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Requin Chagrin

Une dream pop aux accents new-wave et garage

Requin Chagrin, c’est le projet de la chanteuse et multi-instrumentiste française Marion Brunetto. Depuis ses débuts en 2014, elle tisse une dream pop où la new wave, le shoegaze, le surf rock et une pointe garage se mêlent à la perfection. Ce soir, elle dévoile, en avant-première, son nouvel album, « Décollage », prévu pour le 27 mars.

En ouverture, le groupe bruxellois Turquoise, mené par Sarah Boom et Maxime Wathieu, est chargé de chauffer la salle. Voix féminine aérienne, dream pop teintée de new wave, compositions ciselées : tout s’aligne avec une précision rare. La présence scénique est magnétique et le son limpide. Maxime Lombaerts, à la guitare, déploie un jeu cristallin qui évoque parfois Charlie Burchill de Simple Minds – référence absolue. Turquoise prépare déjà la suite de son excellent elpee « Avant Demain », paru il y a un an et demi (page ‘Artistes’ ici). 

À 20h30 précises, Requin Chagrin s’empare de la Rotonde, pleine à craquer. Fidèle à sa retenue élégante, Marion Brunetto apparaît dans un style discret mais soigné : mèches blondes effleurant une chemise kaki, sa fidèle Fender Jaguar en bandoulière, architecte de sonorités vaporeuses.

Le set s’articule autour des nouvelles chansons de « Décollage », pour la plupart inconnues du public, hormis le single « Parachute ». Le risque est calculé, mais ces compos captent immédiatement l’attention. « For You » et « Cœur Joie » s’imposent avec une évidence naturelle, s’inscrivant dans la continuité sonore de la formation. On retrouve bien sûr l’empreinte d’Indochine (Nicolas Sirkis est le mentor du combo), mais aussi de La Femme, Cigarettes After Sex, Beach House, et aussi cette touche rétrofuturiste chère à Flora Fishbach.

Cherchant à se réinventer, Marion Brunetto a étendu sa palette aux textures électroniques. Le Roland Juno déroule ses ‘arpeggios’ pendant « Ultra-Fort ». Malicieusement, en introduction du morceau suivant, elle opère le lien en l'appelant « Séma...phore » ! Celui-ci incarne peut-être le mieux l’ADN du groupe : bedroom pop, guitares noyées de reverb, garage subtil. Il capte à merveille le 'zeitgeist' d'une jeunesse désenchantée. Le refrain, entêtant, est repris à l’unisson par une salle conquise.

Le son surprend par son parti pris 'shoegaze', parfois un peu sale. Là où Turquoise privilégiait la clarté, Requin Chagrin ose des résonances saturées dans les médiums, un mixage qui a la fâcheuse tendance de noyer la voix, mais fait merveille sur les titres les plus nerveux comme « BB ». Ce dernier clôt le set principal sur une énergie belle et tranchante.

En rappel, Marion livre une version épurée, seule en scène, de « Rose », une compo extraite du premier opus – un éponyme, paru il y a déjà onze ans. Et après « Volage », place à « Rêveries », une nouvelle épure carrément électro. Dans un geste inattendu, Marion se déplace soudain pour s’installer à la batterie ! (NDR : rappelons que c’était son premier instrument lorsqu'elle s'essayait aux fûts, à l'âge de 10 ans, sur « Boys Don’t Cry » de The Cure). L’effet scénique est ici saisissant. D'autant que la musicienne assure un max ! Un final en apothéose.

On regrettera, cependant, les remarques, qui paraissent un peu acerbes, adressées par Marion à ses musiciens, au fil du concert. Sans doute une forme de taquinerie? Rappelons leurs noms, car ils ont fourni une prestation remarquable: Gaël Etienne (guitare et claviers), Joseph Deschamps (basse) et Axel Le Ray (drums).

Au sortir de la Rotonde, on emporte l’image d’un concert aérien, lumineux et onirique – comme le songe d’un requin glissant dans les eaux profondes de la Méditerranée...

Setlist :

Décollage

Parachute

For You

Coeur Joie

Adelaïde

Mauvais Présage

Love

Forever

Déjà Vu

Altitude

Ciao Rubello

Ultra-Fort

Sémaphore

BB

Rappel :

Rose

Volage

Rêveries

(Organisation : Botanique)

 

The Low Frequency in Stereo

Morne plaine

Écrit par

E40/A10, sortie 4. Direction Dixmude. Grisaille et crachin ternissent tristement les paysages dépouillés de la vallée Handzamevaart. Espaces ouverts abritant précieusement la scène du 4AD qui nous avait réservé la surprise de programmer les talentueux Norvégiens de The Low Frequency In Stereo. Peu dépaysés par le manteau de vent, de froidure et de pluie qui recouvre les plaines flandriennes, les cinq Scandinaves devaient l’être davantage par l’accueil, à vrai dire, inexistant du public. Le calme et le grand vide étaient effectivement les principaux protagonistes de ce concert flandrien.

Après le brillant concert accordé la veille au Nijdrop (Opwijk), il revenait au cinq de Rogaland de relever le défi de nous présenter leur excellent quatrième album « Futuro » (voir rubrique chroniques Cd) en dépit de l’absence de visiteurs et de briser habilement le silence de leur lo-fi post rock.

« Turnpike » imprègne d’emblée les lieux d’un instrumental atmosphérique expérimental. Les rythmiques hypnotiques ‘stereolabiennes’ et les textures ambiant se mettent hâtivement en place. Les influences multiples s’accordent dès le deuxième morceau. Ainsi, « Texas Fox »  invite rapidement la délicieuse voix pop de Hanne Andersen à se découvrir sur des textures électroniques industrielles. Les mélodies éthérées du quintette nordique passent astucieusement d’un univers dream pop noirci (« Starstruck ») à une cold wave électrique (« Geordie La Forge » ou « Man Don’t Walk »). Elles sculptent des atmosphères shoegazing qui s’impriment sur un héritage Krautrock omniprésent. L’âme de « Futuro » demeure intacte.  

  Cependant, quelque chose déroute tout au long du concert, une sensation dérange. Le sentiment de ne pas retrouver cette parfaite orchestration et ces minutieux arrangements préalablement entendus sur le dernier album devient une évidence. La substance sonore est moins polie, les mélodies complexes et sophistiquées se lissent. Un set qui déborde de sincérité mais qui se révèle moins créatif, moins original que sur la galette. Les cinq musiciens de The Low Frequency In Stereo passent du pop-rock à la new-wave avec la même expressivité scénique introvertie. Les longs passages instrumentaux ‘shoegazés’ inspirés des Ecossais de Mogwai s’alourdissent et ne décollent jamais réellement. Mais, dans cet espace sonore, un danger guette les artistes, ils marchent sur un fil tendu au-dessus du néant. Car l’identité culturelle et marque de fabrique scandinave dont certains groupes se vêtent avec bonheur, fait sombrer cruellement d’autres dans le piège annihilant de la monotonie.

Un concert trop linéaire qui ne reflète pas la qualité intrinsèque de « Futuro ».

(Organisation 4AD)

The Low Frequency in Stereo

Futuro

Écrit par

Disons-le tout de go : le quatrième album 8 titres du combo post-rock norvégien « The Low Frequency In Stereo » est simplement excellent !

Découvert en Belgique lors de l’édition 2002 de Dour, il aura fallu sept ans et quatre albums à la formation norvégienne pour atteindre les cimes étincelantes du sublime. 

Rien n’est laissé au hasard dans le lo-fi post-rock du quintet scandinave. Tout concourt au sentiment subtil d’une synthèse parfaite : l’heureuse adéquation du nom du groupe, l’orchestration des influences, la multiplicité instrumentale et technologique, les arrangements minutieux… L’ensemble évoque une horloge intemporelle aux mécanismes complexes et sophistiqués !

Tels de talentueux alchimistes, TLFIS soude efficacement les sonorités modernes à la musique alternative allemande des années 70 héritée du Krautrock (Can, Faust, Kraftwerk…) sans jamais tomber dans les clichés. Tailleurs de son brut (rough) et horlogers de mécanique industrielle, la formation polit la substance sonore et nous en livre l’éclat pur et kaléidoscopique. 

Après « The Last Temptation Of…The Low Frequency in Strereo (Vol. 1) », sorti en 2006, les cinq norvégiens haussent encore la qualité de leur jeu. Tout au long de « Futuro », ils explorent les sources électroniques (Notwist), jonglent avec les rythmiques hypnotiques (Stereolab), expérimentent les techniques de studio, innovent des textures Ambient et usent de leur héritage des 70’s pour produire un instrumental avant-gardiste et expérimental. Instrumental couvert de deux voix mixtes mélodiques et séduisantes. Voix médium pour lui, Per Steinar Lie (« Geordie La Forge ») et plus doucement pop pour elle, Hanne Andersen (« Starstruck » ou Texas Fox).  

Tandis que « Mt. Pinatubo » et « Solar system » –orgie cosmo-trip-groove de près de 10 minutes– sculptent des atmosphères shoegazing à coups de pédales wah-wah et de dream pop noircie, « Starstruck » nous offre un fantastique bijou pop dont l’intro flirte incestueusement avec « The End » des Doors. Les longues vagues d’orgue psyché présentes sur l’excellente première plage « Turnpike » rappellent également le spectre de la tribu Morisson.

Cinq musiciens dont le talent use de tout médium technique et influences pour créer un univers très personnel. Lieu où les climats alternent, s’éloignent, divergent mais ne s’altèrent pas. L’ensemble reste incroyablement cohérent et inventif.

Entre le mouvement Krautrock et Stereolab, TLFI se pose tranquillement comme l’un des phénomènes Post-rock de ces dernières années. Quant à « Futuro », tant par son originalité que par sa sophistication musicale, il comptera certainement parmi les meilleurs albums de l’année  2009.

Indice supplémentaire de liberté artistique affichée par le groupe : des pistes de 9’20’’ et de 6’54’’. Et vos chances de trouver ce genre de format sur les ondes radio s’amenuisent fortement.

Un incontournable que tout amoureux de musique expérimentale devrait poser sur son étagère.

 

Req

Car Paint Scheme

Req, alias Damien Harris, est plus connu pour ses graffitis que pour sa musique. Et pour cause : ces morceaux à la texture minimaliste, basés sur quelques nuisances rythmiques, interférences ‘bruitistes’ et breakbeats squelettiques, ont bien de la peine à retenir l'attention. Mélange de dub aphone, d'abstract hip hop sans relief et d'électro neurasthénique, " Car Paint Scheme " laisse froid et perplexe. Du dub à la Pole, Req ne retient que la structure la plus élémentaire, sans parier sur la mélodie, pourtant primordiale pour accrocher quelque peu l'oreille. Comme si de cette voiture graffée (le titre) ne restait qu'une carcasse abandonnée en plein terrain vague, le moteur noyé et les pneus crevés. A mi course (" Style Mentorz "), Kid Acne vient pourtant prêter main forte à notre ami graffeur… Mais ce concours ne suffit guère pour sortir Req de l'ornière. Les morceaux qui suivent, plus funky, laissent espérer un démarrage tardif, mais la machine s'enlise pour de bon dans un cocktail de scratches et d'asian beats sans saveur (" Blimpot "). Le " graff " est une chose, la musique en est une autre. Mieux vaut pour Req qu'il retourne à ses bombes de couleurs.