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Neal Black

Before daylight

Écrit par

Issu de San Antonio, ce Texan est déjà considéré comme un vétéran, sur la scène blues et americana. En 1993 il s’établit cependant à New York. Il y fonde The Healers, et fait ses débuts en proposant un blues au son plutôt hard, publiant alors "Neal Black and the Healers" et "Black Power", deux albums parus en Europe sur le label français Dixiefrog. La voix de Neal est graveleuse, usée par les excès de la vie qu’il a menée à la manière d’un autre Texan, décédé en 2011, Calvin Russell. Au fil du temps, son répertoire est devenu plus roots. Avant de s’installer en France, en 2004, où il jouit d’une certaine popularité, il est retourné au Texas, pendant quelques années, et a même vécu au Mexique. Et belle preuve de confiance du label, Dixiefrog a toujours continué à distribuer ses albums !

Ses Healers sont yankees. En l’occurrence le claviériste Lattrell, le bassiste Kris Jefferson (NDR : des anciens membres de Popa Chubby) et le drummer Dave Bowler. Soit ses compagnons habituels pour la route. Il a également reçu le concours de quelques invités, dont Pascal ‘Bako’ Mikaelian, à l'harmonica, et Randy H, à la guitare acoustique rythmique. Enregistré dans son pays d’adoption, cet elpee a été mis en forme par Black en personne !

Dès "Jesus & Johnny Walker", il aborde un thème équivoque. Jesus et Johnny Walker ne feraient-ils pas bon ménage pour rendre l’homme meilleur ? Guidée par l'harmonica de Bako et une guitare largement amplifiée, cette compo se traîne au fil de la voix paresseuse, désabusée. "Hangman's tree" constitue certainement une des meilleurs plages de l’elpee. La slide et l’harmo se liguent pour marquer à la trace ce blues lancé au galop. Une compo qui relate la mésaventure d’un homme pendu sans avoir été jugé, accusé à tort par sa propre copine d'avoir tué son frère pour le voler. Lattrell se charge des cordes acoustiques, de la mandoline et de l’accordéon tout au long de  "The peace of darkness", une ballade country roots traduisant un sentiment de paix que procurent les ténèbres nocturnes lorsqu’un amour vient de s’éteindre… Piano et cordes dynamisent "Mama's baby", un boogie au cours duquel la voix éprouve d’énormes difficultés à se libérer de sa paresse naturelle. Superbe blues lent, "The same  colour" est empreint de tristesse désabusée, cette même couleur née dans la souffrance et le blues! Les interventions instrumentales de Mike Lattrell et Neal sont totalement bouleversantes. Sculptée dans le roots/rock, "The road back home" est une plage qui traite de la solitude de l'ancien combattant quand il continue à vivre désespérément seul. Et par esprit de contradiction, la partie de cordes semble allègre, lumineuse et dynamique.

"Before daylight" est une autre ballade roots. Harmonica et slide y brille de mille feux. Le désespoir hante la voix tout au long de "Goin' down the road" ; et dans le même esprit antagoniques, la mandoline et la guitare construisent de superbes lignes musicales. "American dream" confirme que le rêve américain n'est guère plus qu'un mirage. L’occasion rêvée pour  Bako de se libérer à l’harmo. "Dead by now" achève cet opus au cours duquel la véritable joie n’a guère le loisir de se manifester…

 

Neal Black

Dreams are for losers

Écrit par

Neal Walden Black Nous vient du Texas, mais vit aujourd'hui à Mexico. Agé de 44 ans, ce chanteur/guitariste est depuis si longtemps sur la route, qu'on pourrait l'imaginer usé par ce parcours de globe trotter. Chez lui, à San Antonio, il a d'abord écouté de la musique country, avant de goûter au blues des Johnny Winter, Hubert Sumlin ou Earl Hooker. Il fonde alors Dogman and the Shepherds. Il émigre ensuite à New York où il y monte ses Healers flanqué de Gib Wharton à la pedal steel guitar. Le groupe commettra deux albums : "Neal Black and the Healers" en 1992 et "Black Power" en 1994. Il rentre au Texas en 1998, pour y poursuivre sa vie de hors-la-loi désenchanté. Il concocte "Gone back to Texas" en 2000, avec le concours de l'harmoniciste Gary Primich.

Ce nouvel opus a été enregistré à Guadalajara, au Mexique. Un disque qui démarre dans un vrombissement de percussions. Les riffs profonds émanant des cordes de Black et l'harmonica gouailleur d'Oscar Michel embraient. Une belle entrée en matière, particulièrement électrique. Très hard, la guitare est prolixe. La voix de Neal est graveleuse, terriblement ravagée. Elle témoigne que l'homme a dû vivre d'excès. Mais l'ambiance explosive devient soudainement plus sereine, laissant alors la place à la voix suave de la Mexicaine Sara Valenzuela, le dobro de l'ami Gib Wharton, la guitare acoustique de Werther Ellerbrock et le banjo du leader. Quelle contradiction! La plage titulaire est un blues plutôt lent. Neal y récite ses paroles. Le piano d'Ivan Ocampo tisse des lignes mélodiques. La guitare s'aventure dans des phrases typiquement latino rock, largement amplifiées ; mais le doigté demeure très sensible. Résultat de luttes fratricides entre la guitare de Mr Black et la pedal steel de Wharton, "Take me" est une plage sculptée dans le country rock vivace. Neal chante de sa voix fatiguée "Hotel room in Mexico", une douce ballade très roots. Sa slide se réverbère dans un écho d'où se détachent un accordéon et une trompette. Ecrit par Willie Dixon, "It don't make sense" est un très beau blues atmosphérique. Le jeu de l'orgue Hammond est empreint d'une grande tristesse. Le désespoir est omniprésent. Le piano et l'harmonica se fondent dans l'ensemble. Et le duo vocal échangé avec Miss Valenzuela accentue davantage la douleur. En finale, Neal fait gémir sa guitare. Le mal de vivre nous envahit. "Shut up and confess" est imprimé sur un tempo rapide. La slide est torturée. Elle subit les derniers outrages avant d'être rejointe par le violon électrique de Cecilia Torres. Superbe instrumental, "Pigalle 4 am" baigne au sein d'une ambiance latino américaine de nuit parisienne enivrée. La guitare est d'une beauté immaculée. Une forme d'apaisement vous envahit. Une sensation renforcée par le piano de Ramirez et les percussions d'Hector Aguilar. Signée Link Wray, "Fallin' rain" est une jolie ballade pour deux voix, une guitare et un harmonica. L'album s'achève par une autre ballade : 'You're gonna make it". Interprétée sur un ton grave, elle sied bien à l'artiste. Le sentiment de détresse est amplifié par la slide, pendant qu'un bijou de sax est arraché des lèvres de Nathalie Braux.