On a tous déjà entendu parler de Marc Moulin, qu’on lise ses humeurs chaque semaine dans le Télé Moustique, qu’on aille voir ses pièces au théâtre de la Toison d’Or ou qu’on écoute ses disques, de Placebo à Telex, de " Banana Split " à Sam Suffy. Il est justement de retour, flanqué d’un nouvel album, sur le mythique label de jazz Blue Note, " Entertainment ". En fait, la suite de " Top Secret ", qui il y a deux ans s’était vendue à plus de 100.000 exemplaires dans le monde. La recette de Marc Moulin est assez simple : mixer le jazz à l’électro, bref faire ce qu’on appelle de nos jours de la " lounge ". Vous savez, cette musique papier peint qu’on entend mais qu’on n’écoute pas vraiment, qui s’avère parfaite pour la digestion, après avoir mangé un tapas ou un durum. Une musique sans aspérités, qui roule, qui groove un peu mais pas trop, bref qui ne dérange personne. Heureusement pour nous, l’électro-jazz de Marc Moulin évite de tomber dans ce genre de travers consumériste : " Entertainment ", c’est bien plus que de la musique de supermarché et de restos branchés, parce que Marc Moulin s’y connaît en jazz. Ce n’est pas Claude Challe et ses compiles bouddhistes qu’on entend quand on fait ses courses dans les magasins de meuble de la rue Blaes. Non : la musique de Marc Moulin vaut mieux que ça, parce que l’ex-Telex sait s’entourer de très bons musiciens, qui ont trouvé le groove, comme c’est dit dans le single de l’album, " Silver ", un hommage, justement, au grand Horace Silver. Qu’on se le dise : il n’y a donc pas de honte à aimer la lounge de Marc Moulin. C’est du divertissement de qualité, un produit bien senti. En concert à l’AB le 14 novembre.