En amour, Henry VIII n’était pas vraiment un rigolo. Pour se séparer de Catherine D’Aragon, sa première femme qui ne lui avait pas donné d’héritier, il est allé jusqu’à se fâcher avec l’église catholique. Ce petit incident engendrera le célèbre ‘Schisme avec Rome’. Sa seconde épouse, Anne Boleyn ne lui donne qu’une fille, alors il la fait décapiter. Jeanne Seymour, sa troisième moitié est décédée en lui donnant un fils (NDR : alors, si ça ce n’est pas manquer de bol, je ne n’y comprends rien). Il répudie Anne de Clèves, sa quatrième meuf sans avoir consommé le mariage (NDR : elle sera sans conteste, la plus chanceuse des six). Catherine Howard, la cinquième est accusée d’adultère et de trahison. Un petit coup de hache bien placé lui fait perdre la tête. Quant à Catherine Parr, la sixième et dernière du lot, elle décède, elle aussi, lors d’un accouchement difficile. Pour célébrer le 500ème anniversaire de l’accession au trône de ce sympathique Henry Tudor, Rick Wakeman, (NDR : on vous le rappelle en passant, il a été le claviériste de Yes entre 1972 et 1980), a décidé de réaliser un vieux rêve : jouer sur scène l’intégralité de son album solo de 1973, « The Six Wives Of Henry VIII », qui comme son nom l’indique est entièrement consacré à l’histoire de ces six malchanceuses.
Et, quand Monsieur Wakeman décide de réaliser un rêve, il ne le fait pas à moitié. En premier lieu, le décor. Quoi de plus authentique que de relater les faits à l’endroit où ils se sont produits ? Alors c’est décidé. Le concert aura lieu à Hampton Court Palace, le château même où Jeanne Seymour est décédée en donnant naissance au seul et unique fils d’Henry VIII. Pour parfaire ce tableau, il faut bien sûr des costumes d’époque. Beaucoup de costumes d’époque, car il y en a du monde sur scène. Le groupe rock, tout d’abord : un septuor. La chorale ensuite : 32 vocalistes. Et finalement l’orchestre : 54 musiciens.
Celles et ceux qui connaissaient l’album de 1973 et qui l’appréciaient ne seront probablement pas déçus car la version 2009, forte de moyens financiers importants, semble surpasser de loin l’originale. Les autres qui, comme votre serviteur, n’en avaient jamais entendu parler auront bien du mal à rentrer dans le concept. Il s’agit ici de musique instrumentale et, bien que Rick Wakeman soit un dieu du clavier, il a bien du mal à nous faire vivre cette histoire sans l’aide de mots. (NDR : d’où l’idée saugrenue de vous faire un petit cours d’histoire au début de cette chronique). La musique est telle qu’on se l’imagine : du rock progressif et symphonique, un peu daté étant donné l’année de sa composition. De la musique instrumentale faite de soli de claviers suivis d’autres soli de claviers. Un orchestre symphonique et une chorale qui ne prennent que très rarement le dessus sur l’instrument de Wakeman. Des variations de tempo, d’ambiances et d’humeurs sensées nous plonger dans l’histoire des six donzelles. Le tout est très bien très bien joué, mais est destiné, principalement, aux aficionados de l’ancien claviériste de Yes.