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Omar Kent Dykes

The kitchen sink

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Omar and The Howlers est un groupe de blues texan fondé en 1973 par le chanteur/guitariste Omar Kent Dykes. Il s’est établi à Austin. Véritable force de la nature, il est cependant originaire Mississippi. A ses débuts, la formation était régulièrement comparée aux Fabulous Thunderbirds, issus de la même cité. Leur premier opus, "Big leg beat", date de 1980. Depuis le combo en a gravé plus d’une vingtaine.

Et "The kitchen sink", c’est leur dernier. Cette plaque est partagée en deux parties. Six compos sont nouvelles. Elles impliquent pour section rythmique, le bassiste Bruce Jones et le drummer Wes Starr. Les six autres rendent hommage à différents artistes disparus au cours des dernières années. Les nouveaux titres ont été enregistrés au studio Satellite, à Austin.

"That ain't it" est une excellente ouverture. La seconde guitare que se réserve Casper Rawls (ex-Leroi Brothers) est très aventureuse et écorchée. "The battle rages on" nous entraîne dans la country ; une superbe plage au cours de laquelle Tommy Spurlock se consacre à la pedal steel. Un processus qui est reproduit, et de fort belle manière, sur "Dixie's All night Bar" ; Omar, Rawls et Spurlock s’autorisant de superbes échanges. Blues indolent, "Fire and gasoline" est dominé par la voix puissante d'Omar. Il y affronte à la gratte, un des maîtres locaux de cet instrument, Derek O'Brien. Epatant ! Ce dernier participe également à "Dirty people", un chouette Texas shuffle. Autre surprise : "I'll keep on dreamin'". Country, cette piste est contaminée par du jazz suranné et chargée de swing. Le violon et le piano de Danny Levin (ex-Asleep at the Wheel) tirent ici leur épingle du jeu.

Les hommages s'adressent à quatre disparus, dont trois nous ont quittés en janvier 2014 : Efrain Ramos, président du Omar & The Howlers Fan Club, Gene Brandon, batteur des Howlers entre 1981 à 1994 et le DJ Larry Monroe. Sans oublier Jack Primich qui s'est éteint en juin de l’an dernier. C’était le père du remarquable harmoniciste, Gary Primich ; ce dernier, ami et ancien partenaire d'Omar, trop tôt disparu, est décédé en 2007. Gary participe à deux titres, le "Cutie named Judie" de Jerry McCain et le "Can't hold out" d'Elmore Jame. Ces deux morceaux bénéficient du concours de Kaz Kazanoff au saxophone. Gene Brandon siège derrière les drums pour trois titres : "Dust my broom", au cours duquel les interventions à la slide d’Omar sont remarquables ; le "Who do you love" de Bo Diddley, caractérisé par la présence de l'excellent Greg ‘Fingers’ Taylor à l'harmonica ; et enfin le "Hello Operator" d'Omar qui adopte le rythme de Jimmy Reed. La finale nous réserve une nouvelle composition : "Climb on board". Un épatant country boogie qui met en exergue les ivoires de Nick Connolly et, pour la dernière fois, la six cordes de Casper Rawls.

Omar Kent Dykes

Runninn’ with the wolf

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A la l’instar du légendaire Bo Diddley, Omar Kent Dykes est né à McComb, dans le Mississippi. Agé de 67 ans, il s’est établi, depuis fort longtemps à Austin, au Texas, où il a réalisé l'essentiel de son parcours. Il y a d’ailleurs fondé son groupe, Omar & the Howlers, en 1973. Une période au cours de laquelle il a publié toute une série de superbes albums. L'an dernier, il a célébré ses 50 ans de carrière. Ses dernières réalisations se sont toutes avérées d’excellente facture. Tant "On the Jimmy Reed Highway", publié en 2007, pour lequel il était associé à un autre excellent gratteur issu d'Austin, Jimmy Vaughan, que "Big town playboy", en 2009. L’année 2012 sera même particulièrement prolifique. Il grave ainsi "I'm gone" et "Too much is not enough ainsi qu’un autre tribut à la mémoire de son ami disparu, l'harmoniciste Gary Primich, "Just a little more". Sans oublier son best of, "Essential collection".

Il est donc de retour. Et de nouveau pour rendre hommage à son idole de toujours, Howlin' Wolf. Il mesurait près de 2m et pesait 300 livres, environ 135kg! Décédé en 1976, il n'avait que 65 ans. 14 des 15 plages de ce "Runnin’ with the wolf", sont issues du répertoire de Big Foot (NDR : c’était un des sobriquets de Chester Burnett) ou de Willie Dixon, le plus grand compositeur du Chicago blues. Les versions originales étaient parues en 45tours, entre 1951 et 1965.

Omar s'échauffe sur le titre maître de l’opus. Il aligne des jeux de mots d’une voix féroce, empruntée au Vieux Loup. Le Texan Ted Roddy s’y réserve l'harmonica. L’adaptation de "Killin' floor" est primitive et explosive. Elle est attaquée sous la forme du trio. Soit en compagnie de Ronnie James et du vétéran d'Austin, Mike Buck (ex-Fabulous Thunderbirds, Leroi Brothers). L’exercice de style vocal est remarquable et le grattage de cordes corrosif. Les Rolling Stones ont décroché un numéro 1 dans les charts, grâce à leur adaptation de "Little Red Rooster". Un classique du blues lent qu’Omar vit intensément. Sa six cordes pousse même les cris du coq! Autre blues lent, le véritablement fumant "Tell me what I've done". Omar se concentre sur le chant pour "Howlin' for my baby". A l’origine, ce morceau avait été baptisé "The wolf is at your door" et il était sorti en 1952. La cover est imprimée sur un tempo familier à Wolf. Eve Monsees (Mme Mike Buck dans la vie) s’y révèle très compétente à la gratte. Dykes se révèle plus Wolf que nature sur l’inévitable "Spoonful", une piste au rythme soutenu. Plus confidentiel, "Ooh baby, hold me" est un morceau curieux. Les interventions de gratte sont trafiquées, et le saxophone n’est pas crédité. "Riding in the moonlight" est attaqué sous le format trio, comme un shuffle à la texane. Bruce Jones et Wes Starr (autrefois membres des Howlers) sont de la partie. Une excellente version, livrée à l’état brut. "Riding in the moonlight" est certainement une de mes compos favorites de Burnett. Le rythme est syncopé et exotique. Buck, Monsees, Nick Connolly à l'orgue, et deux saxophones dont celui de Kaz Kazanoff, participent aux débats. Un line up qu’on retrouve sur "Do the do". L’ex-Leroi Brothers Casper Rawls est venu donner un coup de guitare à la version passionnante du "Back door man". Et le tandem embraie sur le très rock'n'roll "Worried all the time", une piste au cours de laquelle, les acteurs prennent leur pied. "Smokestack lightning" est un blues caractérisé par un riff hypnotique, maintes fois repris par des blues bands issus des sixties. Derek O'Brien se réserve les cordes et Ted Roddy l'harmonica, sur cette reprise très réussie. Autre shuffle à la texane, "I'm leavin' you" casse littéralement a baraque. Enfin pour notre plus grand plaisir, Omar termine cet opus par "Wang Dang doodle", une compo imprimée sur le rythme du boogie. Excellent!

 

Omar Kent Dykes

I'm gone

Écrit par

Kent ‘Omar’ Dykes est originaire de McComb, dans le Mississippi, à l’instar d’un de ses vieux maîtres, le légendaire Bo Diddley. Son premier groupe, il le fonde dès son plus jeune âge. Une formation qu’il va bientôt baptiser The Howlers. En 1976, décide d’émigrer à Austin, au Texas. Ce qui va l’encourager à jouer le blues des pionniers. Celui des Howlin' Wolf ou Hound Dog Taylor. Son premier elpee ne paraît qu’en 1980. Il s’intitule "Big leg beat". Il récolte un succès local. Mais dans la foulée, les Howlers vont publier 13 albums au cours des 15 années qui vont suivre.

A partir de "Boogie man", paru en 2003, il décide de collaborer auprès d’autres musiciens pour l’écriture. Et en particulier Ray Willie Hubbard, Alejandro Escovedo ou Stephen Bruton. Il commet encore un opus flanqué de ses fidèle Howlers, en 2006, "Bamboozled", puis grave deux elpees en compagnie de Jimmy Vaughan, "On the Jimmy Reed Highway" en 2007 et "Big Town Playboy" en 2009, sans oublier "Chapel Hill", pour lequel il reçoit le concours de Nalle et Magic Slim, en 2008. Et puis c’est le silence absolu. Avant qu’il ne refasse surface au cours de cette année, en publiant trois long playings en quelques mois. Soit ce "I'm gone", une compile intitulée "Essential collection", prodiguée par Omar & the Howlers, et "Just a little bit more", œuvre du regretté souffleur Gary Primich auquel il était associé.

Cette nouvelle sortie correspond à la célébration de son 50ème anniversaire sur la scène musicale. Pour la circonstance, Omar est soutenu par le drummer Wes Starr et le bassiste Bruce Jones, une section rythmique qui participent à l’aventure depuis les débuts, soit 30 années. Les sessions se sont déroulées au sein des studios South Lamar, à Austin, des sessions au cours desquelles d’autres potes ont débarqué ; en l’occurrence les gratteurs Derek O'Brien et Casper Rawls ainsi que le batteur Mike Buck et le bassiste Ronnie James.

Cet album passe en revue les goûts musicaux de notre géant au cœur tendre. A l’instar du titre maître. Un pur rock'n'roll qui déménage. Omar n'a rien perdu de sa dextérité sur le manche. Ses doigts parcourent les cordes à la manière de Scotty Moore. Sa voix sert de gouvernail. Il embraie par "All about the money", un bon vieux blues texan imprimé sur un tempo emprunté à son icône, Jimmy Reed. Il enfourche son cheval et part au galop sur les chemins poussiéreux du Far West à la recherche de ce "Drunkard's Paradise", sur un rythme très country. Le Bo Diddley beat introduit "Wild and free", une plage au cours de laquelle la section rythmique soutient à merveille son leader! Le maître nous réserve des envolées très rock’n’roll tout au long du blues shuffle classique "Down to the station ". Il y manifeste une facilité déconcertante. Instrumental, "Lone star blues" est un texas blues indolent et généreux qui ne manque pas de relief. Autre instrumental, "Omar's boogie" est un exercice de style bourré de petites astuces techniques épatantes. Proche des racines, Omar chante passionnément "Goin' back to Texas". Une douceur communicative nous suggère l’étreinte tout au long du torride et mélancolique "Let me hold you", une piste au cours de laquelle Omar communique son mal-être de l'instant. Direction plein nord. Vers Memphis, dans le Tennessee. Pour un blues/rock intitulé "Move up to Memphis". Signé John Lee Hooker, "I'm mad again" est le blues lent de circonstance. Le riff est répété à l’infini. Puissante, caverneuse, brûlante, concédant des accents dramatiques, sa voix rappelle le légendaire Howlin' Wolf. D’excellente facture, cet elpee s’achève par "Take me back (to Mississippi)". Un flirt entre le country blues et le rockabilly qui nous ramène aux premières années de sa carrière musicale. Et la guitare y est tout simplement magique. Welcome back Mr Dykes!

 

Omar Kent Dykes

Big Town playboy

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Le géant d'Austin est aujourd’hui considéré comme un vétéran de la scène blues. Locale, mais également internationale. Il fêtera d’ailleurs ses 60 ans en 2010. En 1973, le Texan avait fondé son propre groupe : Omar & the Howlers, une formation responsable d’une discographie impressionnante. "Big leg beat", le premier elpee était d’ailleurs paru en 1980. Il semble bien que l'aventure des Howlers soit terminée. Le dernier enregistrement du combo remonte à 2006. Il s’agit d’un live intitulé "Bamboozled". Depuis, Omar a concocté un excellent opus en compagnie de Jimmie Vaughan. Edité en 2007, "On the Jimmy Reed highway" rendait hommage à un des grands du blues : Jimmy Reed. Omar se consacre de plus en plus à l’adaptation du répertoire des anciennes gloires. Un choix qui peut sembler regrettable, car il jouit d’une excellent plume.

C’est donc sous son patronyme qu’il vient de concocter ce nouvel opus. Baptisé "Big Town Playboy", il réunit douze reprises de classiques du blues. Il a conservé une bonne partie des collaborateurs qui avaient participé à la confection de l’elpee précédent. Et bien sûr, Jimmie Vaughan ainsi que le producteur guitariste/Derek O'Brien. Il a également reconduit l'excellente section rythmique partagée entre le drummer Wes Starr et le bassiste Ronnie James. Parmi les invités, figurent l'énigmatique et sulfureuse Lou Ann Barton, le jeune Gary Clark Jr et deux souffleurs de légende, Lazy Lester et James Cotton. Et au vu de la liste des musiciens en présence, on ne pouvait logiquement pas être déçus… Enfin, en analysant les commentaires du booklet, il semble qu'Omar se soit uniquement concentré sur le chant. Vocaliste redoutable, il a donc préféré laisser la part belle aux cordes de Derek O'Brien et surtout de Jimmy Vaughan.

"Big town playboy" est issu de la plume du guitariste Eddie Taylor (NDR : il a longtemps été le partenaire privilégié de Jimmy Reed). Cette compo date de 1956. Le disque s’ouvre par une adaptation de cette chanson. Et c’est le bonheur immédiat ! Implacable, la guitare dicte le rythme. La voix est autoritaire. L'harmonica de James Cotton est très travaillé. Au beau milieu de son envol, cet ancien sideman de Muddy Waters se met à souffler dans les aigus. On en attrape des frissons. Le disque embraie par une autre composition de Taylor, "Upside your head". Jimmy Reed n'a certes pas été oublié puisque trois titres de son répertoire figurent sur l'album : "Mary Mary", "Close together", morceau au cours duquel il reçoit le concours de l'élégante Miss Lou Ann ainsi que de Mr Cotton. Ce dernier souffle ici dans son style très spécifique ; et c’est la claque! Enfin, "Man down there". En réalité un réarrangement du "One way out" de Sonny Boy Williamson. Une compo écrite au cours des sixties par le tandem George Crockett/Jack Daniels. Cette nouvelle version évolue dans le plus pur style Reed (NDR : et aussi le meilleur !) ; surtout lorsque Gary Clark Jr souffle dans sa musique à bouche. Mr Dykes est également très à l’aise dans le swamp blues à la louisianaise (NDR : celui qui débarque en ligne directe de Baton Rouge et du label Excello !) On dirait presque qu’il lui colle à la peau. Le "Hello Mary Lee" de Lightnin' Slim, "Dream girl" et une version du "King bee" de Slim Harpo (NDR : imprimée sur un rythme hypnotique, elle reflète une connivence inespérée entre Kent et Jimmie), en sont les plus belles illustrations ; et tout a long des deux premiers extraits cités, Lazy Lester semble avoir retrouvé une nouvelle jeunesse en soufflant hargneusement dans son instrument. L’œuvre rend également hommage à d’autres vielles gloires. Tout d’abord John Lee Hooker, pour un "No more doggin" au cours duquel Vaughan se révèle saignant. Smokey Smothers, lors d’une superbe cover du "I can't judge nobody", un Chicago shuffle à nouveau sublimé par le souffle de Cotton. Jimmie McCracklin pour une reprise de son "Think" qu’Omar et la féline Miss Barton chantent en duo ; une solide partie de cordes à la clé. Et enfin, Ivory Joe Hunter dont le "Since I met you baby" est interprété dans un style louisianais empreint de beaucoup de passion et de sensibilité. Aussi bien dans les vocaux que dans les cordes de Jimmie. Un bien bel album !

Omar Kent Dykes and Jimmie Vaughan

On the Jimmy Reed Highway

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Quel plaisir de retrouver ces deux stars texanes (NDR : d’Austin, très exactement !) se produire en duo! Omar, le leader des Howlers, est depuis toujours un admirateur de feu Jimmy Reed. Epileptique et ravagé par l’alcool, il est disparu en 1976, après avoir rencontré un énorme succès commercial. L'idée de rendre hommage à cet artiste revient à Omar ; mais un autre fan du vieux bluesman, Jimmie Vaughan, a eu vent du projet et a proposé sa collaboration. Omar Dykes s'est réservé les parties vocales et ne joue que fort peu des cordes tandis que Jimmie prend les parties de guitare à son compte. Nos deux stars sont donc entrées en studio en compagnie de Derek O'Brien (NDR : il assure aussi la production) à la guitare rythmique, Ronnie James à la basse ainsi que Wes Starr aux drums. Des sessions d’enregistrements au cours desquelles quelques invités de taille ont pointé le bout du nez… Entre les plages d'ouverture et de clôture écrites par Omar, le répertoire de Reed est ainsi mis à l'honneur.

Histoire de prendre la route, Omar nous invite sur la "Jimmy Reed Highway". Des références claires au bluesman et à ses chansons les plus connues. Il chante de sa voix surpuissante et ravagée, bientôt rejointe par la sulfureuse Lou Ann Barton, une copine de longue date de la famille Vaughan. Jimmie échauffe déjà ses cordes en ce début de périple. La perspective ‘reedienne’ peut ainsi commencer à être privilégiée. Tout d’abord à travers un medley des célèbres "Baby what you want me to do" et "Bright lights big cities". Kim Wilson est à l'harmonica. La paire mythique des T-Birds, Jimmie et Kim, est réunie et bien en place. Omar et Jimmie chantent en duo. La rythmique implacable redessine les lignes de style immortalisées par Reed. Kim est toujours au poste pour "Big boss man" et le superbe "Good lover". Adaptée en shuffle texan, cette plage est introduite par la voix de Lou Ann. Elle cède ensuite le relais à celle, rocailleuse, d'Omar. Aux drums siège une autre ancien de la bande d'Austin : le métronomique George Rains. Sobre et respectueux, Jimmie ne dispense que les notes nécessaires. Le ténébreux James Cotton prend le relais à l'harmonica lors du langoureux "Caress me baby". L'ancien compagnon de Muddy Waters se sent bien dans ce contexte désespéré et souffle dans le registre des aigus. Omar et Jimmie chantent en duo un extraordinaire "Aw shucks, hush your mouth". La voix graveleuse de l'un et frêle de l'autre se conjuguent à merveille. Toujours très parcimonieuses, les cordes de Vaughan évoluent parfaitement dans l'esprit de ce blues des fifties. Kim Wilson revient une dernière fois pour attaquer "You upset my mind", un morceau chanté en couple par Omar et Lou Ann. Cette atmosphère ‘reedienne’ est excellente et permet à Vaughan mettre en exergue son talent. Omar chante passionnément et respectueusement "I'll chante my style", un blues imprimé sur le tempo des swamps ; et le sublime "Bad boy", une compo signée Eddie Taylor qui était le gratteur de Jimmy Reed. "Hush hush" est un autre grand moment de l’opus. Il est chanté alternativement par Delbert McClinton et Omar Dykes. Les deux voix semblent possédées. Un vif sentiment de vécu nous étreint. Delbert souffle dans son harmonica à la manière de Reed. En fin de parcours, deux plages ne bénéficient pas de la présence de Jimmie Vaughan. Omar chante et gratte tout au long de "Baby what's wrong" et de son "You made me lough". Barry Bihm tient la basse alors que les drums sont successivement dévolus à Jay Moeller (NDR : il milite actuellement chez T-Bird) et Jake Dykes (NDR : probablement le fils d’Omar!) Sur ces deux plages, figurent le regretté et talentueux Gary Primich. C’était l’harmoniciste préféré d’Omar Dykes. Son intervention nous remplit d’émotion. Son style personnel complète ici la fresque Reed. Il couronne cet excellent elpee souvenir, d’une dernière intervention de haute facture…

Omar Kent Dykes

Big Delta

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Il faut croire que le géant texan d'Austin a beaucoup apprécié le concours du producteur Papa Mali sur son dernier album, "The screaming cat". Parce que, si la mise en forme est ici signée Max Grace, non seulement Malcolm "Papa Mali" Welbourne assure la co-production ; mais en outre, il y joue de la slide, la baritone et la sitar guitar.

L'accent porté fixe l'ascendant sur une section rythmique, placée très en avant. Les musiciens y font véritablement merveille ; et en particulier les percussions de Terry Bozzio et de B.E ‘Frosty’ Smith, ainsi que la basse de Roscoe Beck.

" Big Delta " n'est pas un retour aux sources, même si Omar revisite quelques canons de son passé. Il accomplit cette tâche avec un effet très ‘nouvelle vague’. Il passe ainsi en revue "Monkey land" (1990), cris de singe à l'appui, et "Muddy Springs Road" (1994), dont le très haut niveau technique à la sitar guitare relève de la paire Beck/Bozzio. Slow blues texan, "Life without you" est rendu de manière assez classique. La nouvelle version de "Wall of pride" (88) est toujours imprimée sur le Bo Diddley beat ; mais pour la circonstance, Omar est à la rythmique et la slide qui se prélasse dans le décor appartient à Papa Mali. "Pushin' fire" est indéniablement l'une des réussites de l'album. La voix reste autoritaire, mais le climat lugubre est propice au gémissement métallique des guitares. Traversé par le célèbre riff de ce titre qui a fait la réputation de Mountain (en compagnie de Leslie West), "Mississippi Queen" entretient un climat obsessionnel, dramatique, tendu à l'extrême. Inspiré par son rythme de swamp rock, "Mystery Walk" (95) reprend le "Best of Omar". "Cavement rock" est un rocker conventionnel, accrocheur et classique. "Big Delta" se termine par une jam inédite intitulée "Conversation Mambo". Faire-valoir musical, rythmique accrocheuse, dialogue basse-percussions pour la mise en route, la guitare d'Omar d'un côté, la baritone de l'autre, lancent la voix caverneuse d'Omar pour ce mambo swamp hypnotique. Un opus qui possède vraiment ce petit soupçon de charme envoûtant…

 

Omar Kent Dykes

The screaming cat

Écrit par

L'ouverture, "When Sugar Cane was king" se limite à l’Omar classique. Il est assez étrange de constater à travers les notes de pochette, que le géant ne fait que chanter, laissant le soin d'actionner les guitares à Malcolm "Papa Mali" Welbourne. Qui, en outre, partage la production avec le batteur B.E "Frosty" Smith. Mais pas de trace des Howlers. Et lorsque arrive la plage titulaire, on se rend vraiment compte d'avoir affaire à un solide travail de studio. Les percussions sont bien à l'avant et les effets de guitares, les sons et les voix trafiqués. Le riff cher à Bo Diddley annonce "100 pounds of pain". Assez réussi, malgré les timides apparitions de l'orgue Hammond. Ensuite, l'album respecte un répertoire bien dans l'esprit d'Omar Dykes ; mais encore une fois, c'est la production qui l'emporte, mettant en évidence le travail réservé à sa voix puissante et grave. Mais pourquoi donc, la face Omar le guitariste est-elle pratiquement occultée au profit de Papa Mali ? Et pourquoi ces cordes constamment trafiquées ? Ainsi sur le dynamique "Girl's got rhythm", Omar, et ce n'est pas la première fois, chante à la manière de John Fogerty. Et c'est la slide du producteur qui l'accompagne! Ce travail de studio n'est pas sans me rappeler les derniers albums de Z.Z Top. C'est assez évident à l'écoute de "Too many people talkin". Le seul lien échangé avec les Howlers ici, se résume à la participation du bassiste Paul Junior. Sur 5 titres. Bizarre ! Omar ne serait-il plus qu'une voix? Non, si l'on en juge le shuffle classique de la finale "Party girl". Ouf, me voici rassuré !

 

Omar Kent Dykes

Ce n’est pas Jimi Hendrix qui a écrit “Hey Joe”!

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Omar Kent Dykes, c’est le leader d’Omar &The Howlers, une formation née à Hattiesburg, dans le Mississippi, en 1973, qui s’est établie à Austin, dans le Texas, trois ans plus tard. Ce qui ne l’empêche pas d’enregistrer régulièrement, des albums solo. La formation vient de publier son 10ème elpee, ‘World wide open’ (chez Provogue), sans doute son meilleur à ce jour.

Omar puise l’essentiel de son inspiration dans les bayous et marais louisianais pour créer un ‘hoodoo rock’ personnel qu’il décrit comme suit : "Je dirais: du côté du blues/rock, pas tout à fait blues, pas tout à fait rock, avec des éléments de rockabilly, de R&B et de swamp rock. Mais j'aime surtout le blues. J'ai grandi en écoutant Bo Diddley, Jimmy Reed et Creedence Clearwater Revival. Bo Diddley, j'adore son style, son rythme. John Fogerty on se contacte par le téléphone. Il m'a un jour demandé de partir en tournée avec lui. Ce n’était pas possible, mais j'aurais aimé accepté sa proposition. Peut-être une autre fois? Beaucoup de gens me comparent à Howlin' Wolf. Je l'ai beaucoup écouté ; et c'est sûr qu'il figure parmi mes principales influences. Mais les plus marquantes, je les ai puisées en Grande-Bretagne. En 1962, j’avais 12 ans. Les groupes anglais –les Animais surtout, mais aussi les Beatles– ont changé le monde (NDR : il a repris ‘She's a woman’ sur ‘Monkey Land’). Au début, les Stones étaient aussi supers ; mais le son disco qu'ils dispensent aujourd'hui, c'est pas trop mon truc..."

La révélation pour Omar, a été sa première guitare. "Mon père me l'a offerte pour Noël. A 12 ans, justement. Au départ, j'étais très déçu, parce que je souhaitais un gant de base-ball! Mais après quelques jours, je ne voulais plus pratiquer de sport et je me suis enfermé avec ma guitare... "

Omar est né à McComb, dans le Mississippi, exactement au même endroit que Bo Diddley. "C'est presque la Louisiane, à une trentaine de kilomètres seulement, c'est le même paysage. J'ai toujours été attiré par la musique des swamps et bayous. J'aime aussi la musique de Baton Rouge. C’est un endroit où je me suis souvent produit, dans le passé. Celle de la Nouvelle Orléans aussi, même si c'est pas mon style. J'aime surtout Jimmy Reed, Hound Dog Taylor et Tony Joe White.

Le musicien qui a le plus frappé Omar, sur la scène comme dans la vie, est un vrai géant du blues. "Oui, c'est probablement BB King. Un grand musicien, mais aussi et avant tout un gentleman... Quand tu le côtoies, il te met tout de suite à l'aise. Il est très prévenant. Il prend le temps de rester auprès de toi et manifeste beaucoup d'humanité. Un homme merveilleux. "

Depuis 1976, Omar vit à Austin. "Il y a quasi 20 ans que notre famille s’y est établie. Là-bas, la scène musicale est incroyable! C'est très, très vivant, mais dur aussi. Les bars ? Il y en existe des tas. Je les ai presque tous fréquentés, notamment le plus célèbre, Antones, où je me produis encore parfois. Austin, c'est chez moi. "

Riffs à la AC/DC

Les trois derniers elpees ont été enregistrés en studio. Ils semblent plus orientés vers les chansons. "Je compose pas mal et j'ai passé plus de temps en studio pour travailler mes morceaux." Pour les mettre en relief, pour enrichir le son, Omar a fait appel à d'autres musiciens comme Nick Connolly à l’orgue Hammond, Robert McEntee et Bradley Kopp aux guitares et Gary Primich à l'harmonica. "Nick Connolly est vraiment un gars super! Il est très bien considéré aux USA et est fort demandé pour participer aux sessions studio. Nick possède son propre trio, basé sur l'orgue, assez jazz, genre Jimmy Smith. J'ai parfois joué live avec lui, mais il y a déjà longtemps. Pour les guitaristes, j'ai un style de prédilection ; mais pour certaines chansons, j'aime inviter des amis qui proposent des idées différentes et bien meilleures que les miennes ; c'est le cas de Robert McEntee excellent à la slide et surtout au dobro. Bradley Kopp, lui, c'est un rocker, il s’est réservé les parties les plus dures. Gary Primich est un pote et un remarquable harmoniciste. Il avait déjà participé à l’enregistrement de ‘Muddy Springs Road’. Tu vois: j'aime jouer en compagnie de mes amis les plus proches."

Pour son prochain opus, Omar affirme qu'il invitera encore plus d'invités, mais qu’il adoptera un profil sans doute plus rock, plus abrupt. "On y rencontrera peut-être aussi des riffs à la AC/DC!" (NDR : ah bon !) Mais est-ce tellement étonnant quand on sait que le gaillard a aussi repris le classique ‘Hey Joe’? "Tellement de monde imaginent que c’est Hendrix qui l'a écrite. Je n'avais pas 15 ans quand je l’ai entendue. C'était par un groupe californien : les Leaves. J'aime bien la version d'Hendrix bien sûr, mais je préfère l’originale, imprimée sur un rythme plus rapide "

Omar ou Béjart ?

"Pour le moment, je suis assez populaire en Europe. Les States sont tellement vastes, hétérogènes. Chaque Etat est un autre pays. Los Angeles est tout à fait différent de la Nouvelle Orléans qui est toute différente de New York! On me connaît dans les Etats du Sud : Texas, Louisiane, Mississippi, Tennessee, Georgie... Mais, le blues aux States ne jouit pas d’une popularité générale, à l'inverse de la pop, du disco, de la techno. Pour danser, il y avait le R&B, la soul music de Wilson Pickett, Aretha Franklin. C'était super. La techno se limite à des machines. C'est synthétique, et perso, je pense que c'est vraiment une musique sans âme."

Pour conclure, comme on Omar a plus qu'un air de famille avec Maurice Béjart, on lui a demandé s'il accepterait de se faire passer pour le danseur aux ‘Dance awards’, si celui-ci, malade, lui demandait de le remplacer au pied levé? (NDR : manifestement, Omar ne connaît pas Béjart). "Si le gars est sympa, je suis partant, je mets un smoking et j'y vais, pourvu qu'on ne me demande pas de danser... Aux USA, on me prenait souvent pour Wolfman Jack, mais il est mort récemment. C'est vrai qu'il y a parfois des gens qui vous ressemblent. J'ai une anecdote à ce propos: l'autre jour à Austin, je me rends dans un club voir William Clarke et son groupe. William est aussi balèze que moi, et il porte toujours ses lunettes noires. Eh bien Jacob, mon fils de 3 ans, a couru vers lui en criant ‘Daddy, Daddy!’ "

(Article paru dans le Magazine Mofo n°40 de février 96)