Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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Farfouiller dans la Pure Carrière…

Après des années de chaos et de réinvention, Pure Carrière revient avec « Farfouiller », une ode brute, étouffante mais libératrice à l'ennui, au chaos et à la mort. Née des racines du slacker punk, cette pièce marque un nouveau départ et un retour en force.…

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Okkervil River

L’émotion à son paroxysme…

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Fondé en 1998, Okkervil River est considéré comme un des meilleurs représentants de la scène folk yankee contemporaine. Et pour cause, au fil du temps, sa musique a constamment évoluée. Sa discographie est conséquente. Elle compte 8 elpees et de nombreux Eps. Sans oublier les diverses collaborations auxquelles Will Sheff, le leader a participé. On rappellera quand même, qu’à l’origine, Jonathan Meiburg militait au sein du combo. Puis il a décidé de monter son propre projet, Sherawater.

S’il faut bien avouer, que les précédents opus ne sont pas exceptionnels, le dernier en date, intitulé « Away », est vraiment excellent. Faut dire que Will a renouvelé le line up de son band, presque dans son intégralité. On était donc curieux de connaître le résultat, sur les planches. Et la Rotonde semblait vraiment l’endroit idéal pour juger, s’il avait fait le bon choix.

Lors de sa tournée, Okkervil River a choisi pour supporting act, un jeune londonien, Lookman Adekunde Salami, aka L.A Salami. Il vient de graver un premier LP, baptisé « Dancing with Bad Grammar ». En général, les premières parties son rarement passionnantes et incitent plutôt le mélomane à s’attarder au bar, en taillant une bavette en compagnie de ses potes. Bon, bien sûr, il y a des exceptions. Et bien L.A Salami en est une. D’ailleurs, tout au long de sa prestation, l’hémicycle ne va jamais désemplir, le folk singer, armé d’une sèche et d’un harmonica, nous réservant un set d’une demi-heure particulièrement inspiré…

A 21h, les lumières de la Rotonde s’éteignent. Will Sheff grimpe sur l’estrade. Il est suivi de ses musiciens. Une demoiselle s’installe derrière son clavier, à droite, tandis que le guitariste et le contrebassiste optent pour la gauche. En arrière plan, siège le drummer. Le décor est adapté à la saison. Un paysage automnal est projeté sur une toile, sur laquelle on a accroché quelques feuilles d’arbre. Bucolique !

Le set s’ouvre par plusieurs titres issus du dernier opus, l’excellent « Okkervil River R.I.P ». Le son est excellent. Les balances sont impeccables. La voix de Sheff est vraiment bouleversante. Les musicos sont excellents, à l’instar du guitariste qui va nous réserver, tout au long du show, de superbes solos. Outre son répertoire récent, Okkervil River va puiser dans sa discographie antérieure. Ce qui nous vaudra de splendides –et surprenantes– versions de « Or Life is not a movie, or maybe », « For Real » ou encore d’« Unless It Kicks ». Entre les morceaux, Will échange quelques mots avec l’auditoire. Il nous rappelle qu’en 2008, il avait vécu un gros stress, sur le ferry, qui le conduisait de l’Angleterre à la France, alors qu’il suivait les résultats des élections aux States, opposant Obama à McCain. Une situation qu’il avoue revivre ce soir (NDR : son réveil a dû être difficile, quand il a appris que Trump avait été élu).

Vers 22h15, la formation vide les lieux. Quelques minutes plus tard, un spot éclaire Will Sheff. Il est derrière le public, seul armé de sa sèche. Le Texan attaque alors « The War Criminal Rises and Speaks ». L’auditoire est littéralement subjugué. Alors que le morceau entame un long crescendo, le musicos reviennent sur le podium pour lui emboîter le pas. A cet instant, un frisson vous parcourt l’échine. Rarement un concert n’a d’ailleurs été autant chargé d’émotion. Un set hors normes. Finalement, en ce sombre 8 novembre, on aura quand même vécu quelque chose de positif…

(Organisation : Botanique)

Okkervil River

I am Very Far

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Après leur escapade accomplie en compagnie du vétéran Rory Erickson, Will Sheff et ses sbires nous proposent leur sixième album. Une chose est sûre, il sera difficile à la formation américaine de publier une œuvre aussi majeure que « Black Sheep Boy » (2006). Bien sûr, leur dernière livraison, « The Stand Ins » (2008), avait démontré que le groupe était encore capable de torcher des mélodies contagieuses et de véhiculer des textes ravageurs. « I am Very Far » est tout aussi inspiré et flamboyant. Les lyrics existentiels sont aussi ténébreux. Mais la production est plus soignée.

Sur cet opus, la fanfare indie texane est responsable de ballades uniques en leur genre et empreintes d’une grande sensibilité. A l’instar de « The Rise » et « Hanging From a Hit », deux plages soutenues par une nuée de cordes, parcourues d’accords de piano mélancoliques et enrobées de chœurs bouleversants. Mais encore du velouté « Lay of the Last » ou de l’irrésistiblement pop « Your Past Life as a Blast », caractérisé par sa chorale finale. Les morceaux de bravoure sont hantés par la voix très expressive de Will Sheff. De quoi donner davantage d’amplitude à cet elpee. Et « We Need a Myth » dont l’instrumentation est particulièrement luxuriante riche ou le plus énervé « Show Yourself », en sont deux belles illustrations. Mais, les sommets de l’album sont atteints lors du chaotique « White Shadow Walz » et du déjà classique « Rider », un morceau qui conjugue passion et harmonie tout en tirant parti d’un arsenal instrumental impressionnant : deux batteries, deux pianos, sept guitares et deux basses ! Un bémol, certains titres ont parfois tendance à tirer en longueur. Parfois difficile d’accès, ce disque nécessite plusieurs écoutes avant de pouvoir en goûter toutes les saveurs.

En choisissant pour titre de cet album « I Am Very Far », Okkervil River ne ment pas. Tout simplement, parce que son lyrisme très particulier est à nouveau parvenu à nous séduire…

Okkervil River

The Stand Ins

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L’an dernier, Okkervil River commettait l’excellent « The stage names », un elpee qui n’avait pourtant pas enthousiasmé la presse spécialisée. Question de goût, probablement. En fait, à l’origine, cet opus devait être double. Et les chansons de ce « The Stand Ins » devaient figurer sur la seconde plaque. Finalement, Will a préféré scinder l’œuvre en deux plaques distinctes. Evidemment, certaines compos trahissent certaines similitudes avec le précédent. Et puis on y retrouve encore Jonathan Meiburg, parti depuis se consacrer entièrement à son propre projet, Shearwater. Ainsi sur « Lost coastlines » Jonathan conjugue son baryton avec le timbre versatile mais vibrant de Will. Un morceau qui libère un groove motownesque alerte, malgré la basse new wave et le final mariachi. Une fièvre mariachi que l’on retrouve sur le final et meilleur titre de l’opus, « Bruce Wayne Campbell interviewed on the roof of the Chelsea Hotel, 1979 ». Cuivres et pedal steel nous entraînent même dans un univers proche de Calexico. Une chanson dont les lyrics racontent l’histoire de Bruce, un musicien gay, atteint du SIDA, rejeté par la société, qui a fini par se suicider en 1983. On parle d’ailleurs souvent de mort sur cet elpee. Suffit de regarder la pochette pour en être convaincus. La mort ou le présage de la mort. Comme le reflète cette carte de tarot. Parce que les lyrics de Will Sheff sont toujours aussi poignants, dramatiques, torturés et désabusés. Nous ne sommes d’ailleurs souvent pas tellement loin du roman. D’un Carver, par exemple.

Mais revenons-en à la musique de ce disque. Il a été baptisé « The Stand Ins », parce qu’il recèle trois morceaux instrumentaux répondant au même titre. Des interludes atmosphériques de brève durée. Et puis huit morceaux remarquables. Dont les deux évoqués dans le premier paragraphe. Mais aussi « Singer songwriter », une compo réminiscente du troisième album de Led Zeppelin, quoique davantage country que folk. A cet instant, le timbre vocal de Will semble campe bien un hybride entre Will Johnson (Centro Matic) et Win Butler (Arcade Fire), et ses inflexions rappellent à nouveau celles de Robert Plant. Le chaud et tendre « Starry Stairs », morceau caressé par la trompette enchanteresse de Scott Brackett. La ballade écorchée, douce-amère « Blue Tulip », caractérisée par des accès de guitare pétillants, noisy même. Le power pop très eighties « Pop lie ». La valse lente mélodramatique « On tour with Zykos », un titre enrichi par des arrangements de cuivres et de cordes, mais surtout balisé par des accords de piano profonds. Enfin, la plage la plus autobiographique de l’opus, « Calling and not calling my ex » (NDR : la plupart des morceaux sont conjugués à la première personne du singulier !), une compo curieusement mélancolique et allègre, abordée un peu dans l’esprit de Pulp. 

Et pour que votre info soit complète sachez que cet opus remarquable a été coproduit par Brian Beattie et le groupe. Personnellement, l’album de l’année !

 

Okkervil River

L'autobiographie imaginaire

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Okkervil River nous vient de New Hampshire. Fondée à la fin des 90’s, cette formation est drivée par Will Sheff. Il en est le compositeur, le chanteur et le guitariste. Leur cinquième album vient de paraître. Il s’intitule « The stage names » et fait suite à « Black sheep boy », un disque qui avait reçu une excellente critique de toute la presse. Plus pop, le dernier opus n’en est pas pour autant moins intéressant. D’autant que ses textes sont toujours aussi inspirés, à la limite de l’autobiographie. Will nous en explique la raison…

« L’autobiographie ? Je l’adapte. J’y inclus de la fiction. Ce qui est intéressant dans cette démarche c’est ce qu’elle te procure. Beaucoup d’autobiographies se complaisent dans l’apitoiement ou à la complainte. Par contre, si tu lui apportes de l’imaginaire, tu enrichis ton récit. Et cette pratique devient une opportunité. L’opportunité de te sublimer. On arrive ainsi finalement à une autobiographie factice. Depuis l’album ‘Back sheep boy’, je parviens à écrire comme je le souhaite. C’était alors la première fois. Et lorsque nous avons commencé à enregistrer ce nouvel album, j’avais la sensation de pouvoir m’adapter. En très peu de temps je me suis senti pousser des ailes, parce que j’étais dans mon trip. » Tout au long de cet opus, on rencontre des références au cinéma, au théâtre et à la littérature. Mais finalement, Sheff, c’est un réalisateur de film, un poète ou un musicien ? « Je suis musicien. Je n’ai pas envie de devenir réalisateur de film. Oui, il est vrai que j’ai effectué une tentative dans cet univers, mais c’était un challenge. Ce n’est pas ce que je recherchais. Au départ, j’étais même intimidé. Pourquoi ? Parce qu’il faut de l’argent. Et beaucoup de temps. Et pour arriver à un résultat, des années de travail sont nécessaires. Ce job exige trop de dépense d’énergie et entraîne si peu de satisfaction. Finalement musicien me convient mieux. Ce qui n’empêche pas que je sois tombé sous le charme du cinéma. Mais ma préoccupation première, c’est d’écrire des chansons… Ce nouvel album, je le voulais différent. Lui conférer une tonalité moderne. Et le meilleur moyen d’atteindre ce but était de le plonger dans le monde du divertissement. C'est-à-dire la TV, le cinéma et en particulier les films d’horreur, les chansons pop qu’on entend à la radio. Tout en le rendant intemporel. Archaïque. Comme dans l’univers du conte… » On en vient enfin à la littérature. Ainsi Sheff aurait vécu son enfance comme un solitaire entouré de davantage de livres que d’amis. Il confesse. « J’ai dit ça moi ? Probablement que c’est vrai. Je me sens souvent proche des écrivains qui sont partis dans l’autre monde. C’est émouvant. J’ai toujours eu ce sentiment de partage et de proximité avec eux. Mais finalement, tu te sens bien auprès des personnes que tu ne connais pas. D’ailleurs, lorsque tu as l’opportunité de rencontrer des personnes que tu admires, tu es souvent déçu. A cause de la différence entre l’image que tu projettes et la réalité. Mais tu peux aussi rencontrer des êtres humains malheureux, perturbés. Il y a quelque chose de touchant, de bouleversant et de triste de se dire qu’on est plus proche d’auteurs et d’écrivains et de films que de la réalité présente. C’est ce sentiment de proximité (film, auteur, etc.) que je voulais introduire dans mon album… » Mais qui est la principale source d’inspiration de ses lyrics ? Henry Miller ? « Pas la principale. En fait, je partage chez Miller, et beaucoup de monde pense la même chose, son aptitude à brosser un portrait susceptible d’embrasser toutes les facettes de la société. Depuis le beau jusqu’au laid. Il les dépeint avec un caractère joyeux. Dans la laideur, il trouve quelque chose de beau. Il existe un espace de langage surréaliste, flamboyant, dans ces descriptions. Les émotions qu’il recherche sont destinées à ouvrir l’esprit. Que tu sois intelligent, stupide, beau ou sale. Et tout ça dans l’allégresse. Entre la beauté et la laideur, il existe quelque chose de commun. J’aime ce manque de rigueur, cette absence de structure, ce désordre… » Et pourtant, certaines compos de Will sont devenues des prédictions. Il s’explique : « Il est vrai que j’ai écrit des chansons à propos d’événements qui se sont déroulés par la suite. En quelque sorte, j’ai anticipé sur le futur. Et pour pimenter le tout d’un peu d’humour, j’ai annoncé à mes potes que j’allais consacrer une compo à ma future notoriété. Donc, c’est devenu une plaisanterie entre nous. Mais cette situation est quand même curieuse. Tu projettes un événement dans ton esprit, alors qu’il n’existe pas. Et puis il se produit. C’est très excitant pour moi… »

Quelques chansons de son denier album ont suscité la controverse. Tout d’abord ‘Plus ones’, un fragment au cours duquel Will utilise des titres de chansons célèbres écrites notamment par les Commodores, REM, Paul Simon, ? & The Mysterians et les Zombies. « Pas tellement une controverse, mais disons qu’elle a fait couler pas mal d’encre. En fait, il s’agit d’une chanson radicalement différente de ce qu’on avait pu faire jusqu’alors. Nous voulions réaliser une compo à la fois amusante et légère. Qui tranche avec tout ce qu’on avait pu concocter dans le passé. Un peu idiote même. Ce n’est pas de l’humour très subtil, mais il a le mérite de faire rire. Tu sais Dylan avait ouvert la voie sur ses albums ‘Blonde on Blonde’ et ‘The Basement tapes’. Ce sont des albums bourrés d’humour mais qui dissimulent un message. Et un gag peut aussi cacher une idée très sérieuse… » A l’instar de ‘John Allyn Smith Sails’. La formation y pastiche ‘Sloop John B’, un traditionnel immortalisé par les Beach Boys mais aussi les Byrds de Roger McGuinn. Et Will y a intégré des textes du poète américain John Allyn Smith. La version est tellement sinistre, qu’elle en devient hilarante (NDR : évidemment, pour percevoir ce type d’humour, il faut bien comprendre la langue de Shakespeare). « Tiens c’est curieux, la plupart des journalistes me parlent des Beach Boys et peu de Roger McGuinn. C’est une chanson célèbre. Au départ, je n’avais pas l’intention de la reprendre. Mais j’ai changé d’avis. Parce que c’est comme si je pénétrais dans une pièce et que je rencontrais quelqu’un que je n’attendais pas. C’est ce qui s’est produit pour ‘John Allyn Smith Sails’. Et j’entre dans la chanson. Ce sont deux compos qui s’entremêlent et finissent par fusionner… »

Les arrangements opérés sur ‘The stage names’ sont assez riches. Parfois tapissés de cordes et même de cuivres. Un peu comme chez Calexico et Arcade Fire. Will ne partage pas cet avis : « Je connais trop peu ces groupes. J’apprécie Calexico, mais si leurs cuivres sont stimulants,  ils appartiennent à l’univers des mariachis. En ce qui concerne Aracade Fire, enfin de ce que j’ai pu en écouter, nous n’évoluons pas du tout dans le même registre. J’ai parfois l’impression que la formation canadienne superpose tout. Elle amoncèle une quantité d’ingrédients de haute qualité, mais sans en soigner les arrangements. Et à la longue, ça devient ennuyeux. Je n’aime pas trop cette technique. Et leur ‘Neon bible’ m’a fortement déçu. Dans ce domaine, je préfère Scott Walker à Arcade Fire… » A ce jour, Will a pu réaliser ses rêves. D’une part, il a échangé un duo avec Daniel Johnston sur ‘Don’t fall in love’. Et puis il a joué en première partie de Lou Reed, un des artistes qui constitue une de ses influences majeures. Il a même pu le rencontrer. « Oui, c’était absolument génial de pouvoir parler avec lui. C’est un type extraordinaire. J’adore sa manière d’écrire, son œuvre. Il est difficile de parler de choses qui nous rendent heureux, parce que vous ne pouvez qu’utiliser des termes dithyrambiques… » Par contre, il ne faut pas lui parler d’alt country. C’est un sujet qui fâche. « J’aime la musique country, mais aussi la soul et le rock’n roll. En fait, je joue de la guitare acoustique, et il y a neuf ans, lorsque tu jouais de la sèche, de la steel ou du banjo, les médias te collaient cette étiquette. Le pire, c’est qu’à cette époque, ce mouvement alt country était détestable. Aussi je refuse d’y être associé. Je n’ai jamais rien eu à voir avec cette scène. Je ne suis pas allergique à la country, je l’apprécie même beaucoup, mais Okkervil River ne joue pas de la country… »

Will n’est pas toujours satisfait de sa voix. Pourtant, parfois, ses inflexions peuvent rappeler Robert Plant. Surtout lors des ballades. Mais n’a-t-il jamais pensé à partager un duo avec une voix féminine ? « J’adore le Led Zeppelin et cette comparaison me flatte. Tu sais, notre musique a quelque chose de rock classique (NDR : il aime Dylan, Leonard Cohen et Joni Mitchell, entre autres). Ce quatuor mythique n’est pas une influence, mais il est vrai que nos compos les plus paisibles peuvent rappeler le climat d’un ‘Going to California’… Maintenant, ma voix n’est pas très puissante ni accessible, pas comme celle de Bono ; et c’est peut-être un problème. Une faiblesse. Donc on s’est cassé la tête pour qu’elle puisse s’intégrer dans notre musique. Pour que le groupe l’accepte. Mais quelque part cette faiblesse est une force en soi… En ce qui concerne un duo avec une artiste féminine, c’est une idée qui me plait beaucoup. C’est une formule élégante et romantique. Mais par convention, mon entourage me déconseille vivement de la concrétiser. Donc je vais m’y risquer, parce que si l’idée est ringarde, c’est un défi à relever… »

Merci à Vincent Devos.

Okkervil River

The stage names

Écrit par

Chez Okkervil River et Shearwater on retrouve Will Sheff et Jonathan Meiburg. Seule différence au sein du premier groupe Jonathan est le boss et du second, Will. Deux projets forts intéressants au sein desquels le second rôle n’empiète jamais sur les prérogatives du leader et constitue le complément idéal. L’an dernier, Shearwater avait commis « Palo Santo ». Aujourd’hui, Okkervil nous propose son cinquième opus. Un disque dont le mixing a été confié au fidèle Brian Beattie et à Jim Eno, le drummer de Spoon. En 2005, le précédent elpee, « Black sheep boy » avait reçu une excellente critique de toute la presse. Et il devrait en être de même pour ce nouvel album, même s’il ne repousse plus les limites du folk punk mélancolique et impétueux pour embrasser une expression plus pop. Ce qui n’empêche pas les lyrics de se révéler toujours aussi torturés, acerbes et désabusés. Mais surtout très susceptibles de susciter la controverse. Comme la perte d’identité, le sacrifice, la folie, etc. Si le timbre vocal de Will semble camper un hybride entre Will Johnson (Centro Matic) et Win Butler (Arcade Fire), ses inflexions me rappellent curieusement celles de Robert Plant. Surtout sur les compos les plus douces et mélancoliques. A l’instar de « A girl in port » de « Title track » (drôle de nom pour le tire d’une chanson ») et surtout du délicat et intimiste « Savannah smiles », plage balayée de cordes atmosphériques et teintées d’accords particulièrement séduisants de xylophone. Des arrangements de cordes et parfois même des cuivres sont parsemés judicieusement tout au long de cet opus. Des cuivres plus Cake que Calexico sur le guilleret et ‘motownesque’ « A hand to take hold of the scene ». Et si l’instrumentation est très riche, la guitare et le piano tracent manifestement la ligne de conduite des mélodies. Les six cordes sont même percutantes sur le single contagieux « Our life is not a movie or maybe », abrasives ou déchiquetées tout au long de l’intense « Unless it’s kicks » et rythmiques dans l’esprit de Ron Wood des Stones lors de l’entraînant « You can’t hold the hand of a rock and roll man », même si en fin de parcours les cordes épousent des sonorités davantage ‘crazyhorsiennes’. Et les accords de piano le plus souvent plaqués par Jonathan Meiburg, transcendent littéralement ces mélodies. Deux morceaux curieux quand même. Tout d’abord « Plus ones », un fragment cours duquel Will utilise des titres de chansons célèbres écrites notamment par les Commodores, REM, Paul Simon, ? & The Mysterians et les Zombies. Et puis en final, un « John Allyn Smith sails » au cours duquel la formation pastiche le traditionnel « Sloop John B » immortalisé par les Beach Boys et les Byrds de Roger McGuinn. Et je ne vous en dirai pas plus, vous renvoyant à l’interview que Will Sheff nous a accordée.

 

Okkervil River

Black sheep boy

Écrit par

Fondé à la fin des 90’s, Okkervil River nous vient du New Hampshire. Une formation drivée par Will Sheff et Seth Warren. Et responsable de 4 albums à ce jour. Guitariste mais surtout chanteur, Will a également développé un projet alternatif, Shearwater, en compagnie duquel il a déjà commis trois elpees : “The Dissolving Room” en 2001, “Everybody Makes Mistakes” en 2002 et “Winged Life” en 2004. Si à l’origine, le line up se résumait à un quatuor, il est passé aujourd’hui à un sextuor. Ce qui explique sans doute la diversification de leur expression sonore. Fondamentalement alt country, Okkervil River évoque tout d’abord Centro Matic. Ou plus exactement South San Gabriel. Surtout dans sa phase la plus acoustique. Aussi gémissante que celle de Johnson (NDR : Will également), la voix de Sheff n’est pas étrangère à ce phénomène. Mais tout au long de « Black sheep boy », Okkervil River a le bon goût de varier les styles, le tempo et l’instrumentation. Une instrumentation riche, très riche même. Bien sûr, les guitares (acoustique et électrique), la basse, les drums sont très présents. Mais aussi la lap steel, l’orgue à soufflets, la mandoline, les percus, le vibraphone et le Wurlitzer ; le tout saupoudré d’un zeste d’électronique. Sans oublier celle que se réserve les invités, parmi lesquels figurent une section de cordes et une trompette. Ce dernier (Michael Kapinus) apportant une coloration très cuivrée à plusieurs des fragments. Un peu dans l’esprit de Calexico. L’elpee recèle même l’un ou l’autre titre plus insolite. Et je pense tout particulièrement à « Black », morceau imprimé sur un tempo new wave et fouetté par une basse caoutchouteuse. Ou encore « The latest toughs », morceau alerte trempé dans la power pop. Plage longue (7 minutes) particulièrement élaborée, « So come back, I’m waiting » nous entraîne dans un voyage sonore tumultueux mais mélancolique parsemé de déflagrations émotionnelles et climatiques, un périple qui s’achève dans la paix d’arrangements somptueux. Le meilleur morceau de l’opus ! Et probablement la synthèse de l’énorme potentiel affiché par Overkill River.

Julie Doiron / Okkervil River

Julie Doiron / Okkervil River

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Julie Doiron est une femme d'intérieur : pour ce split-cd avec les Texans d'Okkervil River, elle a enregistré 5 chansons chez elle, à l'aide d'un minidisc, seule avec sa guitare et ses vieux démons. Elle y parle d'amour, de son mari, de ses enfants, de la neige qui tombe dehors… Finies les guitares crépitantes de son ancien groupe Eric's Trip : autour d'elle, juste le silence d'une matinée hivernale, et le souffle de sa famille qui dort. Lo-fi sans être malingres, les chansons intimistes de la Canadienne touchent presque au mystique, tant on y ressent un (aban)don de soi d'une simplicité désarmante. Ni pessimiste comme Chan Marshall, ni hystérique comme Scout Niblett, Julie Doiron nous émeut, et son folk nous apaise. Lui reprocher son minimalisme serait déplacé. Parce que la songwriter nous donne le maximum d'elle-même, sans fausse pudeur. Idem pour ses copains d'Okkervil River, qui alternent sauvagement country déglinguée et pop déchaînée, en y réservant parfois des envolées rock et soul qui les rapprochent de leurs cousins Lambchop, Sparklehorse et Songs : Ohia. Rarement l'équilibre des forces (Mal/Bien, déprime/délivrance, obscurité/lumière) n'aura été si savamment interprété, et avec une grâce qui elle aussi touche presque au sublime. Merde, que c'est beau… Un truc pareil vous arracherait presque une larme.