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Moby

Destroyed Remixed

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Multi-instrumentiste, Moby est également Dj new-yorkais. Un artiste qu’on ne présente plus, vu son implication sur la scène électronique internationale, depuis 1984. Il a publié de nombreux albums et décroché une pluie de hits, parmi lesquels on épinglera les incontournables « Why does my heart feel so bad » et « Lift me up ».

En 2011, il surprenait un peu son monde en gravant « Destroyed », un disque au cours duquel il avait poussé le bouchon de l’électro un peu plus loin ; et si certains –comme votre serviteur– avaient applaudi ce virage quasiment à 180°, les aficionados de la première heure n’ont pas trop apprécié cette métamorphose. Lui reprochant d’avoir négligé la formule magique de ses chansons : son feeling pop et la tendresse de ses mélodies. 

Moby persiste et signe donc dans sa nouvelle voie, puisqu’après une réédition ‘deluxe’ de son dernier album, enrichi de quelques titres supplémentaires et d’un Dvd, il nous propose aujourd’hui « Destroyed – Remixed, » une double compilation consacrée à des remixes de l’album original, sorti l’année dernière.

Le premier cd s’intitule « Big Room ». Il est découpé en 13 pistes et a notamment bénéficié de la collaboration de Holy Ghost !, Basto et Arno Cost.

Le second a été baptisé « Small Room ». Il réunit 9 titres. Et parmi les invités de marque, on relèvera la présence de David Lynch et Ben Hoo.

Ce recueil tient parfaitement la route. Les copains DJ respectent totalement la marque de fabrique Moby et parviennent à distiller une électro souple qui impose doucement sa force tranquille. Mention spéciale à la version de « Basto » d’ailleurs, qui décidément connait une période particulièrement faste en ce moment.

Dès lors, pour peu que l’on apprécie les pistes originelles de l’elpee, on tombera facilement sous le charme des versions opérées par ces grands noms de la scène électro. A un tel point que parfois on se demande si ces remixes ne découlent pas directement des morceaux initiaux. 

Côté reproche, il faut reconnaître que pour un double LP, l’ensemble manque d’audace. C’est de l’électro, que diable ! J’aurais aimé une approche plus aventureuse de cet exercice de style. Tout au moins sur un des deux disques, histoire de varier les plaisirs.

Néanmoins, si vous avez flashé sur « Destroyed », vous ne pouvez passer à côté de son « Remixed »

 

Moby

Lie Down In Darkness (single)

Écrit par

Inutile d’y aller par quatre chemins. Cet extrait de « Destroyed », ressorti il y a peu en version Deluxe, n’était certainement pas le meilleur titre de l’album.

Le traitement qui lui est ici infligé le rend tout simplement infâme.

A sa pauvre mélodie en forme de ritournelle, vient cette fois se greffer la voix d’Emmanuelle Seigner, dans une déclamation à pisser de rire.

On croit à un pastiche, puis on vérifie les crédits de la pochette et conclut que décidément, avec l’ami Moby, il faut s’attendre à tout.

Et dans ce cas, au pire.

 

Moby

The Right Thing (single)

Écrit par

Célébrant la réédition de “Destroyed”, en version Deluxe, ce single nous prouve qu’indépendamment de son succès planétaire et de la situation confortable dont jouit Moby depuis quelques années, le petit génie est toujours capable du meilleur.

Il est d’ailleurs assez étrange de constater que parallèlement à cette publication, le single « Lie Down In Darkness » soit sorti de l’ombre au même moment mais pour un sort bien moins enviable (voir chronique en ces même pages).

Qu’importe, Moby reste toujours une source d’inspiration très prisée, notamment lorsqu’il s’agit de se réapproprier l’un ou l’autre morceau.

Alors, quel est l’intérêt majeur de ces Remixes ?

Le premier, signé The Dø, explore un terrain sombre et tortueux, tandis que le Suédois Kleerup tente un exercice de style plus que réussi, transfigurant ainsi la version originale.

Raiko Maitta, alias Ben Hoo, nous plonge dans un bain rétro futuriste où les bulles éclatent au contact de la stratosphère.

Moins subtile, la House de « Sharam Jey » a néanmoins le mérite d’être efficace.

Et au final, le « Cosmonauts Remix » décolle d’une manière sympathiquement Funky.

Différentes lectures, différents degrés d’interprétation, et des versions sensiblement éloignées de la première mouture.

Du bon travail, quoi !

 

Moby

Destroyed

Écrit par

Le divin chauve new-yorkais, quadra bien sonné (46 ans dans quelques semaines) nous propose son 24ème album !!! Hein, quoi ? Pas possible ! Ben oui, ce pro des platines (DJ à ses débuts) en est à sa 24ème galette, remixes et ‘best of’ inclus, of course. Quel appétit, quelle boulimie plutôt…

Rendu célèbre grâce à sa trilogie « Play », « 18 » et « Hôtel » qui fourmille de hits monumentaux, Richard Melville Hall (de son véritable patronyme) a été sacré prince de la pop électro et empereur des dance floors dans la foulée. Deux titres que personne n’oserait lui contester, avouons-le.

Surprise, surprise pour ce dernier opus, Moby revient à ses premières amours. Terminés les morceaux qui décoiffent et qui rendent complètement hystériques, voire fous. Place à une musique électronique subtile, à des ambiances planantes, à des ballades atmosphériques sans paroles qui enchantent les tympans, « The Violent Bear it Away ». Retour donc aux origines pour ce génie de l’électro. Il suffit d’insérer le Cd dans votre lecteur et vous serez emportés au sein d’univers fantastique, dans un véritable film, rêve musical où se bousculent rythmes disco, beats sourds, synthés entêtants, envolées lyriques musées…

Rien ni personne ne vous empêchera cependant de vous éclater comme autrefois sur quelques morceaux plus dansants tels « The Day », « After » ou encore « Victoria Lucas » pour ne citer que ces trois-là.

Multi instrumentiste, auteur et compositeur, Moby ne s’autorise qu’une seule collaboratrice ‘longue durée’, la vocaliste Inyang Bassey, préposée aux partitions chantées. Pour le reste on épinglera également la voix de Joy Malcolm sur « Lie Down in Darkness » et celle d’Anna Maria Friman pour « Stella Maris ».

« Destroyed » surprendra les amateurs d’un Moby qui avait envoûté ses fans sur les 3 albums précités ; mais il convient de rendre à César ce qui lui appartient : un véritable talent de compositeur, une créativité sonore inégalée et surtout une place faite aux rêves dans la musique.

 

Moby

Usine à tubes

Écrit par

Deux mois à peine après sa prestation dans une AB comble (voir http://abconcerts.be/fr/abtv/p/detail/moby), Moby investissait les planches de l’autrement plus large Forest-National. Son troisième passage en Belgique en moins de six mois. Il venait y défendre son petit dernier, « Wait For Me », ‘mais pas que’. Un concert marathon de deux heures aux allures de grande rave, un peu ternie par l’impassibilité d’un large pan du public…

L’accompagnant sur toute sa tournée, Kelli Scarr se charge à nouveau de la première partie. Un peu intimidée par la foule, l’ex-Moonraker semble se terrer derrière son micro et passe une petite vingtaine de minutes à présenter sa Dream Pop clairement influencée par Moby, son mentor. Elle avouera à la fin de son set qu’il s’agissait de la première fois qu’elle jouait devant autant de monde, avant de laisser glisser une petite auto-promo. Tant qu’à faire…

Dès 20h50, les baffles laissent échapper « Division », l’intro de « Wait For Me ». Tandis que les musiciens se mettent en place, Moby harangue déjà la foule à l’aide de sa guitare, sur le devant de la scène. Dès les vingt premières minutes du spectacle, tout en sobriété, Moby donne le ton en mêlant habilement ses compositions les plus ‘ambient’ à ses tubes de ‘dancefloor’. Ainsi, « BodyRock » et « Go » font trembler la salle tandis que « Extreme Ways », « Mistake » ou encore « Why Does My Heart Feel So Bad ? » calment les ardeurs des quelques motivés aux premiers rangs, les seuls à profiter pleinement du concert.

Sans mauvais jeu de mots, Moby sait se faire petit. Plus particulièrement lorsque l’immense Joy Malcolm interprète deux des plus gros tubes du bonhomme, « Natural Blues » et « Porcelain ». Kelli Scarr, beaucoup moins timide lorsqu’elle est entourée, revient également sur scène afin d’y interpréter de jolies versions de « Wait For Me » et de l’ultra-mélancolique « Pale Horses ». Le set est essentiellement consacré à « Play » et « Wait For Me », mais le New-Yorkais honore aussi le reste de sa discographie à travers le retentissant « Disco Lies », le faussement punk « That’s When I reach For My Revolver » ainsi que les poppy « Lift Me Up » et « Raining Again », au cours duquel lequel le chanteur s’excite sur un long solo de percussions.

En guise de rappel, Moby et Joy s’élancent dans une version d’une quinzaine de minutes de « Honey ». Epique ! Le petit chauve et ses musiciens assènent le coup de grâce sur l’essentiel et très ‘rave’ « Feeling So Real », clôturant ainsi son enchaînement de hits imparables. Petit mais costaud.

Organisation : Live Nation.

 

Moby

Wait For Me

Écrit par

Bah alors ? Qu’est ce qu’il lui arrive au petit Richard Melville ? Quelqu’un lui aurait marché sur les pieds sans présenter ses excuses ? Quoi qu’il en soit, Moby est triste et le fait savoir haut et fort. « Wait For Me », le neuvième recueil du bonhomme tourne le dos au dancefloor. Celui que l’on croyait réconcilié avec les beats dansants (« Last Night », 2008) fait un petit retour en arrière et se concentre sur l’aspect ‘ambient’ de ses vieux travaux. Le New-yorkais mise à fond sur le spleen, allant jusqu’à flirter avec le « Music For Airports » de Brian Eno. Mais sans atteindre le brio de ce dernier.

« Wait For Me » contient probablement quelques unes des meilleures et des plus intenses compositions jamais écrites par son géniteur (« Pale Horses », « Shot in the Back Of The Head », « Wait For Me », …) Mais Moby est également enclin à se laisser aller à une emphase irritante, notamment lorsqu’il nappe ses morceaux d’une couche dégoulinante de cordes synthétiques aux sonorités souvent similaires. Un peu comme s’il cherchait à y poser un leitmotiv qui, au final, n’apporte pas grand-chose à l’ensemble. A condition d’oublier ces quelques titres superflus, « Wait For Me » s’écoute tranquillement allongé sur le gazon, les yeux rivés sur les étoiles. Une chose est sûre, Moby n’est jamais aussi bon que dans la sobriété et loin de la pop.

 

Moby

Last Night

Écrit par

Figure emblématique et véritable pionnier de la scène electro/pop, le New Yorkais Moby est probablement l’un des artistes contemporains les plus énigmatiques. Impressionnant sur « I Like to Score », œuvre au cours de laquelle il a martelé bien les têtes de ses splendides beats techno, l’Américain a créé la surprise, quelques années plus tard, en concoctant « Play », un ‘buzz’ aux titres forts et marquants. Après cette apothéose, place au gouffre ! « Hotel » n’est jamais parvenu à recueillir la ferveur de ses aficionados ; et son « Best Of », terni par la présence d’un duo partagé en compagnie de Mylène Farmer, a définitivement plongé Richard Melville Hall au plus bas de son crédit. Conscient de ces échecs commerciaux, l’artiste de la Grosse Pomme cherche manifestement à rebondir. Et une chose est sûre, son nouvel opus revient sur les traces de ses origines : la dance music. Tout en y ajoutant une touche d’ambiance 80’s. Le producteur rend en même temps ici un vibrant hommage à sa ville. « Ooh Yeah », « Everyday It’s 1989 » ainsi que « Alice » illustrent parfaitement cette semi-résurrection. Parce que tout n’est pas encore parfait. On se consolera néanmoins par l’énergie qu’il inocule tout au long de cette œuvre et son art à dispenser des beats comme il est le seul à pouvoir le faire, même si pour réaliser cet elpee, Moby a reçu le concours de quelques collaborateurs issus de la City. Un retour en forme ne serait pas pour nous déplaire. « Last Night » en est peut-être une première manifestation. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

 

Moby

Go - The Very Best Of

Écrit par

Richard Melville est un de ces sentimentaux modernes qui puise son inspiration dans une musique chargée d’émotions. Adoptant divers pseudos sur la scène électro new yorkaise, Melville reste fidèle à ses racines et particulièrement à son ancêtre Herman Melville, l’auteur du roman fantastique Moby Dick. Et c’est en remontant jusqu’aux sources qu’il y rapporte des trésors incontestables du blues et ses dérivés. On l’aura compris, Moby privilégie les émotions fortes, la sensibilité d’un piano et la beauté d’une musique soul qu’il réarrange sur des beats électro. Ce travail de sampling lui aura valu une certaine renommée mais aussi une étiquette. Le revers d’une médaille vendue à des millions d’exemplaires, inondant les foyers et frappant de plein fouet les radios ressassant les tubes « Natural Blues », « Porcelain » ou encore « Find my Baby », si ce n’était pas l’album 'joué' en entier.

Ce "Very Best Of", fontaine de jouvence sonore, a une autre spécificité : celle de faire connaître Melville sous un autre angle. Celui du guitariste qui a fait ses premiers pas dans le rock alternatif et retrouvant une deuxième jeunesse sur son tube interplanétaire « We are all made of stars ». Ou celui de DJ, accumulant les résidences dans les clubs new yorkais, balançant des galettes techno-dance à la « Feeling So Real », « Go » ou encore « Move », trois titres issus de ses albums non reconnus du grand public (« Everything is Wrong » et « I like to Score »). Moby accumule ainsi les hits, se montre dans les charts occidentaux, mais demeure malgré lui affublé d’une étiquette depuis "Play". Certaines tentatives de décrochage finissent même par l’enterrer. On pense, notamment, à l’élaboration du thème de James Bond et à quelques featurings (Mylène Farmer, Debbie Harry) peu convaincants. Une compilation pour les nostalgiques, les aficionados d’une musique électronique, les groupies des icônes Farmer et Harry. Rien de plus.

Moby

Hotel

Écrit par
A peine arrivé dans les bacs et le nouvel album de Moby squatte à nouveau les ondes. D’entrée de jeu, admettons que « Lift Me Up » est une sacré pépite radiophonique, une pâquerette populaire cueillie en leur temps par les Sister Queen (« Let Me Be A Drag Queen »). Et puis, que va faire Moby ? Va-t-il nous sortir tous les titres de son « Hotel » ? Quitte à étonner ses cohortes de détracteurs, Richard Hall alias Moby livre aujourd’hui un disque sensiblement différent de ses prédécesseurs. Moins ‘tubes en or massif’ que « Play », ‘moins pages publicitaires’ que « 18 », « Hotel » s’aventure dans les tréfonds émotifs de son auteur, le très méprisé Moby. Eminem, le vilain petit rappeur décoloré (gratiné ?) peut encore jaser, se moquer et se chatouiller les poils d’aisselles dans le dos du chauve, il ne lui arrive pas à la cheville. Tant dans ses choix artistiques que dans ses vues politiques, Moby a su évoluer (de l’electro à la pop en chatouillant le rock) tout au long de sa carrière et ce, sans jamais se retourner. Et lorsqu’il s’est retourné, il ne restait plus que Moby, son ombre et son succès. C’est l’impression qui se dégage de ce nouveau disque. Le sentiment d’une prise de conscience. Ce disque constitue l’état des lieux d’une vie qui ressemblait de plus en plus à une chambre d’hôtel. Moby seul face au reste du monde. Moby seul sur ce lit impeccablement bordé. Moby seul face à son reflet, celui d’un gars simple et sincère, injustement dépassé par sa réussite. Supposons que l’argent ne fait pas le bonheur, nous en viendrions presque à plaindre le ‘pauvre’ Moby. Bref, cette fois l’homme s’éclipse derrière des moments d’apaisements (« Homeward Angel ») et d’autres où il retrouve cette énergie contenue qui le caractérise (« Raining Again »). Seul, Moby se perd parfois comme sur ce « Spiders », hallucinante incarnation de l’univers pailleté de Robbie Williams. Mais grâce au soutien bénéfique de la dénommée Laura Brown, Moby relève la tête et se rend compte que finalement, il n’est pas si seul que ça.

Moby

18

Écrit par

"Play", le dernier album de Moby s'est donc vendu à plus de 10 millions d'exemplaires, à travers le monde. Une fameuse performance pour ce New-yorkais d'adoption qui privilégie le travail sur le statut de star, auquel il pourrait prétendre. Surtout depuis que des grosses pointures lui refilent des compositions à remixer. Mais du vedettariat, Richard Melville n'en a rien à cirer. Il préfère bosser devant son ordinateur. Il est même devenu son ami intime, mais ne le répétez à personne. Bref, vu la mentalité de l'artiste, on devait s'attendre à un nouvel album de toute bonne facture. Surtout après avoir écouté le single " We are all made of stars ", dont la mélodie irrésistible évoque immédiatement Brian Eno (NDR : pensez à " Nerve net ", commis en 92). Malheureusement, on est loin du compte. Il y a bien les intimistes et minimalistes " Great escape " (Eyeless in Gaza ?) et " Sleep alone ". Le titre maître et " Fireworks. Deux instrumentaux romantiques et visionnaires qui pourraient servir de bande sonore de film. Le rythm'n blues " Another woman ", dont le groove viscéral est alimenté par une basse hypnotique (MC900Ft Jesus ?). Le psyché frémissant " Signs of love " (Kurt Ralske ?). " Extreme ways " au refrain contagieux. Et enfin, " Sleep alone ", hanté par le spectre de Ian Curtis, nonobstant une forme davantage éthérée. Mais le reste m'a laissé sur ma faim. Que ce soit " At least we tried ", pâle pastiche du Neil Young le plus 'harvestien', le trop intimiste (NDR : enfin, tout dépend du sens accordé au terme intimiste !) "Harbour", pourtant caractérisé par un duo échangé entre Moby et Sinead O' Connor, ou encore " Street of Philadelphia ", à mon humble avis un peu trop pompé chez Springsteen. Pire encore, six fragments s'égarent dans la soul/gospel. Et c'est sans doute ici que Moby s'est planté. Car ces vocalises ne remplaceront jamais les bonnes vielles voix blues trempées dans le Mississipi (NDR : qui a dit le whiskey ?), qui prévalaient sur " Play ".

 

Moby

Ambient

Une autre réédition des antiques albums de Moby, avec " Early Underground " et " Moby " (voir autres critiques) : comme son titre l'indique, il s'agit ici de morceaux ambient, à la lisière des premières productions de Plastikman et de tout ce qui se faisait à Detroit en cette période de vaches maigres. Pas terriblement jouissif, cet album s'avère pourtant parfait comme fond sonore, au moment de la vaisselle par exemple. Toutefois, à côté des compiles ambient d'Aphex Twin, cet album frise le ridicule. Moby a fait ce qu'il a pu, nous on baille.

 

Moby

Early Underground

Aujourd'hui, Moby est une star : après avoir écoulé 10 millions de Play, son précédent album, il remet les couverts avec 18, déjà n°1 dans les hits parades. Pourtant, la carrière de Richard Hall (son vrai nom) n'a pas débuté il y a trois ans, loin de là. En 1990, il publiait son premier EP, " Mobility ", dans l'indifférence quasi générale. Cette réédition d'une compilation sortie en 93 reprend tous les travaux de Moby lorsqu'il n'était encore qu'un DJ à peine reconnu dans les raves américaines. Difficile d'y déceler ce qui fera son succès dix ans plus tard, tant on nage ici dans une techno minimaliste, proche de celle des pionniers de Detroit, Derrick May en tête (" Party Time "). Certains titres rappellent également qu'avant d'être un végétarien catho à la limite du sectaire, Moby aimait bien gober des petites pilules au MDMA (" Drug Fits The Face ", " Peace Head ") et faire la fête en s'éclatant la tête. Pas la peine de rajouter que tous ces morceaux datant de 90 et 91 ont salement vieilli ; n'ayant d'intérêt que pour ceux qui sont restés coincés dans un mauvais trip au début de l'acid house. Bref, dans le monde sans cesse mouvant de la techno, il y a une éternité.

 

Moby

Moby

Cette réédition du premier album de Moby a le mérite de rappeler qu'avant d'être une star planétaire aux millions d'albums vendus, le petit Richard Hall essuya quelques vestes : qui se vanterait aujourd'hui d'avoir un de ses albums de la période pré-Play, quand l'arrière-petit-neveu de Melville jouait encore dans la cour des DJ's de troisième zone, écumant les raves sordides à la recherche d'une seule âme pour écouter ses beats de freluquet ? Certes, il y a eu " Go ", gros tube samplant sans vergogne la musique de Twin Peaks, et cette reprise du " James Bond Theme ", sympathique mais sans plus. Cet album de 1993 contient le fameux " Go ", le reste oscillant entre l'acid et l'ambient, avec des pointes de 1015 bpm (" Thousand ", figurant au Livre des Records en tant que " morceau le plus rapide jamais enregistré "). A part ce tour de force qui n'a d'autre intérêt pour Moby que d'avoir un beau cadre du Guinness Book dans ses toilettes, on se demande donc qui peut bien écouter ça en 2002… A écouter pour rigoler, ou si l'on aime la New Beat (ce qui revient au même).

 

Moby

Rare : The Collection B-Sides 1989-1993

Enième réédition des vieux albums de Moby (voir autres critiques) : cette fois-ci, il s'agit d'une compilation de remixes et d'extended plays, bref des ersatz de morceaux déjà pas terribles… En général plus dance que les originaux, ses remixes étaient au départ destinés aux dance-floors des clubs du monde entier. ‘Etaient’, car datant pour la plupart de 91-92, ils n'ont évidemment aucune chance d'encore faire danser la ‘club babe’ d'aujourd'hui, davantage fan d'électro-clash et de bootlegs à la Dewaele Brothers que de ce genre d'hymnes pompiers à la défonce, pleins de bruits de sirènes ringards et de boum boum dépassés.

 

Moby

Play

Écrit par

Ce genre de disque arrive, disons...une fois par décennie. Ou alors une fois par genre musical. Non ! Il crée le genre. Dorénavant, " Play " devra être considéré comme référence. Tout ce qui suivra ne sera que resucée. Moby est devenu très riche avec cette plaque, sortie depuis déjà un an. Et il le mérite. Très bon de bout en bout, " Play " représente le parfait exemple d'une réussite commerciale et d'une qualité de composition irréprochable. Album où chaque titre est un hit en puissance, " Play " ne lassera pas de sitôt, car il ne recèle pas immédiatement toutes ses richesses. Les singles ne sont qu'un avant-goût du reste de l'album où Moby mélange allégrement le rock, la techno, la soul et le rap. On connaissait notre cher végétarien comme un touche à tout insatiable. Aujourd'hui les supermarchés musicaux ressortent l'album sorti il y a 2/3 ans (" I like to score "). Le grand public risque d'être désorienté en découvrant ses précédents travaux, mais qu'importe ! Il a malgré tout participé en masse à la création d'un repère musical. " Play " est déjà un classique.

Moby

Une bible dans le sampleur

Écrit par

Richard Melville Hall aurait-il tout compris? D'où viens-je, où vais-je, dans quel état j'erre? Vous savez, toutes ces angoissantes questions existentielles qu'on se pose le matin en se rasant face à son miroir, en journée coincé du côté de la Drève de Bonne Odeur ou le soir face aux navrantes séries télévisées destinées à combler notre trou noir culturel? S'il n'a pas encore répondu à toutes celles-ci, Moby a néanmoins le mérite de les affronter bien en face dans un album qu'il a intitulé "Everything Is Wrong"!

Moby aurait créché à Nazareth et eu un papa charpentier qu'on ne se serait pas, outre mesure, étonné de son discours. Seulement voilà, son message, ce n'est pas du haut d'un quelconque Mont des Oliviers qu'il le délivre, mais sur CD, disponible dans tout rayon techno un peu garni. Mais oui, derrière les tubes que sont "Go", "Hymn" ou "Feeling So Real", il y a des idées! Le SyQuest au service d'une philosophie chrétienne, c'est tout nouveau! Et le credo de ce jeune Américain de 28 ans, à ses heures perdues toujours DJ et remixeur (des Pet Shop Boys à Michael Jackson en passant par Depeche Mode), c'est pas entre deux vagues de la Mer Rouge qu'on a été vous le pêcher! Et si Moby était...

Un humain bourré de contradictions ?

Je suis un activiste qui défend les droits des animaux, un environnementaliste, un chrétien qui ne va pas à l'église mais qui aime Dieu. J'ai étudié un peu de philosophie quand j'étais encore à l'école, et j'aime m’amuser comme peut le faire un gosse. J'apprécie tous les genres de musique qu'on puisse imaginer, même le country & western et le Top 50. J'ai commencé à gratter de la guitare il y a 20 ans, en jouant de la mauvaise pop au lieu de pièces classiques et de suivre des cours de solfège. J'ai participé aux aventures de groupes punk, new wave, reggae, folk, jazz. J'ai grandi en écoutant ce qu'écoutait ma mère, de Bartok aux Doors. C'est la raison pour laquelle "Everything Is Wrong" est aussi varié. Je n'aime pas les classifications ; au nom de quelle loi ne devrait-on aimer qu'une seule chose?

Un flippe de première ?

Je suis réellement persuadé que tout est faux. La façon dont les humains vivent leur vie, dont ils tombent amoureux, ce que nous faisons... Tout ça n'a pas de sens pour moi. Je me crois sans repères. Les seules choses que je comprenne sont les états émotionnels : plaisir, douleur, souffrance. J'essaie de vivre sans causer de souffrance ; c’est pour cette raison que je me bats pour les droits des animaux. Je ne veux imposer ma volonté à aucun être vivant.

L’Iggy Pop de la techno ?

Oui, j’ai lu ça quelque part. Peut-être m’a-t-on comparé à lui à cause de la façon dont je joue. La plupart des ‘techno acts’ se résume à une bande de types en fond de scène, planqués derrière des machines, la tête penchée sur des claviers, passant leur temps à tourner des boutons. Chiant, donc. C'est comme toute cette vague intitulée ‘Intelligent Techno’, Autechre et compagnie. Beuark! Le premier concert que j'ai vu, c'était Yes ; eh bien, c'était encore plus marrant que tous ces trucs-là. Je sais que c'est à la mode, que tous les gens cool se doivent d'aimer ce genre et je concède que par certains aspects musicaux, c'est parfois agréable. Mais je suis beaucoup plus extrême. Je joue de la guitare, de la batterie, des claviers, des percussions. Je cours partout, je crie, je saute, parfois je démolis mon matériel...

Un fumeur de pétards ?

Certains se droguent pour pouvoir danser pendant de heures... Soit, mais aussi longtemps qu'ils ne se blessent pas eux-mêmes! Je me soucie de gens, pas des drogues. Si quelqu'un se prend de l'ecstasy tous les week-ends, comment sera-t-il à 25, 30 ou 40 ans? Aura-t-il une bonne vie ou cela le détruira-t-il? Si c'est le cas, il faut arrêter ; c'est de cela dont je me soucie. Si de l'ecstasy l'aide à se sentir bien toutes les deux ou trois semaines, c'est une liberté par rapport à son corps. S'il veut se gonfler d'héroïne, se piercer : c'est son choix. S'il détruit son corps, tout ce que je peux faire, c'est lui montrer des gens qui arrivent à se sentir bien sans se détruire et lui dire : ‘Pourquoi n'essaierais-tu pas plutôt de faire comme eux?’

Un type avec du cœur ?

Je fais de la musique qui procure une émotion et qui, heureusement, touche les gens sur le plan de l'émotion. C'est mon but. Composer quelque chose qui puisse captiver l'auditeur et auquel il puisse donner une réponse émotionnelle puissante. Je fais de la musique pour la vie de tous les jours, pour les automobilistes, les piétons, ceux qui travaillent... Si l'on m'écoute, je souhaite qu'on puisse en retirer quelque chose et me répondre.

Un lanceur de pavés ?

Quand je démolis mon matériel, j'attends une réponse tout aussi extrême. Que le public s'amuse dans la salle autant que je le fais en ‘live’. C'est plus facile d'être motivé par quelqu'un qui fait des choses intéressantes en concert. Si je ne m'amuse pas sur scène, je ne peux pas attendre du public qu'il danse et prenne du bon temps. J'essaie d'être moi-même, honnête, un être humain passionné ; de ne pas être détaché des choses que je fais. Je déteste ce qui ne contient ni émotion ni passion. A ce niveau, le punk rock a été bénéfique, arrivant à point pour balayer tous ces groupes dits ‘progressifs’. Aujourd'hui, la ‘dance’ est devenue une sorte de punk rock sans rébellion, elle verse dans le conservatisme. Oui, les kids qui vont danser prennent leur pied, mais les gens qui sont derrière ceux qui font les disques, les vendent ou en parlent dans les médias s'inquiètent encore d'une seule chose : savoir si telle ou telle musique est ou non à la mode. Qu'elle provienne de Detroit, Sheffield ou Düsseldorf, on s'en contrefiche!

Un écolo rusé ?

Je suis une masse de contradictions : je vis à New York, mais je suis un écolo. Cela dit, quelque part, c'est logique : je peux ne pas rouler en voiture, il y a plein de restos végétariens... Quant à la techno... J'ai un problème avec ma carrière : pour l'assumer, je dois voler en avion, rouler en voiture, faire des disques en plastique, des livrets en papier. C'est un problème, et je ne sais pas comment le résoudre. Peut-être en arrêtant de faire de disques? Mais pour l'instant, c'est aussi ma façon de communiquer avec les gens. Oui, je suis impliqué ‘dans une industrie destructive, mais heureusement, je peux parler aux gens’.

Tout simplement Jesus II ?

Je regarde le monde autour de moi. Pas le monde de l'homme, celui de la nature et je vois comme il est beau, phénoménal, complexe. Et je n'ai pas de moyen pour l'exprimer. Regarde mon corps, mes yeux, mes nerfs optiques, tout ça m'indique l'existence d'un dieu. Une belle toile dans un musée renvoie à un peintre remarquable. Le monde naturel, lui, me renvoie à son remarquable créateur. D'une certaine manière, je voudrais voir cette passion se retrouver dans ma musique, qu'elle exprime ce que je ressens, alors que je me trouve au milieu d'un champ en me disant que cette planète existe depuis des milliards d'années. Ou quand je pense à ce procédé que je ne peux saisir et qui fait qu'Adam a été recombiné pour devenir moi.

Un doux rêveur ?

Si un disque ne peut pas changer le monde, il peut au moins fournir de l'information à ceux qui l'écoutent. Celui qui a mon album entre les mains prendra peut-être le temps de lire le livret et de modifier ainsi sa façon d'être : avec les gens, avec le milieu naturel. Il y réfléchira. Si c’est difficile à mettre en musique, je l’exprime en tout cas plus facilement par des sons, par la musique. Les mots sont beaux, je les aime, mais je me sens meilleur compositeur qu'auteur. Et puis, la musique est plus universelle que ce que je pourrais écrire. Mes compos sont des émotions. C'est pourquoi j’accorde des interviews, c'est un peu ma façon de chanter. Quant à faire bouger les choses à l’aide de sons... Si j'écris un tube, je peux toucher 50 millions de personnes. Si 1% de ce public se dit, par exemple, qu'il pourrait devenir végétarien parce qu'il aime les animaux, le chiffre est déjà conséquent. Le disque m'aide ; si je tenais un discours au coin de la rue devant l'hôtel, j'aurais moins d'influence et je serais peut-être même embarqué par les flics.

Un mec remuant ?

Je suis quelqu'un d'engagé. Je crois que c'est normal. Depuis 70 ou 80 ans, la vie aurait pu devenir si belle. Le ciel, les arbres... La vie est phénoménale et malgré tout, l'homme continue à poser des actes qui nient son potentiel. C'est ce qui m'a poussé à agir. Dans une maison qui brûle, l' 'attitude la plus logique est de combattre l'incendie. Aujourd'hui, la plupart des gens restent à l'intérieur et continuent à regarder la télé.

(Article paru dans le n°33 du magazine Mofo de mai 1995)