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Manitoba Hal

Live in Ghent

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Canadien, Manitoba Hal Brolung est issu de Winnipeg. Mais c’est surtout un performer et un conteur. Il brille également au ukulélé. Il aime teinter son blues de références diverses : cajun, rock, gospel, country, folk et même celtique. De son impressionnante discographie, entamée en 1997 par l’album "Flatland Cafe", on épinglera surtout l’excellent "Ukulele Bluesman", paru en 2007. Lors de sa tournée européenne, il s’est produit au Missy Sippy Blues & Roots Club, à Gand. Il a donc immortalisé ce set, accordé le 28 avril 2016, sur ce double cd. Qui réunit 24 plages. Un spectacle conséquent qui lui a permis de réaliser ce projet. Et l’illustration de la pochette reproduit de jolies vues de la belle ville flamande. Une performance unique en son genre. Et pour cause, l’artiste est quasi-seul sur l’estrade. Cette véritable force de la nature possède une voix naturellement puissante et autoritaire.

Il entame les hostilités par "Come on in my kitchen", un classique signé Robert Johnson. Belle surprise, la cover remarquable du "Way down in the hole" de Tom Waits, pour laquelle il est épaulé par un second gratteur. Dont l’identité n’est pas révélée. Manitoba Hal alterne compositions originales, comme "Atlanta Moon", et canons du blues, qu’il filtre à travers son ukulélé. A l’instar du "Baby please don't go" de Big Joe Williams, qu’il interprète d’une voix impérieuse. Mais également du "Let the Mermaids flirt with me" de Mississippi John Hurt, du  "Sweet home Chicago" de Robert Johnson auquel il imprime un tempo très alerte, du "My babe" de Willie Dixon ainsi que de la version épatante réservée au traditionnel "St James Infirmary". Il brille également tout au long de "Dancing in the moonlight"… une danse exécutée au clair de lune, au sein d’un climat propice au culte vaudou…

Et son deuxième compact disc est tout aussi intéressant. Il est entamé par le "Ain't no grave" de Johnny Cash et recèle d'autres reprises, comme le "They're red hot" de Robert Johnson, le "Somebody on your bond" de Blind Willie Johnson, le "Key to the Highway" de Big Bill Broonzy et le "My Creole Belle" de Mississippi John Hurt. Sans oublier celle de "Built for Comfort", une titre que Willie Dixon avait écrit pour Howlin' Wolf. Plus expérimental, "Dig me a grave" se distingue par des échanges entre les instruments à cordes. Et le résultat est particulièrement réussi. Les deux titres finaux sont épatants. Tout d’abord le "Who do you love" de Bo Diddley. Caractérisé par son ‘Diddley beat’, cette longue piste (10’) bénéficie d’arrangements très personnels. Puis une version inoubliable du "The thrill is gone" de BB King. Que du bonheur !