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Le parfum de vie de Goudi

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Micah P. Hinson

Jusqu’au bout de l’ennui…

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Micah Paul Hinson traîne un passé tourmenté. Addiction, banqueroute, passage par la case prison, etc., on ne peut pas dire que sa carte de visite soit ‘clean’. Cependant, c’est un talentueux songwriter. Et puis, depuis qu’il s’est marié, il s’est racheté une conduite… Ce n’est pas la première fois que le Texan se produit au Botanique. C’est même devenu un habitué des lieux. Il vient de publier un nouvel album en compagnie du groupe The Nothing. Avant de repartir en tournée. Et le périple européen passait donc par Bruxelles. Une belle occasion de revoir ce personnage attachant mais atypique, se produire dans un endroit aussi intimiste que celui de la Rotonde.

Pas de supporting act. Et à 20 heures, la salle n’est qu’à moitié pleine, lorsque l’artiste monte sur l’estrade. Ou vide selon. La quasi-totalité des spectateurs est assise sur les gradins. L’hémicycle va quand même se remplir progressivement, mais au fil du concert. Etonnant !

Vêtu d’une d'une salopette en jeans, laissant apparaître des chaussettes à rayures, Micah a les cheveux tirés en arrière. Un look qui illustre à merveille l'Américain sudiste. Aujourd’hui, il se produit en solo, armé de sa sèche. Une option particulièrement minimaliste, il faut le reconnaître. La dernière fois qu’il avait foulé les planches du Bota, il était épaulé par son épouse. Elle était préposée au synthé. Si aujourd’hui elle est présente, c’est dans les loges, au dessus de la régie. Auprès de leur enfant. Tout au long du set, l’artiste va d’ailleurs regarder dans leur direction, comme pour susciter des encouragements ou des conseils.

Sa voix rocailleuse est empreinte d’émotion ; et elle accroche immédiatement l’oreille. Les sonorités dispensées par sa guitare sont brutes de décoffrage ; une impression qui s’accentue, lorsqu’il commence à y injecter de la distorsion. On ne peut pas dire qu’elles soient léchées, comme chez pas mal d’artistes contemporains. Il enchaîne les morceaux issus de ses différents albums, parmi lesquels on épinglera les excellents "Seven Horses Seen" et "Take Off that Dress for Me". Au fil des morceaux, il devient de plus en plus hésitant et consulte longuement sa set list. Au bout d’une petite demi-heure, il parvient quand même à –quelque peu– se décontracter et commence à discuter avec le public. Abordant des sujets comme la difficulté de vivre en tournée ou sa passion pour la musique country...

Il quitte le podium vers 20h40, pour revenir quelques secondes plus tard, une cigarette électronique au bec. C’est à partir de cet instant que Micah P.Hinson va montrer des signes d'impatience. Après chaque chanson, il consulte sa montre et met de plus en plus de temps à donner une suite à son répertoire. Si au départ, cette attitude prête à sourire, au fil du temps, le public manifeste de plus en plus de signes d’agacement. Un comportement qui finit par jeter un froid dans l’assemblée.

Micah P.Hinson est un artiste atypique qui évolue à mille lieues des sentiers battus. Il fait ce qu'il aime. Sans se soucier des autres. Mais surtout de son public. Il n’hésite pas à déranger le confort des mélomanes. Et même à leur signifier son ennui. Une conduite contestable, mais qui n’enlève rien à son talent…

(Organisation : Botanique)

Micah P. Hinson

…and the gospel of progress

Écrit par

En 2004, Micah P. Hinson gravait l’album « Micah P. Hinson and the Gospel of Progress ». Pour fêter le dixième anniversaire de cette sortie, le label Talitres a eu l’excellente idée de le republier, mais en lui attribuant un autre titre, « …and the gospel of progress ». Mais également de le remixer et de l’enrichir d’une plage ("Can't Change A Thing"). En outre, cet elpee est enfin disponible en vinyle. Un bien beau cadeau à offrir pour tout mélomane réceptif au folk.

C’est en hiver 2003, que l’artiste était entré en studio pour enregistrer son premier essai. Il n’est alors âgé, à peine, que de 23 ans. Il avait quitté Memphis (Tennessee) pour s’installer au Texas, traînant déjà derrière lui un passé déchiré par des problèmes d'addiction en tous genres et des échecs sentimentaux.

C’est à travers la musique qu’il va trouver la rédemption. Brut de décoffrage, son folk est saturé d’émotion. Ebréchée, sa voix est reconnaissable entre mille. Sa musique est élaborée et riche. L’instrumentation luxuriante. Il a recours aux claviers, guitares sèches et électriques, chœurs, etc. ; mais surtout, il est difficile de rester de marbre en écoutant les chansons de Micah P.Hinson. Cet opus recèle quatorze morceaux qui sont autant de cris du cœur.  « As you can see » et « Patirence » en sont certainement les plus beaux exemples.

Bref, cette réédition est une excellente occasion pour (re)découvrir cet artiste méconnu du grand public. Pour celles et ceux qui le connaissent déjà, c’est l'opportunité de se replonger dans ce magnifique premier essai ; et par la même occasion, d’écouter les autres.

Micah P. Hinson

Micah P. Hinson & the Pioneer Saboteurs

Écrit par

Texan d’adoption mais natif de Memphis, Micah P. Hinson s’est entouré d’un quatuor à cordes pour concocter son nouvel opus, en l’occurrence The Pioneer Saboteurs. Un disque dont le climat âpre, grave et angoissant communique des sentiments à la fois bouleversants et dérangeants. Micah y explore des thèmes extrêmement réalistes comme la mort ou les relations amoureuses. En fait, il dépeint la situation sociale de son pays, comme un citoyen décrirait : ‘I tried to make sense of everything that’s happening over there… the death of the American dream on the coat-tails of the modern US of America. A citizen cannot be unaffected by the things that are happening around him. If he does not, he’s not citizen’. Faut dire que l’artiste a vécu lui-même une dégradation sociale ; donc, il sait de quoi il parle. Et pour cause, il a transité par toutes les étapes du parfait reclus : drogue, prison, alcool et déceptions amoureuses… Alors qu’il n’avait pas encore 30 ans.

Consacré à des reprises, « All Dressed Up And Smelling Of Strangers », son dernier elpee, ne date que de quelques mois. Et son génie est intact ! L’opus s’ouvre par un titre instrumental de forme plutôt classique. Une compo au cours de laquelle Micah et ses Pioneer Saboteurs révèlent immédiatement que les cordes vont occuper une place de choix tout au long de l’opus. « Take Off That Dress For me » est parcouru par la voix très caractéristique du songwriter, un timbre réminiscent à la fois de Johny Cash et Nick Cave. De quoi nous rappeler pourquoi, on avait eu le coup de foudre pour le personnage, en 2003. Lors de cette œuvre, Micah P. Hinson alterne morceaux orchestrés, minimalistes et expérimentaux. Des chansons empreintes d’émotion et de sincérité. Au sein du tracklisting, j’épinglerai quand même un « The Striking Before The Storm », hanté par les esprits des Indiens défunts, ou encore le bouleversant « Seven Horses Seen or Through The Hours, Still Comes Another ».

Micah P.Hinson démontre tout au long de cet elpee, qu’il est un des songwriters les plus doués et les plus fidèles de sa génération. Et son évolution devrait combler tous les mélomanes.