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Radar Bros.

Auditorium

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Depuis 1996, les Radar Bros. décrochent un petit morceau du soleil de Los Angeles pour l’étaler délicatement sur chacune de leurs compositions. « Auditorium » n’échappe pas à la tradition. Pour la cinquième fois de leur carrière, les faux frangins délivrent une solide collection d’hymnes à la nature. Un « Auditorium » en plein air, où la liberté est une valeur fervemment défendue. Fredonnant les merveilles de leur nouveau recueil, les Radar Bros. enchantent un public très légèrement vêtu et heureux de l’être. Pieds nus sur la pelouse, les adeptes de la formation se meuvent alors entre la faune et la flore, sans se soucier un seul instant du reste du monde. Comme s’ils vivaient les meilleurs instants de leur vie. 

Le slowcore libérateur d’« Auditorium », évoquant un Pink Floyd circa « Breathe », recèle douze remarquables morceaux se mariant à merveille au retour du printemps. Cette production irréprochable marque un retour aux sonorités de « And The Surrounding Mountains » (2002), l’un des meilleurs disques du trio, devenu quartet depuis l'intégration définitive de Jeff Palmer, le guitariste de tournée. Si on l’imagine illustrer à merveille la b.o. d’un petit film indépendant, c’est surtout en fond sonore de longues promenades sous le soleil que cet « Auditorium » pourrait illustrer tout son potentiel.

 

Radar Bros.

The Fallen Leaf Pages

Le troisième album des Radar Bros. ne s’apprivoise pas en quelques écoutes : il faut y aller prudemment, comme au charbon, puis à force de creuser ces mélodies qui traînent la patte, on y trouve son compte, l’envie d’y revenir, de se couvrir de cette nonchalance, comme une couverture chauffante. S’ils ont l’allure de musiciens à l’intellect maussade, Jim Putham, Senon Gaius Williams et Steve Goodfriend peuvent être fiers de leurs treize nouvelles chansons : poignantes, délicates et revêches en même temps, elles portent bonheur à celui qui voudra bien y voir le salut de son âme. Grandaddy est mort ? Vive les Radar Brothers ! Sauf qu’ici la pop se révèle secondaire, on parle d’atmosphère, d’état contemplatif, d’un ennui rassurant, comme un dimanche pluvieux. « We’re not sleeping » est un des titres de l’album, et c’est bien de le reconnaître. Non, il ne s’agit en aucun cas d’un disque aux mélodies replètes, qui donne le sourire ; et en tout cas ce n’est pas une raison pour bouder son plaisir… Entre slowcore à la New Year et americana à la Jason Molina, la musique des Radar Bros. ne donne pas envie de dormir, mais de faire de beaux rêves. Dont la B.O. serait peuplée de chorus languides, de refrains qui drainent de l’espoir et de souffle divin. Le disque s’écoute d’une traite, comme on avale un grog pour se donner du courage et de la contenance. Après on se sent mieux, et tout a l’air très simple... On « respire à nouveau » (« Breathing again »), les narines dilatées par la joie de se sentir en vie.