L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

logo_musiczine

Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (2 Items)

Peter Frampton

Thank You Mr Churchill

Écrit par

Au moment de commencer cette chronique, un doute affreux m’a traversé l’esprit. Comment notre rédacteur en chef bien aimé peut il demander à l'humble amateur de rock qui écrit ces lignes de critiquer un album de Peter Frampton ? C'est comme si on demandait à un curé intégriste de porter un jugement sur l'œuvre du Tout Puissant. Qui suis-je pour juger ce guitariste, dont le jeu a influencé une grande partie des musiciens que j'apprécie? Par bonheur, et sans doute par compassion pour les ignobles scribouillards dans mon genre, Monsieur Frampton s’est-il, une fois de plus, fendu d’un disque de qualité irréprochable ; et donc, impossible à soumettre à la critique ? Ouf !

 

Pour celles et ceux pour qui le nom de Peter Frampton n’évoquerait pas grand-chose, un petit rappel s’impose. Né en 1950 au Royaume-Uni, cet autodidacte de la six-cordes a fondé, en compagnie du chanteur Steve Marriott (ex-Small Faces), l’un des plus grands groupes de hard rock britannique : Humble Pie (NDR : il suffit de jeter une oreille sur l’incroyable elpee live « Performance Rockin' the Fillmore » pour s’en convaincre). Sa carrière solo, qui commence dès 1972, lors de la sortie de l’opus « Wind Of Change », connaîtra son apogée en 1976, suite à la publication du long playing « Frampton Comes Alive ! », qui est toujours l’un des albums ‘live’ les plus vendus de tous les temps. Outre une pléthore d’enregistrement solo, Frampton a accompagné (sur disque et en concert) un vieil ami de classe : David Bowie et s’est même compromis sur deux LPs de Johnny Hallyday (« Insolitudes » en 1973 et « Rock’n’roll attitude » en 1985). Il embrasse brièvement la carrière d’acteur dans le film « Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band », inspiré de l'œuvre mythique des Beatles. Son album instrumental « Fingerprints » a reçu le ‘Grammy Award’ du meilleur album pop instrumental, en 2007.

Comme son nom l’indique, « Thank You Mr Churchill » remercie Winston Churchill d’avoir ramené le papa de Frampton, vivant, de la seconde guerre mondiale. Cet hommage tardif au premier ministre anglais de l’époque sert en fait de prétexte à l’introduction d’une autobiographie musicale. « Thank You Mr Churchill » a été enregistré à Cincinnati dans le home-studio du guitariste-chanteur et mis en forme par Chris Kimsey qui, pour l’anecdote, était déjà le producteur du tout premier effort solo de Frampton. Les deux hommes n’avaient plus travaillé ensemble depuis 30 ans.

Fidèle à son style, Frampton alterne les titres rock, hard rock, les power ballades et le blues. Il assure lui-même les vocaux. Brillamment ! Les parties lead sont magnifiques, mais, après tout, comment pourrait-il en être autrement ?

Varié, technique et bourré de feeling, ce nouvel album est une véritable réussite. Preuve s’il en est que, même après plus de 40 ans de carrière, il est toujours possible d’être au top !

Peter Frampton

Fingerprints

Écrit par

Peter Frampton s’est rendu célèbre en écoulant plus de 16 millions d’exemplaires de "Frampton comes alive", un double elpee paru en 1976 ! Un ‘live’ enregistré au Winterland Ballroom de San Francisco. Aujourd’hui encore, certaines plages n'ont pas pris une ride. Et je pense tout particulièrement à "Show me the way" ou encore "Do you feel like we do", au cours desquelles il utilise la fameuse talkbox (NDR : un boîtier électronique particulier qui donne à sa voix et à la guitare une sonorité synthétique). Bel homme au sourire généreux, ce guitariste anglais s’est tout d’abord illustré au sein d’un goupe pop : the Herd. Née au cœur des 60’s, cette formation a décroché quelques succès d'estime, sous la forme de 45 tours. A l’instar de "From the underworld". En 1969, il fonde un des tous premiers super-groupes, Humble Pie, au sein duquel sévira l'extraordinaire chanteur/guitariste des Small Faces, Steve Marriott. Peter y militera le temps de cinq albums dont le remarquable (NDR : déjà !) double "Rockin' the Fillmore". Nonobstant le succès important rencontré par cette œuvre, il entame une carrière solo. Une carrière émaillée par la sortie de plusieurs opus ; mais dont le succès commercial, hormis le phénoménal "Frampton comes alive", ne lui sourira plus guère…

Agé aujourd’hui de 56 balais, Frampton nous revient pour un opus instrumental. Le disque s’ouvre sur un ton dynamique. La batterie marque un tempo solide et implacable. L’orgue lui emboîte le pas. Alerte, la guitare est suivie à la trace par le saxophone de Courtney Pine, un jazzman anglais notoire. Les percussions demeurent un élément moteur tout au long d’"Ida Y Vuelta", une plage parfumée d'exotisme hispanique. Peter y joue de la guitare acoustique avec un feeling digne de Paco de Lucia. Un parfum qu’on retrouve en fin d’opus, sur "Oh when", nonobstant une orientation davantage jazzyfiante. La cover du "Black hole sun" de Soundgarden est déjà le sommet de l’elpee. Une aventure radicalement différente mais très réussie. Une expérience fort intéressante aussi qu’il a opérée en compagnie de Matt Cameron et Mike McCready de Pearl Jam. Le tempo est lent. Les climats sont instables. Les cordes tour à tour sereines, accablantes ou tourmentées. Elles se croisent, s’entrecroisent, se superposent dans un bel ensemble, mais avec une puissance et une effervescence étonnantes. Une réussite incontestable ! Légèrement bluesy et empreinte de douceur, "Float" est une ballade à la très jolie mélodie. Les guitares s’y dédoublent dans un élan de lyrisme esthétique. Guitariste de studio, dont la carte de visite mentionne des collaborations auprès d’Elvis Presley, de Roy Orbison et de Bob Dylan, Gordon Kennedy y apporte son concours. Cette grâce et cette délicatesse contaminent également "My cup of tea", une compo mêlant harmonieusement cordes acoustiques et électriques. Chirurgien des cordes, Hank Marvin est ici épaulé par Brian Bennett, son acolyte chez les Shadows, bien sûr! Comme son titre l’indique, "Blooze" est une jam blues. Une partie réservée pour deux guitares au cours de laquelle Warren Haynes est convié. Impliqué chez Allman Brothers Band et Govt Mule, il est considéré comme un des gratteurs les plus prolifiques du southern rock blues. Un gage de qualité manifeste! Peter n’abandonne pas les douze mesures pour attaquer "Cornerstones". Il y est épaulé par de véritables légendes vivantes. Et pour cause, il s’agit de l'inoubliable section rythmique de la grande époque des Rolling Stones : Charlie Watts et Bill Wyman. Peter a d'ailleurs régulièrement joué chez les Rhythm Kings de Wyman. Thème pour guitares en rythmes, "Double nickels" évolue dans un registre assez proche de ce que peuvent proposer les groupes sudistes ; avec plus de délicatesse et de sagesse. Légèrement country, le résultat est savoureux. Paul Franklin s’y réserve la pedal steel. "Smoky" marque un retour au blues. Mais un blues inspiré par le jazz, très fin de soirée. Peter y étale toute la subtilité de son doigté. De très bonne facture, cet opus s’achève par la ballade aux accents gypsy, "Souvenirs de nos pères". Frampton y opère un échange de cordes en compagnie d’un spécialiste du genre, John Jorgenson (des Hellcasters), dans un style qui nous rappelle l'inoubliable Django Reinhardt.