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Mansbestfriend

Poly.sci.187

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Après deux ans de silence radio, Tim Holland aka Sole nous revient sous le pseudo Mansbestfriend pour enregistrer un premier album. Instrumental et sorti chez Anticon (cofondé par... Tim Holland), « Poly.sci.187 » respecte la philosophie du label et brouille les pistes, navigant entre hiphop, electronica et sonorités indus.

Tim Holland nous livre un album aux ambiances épaisses, une œuvre qui doit s'écouter dans son intégralité. Pas question de sortir un ou deux titres du lot, on parle ici d'ambiances, de textures et d'expérimentations qui ne font effet que sur la longueur. Les mélodies sont rares ou cachées derrière un brouillard de distorsion mais leur absence permet aux rythmes, aux textures et aux collages de jouer leur effet hypnotique malgré des morceaux très concis et un recours quasi systématique au fade-out. Bande-son d'un dimanche embrumé à Portland, où sévit Sole, Poly.sci.187 nous entraîne dans ses expérimentations plus qu'il ne pousse à l'écoute attentive. Les quelques voix insérées dans l'ensemble sont d'ailleurs inaudibles et semblent sortir d'un radioréveil mal programmé. S'y côtoient un enfant libanais dénonçant l'invasion israélienne, la philosophe anarchiste Emma Goldman ou des extraits d'une pièce de Brecht. Une oreille vigilante se délectera cependant du travail sur la palette de sons employée et de la multiplication discrète des niveaux d'écoute.

Mansbestfriend ne nous livre certainement pas un disque facile - plus d'un repousseront rapidement cet état anxiogène distillé insidieusement et les ruptures rythmiques parfois brutales - mais les audacieux se délecteront de ce rêve (cauchemar?) éveillé.