Miss James ouvre l’opus par un excellent soul blues intitulé "I fell". Soutenue par un ensemble vocal féminin, sa voix est naturellement forgée dans le gospel. Très propre, la guitare d'Ivan Appelrouth (Li'l Ronnie Grand Dukes) s’intègre parfaitement dans l’ensemble. Une douceur certaine baigne "Smokin' hot", une piste légèrement funk, caractérisée par la présence de cuivres. Marion signe "Corrupted world", une ballade particulièrement indolente aux lyrics révélateurs. Lumineuse, sa voix s’impose face aux chœurs et aux accords empreints de sérénité du piano dispensés par Steve Bassett. L'atmosphère est toujours aussi délicate tout au long de "Crushing my heart", un autre blues lent au cours duquel Steve double au piano et à l'orgue Hammond. Une plage pour les cœurs solitaires, en fin de soirée! Imprimé sur un solide mid tempo, "I'm just what you're looking for" est un R&B dont le swing appuyé par l’ensemble des cuivres, est entretenu par la basse acoustique de Tod Ellsworth. Trompette, clarinette, trombone et tuba assurent les lignes de basse sur "Next time you see me", un classique préparé à la sauce New Orleans. "Blues recipe" opère un retour dans le blues lent rituel, un morceau que Marion colore judicieusement de son timbre vocal qui reflète un caractère bien trempé. "Mr Blues", "I know a good thing" et "Man size job" sont trois titres sculptés dans le funk dansant. Miss James rend un vibrant hommage au génie qu’était Ray Charles, en interprétant "I believe to my soul". Elle injecte toute sa passion dans cette superbe version en manifestant une incontestable autorité vocale, pendant qu’Ivan Appelrouth s’autorise un envol remarqué sur les cordes. "Candy" embrasse un style cabaret, fin de soirée. L’atmosphère est douce, veloutée même. Le style vire imperceptiblement au jazz. A cause des interventions au piano acoustique, des cuivres, et tout spécialement du sax ténor de Roger Carroll. "I just want to make love to you" clôt l’elpee. Un canon du blues issu de la plume de Willie Dixon et popularisé par Muddy Waters. Le piano et l'harmonica de Li'l Ronnie Owens introduisent la piste sous un format roots, avant de virer au funk intégral circa James Brown, puis de s’achever par un retour aux racines.