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Billy Price & Otis Clay

This time for real

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Cet album scelle la réunion de deux grandes voix de la musique soul et du R&B : Otis Clay et Billy Price. Le premier est un chanteur de couleur noire. Agé de 73 balais, il est né dans le Mississippi et a forgé son organe dans l'exercice du gospel. Le second est blanc. Agé de 65 ans, il est originaire du New Jersey. Au cours des eighties, il drivait son Keystone Rhythm Band. Aujourd’hui, il vit à Pittsburgh.

Lors des sessions studio, les deux vocalistes ont reçu le concours du prestigieux guitariste Duke Robillard et de son backing group ; en l’occurrence le drummer Mark Teixeira, le bassiste Brad Hallen, le claviériste Bruce Bears, sans oublier les deux cuivres, Mark Earley (saxophones) et Doug Woolverton (trompette), tous deux membres du célèbre big band, Roomful of Blues!

L’opus s’ouvre par "Somebody's changing my sweet baby's mind", un southern R&B que Johnny Sayles a transformé en hit, dès 1969. Les deux voix se conjuguent à la perfection. Un régal ! Elles sont enrichies de chœurs sur "I'm afraid of losing you", une bien jolie ballade soul empreinte de douceur ; une plage au cours de laquelle la guitare de Robillard est chargée d’un intense feeling. "Going to the Shack" trempe dans le pur R&B, un tube décroché en 1969 par Syl Johnson, un maître du soul/funk. "All because of your love" est une ballade soul/blues au refrain participatif. Un morceau qu’Otis Clay avait converti en succès, 40 ans plus tôt. Le saxophone de Mark Earley amorce "Love don't love nobody", un excellent blues lent teinté de soul, un titre popularisé jadis par les Spinners, un ensemble soul/pop issu de Detroit qui a enregistré pour les labels Tamla Motown et Atlantic. Encore un exercice de style classieux ! Joe Tex est un chanteur légendaire disparu prématurément à l'âge de 47 ans. Sa cover du "I'll never do you wrong" est aussi indolente. Holland, Dozier, Holland est un trio de compositeurs qui a écrit une multitude de succès pour l’écurie Tamla Motown chère à Ben Gordy (NDR : lorsqu’ils l’ont quittée, c’est pour fonder leur propre boîte, Invictus). Issue de leur plume, "Don't leaving my starving for your love" est une piste résolument soul ! R&B tonique, le "Broadway walk" de Bobby Womack remonte à 1967, une compo irrésistible. "Book of memories" est sans doute la plus belle ballade de l’opus, un ancien tube de Clyde McPhatter, le fondateur des Drifters. Une plage empreinte d’une grande sensibilité ; les deux voix complices, le piano de Bruce Bears et la gratte de Duke Robillard entretenant ce climat. R&B à coloration Stax, "Too many hands" est encore un ancien hit d'Otis Clay, qu’il avait publié pour le label Hi. "Tears of God" est un titre de Los Lobos, qui figurait sur le long playing "By the light of the moon", un disque paru en 1987. L’adaptation libère énormément de tendresse. D’excellente facture, cet LP s’achève par un r&b rythmé, en l’occurrence le "You got me hummin'" de Sam and Dave, un duo mythique qui a marqué les sixties et que parviennent à faire revivre Price et Clay…

 

Otis Clay

In the House

Écrit par
Otis Clay est né à Waxhaw, dans le Mississippi. En 1942. Au cours de sa jeunesse, il chante le gospel. A l’âge de 15 ans, il rejoint le Blue Jay Quartet of Birmingham. Il vit alors à Chicago. Fin des 50’s/début des 60’s, il est toujours adepte du gospel, mais milite alors chez les Golden Jubilaires. Néanmoins, il commence à s’intéresser au R&B et finit même par y consacrer ses facultés vocales. En 1971, il signe pour Hi records, le label soul de Memphis. Il y rejoint alors Syl Johnson et Al Green. Fin des 70’s, il tourne beaucoup en Europe et au Japon. Des périples qu’il reproduira tout au long des eighties. En 1985, il sort d’ailleurs "Soul man : Live in Japan", un elpee enregistré en public, vous vous en doutez. De sa discographie, je retiendrai surtout les albums suivants : "I'll treat you right" en 92 et "This time around", en 98, tous deux pour Bullseye ; ainsi que "The gospel truth" en 93, chez Blind Pig.
 
Ce nouvel enregistrement live constitue déjà le septième volume de la série "Live at Lucerne", parue sur Crosscut. Il a été immortalisé le 14 novembre 2003. Otis Clay est soutenu par son backing band au grand complet : guitare, claviers, basse, batterie, trompette et trombone ; sans oublier les chœurs (NDR : somptueux !).
 
Le concert s’ouvre par "You're the one" ; une compo rythmée, mais pas trop. Les musiciens accomplissent leur mission en toute discrétion, pour mieux mettre en exergue le chant délicieux de Mr Clay et de ses choristes. Cependant, je dois avouer que les claviers qui produisent le son d'un ensemble de cordes me restent en travers de la gorge. Lors de la ballade douce et lente "When hearts grow cold", Otis est au sommet de son art. La mélodie colle parfaitement à son timbre apaisant, pendant que la guitare de Hollywood Scott s’autorise une sortie, ma foi, fort plaisante. Mais qu'est-ce qu'il chante bien Mr Otis Clay! Il invite le public à danser son "Nickel and a nail". Hollywood Scott fait vibrer ses cordes et démontre qu'il est sans aucun doute un excellent musicien. "Sho wasn't me" est un agréable ballade soul. Benny Brown double à l'orgue et au piano, sur une trame subtilement funky. Sa version du "For the good times" de Kris Kristofferson bénéficie d’un arrangement adapté au véritable blues lent. Tout au long de cette plage, l’organe vocal d’Otis manifeste une grande clarté ; de la luminosité même ! Ce savant mélange de soul et de R&B ne froisse jamais l'oreille. Otis privilégie la douceur. Il a manifestement forgé son style dans les églises et les temples, lorsqu’il chantait le gospel au sein des chœurs. Pourtant il est capable de hausser aisément le timbre de sa voix. A l’instar d’"I can take you to heaven tonight". Tous les musiciens le soutiennent à l’unisson, lors du toujours gospel, mais plus traditionnel, "Amen". Et puis de "This little light of mine". Et grosse surprise, l'incroyable Sharrie Williams en profite pour faire son entrée en scène et partager le chant avec Mr Clay! Le "Love & happiness" d'Al Greene marque un retour au rythme. Une impulsion prolongée par le funk jouissif que partagent "I just wanna justify" et "Respect yourself", deux titres nappés par l'orgue Hammond complice. Dans le style, cet album est vraiment d’excellente facture…