de lui poser à nouveau la question concernant la ressemblance, troublante, entre sa chanson et celle de Dernière Volonté, ‘Cran d'Arrêt’. Toutes deux traitent d'une forêt, d'un pistolet et évoquent une ambiance menaçante. Lescop répond qu'avant que je ne lui en parle, en octobre dernier, il ne la connaissait même pas. « En fait, ce sont des influences communes que nous partageons, c'est le fruit d’un imaginaire collectif. Son thème est assez universel : jalouse, une fille tue son bien aimé dans une forêt. Je suis sûr qu'il doit exister des Chinois ou des Africains qui ont imaginé des histoires semblables. »

Au sein du label Pop Noire, Lescop côtoie une autre nouvelle sensation de la scène 'dark', le groupe Savages, emmené par Camille Berthomier aka Jehnny Beth. « Il y a 15 ans que je connais Camille. Elle est dans une période de sa vie où elle a compris un truc ; et son projet est en train de décoller. Elle a beaucoup travaillé. Elle a mis du temps pour y arriver. Quand je l'ai rencontrée, elle était âgée de 13 ans et avait déjà vachement envie de réussir dans la musique. » Lescop n'est d'ailleurs pas peu fier d'avoir contribué à l'éducation musicale de Camille: « C'est moi qui lui a fait écouter Joy Division pour la première fois! », annonce-t-il à notre grand étonnement! Je m'écrie: 'Voilà un scoop!' Un 'Lescoop' ajoute mon ami Vincent, à l’humour typiquement 'darkomique' (les initiés comprendront cette 'private joke')... Lescop rit également car, curieusement, ce calembour ne lui avait jamais été signifié. Il a fallu qu'il vienne en Belgique pour entendre un tel jeu de mots ! 

En poursuivant notre conversation relative à Savages, Lescop nous confie aimer le côté ‘violent’ de leur musique. Parce que la notion d’agressivité est absente. « On peut être violent sans être un trou du c**. J'aime cette violence. Elles l’assument. Rien à voir avec cette paranoïa qui me saoule. La violence, c'est bien ! Ce qui n'est pas bien, c'est cette agressivité manifestée à l’égard d’autrui. Tout ce qui est important est violent. Les musiques importantes sont violentes et ce n'est pas une question de décibels ! Si tu prends l’exemple de Nico, quand tu écoutes "Chelsea Girl", sa musique est douce, mais en même temps, hyper violente ! Tomber amoureux, c'est violent. Faire l'amour, c'est violent. Ce que je dis, ce que je fais, c'est violent. Mes chansons, aussi. Ce sont des lettres d'amour violentes. II faut ressentir ces émotions capables de te flanquer des frissons partout. S'il n'y a plus ça, c'est fini... »

Quand on évoque ses projets, Lescop avoue avoir envie de diversifier ses activités. « Je vais écrire pour d'autres et bosser sur le scénario d’un film. J'ai besoin d'interrompre ce cycle concerts/album/concerts, etc. C'est pas bien, la routine. Le système qui régit la scène musicale a tendance à te robotiser. Je n'ai pas envie d'adopter ce mode de vie professionnel. Il faut conserver une envie, une fraîcheur... »

Au moment où l'interview s’achève, Lescop se lève soudain et propose : « Si on allait boire un coup ? » Tout comme il y a 6 mois, nous l'avons emmené au Café Central, haut lieu bruxellois de la musique alternative, où nous avons savouré un peu trop de délicieuses bières belges jusqu'au bout de la nuit... Parce qu'ici, Leschop, elles sont bonnes... OK, je sors...

Pour écouter l'interview complète en audio sur Youtube, c’est ici 

(Merci à Mathieu, Vincent, Valeria, Cédric et Antoine!)

Organisation du concert: Botanique

Pour lire la chronique du concert de Lescop, accordé dans le cadre de l’édition 2013 des Nuits Botanique, c’est .  

(Photo : Xavier Marquis)

Lescop

Bruxelles, la nuit...

En cette soirée pluvieuse de novembre, il y a deux spectacles auxquels je veux absolument assister à Bruxelles : Lescop au Botanique et Animal Bodies + Bestial Mouths au Café Central. On peut dire que, dans mon agenda, les deux affiches se té-Lescop-ent... Hum... Mais comme je suis incapable de choisir, je décide de combiner les deux. Les vertus de l'ubiquité sans être... cuité. Un choix opportun puisqu’il va me permettre de rencontrer Lescop après son concert et de tailler une bavette en sa compagnie (voir plus loin)...

Lescop, de son vrai nom Matthieu Peudupin, est l'ex-chanteur du groupe Asyl (de La Rochelle) et semble incarner aujourd'hui la nouvelle sensation ‘made in’ France. Il pratique une ‘pop wave’ minimale qu’il chante dans la langue de Molière et teinte d'éléments 'dark'. Une ‘pop noire’ si on se réfère au nom du label qu'il vient de créer. Le hit lumineux "La Forêt" et le tout récent album éponyme ont révélé au grand public un artiste talentueux et discret, qui évolue dans un style sis quelque part entre Daho, Taxi Girl et Indochine, mais dont les arrangements dépouillés lorgnent vers Joy Division. 

Lescop s’était produit en première partie de Daniel Darc, au Botanique, en mai dernier. Il est en tête d'affiche pour ce concert intimiste prévu dans une Rotonde achi-sold out. Une sirène retentit, puis l'hypnotique "Paris s'endort" ouvre efficacement le concert. Lescop investit les lieux avec classe et discrétion. Pendant "Ljubljana", une capitale où, dit-il, ‘on trouve de très belles filles’, nous prenons le temps de l'observer. Il porte un simple polo Fred Perry fermé jusqu'au dernier bouton, un jean et des Converse. Derrière son pied de micro, concentré et les yeux fermés, il ressemble à Ian Curtis. Mais quand il danse, ce ne sont pas des mouvements frénétiques qui l'animent mais bien d'élégants déhanchements, légèrement androgynes.

Tant qu'on est dans les noms de villes, Lescop enchaîne par "Los Angeles", lieu où ‘des choses importantes se sont passées pour nous’. Sur scène, il est flanqué de Cédric Leroux (ex-Phoebe Killdeer) à la guitare, un croisement improbable entre Prince, Fred Chichin et Phil Lynott (une tête de Lynott?). Il joue de sa Fender Jazzmaster en exécutant des mouvements saccadés et épileptiques. A droite, on retrouve Antoine de Saint-Antoine, l'acolyte des débuts chez Asyl. Il est préposé à la basse, aux chœurs et au PC. Il n'y a pas de batteur, mais les morceaux ont nettement plus de pêche que sur disque. En outre, le son est, dans l'ensemble, excellent.

Dans "La Nuit Américaine", Lescop démontre que ‘live’, il a nettement gagné en aisance, par rapport au concert de mai. Il convainc aisément le public à taper dans les mains et enchaîne les morceaux en les agrémentant d’une présentation humoristique. Il remarque la disposition en amphithéâtre de la salle, qui lui rappelle ses cours à la fac. Quand il demande si quelqu'un a déjà pratiqué l'hypnose, votre serviteur –adepte de l'hypnose ericksonnienne– ne peut s'empêcher de lever la main. Lescop me fait un signe et la formation nous balance "Hypnose". Plus tard dans la soirée, Lescop me confiera qu'il utilise cette technique pour gérer son trac. Ce qui peut paraître étonnant pour un artiste qui se produit en public, au sein d’un groupe depuis 1995 ; mais la situation est évidemment différente quand on doit défendre un projet solo.

Revenons au concert, car le combo attaque son hit "La Forêt". Le public acclame chaleureusement les premières notes de basse, rejointes par le rythme minimal de batterie. Lescop campe sur le devant de la scène. Son interprétation est impeccable. Nous dansons en remuant la tête, comme ensorcelés par cette mélodie envoûtante. Après des applaudissements nourris, le set se termine par le puissant "Un Rêve" et le fascinant "Le Vent", une chanson sur ‘les souvenirs brûlants’.

Une courte pause et Lescop revient sur le podium, pour aborder le très paisible "Tu m'écrivais souvent", un inédit (voir la vidéo ici ). On attend impatiemment la sortie de l’Ep, sur lequel devraient figurer des inédits et remixes. Ensuite, place à "Slow Disco", une chanson proche de "La Forêt", mais plus indolente. Enfin, l'excellent "Tokyo, La Nuit", le deuxième hit du combo, n’a pas été oublié…

Lors du second rappel, au moment de choisir la toute dernière chanson, Lescop suggère d’adopter une formule instituée au cours des 60’s, en reprenant le hit à la fin du concert. Et on est reparti pour "La Forêt" (voir la vidéo ici ), mais cette fois, surprise, Lescop descend dans le public et demande aux spectateurs de s'asseoir. Il chante ainsi les premiers couplets de la chanson au milieu de ses fans. Au moment où le rythme redémarre, il saute en l'air et tout le monde l'imite. De retour sur l’estrade, il se déchaîne. Il communique son enthousiasme aux autres musicos. Tel un lion rugissant, il se dresse au bord du podium en tendant le micro vers le public, qui lui répond par un vacarme assourdissant. Un grand final pour un concert un peu court, certes, mais en tous points convaincant! Lescop promet de revenir pour un show plus long et dans une salle plus grande... Le rendez-vous est pris!

Je me dirige ensuite sans attendre vers le Café Central pour assister aux concerts de deux groupes issus de la très vivante scène 'witch-wave' américaine: Animal Bodies et Bestial Mouths. Issu de Vancouver, Animal Bodies réunit Natasha (voix et guitares) et Sam (claviers, programmations). Ils sont influencés par les musique 'dark' (EBM, new-wave, punk...) mais leur approche, très ‘Lynchéenne’, est résolument novatrice et s'inscrit dans un mouvement où l'on rencontre aussi Zola Jesus, Chelsea Wolfe, The Soft Moon ou encore In Death It Ends... Bref, on baigne encore dans l'ambiance d’Halloween! Devant une cinquantaine de fans et de curieux, le groupe a interprété une majorité de morceaux figurant sur leur excellent Ep "The Kiss of The Fang" (Sweating Tapes). On attribuera quand même une mention particulière à l’hallucinant "Venus Transit" (voir la vidéo ici ). Les rythmes sont saccadés et obsessionnels. Joués en ‘live’ par Sam, les synthés reposent sur des basses EBM aux accents 'drone'. Quant aux vocaux de Natasha, ils sont saturés, stridents et torturés. Un set court mais puissant!

Bestial Mouths émargeait au rayon ‘découvertes’. Mais je dois avouer avoir été impressionné par leur synth-punk expérimental, caractérisé par une rythmique tribale, saccadée, des synthés déjantés et la voix incantatoire, très ‘Siouxsienne’, de Lynette Cerezo. Affichant un look de PJ Harvey gothique illuminée, Cerezo ne chante pas, elle éructe. Le concert ressemble à un rituel illuminé et infernal. En fin de parcours, le groupe attaque une reprise du "Never Alive" de Snowy Red. Une belle manière de remercier Michael Thiel, le fils de Snowy Red, présent au premier rang, et dont la collaboration à l’organisation de ce concert a sans doute été plus que précieuse.
http://youtu.be/w-FylKnc56k

Mais la soirée était loin d'être finie car c'est à ce moment que Vincent, sa compagne Valéria, accompagnés de... Lescop et de son band, ont débarqué. Une très chouette surprise, qui nous a permis de mieux connaître ces artistes en sirotant quelques bonnes bières belges.

Lescop nous a ainsi confié en 'off' que le buzz créé par les médias à son sujet l’avait mis très mal à l’aise. La couverture des Inrocks (‘Lescop ressuscite la cold wave’) apparaît à cet égard déplacée vu que l'intéressé ne semble nullement motivé par la nostalgie et estime jouer une musique moderne, bien d'aujourd'hui.

En dépit de cette situation, il estime indispensable de rencontrer les médias populaires, avouant même n’exclure ni la Star Ac' ou The Voice. Pour lui, l'important est en effet de toucher un maximum de monde, notamment les kids. Après tout, il avoue avoir lui même découvert Blur et le grunge grâce à des programmes TV populaires.

Je n'ai pas pu m'empêcher de lui poser la question concernant la ressemblance entre "La Forêt" et la chanson "Cran d'Arrêt", de Dernière Volonté, une analogie que Geoffroy, le chanteur de DV, avait épinglée lui-même lors de son interview (voir ici ). La réponse à cette question est claire: Lescop ne connaît pas DV et ne peut donc pas s'en être inspiré. Nous mettrons dès lors ces corrélations sur le compte de l'inconscient collectif... et de la référence commune à The Cure, bien sûr.

Enfin, Lescop nous a confié qu'il allait à nouveau collaborer avec Indochine pour leur prochain album, aux côtés de Air. Rappelons qu'il avait déjà cosigné "Les Portes du Soir" sur "Alice et June".

‘Allons danser!’, lance soudain Lescop, et nous nous retrouvons aussitôt sur le ‘dancefloor’ du Café Central sur la musique de notre copine DJ Nancy Bruxelles. Je lui suggère de glisser dans sa programmation, "Tokyo, La Nuit" ; et pendant que nous nous déhanchons sur ce sublime morceau, je me dis que c'est quand même beau, Bruxelles, la nuit...

Merci à Lescop, Cédric, Antoine, Vincent, Valeria, Nancy et Mat.

(Organisation : Botanique pour Lescop et Cheap Satanism Records pour Animal Bodies/Bestial Mouths)

 

The Telescopes

Taste

Écrit par

« Taste » est le tout premier album de The Telescopes, une formation insulaire, qui est considérée, à l’instar de The Jesus and Mary Chain, My Bloody Valentine, Loop et Spacemen 3, comme un des fondements du mouvement noisy. Fondée en 1987 par Stephen Lawrie, elle s’est séparée en 1994, avant de se renaître de ses cendres, en 2002. Et d’enregistrer, dans la foulée « The Telescopes #4 », en 2005 et « Hungry Audio Tapes en 2006. Un ‘live’ a même été publié l’an dernier.

Paru en 1989, « Taste » est manifestement l’elpee le plus difficile, le plus sauvage et le plus aventureux du combo. En puisant leurs influences chez les Stooges et Syd Barrett, le groupe y propose une musique qui privilégie une solution sonore torturée, frénétique, saturée de fuzz et de feedback. Peu de moments plus planants ou atmosphériques, ici préfigurant le shoegazing, à l’instar de la suite de sa discographie. Pourtant, si le combo se nourrit essentiellement d’électricité malsaine, filandreuse et bruitiste, elle n’hésite pas à y incorporer des cuivres, même s’ils ont le plus souvent noyés dans la masse tumultueuse. Un peu comme les vocaux, d’ailleurs. Dommage, car sous un aspect purement expérimental, cet elpee est absolument remarquable et a dû, plus que probablement, lorsque la mélodie devient enfin palpable, influencer un groupe comme The Warlocks, par exemple…

Réédité, « Taste » est enrichi de trois bonus tracks.