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Nebelung

Palingenesis

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La palingénésie est un concept que l'on retrouve dans quantité de disciplines. Que ce soit en philosophie, en théologie, en politique, en occultisme ou en botanique, il tourne autour des mêmes notions de régénération et de renaissance des êtres. Le trio allemand Nebelung prétend en tout cas s'être inspiré de cette nature qui se renouvelle en permanence et qui selon le leader Stefan Otto, impose par sa beauté le silence à notre monologue intérieur.

On ne peut pourtant pas totalement parler de renouvellement dans la musique de Nebelung qui continue de creuser le sillon de son dark-folk mélancolique. Le principal changement vient de la quasi-absence de chant. Juste quelques mots murmurés de temps à autre qui collent parfaitement à la structure de morceaux construits comme des mantras.

Délaissant définitivement le format chanson, ils se promènent dans des paysages contemplatifs et introspectifs et provoquent un curieux phénomène d'étirement du temps. Le monde semble tourner au ralenti.

Inspiré à la base par des sessions d'improvisations, "Palingenesis" est avant tout un album de guitares acoustiques qui pourrait –et c'est un comble– paraître un peu monocorde. Pour l'apprécier, à mon sens, il faut se concentrer sur les structures des morceaux et l'étonnante multitude d'informations sonores qui les peuplent, issues d'instruments rares tels le verrillion, l'harmonium indien ou le hammered dulcimer. Mais on peut aussi accepter de se laisser aller totalement à la rêverie, bercé par ces boucles célestes hypnotiques. Et si certains moments peuvent paraître monotones, ils nous plongent, par leur répétitivité, dans le climat méditatif désiré par le groupe. A vous de voir si vous avez envie d'y pénétrer.

Les 15 minutes du morceau "Wandlung" sont très représentatives. On est plongé dans une atmosphère lente, désertique, chargée de mélancolie, qui petit à petit commence à susciter un certain ennui quand le son de l'harmonium nous entraîne vers une montée finale hypnotique où les couches sonores se superposent délicieusement.

On pointera aussi le cinématographique et plus lumineux "Nachtgewalt" et sa rivière de sonorités au violon. Empreint de nostalgie, ce violon joué par Katharina Hoffmann traverse tous les morceaux avant d'être enfin mis en exergue, lors de l'excellent morceau final "Innerlichkeit".

Un opus pour se déconnecter de la violence urbaine. La nature a trouvé sa musique de chambre.