Pour Bodega, tout est à l’intérieur de l’aquarium

Prévu le 9 octobre chez Chrysalis Records, « All Inside Aquarium » marque un changement de cap pour BODEGA. Après trois opus nourris par l’héritage post-punk de Talking Heads, Sonic Youth ou des B-52s, le quintette new-yorkais privilégie un rock plus…

logo_musiczine

Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (2 Items)

Major Lazer

Too Many MC’s

Écrit par

Pour son premier concert accordé dans une salle en Belgique, Major Lazer, l’alias ‘testostéroné’ des prolifiques producteurs Diplo et Switch, a jeté son dévolu sur l’Orangerie du Botanique. L’occasion de tester les nouveaux morceaux qui apparaîtront au sein du successeur de « Guns Don’t Kill People-- Lazers Do » avant une longue tournée des festivals, qui s’arrêtera au Pukkelpop chez nous. Et au vu de l’ambiance générée par les bombes dancefloor du duo, le sol de la plaine de Kiewit n’a qu’à bien se tenir.

Après un (très) long DJ set electro de Surfing Leons, les deux cerveaux derrière Major Lazer débarquent sur les planches sur le coup des 21h20. Derrière eux, un écran fait défiler un logo Mtv détourné, pour former un Mlzr. Et comme Diplo n’a pas l’habitude de faire les choses à moitié, il a ramené avec lui deux danseuses et un MC, histoire de distraire ceux qui pourrait se concentrer sur leur musique. Parce qu’un MC, c’est bien, mais un MC qui hurle pendant l’entièreté d’un set, c’est un peu lourdingue. Le public n’a d’ailleurs pas attendu son intervention pour être chauffé à blanc. Le duo mise à fond sur les basses et les fait péter sur fond de titres extraits de « Guns Don’t Kill People—Lazers Do » et de remixes consacré à des titres empruntés à un panel très (trop) large d’artistes. Ainsi, l’Orangerie a eu droit à des versions retravaillées parfois réussies, parfois beaucoup moins, de morceaux de Far East Movement, David Guetta, Azealia Banks, Congorock, Rihanna ou encore Jay-Z et Kanye West.

Dans le public, c’est la grande cour de recréation, le feu aux fesses un mardi comme un samedi soir. « Busy Signal », « Hold the Line », l’énorme « Original Don » ou le classique « Pon De Floor » côtoient à merveille des classiques reggae et dancehall. Après s’être fait plaisir en exécutant un stage diving, le emcee invite les demoiselles à monter sur le podium ; et seulement les demoiselles ! Quelques petits malins se font gentiment rappeler à l’ordre par l’homme et retrouvent rapidement leur place sur le parterre. Pas de rappel au menu, l’équipée de Major Lazer achève son set par un « Jump Up » dont le titre résume à lui seul l’ensemble du show. Un show qui aurait gagné en puissance si les effets en crescendo dispensés par le duo n’étaient pas systématiquement massacrés par un Maître de Cérémonie trop enthousiaste. Malgré ces remarques, le show est à ne pas rater au Pukkelpop cet été, très probablement sous le toit de la Dance Hall.

(Organisation : Botanique)

 

Major Lazer

Guns Don’t Kill People… Lazers Do

Écrit par

Quand deux blancs becs débarquent au sein des mythiques studios Tuff Gong à Kingston, en ambitionnant d’y réaliser un album electro dancehall aux accents 80’s, le comité d’accueil qui les voit débarquer est goguenard. Comment deux zouaves peuvent espérer concocter quelque chose de cohérent, à leur sortie ? Le studio de la famille Marley est magique certes ; il n’en est quand même pas miraculeux. Oui mais ! Les deux ahuris à casquette défraîchie et au teint palot se prénomment Switch et Diplo ; ce qui vient changer considérablement la donne. Non contents de s’étouffer dans leur ambition, ils ont carrément l’idée de produire un univers plutôt qu’un simple son. Ils ont embarqué dans leur valise l’histoire de Major Lazer, ancien soldat jamaïcain qui s’est fait greffer un canon laser à la place de son bras droit. Membre qu’il a perdu lors de la guerre contre des vampires et qui le motive à poursuivre sa lutte sans relâche. Il y a fort à parier que l’Anglais et l’Américain ne se sont pas contentés de boire de l’eau ou de fumer la shisha en montant ce projet complètement barjot. Une citerne de vodka et une benne de sinsemilla ont probablement dû être livrés à domicile pour parvenir à écrire ce scénario digne d’une série Z. Le culot et l’arrogance propres aux deux producteurs permet pourtant à ce « Guns Don’t Kill People… Lazers Do » de décaper sans équivoque, les papiers peints où viennent se fracasser les beats. Au rythme incalculable de pulsations effrénées, les plages s’enchaînent dans le stupre et la sueur. Se permettant même l’audace, d’embarquer dans leur folie des noms comme YBYZ Kartel, Mr Thing, Mr Vegas ou Santigold, Switch et Diplo suscitent instinctivement la curiosité. Mais jeter une oreille distraite sur l’album est peine perdue. Dès les premiers accords, les strings se tendent, les chaînes en or étincellent et les torses se bombent. La contamination est immédiate, et le popotin se trémousse sans se forcer. Parfois un peu ‘too much’, voire même un tantinet écœurant, « Guns Don’t Kill People… Lazers Do » pourrait pêcher par excès tant le rythme est soutenu. A force de se dandiner, on finit par tomber à genoux, tout en suppliant de réduire le tempo. Complètement absorbé dans leur univers, les deux producteurs n’auront aucune pitié à l’instar de leur héros Le Major, et pousseront, plus loin encore leurs curseurs dans le rouge. S’ils n’ont pas de cœur, Switch et Diplo ont au moins, des cojones grosses comme des buildings.