logo_musiczine

Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (5 Items)

Marilyn Manson

Au bord du précipice…

Écrit par

Le moins qu’on puisse dire, c’est que 2017 a été une année rock’n’roll pour Marilyn Manson. Quelques mois après avoir perdu son père, l’homme qui terrorise toujours les Etats-Unis sort son dixième opus studio, « Heaven Upside Down ». Ce dernier a été reçu tièdement par les critiques et surtout va largement en deçà des espoirs de renaissance formulés par un « The Pale Emperor » prometteur, publié en 2015. Mais c’est un Manson amoché qui a assisté à la sortie de son nouvel elpee. Son décor de scène s’est en effet effondré sur lui, quelques jours plus tôt. Une jambe doublement cassée a entraîné un gros retard dans la tournée. Ainsi, neuf dates ont été postposées. Le 20 octobre, Twiggy Ramirez, son ami et bassiste, est accusé de viol par une ancienne petite amie. Manson prend de suite la décision de l’exclure du band et de le remplacer par Juan Alderte, qui milite alors chez The Mars Volta. Bref, en cette soirée de décembre, Forest National accueille un Marilyn Manson affaibli.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le Maître de la provocation attire aujourd’hui toutes tranches d’âges et tous styles confondus. Les éternel·le·s gothiques en cuir et latex croisent des quadras et quinquas en tenues civiles. Quelques motards sirotent une bière, à deux pas d’un père et sa fille qui ont l’air d’assister à un concert pour leur première fois. Manson n’incarne plus uniquement l’icône d’une jeunesse révoltée mais a visiblement engendré, en plus de deux décennies, quelques générations d’anticonformistes. Mais… pas autant que nécessaire afin de remplir totalement la salle bruxelloise. Certains gradins sont bâchés, les rangées de sièges les plus hautes resteront inoccupées. Idem pour la fosse, où le peuple se concentre véritablement aux abords de la scène, laissant l’arrière pour le moins aérée. La salle baigne dans l’obscurité, seules les lumières de GSM éclairent des visages d’une lueur blafarde. Sur les planches, six faisceaux bleus illuminent une table.

Marilyn Manson a toujours cultivé l’art de surprendre là où on ne l’attendait pas. Cette soirée ne figurera pas parmi les exceptions. Alors qu’une myriade de groupes rêveraient d’arracher quelques headbangings en jouant les ‘opening acts’, le trublion grandiloquent a préféré faire appel à un DJ, en l’occurrence Dinos Chapman, afin d’ouvrir son show. On pourrait dès lors espérer un mix nourri de Rock, de Metal ou autres styles proches. Que nenni ! Une demi-heure d’électro ambiant. Tomorrowland parachuté au pays des clous et des riffs. Un étonnement qui se muera très rapidement en lassitude. La linéarité du set finit par avoir raison de ma bonne conscience, qui m’avait alors poussé jusque là à rester sur place, intimement convaincu que l’atmosphère allait s’enflammer d’un moment à l’autre. Niet popov. Une décision s’impose donc : direction le bar.

La salle est à présent voilée et laisse apparaître sur les côtés ce qui pourrait s’apparenter à des croix orthodoxes renversées. L’hémicycle est plongé dans le noir. Les baffles crachent du Cure, puis les Doors avant de s’envoler sur du Mozart. Le rideau finit par tomber, deux énormes pistolets croisés et posés sur leur crosse envahissent l’arrière du podium. Un véritable stéréotype de Rap US (et ces mêmes pistolets qui avaient eu raison de la gambette de Manson, deux mois plus tôt !) Originalité : au lieu d’être rejetée en fond de scène, la batterie du groupe est disposée à l’extrême droite, perpendiculairement à la stage. Tyler Bates et Paul Wiley, grimés, sont accrochés à leur guitare. Il en va de même pour la toute nouvelle recrue, Juan Alderte, de plus petite carrure et dont la basse paraît donc exagérément grande pour lui. Derrière, on remarque la présence d’un siège hybride ; il est effilé au-dessus, à mi-chemin entre la chaise roulante et électrique. Tel un empereur, Marilyn Manson y repose et entame « Revelation #12 », titre d’ouverture du dernier LP, « Heaven Upside Down ». Alors qu’on pourrait croire à un effet de scène, fréquemment usité par le Révérend, ce dernier demeure immobile dans son fauteuil, se contentant de le faire rouler sur l’estrade de quelques mètres ou de tourner sur lui-même. Le constat est implacable : Manson souffre encore bel et bien de sa jambe. Une suspicion qui se transforme en certitude lorsque le vocaliste balance un ‘This is the New Shit’, toujours bien ankylosé sur sa Manson-Mobile tunée. Les bras se lèvent, certains crient, le morceau commence à sortir timidement la fosse de sa léthargie. Ce n’est plus un secret : on est aujourd’hui loin des déchaînements de foule de la période « Antichrist Superstar ». Fin du morceau, l’obscurité retombe et deux faire-valoir du musicien, habillés pour l’occasion en médecins, viennent l’aider à se placer à l’avant du podium. Tel un Ozzy Osbourne dernière mouture, Manson ne lâchera plus son pied de micro, cloué au sol par une jambe encaquée dans une grosse botte médicale.

 Il va de soi que cette immobilité du chanteur, d’ordinaire beaucoup plus amène à arpenter les planches de long en large, ne manquant jamais l’une ou l’autre pose suggestive avant de ramper par terre, finira par rapidement infecter la foule. C’est mou, très mou, trop mou ! Quelques jeunes éméché·e·s sautent quand même en l’air sur « Disposable Teens », mais sont bien esseulé·e·s. L’arrière-plan arbore à présent le faciès du chanteur, mais de profil. Il ne faut pas attendre le quatrième morceau pour qu’un moment de gêne, plutôt embarrassant, engourdisse la salle : « Mobscene » est complètement massacré. Conscient que l’interprétation part en eau de boudin, Manson stoppe la machine au beau milieu du parcours et convoque Tyler Bates à ses côtés, qui se prend pour l’occasion une remontrance publique. Tant bien que mal, Manson et son gratteur le clôtureront à deux. Alors qu’une majorité de formations auraient tout simplement repris le morceau –tout le monde peut se planter– Manson préfère embrayer sur la suite. Je-m’en-foutisme, quand tu nous tiens…

Il en remettra d’ailleurs une couche quelques minutes plus tard, en interrompant « The Dope Show », sous prétexte que des personnes dans le public le filment. ‘A chaque fois que je vois une lumière rouge’, prévient-il les premiers rangs, ‘je stoppe et chante le refrain de « I don’t like the drugs but the drugs like me »…’ Une mise en garde qu’il met évidemment en application, menaçant même de vider les lieux si les spectatrices et spectateurs ne mettent pas leur poing dans la figure –mais de manière douce, précise-t-il quand même– à celles et ceux qui s’amuseraient à l’enregistrer. De longues minutes d’attente avant que la Diva Manson ne daigne quand même poursuivre. Dur d’accepter de se faire filmer quand on est plus que l’ombre de soi-même…

Même si la soirée peut être globalement créditée d’un flop, il faut néanmoins reconnaître que Manson maîtrise aujourd’hui davantage ses nouvelles compositions. « Third Day of a Seven Day Binge » et « Deep Six » permettent au chanteur d’exploiter une énième facette de sa palette vocale, chargée en émotions et qui ne manquera pas d’électriser la foule. Il en va de même pour « Say 10 », qui envoûte graduellement l’audience jusqu’à l’inciter à crier, comme un seul homme : ‘You say God and I say Say 10’. Un lointain arrière goût de ce qu’ont pu incarner ses anciennes messes révolutionnaires de la fin des années 90…

C’est finalement par le très émouvant « Coma White » que l’Antéchrist prend congé. Une fois de plus, typiquement du Manson : après avoir énervé, déçu ou lassé son public, l’artiste finit par une très belle interprétation de ce langoureux morceau. Un dernier ‘fuck’ adressé à l’auditoire, qui adoucit néanmoins ce goût amer, devenu de plus en plus prononcé au fur et à mesure que le show s’est déroulé. Il n’empêche que de ce concert émanait le dérangeant fumet d’une prestation bâclée. Pourquoi persister à poursuivre son périple alors qu’il n’est pour le moment pas capable d’offrir un show digne de sa réputation ? Il s’agit certes d’un détail, mais en jetant un bref coup d’œil au merchandising on se rend compte que des t-shirts sont vendus à des prix exorbitants, alors qu’on aurait presque pu dire qu’il s’agissait de transferts faits maisons (Manson ?). Un détail, évidemment, mais qui dénote du peu de respect que l’artiste réserve à ses fans. Il se permet de vivre de son aura, et devrait certainement en profiter pendant encore de nombreuses années ; cependant, son public finira bien par s’éroder s’il poursuit dans la même voie. De cette soirée en ressort en tout cas un triste constat : le Révérend glisse dangereusement vers le précipice… déjà qu’il s’est brisé la jambe…

(Voir aussi notre section photos ici)

Organisation : Live Nation Belgium

Marilyn Manson

Mi-figue, Mi-raisin

Écrit par

Autant le dire tout de suite, l’adage suivant lequel ‘les absents ont eu tort’ n’est pas de mise pour ce concert. Néanmoins, ils ont le droit d’avoir des remords. A cause du supporting act. Turbonegro. Je l’avais d’ailleurs déjà souligné lors de la confection d’un article paru dans les news. En outre, la formation norvégienne s’était également illustrée au dernier Pukkelpop. Le vendredi. En clôture (NDR : voir la review de ce festival signée par l’ami Enzo). Un set quand même difficile à décrire. Une chose est sûre, sa musique nous replonge dans le bon vieux hard des années 80 ; mais la solution sonore est revue et corrigée suivant l’esprit nordique. Une petite touche de punk à la Black Flag en plus. Sans oublier le chouia de truculence, qu’incarne si bien le chanteur. Un véritable Viking qui se produit torse nu tout en dégageant une certaine sympathie. Ne connaissant pas leur répertoire, je ne m’étendrai pas sur leur setlist. Aussi je vous conseille de vous rendre sur leur Myspace, si vous souhaitez en savoir davantage… (http://www.myspace.com/turbonegro)

Marlyn Manson aime se faire désirer. La première partie à peine terminée (NDR : il est alors 20h45 !), un immense drap se déploie pour occulter le podium. Et les aficionados devront attendre plus d’une heure avant le début du ‘main act’. Il est d’ailleurs toujours amusant d’observer ce public. Très éclectique. De vrais fans de métal côtoient ainsi une foule de curieux. De tous les âges. Affichant une diversité de looks et de tenues assez impressionnante. Depuis le ‘bon père de famille’ qui emmène ses enfants (NDR : ce qui peut revenir cher à plus de 40€ la place) à l’ado pré-pubère, en passant par le vieux motard. Et les T-shirts arborés accentuent cette impression. Certains exhibent les derniers groupes métal à la mode comme Nightwish. D’autres, souvent des vétérans, ceux d’Alice Cooper. Des jeunes filles se sont déguisées en sorcières d’Eastwick. Mais on y croise également des cadres dynamiques encore en tenue de bureau… Finalement, en observant cette audience bigarrée, tout en sirotant quelques bières entre ami(e)s, le temps passe assez rapidement, et les lumières finissent par s’éteindre…

Le set s’ouvre par une courte intro au cours de laquelle Brian se livre à une sorte de rituel. La grande majorité des spectateurs n’assiste pas cette cérémonie, car le rideau couvre toujours le devant de la scène. Seuls les mieux placés -à l’avant et sur les côtés- se demandent si au-delà des apparences, Marilyn Manson ne serait pas un peu givré… La toile finit donc quand même par tomber à l’issue de ce prélude, et laisse apparaître un décor digne des cénacles occultes. On a même droit aux cierges. L’image est très importante chez MM. Brian se sert de son micro traditionnel à double fonction (NDR : un couteau de survie en même temps, c’est pratique !) Le contour de ses yeux est maquillé en rose fluo ; et on ne peut pas dire que ce choix passe inaperçu. Grimé de la sorte, on se demande si on est en présence d’un travesti prêt à prendre son service à Pigalle ou un acteur sorti tout droit d’un film d’épouvante de série B. Et du haut de ses bottes à semelles compensées, on peut vraiment affirmer qu’il est tapé ! Finalement, sous cette apparence, on a du mal à imaginer comment il est parvenu à séduire une telle pléiade de jolies nanas. Rose McGowan, par exemple. Mais arrêtons ici la description purement visuelle pour nous consacrer quelque peu au concert. Quoique…

« If I was you vampire » nous plonge immédiatement dans une ambiance propice à l’envoûtement. Dans l’esprit d’une secte, vous m’avez bien compris. « Mobscene » électrise la foule. Flûte, il manque les jolies danseuses de son clip vidéo. Elles étaient pourtant présentes, lors du dernier spectacle accordé au Brabanthal de Louvain. Finalement les titres s’enchaînent d’une façon assez carrée. Le medley opéré entre « Sweet dreams » et le vieux « Lunch box » brise quelque peu ce processus linéaire. Malgré quelques mots prononcés entre les titres et les incursions dans le public, le grand show est attachant, mais pas particulièrement enthousiasmant. A se demander si le spectacle ne serait pas plus adapté à un festival plutôt que dans une salle de grande capacité, comme Forest National (NDLR : lors du Pukkelpop 26, sa prestation a été catastrophique). Le décor est quand même le fruit de prouesses techniques : la chaise de cinq mètres de haut, le stand destiné au discours de propagande politique ou l’avant-scène qui se surélève en plein milieu du concert, en sont les plus belles démonstrations. Il faudra cependant attendre des tubes comme « Rock is dead » ou « The Beautiful People », dispensés en bout de course, pour retrouver chez MM un peu de tonus.

Dans l’ensemble, ce concert a laissé une impression Mi-figue, Mi-raisin. On comprend mieux pourquoi il plaît davantage à la masse de curieux qu’aux vrais fans de métal/indus. D’ailleurs ces derniers prendraient davantage leur pied lors d’un bon st d’Oomph qui n’a pas besoin d’en remettre trois couches pour se révéler aussi brillant qu’efficace…

Setlist :

01) Intro

02) If I Was Your Vampire

03) Mobscene

04) Disposable Teens

05) Tourniquet

06) Irresponsible Hate Anthem

07) Are You The Rabbit?

08) Sweet Dreams/Lunchbox

09) The Fight Song

10) Putting Holes In Happiness

11) Heart-Shaped Glasses

12) Rock Is Dead

13) The Dope Show

14) The Reflecting God

15) Antichrist Superstar

16) The Beautiful People

 

Organisation Live Nation 

                                                                                             

Marilyn Manson

Eat Me, Drink Me

Écrit par

La bête noire du puritanisme américain est de retour ! Mais tant son ramage que son plumage effraient désormais à peine les grands-parents des adolescentes qui lui vouent un culte. En outre, son rock est aujourd’hui davantage façonné dans l’aluminium que dans l’acier. Nous aurions aimé écrire que « Eat Me, Drink Me » était la suite parfaite de l’excellent « Antichrist Superstar ». Hélas, nous ne sommes pas en mesure de vanter les qualités de cette nouvelle plaque. Un opus insipide concocté par un Révérend Manson qu’on imagine fatigué. Si le premier single « Heart-Shaped Glassed » a déjà fait couler beaucoup d’encre, grâce à un clip aussi putassier que sulfureux, seuls quelques titres se dégagent du lot, dont le relativement heavy « Putting Holes in Happiness » ou encore « They said That Hell’s not hot » aux effluves psychédéliques bien prononcées. Que dire du reste, si ce n’est que l’œuvre montre la facette la plus fadasse de la carrière du gourou gothique. Il flirte même parfois avec My Chemical Romance ( « Just a Car crash away » ) ou la techno/dance la plus commerciale ! Proposée en bonus track, la version remix de « Heart Shaped Glassed » fera le bonheur des accros des dancefloors, mais risque fort de provoquer la nausée chez les fans de métal.

Le déjanté Turbo Negro assure la première partie des dates de Marilyn Manson, sur sa tournée européenne. Il risque bien de lui voler la vedette lors de son passage, le 11 décembre prochain, à Forest National. Une galette peu savoureuse et surtout à oublier au plus vite !

Marilyn Manson

Holy Wood

Écrit par

Brian Warner est né malin. Non seulement il a l'art de provoquer, mais il a rendu cet art particulièrement lucratif. Plus il provoque, plus il indigne ; et plus il indigne, plus il récolte de succès. Un goût de l'excès qui secoue tellement les Yankees, que des ligues anti Marilyn Manson ont commencé à fleurir au quatre coins des States. Surtout depuis la fusillade de Littleton du 20 avril 1999. Un carnage que ces mêmes associations ont mis sur le dos de la philosophie de ce grand guignol. N'importe quoi ! Comme si le libéralisme en matière de vente et de détention d'armes n'était pas la véritable cause de cette tragédie. Et puis rien de tel pour distraire la vigilance de la population, face aux véritables problèmes qui secouent les Etats-Unis d'Amérique, aujourd'hui. Faut avouer quand même qu'il n'y va pas de main morte. Faisant même croire qu'il est un fervent défenseur du satanisme, de la drogue, de la pornographie, du chaos, du meurtre ou même du suicide. C'est à dire les tabous qui balisent la conscience du peuple de l'oncle Sam. Pourtant, lorsqu'on analyse ses textes ou ses déclarations incendiaires, on se rend compte que son message n'est peut être pas aussi destructeur qu'il n'y paraît. En fait, Brian utilise le second (si pas le troisième !) degré pour remettre en cause l'American way of life, amplifiant les conséquences pour mieux débusquer ses défauts, son incohérence. Cet adepte de Nietzsche vient d'ailleurs de sortir un deuxième bouquin qui traite de cette question, mais aussi de sujets aussi brûlants que la haine, la violence ou l'éducation, thèmes qui le taraudent au plus profond de lui-même.

Mais venons en à son nouvel opus, " Holy Wood ", premier volet d'un triptyque qu'il avait terminé par " Anti Christ Superstar " en 1996, et dont l'échelon intermédiaire, " Mechanical animal ", remonte à 1998. Toujours ce besoin de retourner l'ordre des événements ! Et ce nouvel opus est franchement impressionnant. Je ne m'attarderai plus sur l'aspect thématique des compositions, mais plutôt sur la musique. Que je qualifierai d'électro métal d'excellente facture. Et vu la qualité de la solution sonore, des gens comme Korn, Limp Bizkit ou Slipknot, peuvent carrément aller se rhabiller. Pour bien planter le décor, les spectres de Christian Death, de Bowie circa " Ziggy Stardust ", d'Alice Cooper, de Sisters of Mercy, et de Nine Inch Nails sont toujours bien présents. Par contre, hormis " Disposable teens ", le glam glitterien qui prévalait sur le précédent elpee a presque complètement disparu. Il laisse ainsi, nonobstant l'un ou l'autre fragment plutôt musclé tel que " The love song ", " The fight song " ou " Burning Flag ", la place à une musique beaucoup plus atmosphérique. Atmosphérique, métallique, énigmatique et sulfureuse. On est même particulièrement surpris lorsque Marilyn Manspn flirte l'intensité électrique d'un Radiohead sur " Target audience " et " Valentine's day ". Mais un Radiohead qui aurait été endoctriné par Bauhaus. Maintenant, je ne le répéterai jamais assez, il faut prendre beaucoup de recul par rapport à ce personnage. En prendre et en laisser, si vous préférez. Ce n'est ni un extra-terrestre, ni Belzébuth réincarné. Le plus grand risque serait peut-être qu'il fonde une secte. Et personnellement je n'en serais pas surpris. Surtout lorsqu'on sait que cet homme d'affaires vient de racheter une multinationale de crème glacées. Evidemment, pour d'éventuels futurs disciples, ce genre d'information jette un froid…

 

Marilyn Manson

Mechanical animals

Curieux personnage que ce Brian Warner alias Marilyn Manson. Maquillé outrageusement jusqu’à la limite de l’androgyne, il pourrait camper un hybride entre Alice Cooper, David Bowie circa Ziggy Stardust et le défunt Rozz Williams de Christian Death. Son objectif ? Symboliser à travers son attitude et ses textes, une perspective alternative de la moralité, de la sexualité, du succès, de la religion, de la politique et même de la société. C’est vrai qu’aujourd’hui, il constitue surtout le cauchemar le plus sérieux des fascistes du rock’n’roll. Si à l’origine, la musique de Marilyn Manson macérait dans une sorte de death metal fortement imprégné de caractéristiques post industrielles, à l’instar de Thrill Kill Cult ou de Nine Inch Nails, son quatrième opus, " Mechanical animals ", est chargé d’ions émotionnels. Mais négatifs. Pensez un peu à Sisters of Mercy et à Bauhaus, lorsque les cordes de guitare claquaient comme des armes de destruction mortelle. Et tout comme chez ces formations gothiques légendaires, au fil de l’écoute, une mélancolie extrême et insidieuse envahit le plus profond de votre âme…