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Ferri-Chrome

Under this cherry tree

Ferri-Chrome est constitué de musiciens actifs sur la scène nippone, depuis les années 90.

« Under this cherry tree » constitue son troisième elpee. Il paraît chez Testcard, un label indie japonais qui distribue essentiellement des artistes issus du pays au soleil levant responsables d’une forme de twee pop (NDR : la twee pop est un sous-genre du rock alternatif, plus particulièrement de l'indie pop, caractérisé par des mélodies légères et des paroles souvent naïves). Et justement, la musique de Ferri-Chrome mêle twee pop et shoegaze alors que les mélodies semblent hantées à la fois par Lush, Pale Saints et Ride.

Découpé en 11 plages, ce nouvel opus recèle des reprises de The Field Mice et Exlovers, ainsi que le single de 7 pouces « Another Space-Time », paru en 2023.

Issu de « Under this cherry tree», « Platinum » est en écoute

Podcast # 51 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

The Monochrome Set

Maisieworld

Écrit par

Après avoir publié le superbe « Spaces everywhere », en 2015, The Monochrome Set est donc de retour pour un 14ème elpee. Et suivant la bonne habitude du groupe, cet opus a de quoi décontenancer. En fait, les compos changent régulièrement de registre entre couplets et refrains, se référant régulièrement au music-hall, comme chez Divine Comedy. Même la voix de Bid est aussi versatile et nasillarde que celle de Neil Hannon. Parfois cyniques et souvent truffés de jeux de mots, les textes ont aussi des connotations à caractère sexuel. Ce n’est pas neuf dans l’œuvre du band britannique. Plusieurs écoutes sont cependant nécessaires, avant d’appréhender cet LP. Non, mais imaginez le topo : punk, vaudeville, boogie, flamenco, rock, pop, sonorités mécaniques (Un « Mrs Robot » qui navigue quelque part entre Talking Heads et XTC) et tutti quanti alimentent des morceaux susceptibles d’inviter cuivres, orgue vintage, rogné, voire piano électrique (Benmont Tench ? Ray Manzarek ?) ou encore banjo au sein d’une instrumentation organique plutôt classique, la guitare s’autorisant l’un ou l’autre petit solo élégant et parcimonieux. Si vous appréciez le typiquement british, cet LP est votre tasse de thé…

 

The Monochrome Set

Cosmonaut

Écrit par

Fondé en 1978, The Monochrome Set a sévi de 1978 à 1985, puis de 1990 à 1998 avant de se reformer en 2010. « Cosmonaut » constitue son quatrième elpee studio depuis sa réunion, et son 13ème à ce jour. Du line up, il ne reste plus que le chanteur/compositeur Bid (NDR : un véritable prince indien !) Qui se charge également de la guitare, aujourd’hui.

Londonien, The Monochronme Set était considéré comme une des formations les plus douées de sa génération. Mais si ses musiciens étaient particulièrement talentueux, ils pêchaient aussi et surtout par dilettantisme. Et le groupe a beau être devenu culte, il n’a jamais vendu des tas de disques. Pourtant, il a gravé quelques opus tout bonnement remarquables. 

Et ce dernier ne l’est certainement pas moins. Peut-être hors du temps. Première constatation, il y a davantage de claviers. Le plus souvent vintage. Pensez aux sonorités d’orgue dispensées chez The Attractions, l’ex-backing group d’Elvis Costello. Une exception qui confirme la règle, « Squirrel in a hat », une piste dont les synthés rappellent carrément Ultravox. On y retrouve bien sûr la voix de crooner nasillarde, laconique de Bid, dont le trémolo et les inflexions sont très susceptibles de rappeler Edwyn Collins. De chouettes mélodies aussi. Et puis des lyrics complètement décalés, lorsqu’ils n’évoquent pas d’étranges pratiques sexuelles. Faut dire que le sens de l’humour bien british de Bid est légendaire. Sophistiquée et excentrique, la musique de TMS doit autant au cabaret, au surf (NDR : ces accords de guitare !) qu’à la pop des sixties. Parfois, on se demande même si elle n’a pas influencé Neil Hannon, le leader de The Divine Comedy. Pourtant, sur cet opus, on décèle des traces de country et de Tex Mex. Et puis des chœurs féminins qui apportent une forme d’allégresse aux compos. Une excellente surprise !

 

The Monochrome Set

Volume, contrast, Brillance… Vol. 2 Unreleased & rare

Écrit par

Au cours des eighties, des artistes comme Morrissey ou Edwyn Collins considérait déjà The Monochrome Set comme une influence majeure. Graham Coxon (Blur) et Neil Hannon (The Divine Comedy) le reconnaissent également. L’histoire de ce groupe –un peu intello quand même et drivé par Bid, un véritable Indien– fondé à Londres peut se découper en trois phases. La première entre 78 et 85, la deuxième entre 90 et 98, et suite à une réunion ponctuelle pour accorder un concert unique en 2008, depuis 2010, année à laquelle il s’est reformé. Oscillant entre new wave, post punk, surf, cabaret et pop sixties, sa musique a toujours été un peu atypique. Et souvent même très humoristique. Pourtant particulièrement mélodieuse, elle n’a jamais récolté de véritable succès. Faut dire aussi que les musicos étaient –ou sont encore– des dandys excentriques, dans l’esprit de la célèbre série télévisée ‘Chapeau Melon et Bottes de Cuir’, voire de Monty Python. Références aux images de la TV en noir et blanc, of course !

« Volume, contrast, Brillance… Vol. 2 Unreleased & rare », c’est la suite d’une première compile baptisée « Volume, Contrast, Brilliance : Sessions & Singles », parue en 1983. Elle réunit bien évidemment des démos, des inédits et des raretés, enregistrés entre 1978 et 1991. La pseudo prière bouddhiste « Wisteria » ainsi que « Jack » sont sans doute les plages les plus marquantes de l’opus. Cette dernière, très électrique, mais aux réminiscences britpop, semble  hantée par les Doors, nonobstant l’intervention très free jazz du saxophone. Le titre date de 1991, mais la version est tout bonnement époustouflante. Et le reste du long playing vaut vraiment son pesant de cacahuètes. 

 

Max Romeo

Dub Culture, Family things

Écrit par

Le regard tourné vers l'avenir, c'est une formule hybride que nous propose l'Aéronef en ce vendredi 13 mai 2016. D'une part, un ‘live’ dans la tradition Reggae avec Max Romeo and Family sur scène. D'autre part, dos à la régie, la tour de contrôle du OBF Soundsystem. Elle est installée et diffusée sur deux stacks (pyramides d'enceintes) pour distiller un son Dub évolutif, énergique, moderne voire explosif. Tout ceci, en offrant l'occasion aux Dub Invaders (la version Soundsystem du High Tone crew) de s'essayer sur l'excellente et réputée sono d'OBF.

Humainement, il y en a du beau monde... En effet, le septuagénaire à la voix enivrante invite trois de ses enfants, outre un backing band complet. Alors que les Dub Invaders (Aku Fen, Fabasstone, Twelve et Natural High) sont au rendez-vous pour tester leur formule avec la OBF family composée, ce soir, de Shanti D (MC), Guyohm (sound-operator) et l'incontournable Rico.

Vers 21h, l'équipe d'OBF ouvre le bal et fait monter l'ambiance en lançant les premières basses dans un mix reggae-dub bien senti. Le public rentre progressivement dans la danse et la salle se remplit peu à peu. Un mix qui ne tarde pas à réjouir les amateurs de grosses sonorisations. Le temps passe et il est déjà temps pour l'entrée en scène du mythique reggae man.

Les musiciens grimpent sur le podium à 22h tapante et balancent un morceau instrumental en guise d'introduction. La foule rejoint l'avant de la salle lorsque l'hymne « One step forward » déboule de nulle part. Une petite silhouette aux longues dreadlocks grises fait son apparition. Elle danse et s'installe au devant de la scène, le sourire aux lèvres. Cette joie de vivre immédiatement partagée par la majeure partie de l'assemblée donne une énergie folle à la musique incarnée. Les morceaux s'enchaînent alors sans pause, dont notamment « Selassie I forever » sur lequel les très jeunes choristes peuvent chauffer leurs cordes vocales, suivi de « Melt away ». La figure emblématique du reggae assure malgré son âge et sait tenir la salle en haleine à coup de ‘good vibrations’. L'ensemble basse/batterie groove comme il se doit, la section cuivre est au rendez-vous alors que la guitare et les claviers assurent le contretemps.

La relève est assurée...

Du mouvement sur le plateau, le line up commence à tourner. Max Romeo invite le jeune choriste à sa gauche et nous explique qu'Azzizi n'est autre que son fils. Le fiston à la voix épatante et au chant envoûté enchaîne trois morceaux du haut de ses 16 ans dont « The truth unfolds » ainsi que l'excellent « Grow my dread ». Papa Romeo fait mine de revenir mais ce n’est qu'un espoir de courte durée puisqu'il nous présente son deuxième fils Romax avant de repartir en backstage... Romax Romeo, d'apparence confiante mais à la voix timide sur son premier morceau, interprète ensuite « Innocent people »,avant de céder le relais à la charmante Xana Romeo qui suit le mouvement de sa voix bluffante, pour son jeune âge. Elle s'illustre remarquablement sur un track roots, « Righteous Path ».

Ensuite, Max reprend les commandes et entonne « The love of money », mais encore « A little time for Jah » pour finir par le tube « War ina babylon » suivi d'un « Out of space » chanté par toute la petite famille réunie cette fois. 

Un bref rappel aux sonorités ska fait clairement écho à l'époque où Max et Lee Perry collaboraient au sein de la formation The Upsetters.

L'homme qui chasse le démon de la terre a donc prodigué une prestation efficace, ouverte et généreuse pour finalement laisser la place à un dernier medley qui vient boucler presque 2h de reggae bien calibré.

Le passage de témoin à la nouvelle génération...

On rallume le pré-ampli et la soirée continue sur le OBF Soundsystem... Le Sound français actif depuis 2000, est précédé par une réputation qui a déjà prouvé sa capacité à produire un son Heavy Dub-Stepper et à maintenir une pression inouïe lors de sessions toujours diversifiées. Une petite demi-heure à peine et les enceintes atteignent déjà le limiteur réglé à 105db ce soir pour au plus grand dam des équipes aux platines. Toutefois, un son impeccable annonce une session au top. Virage effectué, présentations effectuées, le temps est venu pour le public parti s'aérer, boire un verre ou s'enfumer en regagnant l'arrière-salle afin d'écouter les décoctions Urban Dub, Electro ou encore Junglist des Dub Invaders. Une session inégale est alors en marche. Les DJ's et producteurs du High Tone crew enchaînent et font monter la pression d'un cran, grâce aux reprises du Mungo's Hi-Fi ou encore du fabuleux « Is it love », mais chacun dans son style bien particulier... Quelques wobbles chez l'un, des percussions endiablées chez l'autre ou encore un reggae digital plus traditionnel. Bref, les 2 stacks (au lieu des 3 habituels) d'OBF ont pu chauffer l’ambiance avant que les membranes se détendent. C'est à ce moment que Rico empoigne le micro et s'excuse pour les conditions acoustiques... Et oui limiter la sono d'OBF, c'est pas tous les jours que ça leur arrive... Et pourtant, la pression des 8 scoops est prégnante. Les premières prods signées OBF rassemblent et l'atmosphère atteint vite son paroxysme. La session est parfaite, Rico et Guyohm balancent des exclus issues du prochain opus en collaboration avec Charlie P. Chaque morceau est suivi de son incontournable « Face B » sur laquelle Shanti D s'illustre à chaque fois. 2h40 et les lampes s'allument... Le public gronde et réclame son dernier 1/4 d'heure annoncé initialement. Malheureusement, il n'y aura qu'une last tune pour clôturer cette belle soirée 5 minutes plus tard.

Du reggae jamaïcain familial d'époque aux jeunes héritiers francophones de la culture soundsystem, la relève est assurée dans les tous les sens du terme.

(Organisation : Aéronef et Mediacom) 

Rome

Croisière en eaux trop paisibles…

Écrit par

On rencontre peu de comptes-rendus de concerts qui se sont déroulés dans la Zone, sur Musiczine.  Et pourtant, située outre-Meuse, cette salle détient probablement le record de longévité de la région, puisqu'elle affiche bientôt 25 années au compteur sous sa forme globale actuelle. Et peut-être que parmi vous, certain(e)s se souviennent de ses débuts pour y avoir passé des soirées tumultueuses au son de groupes qui s'y produisaient dans un registre alors majoritairement punk/hc/crust ou du style.

Depuis lors, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et la programmation s'y est bien élargie au gré des collectifs extérieurs qui y contribuent. Ainsi peut-on maintenant y voir de temps à autre des formations qu'on aurait plus difficilement imaginé s'y produire à l'époque –encore que si le collectif les Fruits de la Passion vous rappelle quelque chose... – telles que Rome, ce quatuor luxembourgeois apparemment déjà culte bien que découvert tout récemment par votre serviteur.

C'est en effet à la faveur d'un mix déniché sur Youtube que je suis tombé sous le charme de ce projet mené par Jérôme Reuter et dont les influences assez larges embrassent aussi bien le néo folk (cher aux bands tels que Death in June et consorts) qu'une certaine cold wave romantique (NDR : pensez à And Also The Trees) ou encore le spleen que l'on peut retrouver chez des artistes comme Tindersticks. Mais si ces références valent pour les enregistrements studio du groupe qui sont légion –8 albums et une flopée de singles et Ep's en une dizaine d'années– en ce qui concerne le live, la donne est sensiblement différente.

En tout cas j'ai eu du mal à retrouver la richesse de l'univers musical dans lequel m'avait plongé l'écoute de ce mix probablement constitué d'extraits judicieusement sélectionnés de leurs différentes œuvres, le quartet ayant choisi (pour ce set en tout cas) de se concentrer sur des morceaux plutôt pop-rock acoustique à tendance sombre.

Sous un format basse/batterie/clavier/guitare/chant, le combo va donc égrener un répertoire de compositions calmes et léchées qu’on qualifiera de ballades maritimes, à défaut de mieux! Ayant patiemment attendu que le concert décolle un peu, j'ai fini par décrocher et suivre l'action d'un peu plus loin...

Et il m'a bien semblé que les événements suivaient leur cours sans que les vagues ne gagnent en ampleur ni que le tangage s'intensifie ; ces matelots n’ayant probablement pas pris le risque de vous donner le mal de mer et encore moins mettre leur embarcation en péril.

Vous l'avez compris, je n'ai pas ressenti le grand frisson durant cette traversée en eau douce assurée de main de maître par un équipage très pro et rôdé à la tâche, mais manquant tout de même un peu de ressac et de surprises. Le public en revanche –composé de fidèles initiés rassemblés près de la scène– n'a pas davantage boudé son plaisir un instant, applaudissant avec enthousiasme et régularité et demandant moult rappels. Peut-être aurait-il fallu être de ceux-là pour partager la passion qui m'a manqué durant ce spectacle ?

(Organisation: Jungle Booking & Theme La Zone)

Chrome

Feel it like a scientist

Écrit par

The Residents, Chrome, Tuxedo Moon et MX-80 Sound figuraient sur cette fameuse compilation baptisée « Subterranean Modern ». Parue chez Ralph Records en 1979, elle donnait un aperçu de la scène underground de San Francisco, alors en pleine ébullition. Une scène pas uniquement musicale, car elle incluait d’autres formes artistiques, comme le théâtre, la poésie, les comics, le multimédia, etc., qui sera même baptisée ‘art total’…

Chrome a été fondé en 1975 par Damon Edge. Après l’enregistrement de « Visitation », leur premier elpee, il est rejoint par Helios Creed qui remplace alors John Lambdin à la guitare. Ce sont ces deux personnages qui constituent les têtes pensantes du band. Leurs deux premiers opus « Alien Soundtracks » (1977) et « Half Machine Lip Moves » (1979) sont aujourd’hui considérés comme cultes. Des œuvres qui fusionnent le punk, le psychédélisme et le rock industriel. Damon émigre à Paris en 1983. Il monte un nouveau Chrome et enregistre quelques elpees. De retour aux States, il reprend contact avec Creed. Les deux ex-acolytes envisagent alors de reformer le Chrome initial. Mais Edge décède en 1995. Creed va cependant continuer l’aventure sous un nouveau line up. Le dernier opus du band, « Angel of the Clouds » datait quand même de 2012. Ce qui explique pourquoi, il s’est entouré, à nouveau, de nouveaux musicos.

Mais venons-en à ce « Feel it like a scientist ». L’elpee propose 16 titres en un peu plus d’une heure. Des plages sauvages, métalliques, synthétiques, sci fi, punk, garage, no wave, noisy, indus, atmosphériques, martiales ou gothiques. Ou si vous préférez torturées, hypnotiques, bruitistes, offensives, atmosphériques, chargées de feedback, mélodiques (le plus souvent), tempétueuses, synthétiques, lysergiques, bourdonnantes, ténébreuses ou futuristes. Selon. Les spectres de Marylin Mansun, Hawkwind, Iggy Pop & The Stooges, Kraftwerk, Captain Beefheart et Suicide sont susceptibles de vous traverser l’esprit. Mais le tout est très souvent hanté par la voix caverneuse de Creed. Impressionnant ! Un seul bémol, la longueur de l’opus.

 

84 Day Syndrome vs. Glue Factory

Antonio Villaraigosa Golden Expressway

Écrit par

Si l’immonde pochette de l’album rappelle une obscure série Z apocalyptique, son contenu musical en est le penchant musical, tant il destiné strictement aux fans d’un certain genre, le punk ‘à roulettes’ des années 90, en l’occurrence. « Antonio Villaraigosa Golden Expressway » est un split album partagé par 2 groupes californiens, sévissant à Los Angeles.

84 Day Syndrome est le projet solo de Randy Bradbury, le bassiste de Pennywise. Il s’est chargé des vocaux et de l’ensemble de l’instrumentation. Glue Factory implique des membres de The Falling Idols et de Secret Hate. Les 6 titres de 84 Day Syndrome pourraient figurer sur un nouvel Ep de Pennywise, tant les vocaux que les riffs rappellent le punk caractéristique du gang de Long Beach. Les morceaux de Glue Factory évoluent dans un registre davantage rock-garage. Politiquement engagé, aussi. Dans l’esprit de Jello Biafra.

Impossible de critiquer négativement cette œuvre, tant l’intention des deux groupes est louable. Sincère également, même si ce split cd s’adresse exclusivement aux aficionados des deux combos. Des aficionados qui risquent d’ailleurs d’être comblés à l’écoute de ce disque. Les autres passeront leur chemin en se demandant qui écoute encore ce genre de musique de nos jours. Rien à ajouter ! Il fait beau, j’irai bien faire du skate, moi.

O!Jerome

Le disque est un manuscrit

Écrit par

En prenant le risque de choisir pour son album, un titre aussi redondant, Jérôme Orsoni (NDR : il n’en est pas à son coup d’essai, puisque son précédent opus s’intitulait –tout aussi énigmatiquement– « Pourtant nous avons avec soin, cueilli quelques croquis pour votre album vorace », une œuvre dont on retrouve ici quatre titres) expose son travail aux serres et aux griffes acérées du merle moqueur.

Mais au-delà de tout concept intello, reste la musique.

Cartes postales des jours qui passent et ne se ressemblent pas, chaque morceau de ce recueil offre une vision poétique du monde vu depuis un balcon qui surplombe l’amer (…)

Trames rythmiques et mélodies bouclées, sons ambiants et sonorités ‘ambient’, multi-effets et guitares triturées construisent le paysage O!nirique de ce voyage initiatique.

Entre Tortoise et Mogwai (le mélancolique « The Last Time I Saw August »), déroutant et déstabilisant, à mille lieux des sentiers battus et rabattus, ce disque se découvre lentement, comme on prend le temps d'admirer un ciel chargé d'orage.

Ne tournez pas la page trop vite !

Chromeo

Play That Funky Music

Écrit par

‘Laisses-toi aller, ce soir on va danser !’ fredonne Dave One sur « Ce Soir On Danse ». Un titre on ne peut plus approprié pour le retour de Chromeo sur les planches belges. Depuis 7 ans déjà, le duo pop-electro le plus funky de la terre déverse d’irrésistibles beats 80s conciliant aussi bien le nostalgique de l’âge d’or du Funk que le plus intransigeant des mélomanes. L’été dernier, Dave One et P-Thug retournaient la Magic Tent du festival de Dour en deux coups de synthés. Ce soir, le duo réitérait sa prouesse lors de son escale au Botanique, dans le cadre d’un ‘Business Casual Tour’ chaud bouillant.

20h15. Arrivée dans la salle. Le public est amassé en rangs serrés devant le podium. Sur les planches, un dispositif de light-show en forme de petits carrés est disposé juste derrière les synthés aux jolies gambettes, telles qu’illustrées sur la pochette de « Fancy Footwork ». L’Orangerie affiche sold-out depuis quelques jours déjà, mais ne semble pas remplie au maximum de sa capacité. Tant mieux, on va pouvoir se trémousser tranquillement.

20h25. Les lumières s’éteignent brusquement et les baffles font péter l’intro du deuxième LP des Canadiens. Un lancement si surprenant qu’il en fait sursauter pas mal de monde dans la salle. Rapidement ressaisi, le public réserve un accueil triomphal au duo qui entame son set par le groovy « I’m Not Contagious », extrait du petit dernier, « Business Casual ». Derrière sa guitare et ses lunettes, Dave One s’adresse à l’assistance majoritairement en français. P-Thug, lui, se contente de lancer quelques petits sourires ; trop affairé derrière ses machines et le talk-box qui lui permet de pousser la chansonnette avec son partenaire. « Tenderoni », « Hot Mess » et « Outta Sight » décoincent les derniers réfractaires. Bien qu’il s’agisse du ‘Business Casual Tour’, Chromeo privilégie clairement les compos du disque précédent, « Fancy Footwork ». Ce sont d’ailleurs des morceaux tels que le titre-maître, « Bonafied Lovin’ », « 100% » ou « Opening Up » qui délient les cordes vocales du public. Le son dépasse certainement le maximum légal mais les deux hommes, naturellement relax, continuent à balancer leurs tubes à vitesse VV’ sans s’en soucier. « You’re So Gangsta », une des deux uniques incursions au sein de leur œuvre initiale, permet à certains membres du public de s’autoriser quelques uns des pas de danse les plus funkys et amusants de la soirée. « Night By Night » et le kitsch ‘Supertramp-esque’ « Momma’s Boy » clôture les festivités d’avant-rappel. Quelques minutes plus tard, le duo déboule pour achever son show par l’indispensable single de 2003 « Needy Girl », ovationné autant par les fans de la première heure que les petits nouveaux.

21h35. Chromeo clôture son escale belge sur l’inutile « Grow Up », placé en fin de setlist au détriment de morceaux relativement plus puissants tels que « Rage! », « Me & My Man » ou l’énorme « You Make It Rough ». Les deux hommes se retirent. Déjà la fin. Et comme une envie d’écouter du Hall & Oates et du Mel & Kim…

Organisation : Botanique

 

Rome Buyce Night

Ann Arbor

Écrit par

C’est lors de l’arrivée du drummer Romain Piegay, qu’en 2001, Guillaume Collet (dMute) et Antoine Ducoin (nouvellement chercheur à l’université d’… Ann Arbor !) décident de former Rome Buyce Night afin de donner une suite à leur brève aventure vécue au sein de Ressance. Influencé dès ses débuts par Sonic Youth, Godspeed You Black Emperor ! et Yo La Tengo, le trio a accueilli un second guitariste, Jérôme Orsini, en 2010. Une formation prolifique, puisqu’après avoir publié « Actone » en 2003, « Luminaires » en 2005, « Matricule » et « Micro Sainte » en 2009, elle nous propose aujourd’hui « Ann Arbor », son cinquième effort.

En concoctant « Ann Arbor », Rome Buyce Night a décidé d’élargir son horizon. Comment ? En lorgnant vers l’univers d’artistes aussi différents que Steve Reich, The Ex ou Konomo N°1. Toujours essentiellement instrumental, leur post-rock psyché nécessite cependant des efforts d’appréhension. Mais une fois ceux-ci accomplis, il se révèle riche et très varié. Outre les nouvelles références susvisées, l’esprit de Tortoise hante également cette œuvre. A cause du côté cérébral de leur expression sonore. En combinant énergie rock pure et structure post-rock impeccable, Rome Buyce Night est parvenu à ériger une musique complexe et sombre, mais jamais ennuyeuse. On a ainsi droit à des interventions de flûte sur « Red Diag », par exemple, une superbe compo post-rock de 11 minutes construite en crescendo. A l’instar de Can –toutes proportions gardées bien entendu– le combo joue également beaucoup sur l’architecture rythmique répétitive proche de la transe. Comme sur les très réussis « The Foam Theater », caractérisé par ses guitares acérées et torturées, ainsi que le plus noisy « The Unit Scale of Rock », tourmenté d’incantations tribales. Les compos sont solides et inspirées. La maîtrise technique des musiciens est irréprochable et la qualité du son est parfaite. Une exception qui confirme la règle : le titre maître ! Un morceau au cours duquel le quatuor s’essaie au folk, mais sans vraiment convaincre.  

Rome Buyce Night = un groupe très doué destiné à satisfaire les mélomanes exigeants.

 

Chrome Hoof

Crush Depth

Écrit par

Attention œuvre musicale dangereuse ! Difficile de décrire, en quelques lignes, le maelstrom sonore concocté par les dérangés de Chrome Hoof, une formation emmenée par les frères Milo et Leo Smee (NDR : ce dernier n’est autre que l’ex-bassiste du mythique groupe Doom anglais, Cathedral). Adeptes d’un mélange, atypique dirons-nous, opéré entre le métal, l’électro, le jazz, le disco et la pop, les Londoniens nous proposent leur troisième elpee, depuis 2005.

Argument non négligeable en faveur de « Crush Depth », si l’ambiance générale est expérimentale, elle néanmoins audible. Les nombreux instruments (dont une batterie, un saxo, des violons électriques et même un basson !) et la voix hystérique, sous acide, de Lola Olafisoye, conversent au sein d’un climat de ‘saine’ violence. Chrome Hoof a choisi de ne pas faire de choix et le scande dès l’introduction « What section am I in ? » Impossible, en effet, de définir rigoureusement leur expression sonore. Jazz ? Disco ? Electronica ? Heavy métal ? Difficile à dire. Le collectif est réellement inclassable. Jamais un instant, au cours de l’écoute de leur nouvelle production, il n’est possible de prévoir ce que nous réservera les 10 prochaines secondes d’un morceau.

Eprouvant mais rafraîchissant, « Crush Depth » évite tout formatage. Mais cette ouverture d’esprit est de plus accompagnée de bonnes chansons et c’est là le principal ! Les 7 minutes jazzy de « Sea Hornet », le disco futuriste de « Vapourise » ou l’énergie métal de « Third Sun Descedent » sont bien plus que de simples expérimentations mais de véritables réussites. Un ovni musical déstabilisant à découvrir d’urgence ! Imaginez Slayer reprenant le répertoire de Chantal Goya, le tout mixé par Ministry et vous aurez une vague idée de la musique proposée par Chrome Hoof…

 

Chromeo

DJ Kicks

Écrit par

Etre invité à produire un DJ Kicks est un gage de confiance qu’aucun artiste electro qui se respecte, n’aurait l’audace de décliner. Deux ans après avoir fait appel aux services de Hot Chip et Booka Shade, le label !K7 a eu l’excellente idée de se tourner vers Chromeo pour ressusciter sa collection. Le principe de celle-ci est simple : l’artiste invité compile et mixe une série de morceaux, récents ou poussiéreux. De préférence peu connus ou sous-estimé au moment de leur sortie. En y ajoutant un petit inédit de son cru, pour la forme. Et l’exercice sied à merveille aux Canadiens qui se sont manifestement fait plaisir en dépoussiérant les plus improbables de leurs vinyles.

En attendant la sortie de leur prochain recueil, prévu pour 2010, le duo s’amuse à engendrer des unions cocasses entre R’n’B, Disco et Pop des années ‘80, Funk ou encore Space Disco. Ainsi, Château Marmont, l’excellent Lifelike ou le duo lui-même côtoient Shazam, Val Young ou les inattendus Diane Tell et Pierre Perpall ! Comme pour la plupart des « DJ Kicks », le tracklisting interpelle à première vue, mais devient très rapidement addictif. Malgré quelques enchaînements douteux, Chromeo s’en sort haut la main, même lorsqu’il concède une reprise inopinée d’« I Can’t Tell You Why », un morceau extrait du répertoire des Eagles.

Ce nouveau DJ Kicks en bonne et due forme plaira essentiellement aux fans de la formation mais également à ceux qui s’étaient déjà trémoussés sur la compile du même nom, signée par The Glimmers. Et, pour ceux qui n’en ont jamais assez du son vintage de Chromeo, le duo prolonge le plaisir sur son site officiel en offrant en téléchargement gratuit son sympathique nouveau single, « Night By Night ». Fonkay ! http://www.chromeo.net

 

The Chrome Cranks

The murder of time (1993-1996)

Écrit par

Fondé à la fin des 80’s par le chanteur/guitariste Peter Aaron et le guitariste William Webbber, The Chrome Cranks a vu passer en son sein le bassiste Jerry Teel (Honeymoon Killers, mais pas la version belge), et surtout un ex-drummer de Sonic Youth et de Pussy Galore, Bob Bert. Il est d’ailleurs impliqué sur ce recueil pour 11 des 19 morceaux. Une compile qui réunit la quintessence de la discographie du groupe né à Cincinnati, mais également quelques morceaux immortalisés en ‘live’. Et fait, suite à la confection d’une autre compilation (« Diabolic boogie ») parue en 2007, éditée par le label Atavistic et réunissant des singles, des démos, des prises ‘live’ et des raretés, la formation a décidé de se réunir pour jouer quelques dates. C’était en 2008. Et on annonce même l’enregistrement d’un véritable opus.

Fruit d’un mélange fiévreux entre blues, punk, rockabilly et noise, la musique de The Chrome Cranks évolue à la croisée des chemins des Stooges, Cramps, Gun Club, Birthday Party et autres Scientists. Vocaux hurlés, incantatoires ou grognés, riffs de guitare surf, marécageux, chargés de feedback ou vibrants, tempo lancinant ou sauvage voire tribal et ligne de basse souterraine (NDR : parfois quelques accords de piano sonores) alimentent un climat ténébreux, menaçant et intense tout en forgeant un style bien trempé qui doit se traduire plus que probablement en concerts incendiaires. Pas encore prévu de date près de chez nous ?

 

Chrome Hoof

Pre-emtive False Capture

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Chez les métalleux, on connaît très bien Leo Smee, puisqu’il est le bassiste de Cathedral, le  groupe Doom Métal anglais le plus célèbre après Black Sabbath. Par contre, son frère Milo jouit d’une moins grande notoriété. Drummer, il est davantage porté sur le Hip Hop, l’Acid House et le Disco que sur la lourdeur pachydermique de la musique de son frangin. C’est en 2000, probablement lors d’une fête de famille un peu trop arrosée, que les deux rejetons du père Smee décident d’associer leurs styles de prédilection (le doom et le disco) pour essayer de créer un mix sortant des sentiers battus. Oui, je sais, moi aussi, le résultat m’a un peu retourné l’estomac au départ. L’idée d’associer Black Sabbath et Boney M. peut donner la nausée aux plus endurcis. Pourtant, force est d’admettre, à l’écoute de « Pre-emptive False Capture », que la mixture n’est pas aussi nauséabonde qu’il y paraît. Le duo de départ s’est un peu étoffé durant les 7 premières années d’existence de Chrome Hoof et ce n’est pas moins de huit musiciens qui sont venus ajouter leur talent à l’incroyable aventure musicale des frères Smee. Brassez basse, batterie, trompette, saxophone, claviers, basson, violon, violoncelle, percussions, guitares, vocaux féminins et masculins variés, samples et une bonne dose de folie et vous obtiendrez cet album hautement indescriptible mais tout à fait recommandable.

Dès « Nordic Curse », le titre d’introduction, on sait que l’on ne va pas s’ennuyer. Des guitares lourdes et des chœurs barbares se fondent ensuite dans une ligne de basse disco et des claviers spatiaux. On ne sait plus s’il faut danser, headbanger ou rigoler. Le chant est principalement féminin, mais ne fait pas pour autant dans la dentelle. Sur « Circus 9000 » les vocaux déjantés et les cuivres barrés ‘ambiance musique de cirque’ font immanquablement penser au premier album de Mr Bungle. Le style outrageant de Mike Patton plane d’ailleurs beaucoup sur « Pre-emptive False Capture ». « Moss Covered Obelisk » s’ouvre par de la musique de chambre (NDR : un quatuor à cordes), vire au jazz rock truffé de cuivres dissonants, passe par la violence d’une guitare presque punk avant de revenir au jazz, le tout en à peine 4 minutes. Décoiffant ! Sur « Death is Certain » nous sommes carrément en présence de doom death metal. Chrome Hoof mélange ‘à sa sauce’ tous les styles musicaux et arrive pourtant à garder une étonnante homogénéité. Pour coller une image à leur musique, les Londoniens apparaissent sur la pochette dans un accoutrement mélangeant les styles du chanteur de Boney M à celui des « Cochons dans l’espace » du Muppet Show.

Chrome Hoof est un groupe unique. Une expérience à part. La preuve que la musique est universelle et qu’avec du talent, tous les brassages sont possibles. « Pre-emptive False Capture » est un disque à écouter l’esprit ouvert et dans la bonne humeur.

 

Monna Bell & Aldemaro Romero

La Onda Nueva En Mexico

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Enregistrée il y a 37 ans, cette collection d’adaptations de traditionnels mexicains était depuis plusieurs années un objet de culte chez les amateurs de ‘rare groove’. A l’époque, le chef d’orchestre vénézuélien Aldemaro Romero souhaitait produire un disque de ‘Onda Nueva’ : un style qu’il avait créé. Caractérisé par des guitares bossa, des arrangements vocaux étranges et des rythmiques complexes en 3/4, il touillait dans le jazz. Cet opus réunit donc la crème des musiciens mexicains et la chanteuse chilienne Monna Bell. Une œuvre curieuse enregistrée en vingt jours qui laisse une belle part à l’improvisation. D’une grande qualité, la solution sonore flirte parfois avec le désuet, mais est aussi susceptible de verser dans le pur psychédélisme, surtout les arrangements vocaux complètement délirants. Les traditionnels mexicains (« La Bamba », « Guadalajara », « Cucurrucuccu ») sont donc propulsés sur une autre planète, proche des ‘tropicalistes’ brésiliens et surtout de Luiz Eça Y La Familia Sagrada, responsable d’un autre disque très bizarre. Réédité l’an dernier par… Vampisoul, il s’intitule… « La Nueva Onda ».

Chromeo

Fancy Footwork

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Chromeo is back ! Trois ans après « She’s In Control », les Canadiens débarquent avec un « Fancy Footwork » jubilatoire à mort. Pour ce nouveau recueil, les deux hommes n’ont pas fait les choses à moitié et se sont entourés de Tiga à la production et de Phillipe Zdar (Cassius) au mixage, garantissant à l’ensemble un résultat impeccable. Encore plus fortement influencé par les 80’s que son prédécesseur, ce second essai jouit d’une délicieuse dose de rythmes funky hautement addictive. Toujours à la limite du kitsch mais sans jamais l’atteindre, l’incomparable duo judéo-arabe délivre 11 merveilles de second degré qui risquent autant de faire rêver les nostalgiques de l’ère Hall & Oates (Aaah, cette moustache !) que de les agacer. Avant de les faire rêver à nouveau ! Ni Capulet ni Montague, Chromeo est par ailleurs la meilleure preuve qu’Arabes et Juifs savent faire autre chose que se taper sur la gueule, contrairement à ce que certains peuvent penser. Une bien belle leçon.

Max Romeo

Pocomania songs

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Baptisé en l’honneur des rites et rythmes ancestraux de la pocomania (la vaudou jamaïcain), ce nouvel album de Max Romeo, co-auteur avec Lee Perry du célébrissime « Chase the Devil », bénéficie de l’appui d’une belle brochette de musiciens : Sly&Robbie, Dean Fraser, Rico Rodriguez, etc. Non seulement cette dream team a façonné l’histoire du reggae, mais elle a été rassemblée par Mad Professor. Les rythmiques bondissantes de Sly & Robbie posent les fondations d’une sympathique série de chansons rencontrant des thématiques rasta chères à l’ami Max ; mais se réservent également quelques moments plus légers comme ce « Woman Friend », au cours duquel un homme est aux prises avec les délires consuméristes de son épouse, depuis qu’elle regarde, à la télé, les ‘soap operas’. Chaque titre bénéficie du ‘dub treatment’ spécifique au professeur fou : les basses fortement filtrées et le délire causé par le reverb et les delays atteignent leur apogée lors des 5 dubs qui achèvent l’album. On pointera également l’excellente mélodie de l’aérien « Babylon Like Me » ainsi que « Take It Slow », les poisseux « Evil Evil » et « Wicked Babylon ». Sans oublier le très dub, « Think Again », paraphrase du « Guns of Brixton » des Clash et « Ganja Free », une plage enrichie par un chouette intermède deejay de Bushead. Conseillé !

 

 

 

Chromeo

She´s In Control

Tiga, roi du dance-floor elektroklash, lunettes de soleil fluo, marcel vintage, écusson Motörhead. Ses deux poulains : Pee Thug et Dave 1, look homo, moustache à la Moroder, fans de Prince et Shalamar, obsédés du vocoder, poil à gratter dans le slip, le hip hop c’est leur pote. Leur musique un peu ringue, ils l’assument : même Jacques Lu Cont a donné son avis, lors d’une soirée mousse, « c’est bien, ça sonne comme du Van Halen joué par Yazoo », on acquiesce, avant de se rincer les narines et de remettre de l’Axe odeur musc. Il fait chaud, alors on enlève notre T-shirt : dessous se profile un tatoo, c’est une ancre de marin, avec des roses tout autour. Sonnez les trompettes, la cavalerie rapplique : bim bam boum, le dance-floor gigote, « Destination : Overdrive ». « You’re So Gangsta », nous susurre une bimbo, les seins qui pointent. Notre futal fait des bosses. « Trevor Jackson, tu kiffes ? ». « A mort, ouais… ». Les mecs se la jouent postmodernes, rodéo sous la boule à facettes. Le Québec ? C’est impecc’. Reprends donc de la poudre, ça dégage les sinus. Tu l’as vu, mon anus ? « Ah oui, comme ça ! », c’est bon c’est canon. Guili guili, poil au zizi.

Wanda Chrome

More…

Ils ont tous les trois une tête de pharaon tatouée sur leur bras gauche, font du rock'n'roll qui tâche et parlent de cul, d'alcool, de bagnoles, de Dieu et de pèse. Parmi eux, il y a une femme, comme dans Nashville Pussy. C'est Wanda, et elle tient le manche. Ses deux potes portent des vestes en cuir, et aiment qu'on les prenne en photo avec une guitare (ce si beau prolongement érectile) ou en train de boire. Ils aiment les Stooges et Radio Birdman, qu'ils reprennent dans les règles de l'art (à la " 1, 2, 3, 4 " - c'est d'ailleurs le titre d'une chanson). Ils viennent sans doute de Detroit, d'où le " Chrome " de " Wanda Chrome ", et le titre (furieux) " Detroit God ". Ils se disent rebelles, et le rock est leur bible (" Down & Dirty Rock & Roll "). Ils aiment les soli pleins de cambouis, le blues aussi. Leur musique du diable fume comme un moteur de Buick en surrégime. C'est con comme la lune mais c'est parfait comme coup de trique. Ca n'a pas d'importance mais en même temps c'est vital. C'est du vrai rock'n'roll, et c'est pour ça qu'on l'aime. ‘Young and wild, the rebel kind/Won't lose our dreams won't lose our minds/Ain't gonna give up on rock & roll/Never gonna give up our teen-age soul’. Voilà qui est bien dit.

Michael Jerome Brown

Michael Jerome Brown

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Michaël est originaire du Canada. Ce multi-guitariste est capable de jouer aussi bien de la guitare acoustique, du fiddle que du banjo; mais aussi de passer du kazoo au foot washboard. Cet opus nous invite à vivre un grand périple : voyage dans le temps (répertoire essentiellement pré-war blues mais avec des covers plus contemporaines), voyage dans l'espace (l'ensemble des plages nous permet de traverser différents Etats des U.S.A), et enfin un voyage dans les styles (cajun, delta blues, Piedmont blues, Texas blues, cajun et créole).

Mais tous ces voyages n'ont qu'un maître-mot : l'authenticité ! J.Brown revisite un ensemble de traditionnels dont deux sont chantés en français. Ce qui apparemment ne pose aucun problème pour ce Canadien forcement un peu french lorsqu'il exécute le créole "les plats tous mis sur la table" ou le cajun "la danse carrée / la belle Catherine". Et pas davantage, lorsqu'il propose avec beaucoup de bonheur des reprises qui ne trahissent pas les interprètes originaux. A l'instar du "Wartime blues" signé Blind Lemon Jefferson, du "You can't keep a good man down" de Jesse Fuller ou encore de "Green river blues" composé par Charlie Patton. Le "Saturday night rub" de Bill Broonzy devrait plaire à notre ami Elmore.D. Michaël ne se contente pas uniquement d'adapter des reprises classiques du pré-war blues. Il s'attaque également à "Manic depression" de Jimi Hendrix. J. Brown n'est pas seulement un bon guitariste ; c'est aussi un excellent chanteur. Cover surprenante et séduisante des Talking Heads, "This must be the place" confirme l'éclectisme de l'ensemble. La majorité des titres sont joués en solo ou en duo avec Jordan Officer, également à la guitare. Cependant, Browne a également le bon goût de s'entourer d'un groupe sur trois titres ; ce qui donne encore une autre couleur à cet opus. Ah, oui, j'allais oublier la reprise endiablée de l'incontournable "Boogie Chillen". Je le recommande à celles et ceux qui aiment le blues roots authentique, tant de l'époque des pionniers que des géants du delta ; d'autant plus que le confort du son est assez impressionnant. Un album très agréable qui devrait plaire aux amateurs de folk blues…