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Maison Neuve

Joan

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Une Maison Neuve peut-être, mais une maison bâtie dans un style discret, simple et raffiné. Il aura fallu prêt de 10 ans à ces architectes pour composer « Joan », leur première édifice sonore. Et, souvent, la patience a du bon !

Guillaume Faure et ses acolytes sont probablement fans de The New Year –c’est flagrant sur « The Wrong Class » et « Jojo »– tant leurs morceaux semblent taillés dans le même roc, mais un roc chargé de feeling. Des guitares délicates et romantiques soutiennent une voix indolente et bouleversante. Les textes profonds et décalés, tantôt exprimés en français, tantôt en anglais, comme le ciment, permettent à la fragilité de l’instrumentation de tenir debout, comme par miracle. L’émotion palpable de l’épurée intro de « Victor » ne laisse, par exemple, pas deviner sa superbe tension finale. Si quelques titres s’avèrent percutants, comme « Sweetsoul », l’opus ne souffre guère de faiblesse et devrait facilement conquérir les nombreuses âmes des mélomanes sensibles. Il faut d’ailleurs reconnaître que les compos écrites dans la langue de Molière, dans un style très rare pour un tel idiome, sont très réussies. Et je pense tout particulièrement à « Au Large de la Ville » et au ténébreux « L’Attraction Terrestre », digne de l’univers d’un Dominique A électrique.

Elle est décidément hantée, cette Maison Neuve ; car, même les morceaux plus enjoués comme « Touch in the Heart » ou « Under Skies of Fire » sont traversés par des ombres inquiétantes… Des architectes pop-rock d’une grande sincérité sont nés ! Talitres a de nouveau eu le nez creux…