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NOX

Freaks

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On pénètre le monde de NOX à reculons, a petits pas, animé par une certaine curiosité, mais craignant de réveiller l'occupant de ces lieux. Sur la pointe des pieds, on longe un étroit couloir plongé dans la pénombre. La télé est restée allumée. Les dialogues d'un vieux film habitent la pièce sur notre gauche. On passe discrètement. Le bois du vieux plancher craque sous nos pas. La nuit recouvre les lieux de ses ombres flottantes. Dehors, il pleut. Une pluie d'été. Un orage gronde, mais il est encore lointain (« Electricity »).

L'air s'emplit de molécules de folie. Elles dansent dans les rais de lumières qui filtrent à travers les volets clos. Un insecte bourdonne, sans doute apeuré par l'ambiance inquiétante qui se trame en cette fin de journée. Toujours aussi discrets, nous osons nous aventurer dans l'escalier grimpant le long des murs suintants. Dans nos poitrines, nos cœurs palpitent fébrilement. Le souffle court, on s'aventure dans l'inconnu et soudain, le pouls s'accélère (« The monsoon »).

Un furtif mouvement dans un coin du couloir. Un murmure. Des pleurs et des voix plaintives. Les âmes tanguent (« Transition »).

Puis la folie rampante prend doucement possession des lieux, des corps, des esprits et s'immisce tel un filet de fumée noire (« Smoke »).

Les murs s'évanouissent et le ciel chargé de lourds nuages apparaît au dessus de nos têtes (« Dust »).

Une basse se détache de cette atmosphère grinçante, et une voix. Une voix masculine. Une voix apaisante. On s'aperçoit qu'à présent, nous flottons dans les airs. L'horizon se dévoile à nos regards fiévreux (« Doppler effect »).

Enfin, le voyage touche à sa fin. Nous arrivons à destination. Le diable nous accueille en hôte de marque. Il sourit. S'inquiète de savoir si nous avons fait bon voyage avant d'arriver en ses terres. Il nous présente à sa cohorte claudicante d'âmes décharnées. Elles nous entourent et nous enlacent (« Freaks »).

Cet album est un rêve. Il crée un certain malaise et suscite un sentiment de paranoïa. Comme toute musique instrumentale, il génère un flot d'images et le peu de texte qui le hante ne sert qu'à diriger l'imaginaire un peu plus loin sur la voie qu'il emprunte. Bref, chacun s'y inventera une histoire. Et musicalement, me direz-vous? NOX se rapproche incontestablement de la constellation Godspeed You! Black Emperor et consorts. Une certaine grandiloquence mise au service d'un Post-Rock habité, qui déshabille l'imaginaire et le revêt d'apparats sombres et oniriques.

Dans cette veine, « Freaks » s'avère un tableau vivant très réussi.

Un reproche, le manque de nuances dans la palette de couleurs étalées sur cet elpee. Mais cette homogénéité constituant du reste le fil conducteur de cette œuvre, il n'est pas certain qu'une plus grande variété n'aurait pas amené une certaine confusion.

Je dis donc bravo à ce trio bruxellois (attention de ne pas le confondre avec le combo néerlandais à tendance satanique!!!) qui sur ce deuxième essai, s'affirme comme une valeur sûre.

Boenox

Boenox, 100 points.

Boenox est un quatuor anversois qui fait de la musique pop avec des instruments classiques, et non l'inverse : un voyage sonore non identifié, qui s'adresse davantage aux jambes qu'aux neurones. Un comble pour des types qui ont fait le Conservatoire ! Heureusement, Boenox se fiche bien des puristes, et revendique son envie de créer une musique hors normes et hors mode ; bref à part. Nous les avons rencontrés pour tailler une bavette, avant leur passage à l'AB dans le cadre du festival Domino, le lundi 5 avril.

Tout d'abord, comment a débuté l'aventure Boenox ?

Dimitri Brusselmans : On s'est rencontré lors d'un stage d'orchestre au Conservatoire… Un jour on était bien saouls en jouant au scrabble, et j'ai inventé le mot " BOENOX " parce que je n'avais pas d'autre idée… Les autres ont accepté !

Stoffel de Laat : Ca ne veut rien dire mais ça valait beaucoup de points ! (rires)

D. : On avait donc le nom mais pas encore la musique…

S. : C'est alors qu'on s'est dit qu'on allait jouer ensemble, parce qu'il n'y avait pas de musique pour nos instruments (NDR : le hautbois, la contrebasse, le basson et le violoncelle). On a cherché en bibliothèque, mais on n'a jamais rien trouvé d'équivalent ! Et puis on avait déjà arrangé un concert, donc il fallait aller au plus vite ! On a demandé à un copain de nous composer quelques morceaux, et on s'est lancé dans l'aventure.

D. : Au début, c'était très difficile, parce que nous jouons tous des instruments d'orchestre, et pas du piano, de la guitare ou des percussions…

Il n'y a aucune œuvre, dans le répertoire classique, qui réunit vos quatre instruments !?

D. : Il y a bien Michael Haydn, mais c'est pour clarinette, violon, violoncelle et contrebasse…

S. : Et comme notre bassoniste a aussi un diplôme de clarinette…

D. : Sinon on a fait une reprise d'" Only You " ! Mais ça c'est plutôt rock.

Vous écoutez aussi du rock ?

D. : Pour moi c'est évident d'aussi écouter du rock, et même d'en jouer… Mais au Conservatoire cela reste plutôt rare.

S. : J'ai aussi joué dans des groupes de rock et de blues, mais c'est vrai que nous sommes un peu des exceptions !

C'est mal vu de dire qu'on aime la musique populaire quand on étudie le Conservatoire ?

S. : Ce n'est pas vraiment mal vu, mais les gens qui font le Conservatoire sont en général des puristes de musique classique…

D. : Et puis c'est vrai qu'il y a tellement de compositeurs fantastiques en musique classique : Mozart, les musiques de chambre,…

S. : Le répertoire est très riche.

Ce n'est pas justement difficile de se positionner par rapport au public ? D'un côté il y a les amateurs de rock qui trouveront votre musique peut-être trop " classique ", et de l'autre les amateurs de musique classique qui la trouveront sans doute trop " rock " !

D. : C'est ça qui est intéressant !

S. : C'est un peu un voyage de l'un à l'autre, du classique à la pop. Et ça nous plaît !

Le public à vos concerts est donc mélangé ?

D. : Oui. On a joué aussi bien au Pukkelpop que dans des églises, sans amplification.

Mais comment expliquez-vous que le public " rock " s'avère réceptif à votre musique ?

S. : … (un ange…) C'est une question difficile, ça ! (…passe) C'est venu comme ça. On ne s'est jamais vraiment dit qu'on allait toucher tel ou tel public. On fait notre musique, point barre.

On vous sent assez proches d'un groupe comme DAAU, par exemple…

D. : Peut-être, oui… Ils ont aussi fait le Conservatoire.

S. : Le fait qu'on mélange le classique au rock nous rapproche sans doute d'eux, mais notre style est quand même différent : leur musique est plus " folk ", la nôtre reste plus " classique ".

Le fait d'avoir choisi quatre instruments d'orchestre ne vous limite-t-il pas au niveau de la composition ?

S. : C'est à nous qu'il revient d'explorer (d'exploser) ces limites, pour voir ce qui est faisable ou pas… Et pour changer aussi : ce n'est pas toujours la basse qui doit jouer la basse ! Il faut sans cesse explorer, d'autant que rien n'a jamais été écrit avec ces quatre instruments.

D. : C'est une musique qui bouge.

C'est le cas de le dire, puisqu'on y entend aussi des beats ! Vous êtes aussi des amateurs de musique électronique ?

S. : Ca remonte à l'époque où j'avais une console Atari ! Et puis on a suivi des cours de musique électronique au Conservatoire, parce que ça nous intéressait…

D. : Même si on n'utilise pas toujours le laptop en concert, parce que s'il crashe, on ne peut plus rien faire ! Ca nous est déjà arrivé.

A cet égard, le morceau " Tic Tac " ressemble un peu à du Red Snapper… Avez-vous réalisé les beats tout seuls, ou bien avez-vous bénéficié d'une aide extérieure ?

D. : Pour ce morceau justement, on a travaillé avec Yannick Fonderie de Technotronic… Tu vois, " Pump up the jam " ? (rires)

La classe… Mais sinon, qu'écoutez-vous en musique classique ?

D. : Moi j'écoute beaucoup de musique contemporaine et de musique de chambre…

S. : Moi plutôt Beethoven (la symphonie n°7) et Brahms… Katelijn les suites de Bach et Edwin Shostakovitch.

Finalement votre musique pourrait amener les jeunes à se tourner davantage vers la musique classique…

S. : Ce n'est pas le but, mais pourquoi pas ?

D. : Ce qu'on fait nous semble normal. Couler de source. C'est Boenox, quoi…

Justement : comment définiriez-vous la musique de Boenox à quelqu'un qui ne vous connaît pas ?

D. : Ce n'est pas de la fusion en tout cas ! Je déteste ce mot.

S. : C'est entre la musique pop et la musique de chambre : c'est de la " pop de chambre " !

 

 

Boenox

Studio

‘BOENOX’, ça vaut 100 points au scrabble. C’est aussi le nom d’un quatuor atypique d’Anvers, qui pratique de la musique classique à contre-courant des coutumes en vigueur, bref avec l’énergie des rockers et la sueur des clubbers. Un hautbois, une contrebasse, un violoncelle et un basson : de ces quatre instruments d’habitude réservés aux élites bien pensantes qui ne jurent que par Bach et Mozart, Boenox a tenté de retirer une toute autre moelle, moins académique, plus « populaire ». Le mot est lâché : chez Boenox, on ne parle pas de musique classique au sens « noble » du terme, mais bien de musique pop. Parce qu’ici, pas question de se tourner les pouces en scrutant le plafond d’une église : ça bouge, ça pète, ça dérouille, ça sursaute. C’est fou ce qu’on peut faire avec un archet, une anche et des cordes de basse… Incendier un dance-floor (« Obsession » et ses rythmes groovy), taper du pied en cadence (« Tic Tac », qu’on croirait signé Red Snapper), jerker à donf sur du « Pierre et le Loup » version digitale (« G Spot »),… Boenox ne rassurera sans doute pas les puristes de chez Deutsche Grammofon, qui crieront au sacrilège avant de se boucher les oreilles… Les nôtres resteront grandes ouvertes, parce que de mémoire on n’avait plus entendu tel affriolant mélange depuis DAAU. Vive les mariages contre nature, et vive Boenox !

Annie Lennox

Live in Central Park

Double album compilateur pour l'ex-chanteuse d'Eurythmics. Si le premier disque réunit dix titres studio, pour la plupart des standards ("No more I love you", "Take me to the river", "Don't let it bring you down", la cover des Moody Blues "A white shade of pale" et quelques autres), le second couvre le set ‘live’ accordé au Central Park de New York le 9 septembre dernier. Un événement immortalisé par une vidéo de treize titres commercialisée dans toutes les bonnes librairies... Pour en revenir au box CD, sachez que le deuxième morceau de plastique épingle en bonus track "Something to right", une chanson enregistrée également en studio, mais qui bénéficie du concours de Paul Simon à la guitare et aux backing vocaux...

 

Chris Knox

Songs of you and me / One fell swoop

Revoici l'homme-orchestre néo-zélandais dans ses œuvres. Et suivant sa bonne habitude, il s'est montré particulièrement prolixe. Pensez donc, vingt et un titres en un peu plus de 70 minutes sur le même morceau de plastique! Pour la forme, il a même découpé ce disque en deux phases (pas en deux faces!), qu'il a intitulées "Hanging out for time to cure birth" et "A stranger's iron shore". Ce qui ne change rien au climat général qui règne sur cet opus. Inspiré par le psychédélisme de Tyrannosaurus Rex et de Syd Barrett, Chris tire parti au maximum du rayonnement minimaliste procuré par sa guitare électrifiée ou acoustique, un clavier douteux, un piano d'enfant, une boîte à rythmes capricieux, des bruitages, des collages et sa voix aigrelette, languissante, dont le timbre coincé quelque part entre Shane McGowan et Paul Roland nasille des lyrics mélancolico-humoristiques. Un Paul Roland auquel il emprunte également certaines intonations médiévales, lorsqu'il ne courtise la postcard de James comme sur ses meilleures chansons, "Belly up & grinning" et le single "One fell swoop"...

 

Chris Knox

Duck Shaped Pain + Gum

Véritable homme-orchestre de cette fin du XXème siècle, ce Néo-zélandais est un parfait champion de la débrouillardise. Pour ce CD, il ne s'est pas seulement contenté d'assumer la composition, le chant, l'instrumentation et le mixing ou d'imaginer le logo de la pochette, mais il s'est également occupé du ménage, des courses et même de l'entretien des locaux... Trêve de plaisanterie, car ce "Duck Shaped Pain" se révèle fort intéressant. Déroutant aussi. Et puis novateur. Pas étonnant dès lors que cet artiste ait été signé chez Flying Nun, label qui a enfanté (nous ne répèterons jamais assez) les Chills, Verlaines, Bats et autres JPS Experience. Tout au long de cet opus, Chris explore l'univers du psychédélisme et du glam. Pas celui de Robyn Hitchcock, de Nikki Sudden, d'Ultra Vivid Scene ou de Dominic Sonic, mais plutôt de Tyranosaurus Rex et de Syd Barrett. Parce qu'il traite ces deux perspectives sous une forme minimaliste. Tantôt électrique ou acoustique. Mais limitées à une râpe, un clavier aux sonorités poussiéreuses et à une boîte à rythmes plus que discrets, ses chansons prennent surtout de l'intensité au contact du vocal aigrelet et languissant. Etonnant!