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Neal Casal

Sweeten the Distance

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Tel un fantôme, Neal Casal hante l’Americana intemporel.  Faut dire que « Sweeten the Distance » constitue déjà le 10ème album solo du Yankee ; et on ne vous parle même pas de ses productions au sein de son groupe de soul-rock Hazy Malaze ou de ses apparitions chez les Cardinals chers à Ryan Adams ! Pour résumer, Neal Casal pourrait incarner une version plus simple et honnête du clinquant et ambitieux natif de Jacksonville. Sa musique inspirée des grands espaces américains ne rencontrera jamais davantage qu’un succès d’estime dans nos contrées (aucune tournée européenne n’est d’ailleurs prévue, pour l’instant), mais elle se laisse plaisamment écouter, comme on lirait un roman de Steinbeck, la tête égarée dans une histoire consacrée à la ruée vers l’Ouest, en suivant les méandres des pistes américaines poussiéreuses, aujourd’hui disparues. Douce, la voix du vétéran caresse les tympans. Et l’instrumentation (guitares, pianos, banjos, orgues…) est particulièrement soignée. Pas de coups d’éclats destinés à impressionner la galerie, mais une suite de ballades légèrement country, superbes et bien équilibrées, comme « The Gyrls of Wynter » ou « White Fence Round House », entrecoupée modestement de morceaux plus rock tels que « Time and Trouble » ou « So Many Enemies ».

Album après album, Neal Casal construit paisiblement une belle et riche carrière sur laquelle on prendra plaisir à revenir régulièrement.

 

Neal Casal

Roots & Wings

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Neal Casal milite au sein des Cardinals de Ryan Adams. Mais parallèlement, il se réserve une carrière en solitaire. Il est d’ailleurs responsable de 9 albums, à ce jour, sous son patronyme. Avant de se lancer dans une carrière solo, il avait sévi au sein de toute une série de formations, dont la dernière, Haly Malaze, est probablement la plus notoire. Originaire du New-Jersey, Neal vit aujourd’hui en Californie. Et semble se concentrer essentiellement dans un style que l’on qualifie, d’americana. C'est-à-dire un mouvement né au cours des années 90 qui cherche à remettre au goût du jour la musique traditionnelle américaine. On prête souvent à l’ancien groupe de Jeff Tweedy (NDR : aujourd’hui chez Wilco), Uncle Tupelo, la paternité de cette scène.

A l’instar de son comparse Ryan Adams, Casal a une fâcheuse tendance à jouer les prolongations. Le nombre de morceaux gravés sur la plaque constitue même un obstacle pour entrer dans son univers sonore. Heureusement, au fil de l’écoute, l’opus révèle ses secrets. C’est d’ailleurs souvent le cas chez les artistes du même profil. Maintenant, je reconnais ne pas trop bien connaître l’œuvre de Neal. Et que cette ignorance sera rapidement comblée. Parce que si le Yankee pratique une musique, ma foi, fort classique, il faut admettre qu’elle est de bonne facture. Pas qu’elle soit surprenante ; mais tous les ingrédients nécessaires et indispensables à ce genre américain si caractéristique sont ici judicieusement mis en place : pedal-steel, guitare acoustique, harmonica etc. Le tout imprimé sur un mid tempo. Je soupçonne fort que Neal soit chaussé de bottes et se rend chaque année, en pèlerinage à Nashville !

La critique évoque un retour aux sources de l’artiste. Son americana serait même digne de ses albums « Anytime Tomorrow » ou encore « The Sun Rise Here ». Evidemment, il faut reconnaître que pour Casal, l’exercice de style n’est pas trop difficile. Il gagnerait probablement même à se faire violence de temps à autre… Car vu l’homogénéité de son elpee, trop peu de titres sortent du lot. Deux exceptions qui confirment la règle : le très bon « Cold Wave » caractérisé par son piano lancinant et le plus pop « Don’t Mind The Black Clouds ». La production est cependant moins léchée que celle du précédent long playing, « No Wish To Reminisce ». Et ce n’est pas plus mal, dans un style aussi spécifique. Un peu trop traditionnel à mon goût cependant, quoique très agréable à l’écoute, cet album manque de ce feeling contemporain qui donne ce petit plus aux chansons de Bonnie ‘Prince’ Billy, Ben Weaver ou encore Andrew Bird. Dommage d’ailleurs que l’émotion ne fasse ici qu’effleurer les compositions.  

 

Neal Casal

No Wish To Reminisce

Écrit par

Neal Casal est, avec Ryan Adams, un des artistes les plus prolifiques de l’americana et l’une des figures de proue du genre. Mais voilà qu’en 2001, après la sortie de « Anytime Tomorrow », le monsieur décide de s’enfermer chez lui et jure de n’en sortir que le jour où il aura confectionné ce qu’il considérera comme sa plus belle œuvre à ce jour. Entre-temps, ne pouvant s’y tenir et, surtout, afin que ses fans ne l’envoient pas aux oubliettes, il met à disposition quelques inédits sur « Basement Dreams » (2002) ainsi qu’une compile de ses meilleures titres, « Maybe California » (2003) avant d'enregistrer rapidement en 2004 un album de reprises, « Return In Kind ». Le tout, en travaillant parallèlement et d’arrache-pied sur le disque suivant. Le résultat de ce dur labeur paraît donc cinq ans après son dernier effort studio officiel. Et les cinq années qu’il a fallu pour concevoir « No Wish To Reminisce » n’en valent, au final, que moyennement la peine. Certes, il s’agit bien de l’œuvre majeure de Neal Casal, puisque bien supérieure aux précédents opus. Mais quelque chose coince. Démarrant sur une succession de morceaux folk rafraîchissants, « No Wish To Reminisce » s’entérine dès sa seconde moitié dans une pop fade et rouillée avec pour seules exceptions « Travelling After Dark » et le court final instrumental « Saw Stars », qui renvoient à la beauté des premiers morceaux de l’essai. Pas mauvais au demeurant ; mais un brin décevant.

Neal Casal

Return In Kind

Un album de reprises pour Neal Casal, après la parenthèse rock-rythm’n’blues Hazy Malaze : ces temps-ci le Californien se fait d’abord plaisir, et s’amuse à tirer sur nos cordes lacrymales – heureusement sans les casser… C’est que ces dix chansons, à peine portées par une guitare, voire un piano (et cette voix, immense, bien sûr), transpirent la nostalgie. Mais c’est une sueur bénéfique, qui vous lave du dédain ambiant, de la suffisance crasse : dix covers magnifiques, fiévreuses, habitées, dans lesquelles on se plonge tête première, sans se boucher le nez. Un travail d’orfèvre qui ne pue pas le mercantilisme, pour une fois, ni la paresse : ainsi jouées dans un élan folk-country, ces chansons se parent de nouvelles couleurs, chatoyantes même si légèrement patinées. Ou comment se rendre compte que Johnny Thunders n’était pas qu’un guitariste braillard (rappel : le tribute « I Only Wrote This Song For You ») et Royal Trux un truc garage pour fans de gros larsens qui tachent. Magnifique, comme le reste (« Miss Direction » de Love as Laughter : beau). Et c’est l’occasion de (re)découvrir des songwriters comme Michael Hurley et Gene Clark (des Byrds), authentiques génies de l’americana (avec un grand A). N’oubliez pas le guide ! (PS : un best of de Neal Casal sort également ces jours-ci chez Fargo : « Leaving Traces : Songs 1994-2004 ». Que du bonheur en perspective !)