Selon Suecide High, le chaos a son charme

Suecide High marque le retour au rock frontal de Renaud Mayeur, auteur-compositeur, guitariste et chanteur belge passé par Hulk, La Muerte et Triggerfinger. Pendant plus de deux décennies, il a écrit, enregistré et tourné au sein de formations qui ont laissé…

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Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Mourn

Self worth

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Victor Álvarez Ridao parti, c’est donc Antonio Postius qui le remplace aux drums. Tout au moins pour cet LP. Les trois autres filles sont cependant, toujours au poste. « Self Worth » constitue le quatrième elpee de ce quatuor barcelonais. Toujours aussi sauvages que sur les trois précédents –pour la plupart– les compos baignent dans le post punk et servent de caisse de résonance à des textes qui reflètent notamment l’angoisse, la frustration et la colère, un peu dans l’esprit des groupes féministes du mouvement Riot Grrrl (Sleater-Kinney, Bikini KIll). Cette colère est très palpable dès le morceau qui ouvre le long playing, « This feeling is disgusting ». Tout comme sur l’implacable « Stay there », une piste qui lorgne vers le hardcore de Fugazi. Si on ne tient pas compte des voix, bien sûr. Des harmonies vocales passionnées, mais bien féminines. Elles claquent comme des slogans hip hop sur l’hymne menaçant et féroce « Apathy », une plage qui démontre que Mourn est une véritable machine à riffs. Tout comme sur l’offensif « Worthy mushroom ». Argentines, elles collent parfaitement au plus shoegaze « It’s a frog’s world » (NDR : faut dire que l’une des deux chanteuses emprunte parfois des inflexions à Björk, époque Sugarcubes). Et véhémentes, elles rappellent les Slits sur « I’m in trouble », un punk old school sombre, à la tension permanente.

Dépassant rarement les 3’, les morceaux sont donc bien électriques ; et soutenues, la plupart s’enflamment à la moindre occasion. Ainsi, des cordes de gratte joyeusement discordantes illuminent le presque new wave « Gather, really ». Elles se révèlent carillonnantes lors du morceau final, « The family’s broke », bien stimulées par la ligne de basse mordante et le drumming remarquablement souple. D’ailleurs, il faut le souligner, derrière ces fûts, Antonio a parfaitement pris le relais…

Mourn

Sopresa

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Difficile de déceler sous son sobre patronyme l’origine de ce quatuor. Et bien, il est espagnol ! Cette jeune formation mixte nous vient pourtant de Barcelone (NDR : serait-elle alors plutôt catalane ?) ; mais la puissance ravageuse de ses compositions lui a permis rapidement de percer les frontières ibériques. Son 3ème album, « Sopresa Familia », nous réserve un beau condensé de musique indie plus qu’énergique. Une belle dose d’At The Drive-In (« Bye Imbecile ! ») un peu de post-punk mélodique (« Skeletons ») et une pincée de folie (« Barcelona City Tour ! ») s’invitent dès l’ouverture des hostilités. Emmené par la voix enragée de Carla Pérez Vas, les compositions carburent entre hardcore et post-punk façon Iceage. Un groupe d’une étonnante maturité ! Torturé, dynamique et inspiré à la fois ! 

Mourn

Ha, Ha, He

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Quelques mois seulement après avoir publié un premier elpee éponyme, le jeune quatuor barcelonais (NDR : les musicos sont âgé de 17 à 20 ans !) nous propose déjà une suite. En fait, le laps de temps qui s’est écoulé entre la sortie des deux opus est tout simplement la conséquence d’un changement de label. Et c’est justement ce passage chez l’écurie new-yorkaise Captured Tracks (DIIV, Mac Demarco, Wild Nothing,…) qui a posé problème.

Tout au long de « Ha, Ha, He », Mourn adresse un nouveau clin d’œil au noise-punk-rock des 90’s. Alignant 11 morceaux en moins d’une demi-heure, la band espagnol ne perd manifestement pas de temps. La musique est incisive et énergique. Imaginez Shellac en version juvénile et accessible ; le tout coloré par des voix féminines. D’ailleurs, on aurait bien imaginé Steve Albini derrière les manettes.

L’elpee s’ouvre par l’excellent instrumental « Flee ». La suite est plus noise-rock, des plages sur lesquelles les voix féminines entrent dans un jeu de questions/réponses (« Evil Dead », « Howard »). L’opus recèle des pistes plus pop, à l’instar de la ballade faussement nonchalante, « Brother, Brother ». Et si « The Unexpected » permet à Mourn de démontrer sa maîtrise de l’art du crescendo, « Storyteller » se distingue par sa ligne de basse caoutchouteuse et ses brisures rythmiques subtilement inoculées.  

Bref, « Ha, Ha, He » est un LP parfaitement abouti. Il ne souffre d’aucun temps mort. Et ce n’est que le deuxième de la carrière du band catalan. Quand on pense que les musicos n’ont pas encore 20 printemps, le futur leur ouvre les bras…

Mourn

Mourn

Écrit par

Mourn est un jeune groupe catalan, fondé en 1996. Un quatuor dont la musique nerveuse, sauvage et énergique, aurait pu naître d’une rencontre entre celle de Throwing Muses, Bikini Kill, Sleater-Kinney, des Pixies et de PJ Harvey. Faut dire que le voix de Jazz Rodriguez Bueno doit autant à celle de Kristin Hersh que de Polly Jean. Elle chante d’ailleurs dans un anglais parfait ! Eponyme, le premier album de Mourn est découpé en 10 plages, dont la plupart ne dépassent pas les 2 minutes. Et l’opus va même à peine au-delà des vingt ! Manifestement, les musicos de Mourn doivent certainement avoir été biberonnés à la musique du début des nineties…

 

September Mourning

Melancholia

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Pour parler de cet album, commençons par une petite digression. Melissa Cross est une coach vocale américaine dont la réputation n’est plus à faire dans le métal. Elle a été une des premières à mettre en avant une technique permettant aux chanteurs du genre de hurler à plein poumons sans se fatiguer ni s’abîmer la voix. Sa recette a pourtant un défaut : elle rend le chant hurlé factice, méthodique et sans âme. Une oreille aguerrie peut aisément le reconnaître, en quelques secondes ; en particulier s’il s’agit d’une chanteuse.

Emily Lazar, tête pensante de ce projet, en est un exemple tellement criant qu’il en devient presque parodique. Ses cris ne dénotent aucune rage, aucune angoisse, ils ne sont que techniques, et en conséquence, sans intérêt. En outre, son chant clair, surproduit, plein d’effets et d’overdubs, est du même tonneau. A se demander si la demoiselle serait capable d’interpréter une chanson correctement si on la débarrassait de ces artifices. Le tout est enrobé par un neo métal daté, prétentieux, sans âme et sans intérêt. Pas grand-chose à sauver de cet album donc, la plastique avantageuse de la dame ne constituant pas un argument suffisant à transformer ce disque en objet digne d’un intérêt quelconque.