Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Mastodon

Once More ‘Round The Sun

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A l’instar de son titre (« Once More 'Round The Sun ») Mastodon est reparti pour un tour. En l’occurrence un sixième opus, et dans la foulée, une tournée mondiale pour le défendre. Mastodon est né en 1999 à Atlanta, aux États-Unis. Suite à la rencontre entre deux New-yorkais et de deux Sudistes pur jus. Le line up réunit Bill Kelliher et Brent Hinds aux guitares, Troy Sanders à la basse et Brann Dailor aux drums. Ces trois derniers participent aux vocaux, et Troy aux lead. Cette formation pratique un heavy metal teinté de rock, de sludge et de prog. A ce jour, le quatuor avait publié « Remission », en 2002, « Leviathan », en 2004 : « Blood Mountain », en 2006, « Crack the Skye » en 2009, et « The Hunter », en 2011. Comme d'habitude, la pochette du nouvel LP est de toute beauté. Elle signée Paul Romano.

« Once More 'Round the Sun » est découpé en onze morceaux relativement courts. D’une durée de 54 minutes, le long playing en recèle 4 de plus de 5 minutes dont aucun ne va au-delà des 8 minutes. C'est plutôt bien pensé. Et on évite la lassitude inhérente à l’avalanche de notes distordues et conflictuelles. En choisissant Nick Raskulinecz pour la mise en forme, on pense inévitablement à Alice In Chains, Deftones, Queens of The Stone Age et surtout Neurosis. Et la participation de Scott Kelly sur la dernière compo en est la plus belle illustration.

Tout au long de « Once More 'Round the Sun », le climat est particulièrement lourd, un climat déchiré par la voix hurlante de Troy Sanders. Un disque qui s’inscrit dans la lignée du précédent opus, « The Hunter ». Donc qui s’avère plus métallique que progressif, tout en révélant quelques accents psychédéliques. Ce qui ne veut pas dire que leur musique n’a pas évolué. Simplement, le processus est plus subtil. Et nécessite plusieurs écoutes avant d’en saisir toutes les spécificités. Qui finissent même par surprendre. Mastodon ne laisse ainsi pas beaucoup d’alterantives d'appréhension quant à son apparence actuelle : la créature est superbe.

« Tread Lighly » ouvre le bal. « The Motherload » et « Feast Your Eyes » consituent les deux premières perles de l’œuvre. Caractérisés par ses riffs de grattes abrasifs et incisifs, « High Road » est paru en single. Sur le titre maître, la bête est au sommet de son art. La voix est puissante, claire et précise tout au long de « Chimes At Midnight », une piste prog qui libère des envolées tourmentées. « Asleep In The Depp » baigne au sein d’un climat psychédélique. « Aunt Lisa » est une composition accessible et plutôt mélodieuse, parcourue de cordes bien senties. Les trois voix se conjuguent et sont soutenues par une chorale d’enfants. Brent Hinds et Bill Kelliher réservent leurs solos endiablés mais parfaitement maîtrisés à « Ember City ». « Halloween » est mon titre préféré. La voix est superbe. Le son des grattes écrase tout sur son passage. Atteignant près de 8’, « Diamond In The Witch House » clôt le long playing. Une compo élaborée, climatique, prog si vous préférez, dont la fin de parcours tortueuse devrait ravir les mélomanes du style…

Si aujourd’hui, les ténors du métal, tels qu’Iron Maiden ou Metallica cherchent leur second souffle, Mastodon ne les a pas attendus pour prendre un nouvel essor. Le band ne s’est d’ailleurs jamais aussi bien porté et est très susceptible de reprendre le flambeau du genre. Il en possède, en tout cas, toute les aptitudes…

 

Mastodon

Live At The Aragon (Cd + Dvd)

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Depuis la sortie du superbe « Crack The Skye » en mars 2009, plus personne n’oserait s’aventurer à mettre en doute le génie musical de Mastodon. Le quatuor d’Atlanta est, incontestablement, la révélation métal américaine de ces dix dernières années.

Mastodon publie aujourd’hui son tout premier ‘live’. Après douze ans de carrière, l’exercice devenait presque indispensable. « Live At The Aragon » reprend (en version Cd et Dvd) l’intégralité d’une prestation accordée le 17 octobre 2009 à l’Aragon Ballroom de Chicago. Le tracklisting (identique sur les deux supports) reprend tous les titres de « Crack The Skye », interprétés dans le même ordre que sur l’œuvre originale, ainsi qu’une plage extraite du « Blood Mountain » de 2006 (« Circle Of Cysquatch »), deux du « Remission » de 2002 (« Where Strides The Behemoth », « Mother Puncher »), une du « Leviathan » de 2004 (« Aquae Dementia ») et, pour terminer, une cover des mythiques Melvins (« The Bit »).

Le Dvd contient, par ailleurs, une section supplémentaire intitulée « Crack The Skye - The Movie » qui n’est pas, comme on pourrait le croire, un documentaire de type ‘making-of’, mais la totalité des clips projetés en arrière-plan de la scène lors des prestations scéniques du groupe. Ce film, qui avait au départ été réalisé dans le but d’illustrer le concept plutôt glauque de « Crack The Skye », amène indéniablement l’auditeur à appréhender l’œuvre d’une nouvelle manière.

Si vous avez la chance de posséder la version studio de « Crack The Skye », le Cd audio du « Live At The Aragon » n’est pas d’une grande utilité. Pourquoi, en effet, auriez-vous envie d’écouter cette pièce maitresse, certes restituée note pour note, mais dans une version de moindre qualité ? Le son live est loin d’égaler celui de la version originale et le groupe semble, de surcroît, éprouver quelques difficultés à restituer les superbes harmonies vocales qui constituaient l’atout majeur de son opus. Nous vous conseillons donc de laisser de côté la version audio pour vous consacrer exclusivement à son pendant digital et versatile. Car celui-ci vaut carrément le détour. Comme le laisse entendre son patronyme, Mastodon en concert, c’est du lourd, du costaud et du poilu (NDR : ZZ Top ne semble plus avoir l’exclusivité de la pilosité faciale abondante). Les images sont superbes, le jeu des caméras est dynamique et restitue à merveille l’énergie dégagée par cette formation au style unique et inimitable. L’écran géant et les images qui y sont diffusées installent une ambiance particulière impossible à appréhender si l’on se contente de la version audio. Le visionnage du concert est tellement captivant que l’on en oublierait presque les imperfections sonores.

S’il vaut probablement mieux découvrir le « Crack The Skye » de Mastodon pour pouvoir apprécier toutes les subtilités de sa musique, « Live At The Aragon » constitue cependant un document indispensable à toutes celles et tous ceux qui apprécient la musique du groupe depuis ses débuts.

 

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Crack the Skye

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Le cinquième élément de Mastodon constitue une œuvre majeure de la décennie, encore plus aventureuse que les opus précédents du combo qui est un peu au metal ce que King Crimson est au rock prog. Bien au-delà d’une ambition progressive déjà palpable sur « Blood Mountain », le quatuor concentre son énergie sur une construction qui réconcilie heavy metal, jazz rock et stoner.

Opus aux nombreux mystères, conçu peu avant la fulgurante tournée ‘Unholy Alliance III’ en ouverture de Slayer, « Crack the Skye » s’ouvre sur l’époustouflant « Oblivion ». Le ton est donné. Son limpide mais rugueux, production énorme, tempo plus lent qu’à l’accoutumée, pour un résultat plus en nuance. On note déjà un superbe solo évoquant, dès les premières mesures, David Gilmour. « Divinations », plus traditionnel, est aussi le morceau le plus court de l’album. 3’40 de heavy pure souche. « Quintessence » porte fichtrement bien son nom. Caractérisé par son refrain très aérien, l’utilisation de samples et de plans que ne renieraient pas Porcupine Tree ou Opeth, le groupe grave un titre passionnant, digne d’un kaléidoscope métallique. « The Czar », pièce maîtresse de la rondelle, s’étale sur 11 minutes. Son intro à l’orgue hammond et ses riffs lourds et fermes lorgnent résolument vers les seventies. On pense aussi aux développements du ‘Roi cramoisi’ et à la complexité du hard sympho de Rush. Le refrain est rendu encore plus efficace, toujours soutenu pas ce clavier délicieusement ‘purplelien’. La musique évolue crescendo et se dévoile, en finale, beaucoup plus agressive, nous aspirant dans un tourbillon de rythmes rigoureux. Une finale exécutée en forme de clin d’œil au Metallica de l’époque « Master of Puppets ». L’intro orientale de « Ghost of Karelia » trompe l’auditeur. Il s’agit du titre le plus caractéristique de la marque de fabrique Mastodon. Du gros heavy brut de décoffrage. Le titre maître de ce chef d’œuvre accroche dès les premières secondes. A cause de ses arpèges magnifiques auxquelles se marient des claviers. Ce n’est autre que Scott Kelly de Neurosis qui couche sa voie sur ce segment sombre, oppressant et qui maintient une tension proche de la transe au fil de ses 6 minutes sulfureuses à souhait. Dantesque, « The Last Baron » est le titre le plus contagieux et envoûtant. Bénéficiant de chœurs du plus bel effet en fin de course, l’œuvre, malgré sa durée (13 minutes) ne faiblit jamais et réinvente à elle seule tout l’univers d’un Mastodon au sommet de sa forme !

Noir et lyrique, hypnotique et déconcertant, « Crack the Skye » s’impose comme un futur album de référence.

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Blood Mountain

Il semble déjà loin, le temps où Mastodon reprenait « The Bit » des Melvins devant deux pelés-trois tondus : aujourd’hui les metalleux jouent en ‘support act’ de Slayer et ne parlent plus de rébellion mais de métro-boulot-dodo (le DVD bonus, hilarant). Faut bien éduquer la marmaille et rentrer dans le rang, vendre des disques, un peu, beaucoup, le plus possible, sinon c’est la Warner qui va pas être contente. D’où cette fâcheuse impression que nos quatre chevaliers de l’Apocalypse ont mis pas mal d’eau dans leur vin, et forcément ça laisse un goût amer. « Blood Mountain » sonne pourtant bien comme un album de Mastodon, mais sans cette colère viscérale qui leur donnait auparavant cette gueule de vrais méchants. Au rang des accusés ces voix claires qui sonnent comme le début de la fin : il faut vendre, il faut plaire au quidam qui aime ce ‘quelque chose de monstre’ sans craindre pour ses fesses. Voici du metal calibré pour passer à Werchter… Serait-ce le sort commun des artistes qui veulent entrevoir la lumière des flashes et des néons GB ? Et même si « Blood Mountain » reste un sacré disque de riffs énormes et de refrains dantesques (« The Wolf is Loose », « Capillarian Crest »), il n’empêche qu’on n’y croit plus des masses. Même Scott Kelly (Neurosis), Josh Homme (QOTSA) et Cedric Bixler-Zavala (Mars Volta), sans doute invités pour faire bonne figure, n’ont pas trop l’air de trouver ça très drôle. Comme souvent lorsqu’un groupe passe du statut d’underground à celui de produit de masse, on fait un peu la moue. Avant on croyait être les seuls à les comprendre, mais aujourd’hui on nie un peu l’affaire. L’effet major, me direz-vous ? Pardonnez donc notre snobisme, et sortez votre pèze : n’est pas metal qui veut, surtout à 30 euros le t-shirt.