Les mille destins d’eightycuts

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Papa Wemba

New Morning

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Voir apparaître le nom de Papa Wemba dans une chronique musicale peut surprendre. Après avoir été inculpé en 2004 pour traite d’êtres humains et association de malfaiteurs, on ne misait plus grand-chose sur le ‘Roi’ de la rumba congolaise. Pourtant, il propose ici un double opus cd-dvd enregistré au New Morning, à Paris, en février 2006. L’album de la rédemption pour le chanteur congolais, comme l’atteste la dédicace au dos du livret : ‘Après des moments difficiles, j’aimerais que ce disque annonce un nouveau jour’. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si celui-ci s’ouvre par un « Excuse Me », lourd de sens. On retrouve ensuite pêle-mêle tous les titres qui ont fait la gloire de Papa Wemba, « Image » et « Sala Keba » en tête. Il ose également une reprise en congolais du « Fa Fa Fa » d’Otis Redding, assez réussie. Secondé par de bons musiciens (appréciez par exemple le solo de batterie de Denis Tchangou sur « Sala Keba »), Papa Wemba fait danser un public conquis pendant plus d’une heure. Le concert se termine par l’émouvant « Awa Yo Keyi », une plage qui repose sur une combinaison piano/voix.

Seule nouveauté, le single « Ye Te Oh » offert en guise de bonus, n’apporte pas grand-chose : une production très R’n’B qui trahit les vains efforts de Papa Wemba pour se mettre à la page. Mais on ne se refait pas et c’est bien dans son registre habituel qu’il reste le plus efficace.

En définitive, New Morning ravira les fanatiques de l’‘Elvis noir’ mais, à défaut de prise de risque, ne convertira pas de nouveaux adeptes. Notons toutefois la bonne qualité de l’enregistrement, assez peu courante pour être signalée.