Le rire de Will Paquin

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Ozark Henry connaît la musique Parker…

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Lucy Lucy !

Someone Else

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Lucy Lucy ! Difficile de passer à côté de cette exclamation martelée par les médias belges, depuis quelques mois. La question était donc de savoir si les cinq jeunes Brabançons bénéficiaient d’une hype justifiée. J’avoue avoir dû braver une tonne de préjugés –surmédiatisation suspecte et même patelin d’origine que Girls in Hawaï– avant de passer à l’écoute de cet opus. Et finalement avoir été très agréablement surpris par le résultat. « Someone Else » constitue leur premier elpee. Il fait suite à un Ep intitulé « The Morning Can’t Wait », paru en 2009.

L’œuvre est partagée entre petits hymnes sucrés aux refrains joyeux (« Amélie », « Lonely Bee » et sa ligne de guitare très Vampire Weekend), gimmicks mods efficace (« Pedestrian », « I Can’t Give It ») et d’honnêtes ballades bien maîtrisées (« Clock », « Rainbow »). Des exercices de style frais, réussis et sans prétention sculptés dans la pop vintage. Les voix sont soignées. Les mélodies pop-folk très ‘british’. Trempé dans les sixties, le titre qui ouvre la plaque, « Blind As a Bat », conjugue subtilement superbes harmonies vocales et instrumentation à la fois acoustique et électrique ; un peu comme si The Coral rencontrait The Tellers. Néanmoins, Lucy Lucy! se révèle le plus efficace sur les morceaux enjoués et ‘shiny’…

De bonne facture, ce long playing n’est pas destiné à « Someone Else », mais bien à tout le monde. Un peu trop gentille Lucy ? Peut-être, mais extrêmement douée en tout cas. Toute proportion gardée, la version noir-jaune-rouge des Magic Numbers.

Vous les découvrirez probablement au détour d’un festival, cet été…

Rock Meets Opera à Bruxelles le 05 mai.
Les Nuits Botanique à Bruxelles le 15 mai.
Nuit de la Ville le 26 juin à Fleurus.
Les Francofolies de Spa le 22 juillet.

Lucy Lucy !

The Morning Can Wait (Ep)

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Difficile, ces dernières semaines, d’échapper au single « Clock ». « Lucy Lucy » (ex-Vagabonds) ronronne régulièrement sur nos ondes radios. A peine vainqueur du concours Pure Démo en 2007 et finaliste du Concours Circuit en 2008, la presse enthousiaste compare déjà le groupe aux grands noms de la scène pop-rock belge (Girls In Hawaii, Sharko…) Les cinq jeunes Brainois gravissent alors subitement les strates et sortent leur premier Ep judicieusement appelé « The Morning Can Wait ». Indéniablement, il est encore un peu tôt pour affoler les foules. En particulier, après l’écoute de leur six titres sorti ce 21 septembre 2009. Album pop-folk intimiste de bonne facture mais qui manque cruellement de chien. Il ne suffit pas d'être mignon, d’exhaler juste un délicat parfum mêlé de charme et d’un subtil ‘je-ne-sais-quoi’ qui attire et fascine. L’auditeur craque fréquemment, il est vrai. Encore faut-il qu’il reste vigilant et qu’il n’abdique jamais de sa belle exigence. Non ! Le groupe n’est pas d’emblée au faîte de son art. C’est d’ailleurs la tête bien accrochée sur les épaules que les jeunes artistes nous expliqueront le choix d’un six titres au lieu d’un elpee : ‘On ne se sentait pas prêts pour un album’. Le premier opus devrait cependant voir le jour dans le courant de l’année 2010.

Il est indéniable que Lucy Lucy trace l’esquisse d’une folk-rock irrésistible et rafraîchissante qui touche un certain public. Un public, souvent jeune, en manque de jolies histoires et de ballades romantiques. Mais cette galette trop linéaire ne transpire pas, ne sue pas. Elle échoue à toucher l’auditeur exigeant. Elle le promène simplement sur des pistes sonores ingénues et mielleuses. Un pop folk bluet évanescent, exempt d’aspérité, exsangue, sans caractère.

« Clock », titre phare du Ep, nous plonge dans une jolie mélodie légère et fragile. L’album privilégie globalement les mélodies et l’harmonie des voix ne laisse guère d’espace ou un simple soupçon, aux instruments. Tout au plus une basse folk timide, une guitare rock évaporée décorent de jolies chansons au format très radiophonique.

Sur les autres rives, tandis que « I can Give It » décharge une vague électrique ‘cellophanée’, les guitares de « Lizzy Lizzy » s’élèvent sans jamais décoller. Quant au final de « Deepest Coma », il se métamorphose en un simple étourdissement. La pop-folk ‘rageuse’ du quintet bruxellois se referme tendrement sur le douloureux « Bottom First ». Les influences clamées par « Lucy Lucy » effleurent la douce folie de Baby Shambles, les lettres nobles de Belle & Sebastian, le charisme de Johnny Cash. Sans jamais parvenir à marquer au fer rouge l’identité du groupe.          

« The Morning Can Wait » évoquerait assez une chambre dorée merveilleusement ordonnée dans laquelle on aurait peur d’allumer le vieux transistor de crainte de faire trembler le mobilier contemporain.

Malgré de brillantes prestations scéniques et une remarquable entame de carrière, laissons le temps au temps. Ne précipitons pas trop vite ce jeune groupe vers les gouffres impatients de la célébrité. Laissons-le doucement éclore avant de le confronter aux monstres de la scène indépendante belge. Le temps demeure toujours maître de la raison.