La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

logo_musiczine

Le parfum de vie de Goudi

Pierre Goudesone, alias Goudi, trace son chemin musical depuis la fin des années 80. Après s’être fait connaître en compagnie des groupes Flesh & Fell et Speaking T, il poursuit aujourd’hui une carrière solo. Son univers musical riche et profond l’a conduit à…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (14 Items)

Crosby, Stills, Nash & Young

Déjà Vu (50th anniversary Deluxe Edition)

Écrit par

Paru en 1970, « Déjà vu » constitue le premier elpee de Crosby, Stills, Nash & Young. Il fait suite à un album éponyme gravé en 1969, par les trois premiers cités. Donc, sans le loner. « Déjà vu » a nécessité 6 mois de travail en studio ; notamment pour les arrangements. Et il faut reconnaitre que le résultat est remarquable, raison pour laquelle, on peut considérer ce disque, comme un album culte.

Tout d’abord, les harmonies vocales se conjuguent, n’ayant pas peur des mots, à la perfection. Ce qui était déjà le cas, faut-il le souligner, sur le long playing de CSNY. Rien que le morceau d’ouverture, l’épique « Carry on », donne le ton et « Our house », au refrain tellement accrocheur, en est un autre bel exemple. Tout comme la seconde partie du dynamique « Everybody I love you ». Ou encore le mélancolique « Country girl ». Mais toutes les compos bénéficient de cet enchantement vocal et choral…

Bénéficiant du concours de l’ex-Lovin Spoonful, John Sebastian, à l’harmonica, le titre maître est davantage atmosphérique, intimiste, mais complexe. Neil Young se réserve le lead vocal sur « Helpless ». « Everybody I love you » prélude peut-être déjà à la naissance de l’americana cher à Wilco. Jerry Garcia vient pincer les cordes de sa pedal steel tout au long de l’hymne hippie « Teach your children well ». Engagé, Almost cut my hair » relate les violences policières qui empoisonnaient l’existence des étudiants, à cette époque. Et aux antipodes, figurent le subtilement acoustique « 4 + 20 » et bien sûr, la reprise très électrique du « Woodstock » de Joni Mitchell.

Passons maintenant à ce box paru dans le cadre du 50ème anniversaire de sa sortie. Il recèle 4 CD et 1 LP, dont l'album original remasterisé sur les deux formats, ainsi que plus de deux heures de démos, de chutes de studio et de prises alternatives rares et inédites ; soit 38 titres supplémentaires au total.

A l’époque, les sessions ne se sont pas toujours déroulées dans un climat empreint de sérénité. Stephen Stills était un perfectionniste et Neil Young pensait davantage à sa carrière solo. Les musiciens avaient enregistré une multitude de démos, dont seulement 10 seront sélectionnées. Parmi ces inédits figure un sémillant « Know you got to run », pour lequel Young est passé à l’orgue. Mais la plupart des autres titres finiront ultérieurement sur les albums solos des quatre artistes, et surtout de Stephen Stills (NDR : son Manassas, tout particulièrement). Pourtant, certains signés à l’époque par Neil Young, n’y figurent pas, tout simplement parce qu’il a préféré les réserver à ses archives.

Au nombre de ces fameuses démos, on épinglera la première mouture de « Laughing » et « Song with no words », deux compos qui figureront sur le remarquable « If I could only remember my name » de David Crosby. Une version épurée de « Birds » que Stills et Young chantent de concert, morceau qui figurera ensuite sur « After The Gold Rush » du Torontois. Une autre version de « Our house » partagée par Stills et Joni Mitchell ». « Ivory tower » aurait pu figurer sur « Déjà vu », mais il finira sur un opus de Manassas. Inutile de décortiquer tout le box, il faut laisser au mélomanes, son lot de (bonnes) surprises. De toutes manières, chaque aficionado de CSNY devrait facilement s’y retrouver…

Still Corners

The last exit

Écrit par

Tessa Murray est britannique et Greg Hughes américain. Elle se consacre aux claviers et au chant. Il est multi-instrumentiste, producteur et ingénieur du son. Un couple en studio comme à la ville dont le projet musical, Still Corners, est né en 2007. Et « The last exit » constitue son cinquième elpee.

Une œuvre qui nous invite à traverser les paysages arides et solitaires des déserts du sud-ouest américain. Un peu dans l’esprit de « Paris, Texas » de Wim Wenders. Bref, une musique particulièrement cinématographique hantée par la voix de Tessa aussi vaporeuse et nonchalante que celle de Hope Sandoval (Mazzy Star). Rien que le sifflotement qui traverse « Crying » rappelle les B.O. des westerns spaghetti de Sergio Leone, alors que l’instrumental « Till we meet again » nous plonge au sein d’un univers que n’aurait pas renié Mike Oldfield. Un coyote hurle pendant « Bad town », un morceau de folk noir étrange et sombre à la fois. Parfois, on y croise un piano spectral. Et puis il y a ces interventions de guitare chargées de reverb qui réveillent en notre for intérieur le « Blue hotel » de Chris Isaak. Des interventions tour à tour traitées à la slide, à la pedal steel, surf ou même sous forme acoustique, parfois même en picking, à la manière d’un Ry Cooder. Faut dire que Greg est particulièrement doué sur son manche. Chargé de swing (?!?!), « It’s voodoo » libère même des sonorités dignes de Mark Knopfler. Le plus étonnant procède du contraste entre la voix de Tessa et certaines compos plus rythmées, quelquefois boostées par la ligne de basse offensive. Mais quel que soit le tempo, sa voix reste languissante. Tout en s’intégrant parfaitement dans l’ensemble. 

Un album élégant, bourré de charme, mais énigmatique, qui a encore recours à l’électronique, mais dont le drumming organique apporte davantage de profondeur à des compos qui traitent d’isolement, de vulnérabilité et de mort…

Still Corners

Slow Air

Écrit par

Still Corners incarnerait-il un énième duo dream-pop ? Oui mais pas seulement. Ce couple –sur scène comme à la ville– réunissant l’Anglais Greg Hugues et l’Américaine Tessa Murray est né suite à une rencontre hasardeuse qui s’est produite dans un bus londonien, en 2007. Et « Slow Air » constitue déjà son 4ème elpee, depuis ses débuts opérés chez Sub Pop, en 2011, lorsqu’il a gravé l’excellent « Creatures of an Hour ». Still Corners marche avec grâce sur les traces de Mazzy Star ou de Beach House. « Slow Air » répond d’ailleurs au cahier des charges grâce à la voix éthérée de Tessa Murray, les ambiances oniriques vaporeuses à souhait, les reverb’ omniprésentes et les mélodies pop langoureuses (« Black Lagoon »). Mais tout est fait avec une incontestable classe et un talent assez bluffant (l’instrumental « Welcome to Slow Air »). La production ne lésine pas sur les détails communiquant à l’ensemble une étrange douceur qu’on aurait adoré voir hanter des séries telles que ‘The OA’ ou ‘Twin Peaks’. Un magnifique moment en apesanteur…

Crystal Stilts

Nature Noir

Écrit par

Le psychédélisme sombre est sans doute un de ces genres prisés du moment. Il n’en reste pas moins que certaines facettes de ce prisme paraissent plus éclatantes, se démarquent de la masse et leur lumière se réfléchit plus longtemps dans le temps, là où d’autres pâlissent rapidement.

De ces groupes incontournables de ladite scène, Crystal Stilts possède tout le talent et la maturité pour s’en extraire aisément.

En l’espace de quelques disques, le combo de New York city s’est vite imposé dans le milieu.

Pourtant, ce qui fait leur différence semble impalpable.

Est-ce cette nonchalance dans la voix, le son sixties nourri au eighties ou les mélodies subtiles qui parsèment leur discographie, qui fait mouche sans qu’on s’en aperçoive forcément?

C’est sans doute une question d’alchimie et de dosage de ces divers éléments. Mais surtout, et c’est une nouvelle fois, ici, le cas, de réelles aptitudes à torcher des chansons au feeling particulier et aux gimmicks imparables.

Donc, à l’entame de ce troisième album, le riff implacable de « Spirit In Front Of Me » balise d’emblée les lieux, nous entraînant sur ces itinéraires déjà parcourus, mais qui serpentent pour notre plus grand plaisir au milieu de nuits opaques transpercées d’éclairs multicolores.

Le son. Une identité propre au groupe comme une signature dont la décortication emmène dans des chemins de traverse où il fait bon se perdre.

Parsemé de quelques audaces, mais indéniablement signé de la même élégance détachée que les précédents essais, « Nature Noir » est un album irrésistible, dont les écoutes successives procurent non seulement une excitation accrue, mais qui plus est le plaisir de subtiles découvertes.

Ajoutons-y des influences qui ne se bornent pas au genre en question mais que les poulains de l’écurie Sacred Bones (soit déjà une solide référence en soi) lorgnent subtilement dans divers courants musicaux qui sous leur houlette se transforment en un magma en fusion où les électrons se sentent libres de s’élever tout en revisitant le son de l’Amérique à leur guise.

Sommet du disque, le titre maître se tient en embuscade en avant-dernière position. Le temps  de s’en détacher (chose guère évidente tant l’arpège mélodique est accrocheur et… élévateur) et l’écoute se termine dans les dernières notes de « Phases Forever », soit une brumeuse introspection accompagnée de cordes qui laisse la fin en suspens, suspendue dans l’air comme une bulle prête à éclater à tout instant.

Reste immanquablement un goût de trop peu et donc l’envie de se remettre en selle immédiatement pour une nouvelle chevauchée en « Nature Noir ».

 

Crystal Stilts

Une mécanique parfaitement huilée…

Écrit par

Grâce une affiche gargantuesque mêlant découvertes, valeurs sûres et émergences de nouveaux talents, l’Autumn Falls Festival s’est forgé en quelques éditions une réputation incontournable.
Voguant de salles en arrière-salles au gré de ses affiches, cet événement bruxellois propose tellement de qualité qu’il nous forcerait presque à migrer dans la capitale pour éviter d’incessants allers-retours.
Un troisième album sous le bras, les New Yorkais de Crystal Stilts débarquaient ainsi ce vendredi et s’installaient confortablement entre les murs de la Maison des Musiques.

La première chose qui nous frappe est l’exiguïté des lieux.

Il y fait chaud, et l’ambiance, loin d’y être étouffée, va très vite se muer en communion entre Crystal Stilts et le parterre, alors que lentement, le son s’extirpe de l’étroitesse perpendiculaire des murs et gagne progressivement les étages, à l’image de la musique du quintet de Brooklyn qui prend son temps pour instaurer son propre tempo.

Jusqu’à prendre toute son ampleur aux premières mesures de “Prometheus At Large”, extrait de leur second opus “In Love With Oblivion”, cadencé par sa rythmique martiale.

Du coup, l’assistance s’ébranle de façon syncopée et suit le combo dans ses terres promises à d’éternels soubresauts hypnotiques.

L’ambiance monte d’un cran, jusqu’à se matérialiser en un épais rideau de velours qui enveloppe l’atmosphère, drape l’assistance et étouffe les soupirs sceptiques qui jugent “Nature Noir” moins pertinent que ses deux opus précédents.

C’est que l’approche est certes différente sur ce disque paru dernièrement, sans doute plus réfléchie, mais laisse sans doute aussi toute sa place à l’expression subtile du spectre sixties mâtiné de cold wave chère à ces dignes héritiers du Velvet.

Le mariage des anciennes compositions et des nouvelles ne souffre donc d’aucune incompatibilité d’humeur et la voix nonchalante, presque abandonnée de Brad Hargett constitue le fil conducteur entre les salves de bruit blanc perdues dans un écho lointain.

Pas de heurts, pas d’incidents, la mécanique huilée pétarade sans accrocs d’un bout à l’autre du set et si celui-ci est exempt de surprise, il assure l’assise du groupe sur un public de convaincus.

Le rappel, offrande entendue (et attendue) sur l’autel des fans connaisseurs, propose deux titres dont  un “Love is a wave” énergique qui boucle la boucle d’effets.

La soirée s’échappe ainsi dans les volutes de fumée d’un kaléidoscope aux intonations psyché et aux relents hallucinés pour le plus grand plaisir de tous ceux présents ici, n’ayant vraiment pas à regretter les malheureux huit euros dépensés ce soir.

Autumn Falls

(Organisation : Toutpartout + Maison des Musiques + Vk*)

 

Bastille

Dirty Little Secret

Écrit par

Dan Smith, nouveau Golden Boy de la Pop, effectuait un arrêt remarqué ce 17 avril au Club de l’Ancienne Belgique à l’occasion de la sortie de « Bad Blood », première galette de son projet Bastille. Un concert sold-out en une petite dizaine de jours grâce au martelage des Stubru, Pure, Twizz et à l’appui de quelques centaines de blogs spécialisés. C’est d’ailleurs en découvrant fin 2012 des extraits de la mixtape « Other’s People’s Heartache Part II » et les singles « Overjoyed » et « Pompeii », issus de « Bad Blood », que mon oreille s’est dressée. Mal m’en a pris.

Des erreurs de parcours, on en fait tous parfois. L’important c’est de s’en rendre compte. Aussi loin que je me souvienne, il n’y a, ces dernières années, que les concerts de Hurts et de Hoodie Allen qui ont provoqué chez moi une crise d’urticaire au point de quitter la salle bien avant le rappel. Ce soir, un troisième artiste rejoint cette catégorie. Dan Smith et le revival de la coupe à la Desireless ont tranché court mes attentes. Alors qu’une écoute rapide de « Bad Blood » m’avait laissé quelques bons souvenirs (« Pompeii » et son côté Beirut, « Things We Lost in The Fire »), le show du Londonien et de ses musicos m’ont par contre laissé un goût amer.

Sur les planches, Bastille est définitivement un groupe de kids pour les kids. Les ‘trentenaires-et-au-delà’ se réfugient au fond de la petite salle, là où personne ne peut les voir. Ça tombe bien, c’est justement là que je me dirige... A peine Smith débarque-t-il sur l’estrade que les tympans sont mis à rude épreuve. Les filles sont là, et en forme. La setlist s’enclenche sur « Bad Blood », dont les onomatopées sont instantanément reprises en chœur par la horde de fans. Du fond de la salle, l’engouement me prend par surprise. Tout comme la suite du set qui n’avait de cohérent que le sympathique timbre de voix du chanteur. Il se la joue Ellie Goulding en exécutant de temps à autre, de petits coups de percus. S’ensuivent des compositions qui me paraissaient bien plus solides en version studio mais qui se révèlent, après un second tour d’horizon post-concert de « Bad Blood », parfois assez inintéressantes. Sur scène, le caractère linéaire du concert m’assomme complètement. Et cette coupe me fait mal aux yeux. Je tente de résister mais trois-quarts d’heure plus tard, j’abdique. De leur côté, les fans continuent de scander chaque texte du bonhomme, avec une énergie folle.

Certes, la Pop de Bastille est bien plus fine que celle qui envahit les charts ; mais il s’agit d’une Pop à laquelle on adhère entièrement ou pas du tout. De mon côté, j’opte pour la seconde option, finalement. Même si j’avoue avoir un petit faible pour « Things We Lost In the Fire ». Mais, ça, personne ne doit le savoir…

Bastille sera sous la Marquee de Rock Werchter, le dimanche 7 juillet.

(Organisation : AB)

Voir aussi notre section photos ici

 

Crystal Stilts

Jeux de miroirs

Écrit par

Le temps est au beau fixe et on entre en période de blocus. Il ne serait pas sérieux de se taper Gand, situé à plus de cent trente bornes de mon domicile. D’autant plus que le soleil aura disparu à l'heure où les Crystal Stilts envahiront la scène du Charlatan ; d’ailleurs, je n'ai plus rien à étudier depuis belle lurette. Alors au diable les kilomètres, Crystal Stilts, j’arrive...

Les rues du centre ville sont animées et les terrasses sont peuplées de jeunes gens sympathiques. Chaque sourire traduit l’ambiance et l'atmosphère au sein de laquelle baigne cette ville, un climat qui contraste singulièrement avec d'autres métropoles où les individus hautains et déjà halés s'exhibent fièrement sur les devantures des cafés. Il est agréable de se retrouver ici. C'est la première fois que je pénètre dans cette salle, sise à l'arrière du café ; et je dois dire que le décor est parfait. Manifestement, la culture flamande sait s'habiller. Sirotant ma bière et contemplant la faune locale, je m'approche du podium et découvre la première partie.

Le duo sexy Too Tangled tire énormément parti de son image et abuse un peu des clichés du genre, pour au final délivrer un Rock & & Roll somme toute bien ficelé, mais au demeurant guère original. Le jeu de scène du ménage, s'il a le mérite d'être rôdé et divertissant, distrait néanmoins du principal. Les compositions du groupe, aussi bien interprétées soient-elles, restent tout de même assez passe-partout ; et s'il se dégage de ce concert une énergie positive, il n'en demeure pas moins que Too Tangled ne réinventera pas un concept qui des Kills aux Kills, a déjà fait le tour de la question. Sympathique, sans plus.

Il est passé vingt-deux heures quand les quatre silhouettes déglinguées de nos New-yorkais montent sur l'étroite estrade en escalier. A contrario du premier groupe, Crystal Stils se fout royalement de son image. Pantalons trop courts et coupes de cheveux improbables, leur look se profile entre nihilisme vestimentaire et nouvelle Mod(e), à mi-chemin entre Johnny Marr et Jean Peuplu. Car c'est dans la musique que le groupe fait la différence. Non seulement il est hors norme, mais il est surtout excellent.

Entamant son set par le titre qui ouvre le dernier opus (le hautement recommandable « In Love With Oblivion », chroniqué ailleurs en ces pages), une intrigante ballade posée au pied d'un « Sycamore Tree », le combo embraie par le débonnaire « Through the floor ».

Crystal Stilts revisite sa pop en la saupoudrant de psychédélisme spécifique. Et en l’espace d’une heure, le band va se fendre d’un concert généreux mais pourtant assez économe, dans son répertoire, brillamment exécuté. Un vieux synthé analogique qui ne paie plus de mine, peu de pédales d'effets et une batterie réduite à sa plus simple expression alimentent la solution sonore. Et pourtant le résultat est hautement plus probant que celui réservé par nombre de groupes noyant leurs faibles compos sous de multiples effets lourdingues, pour mal cacher leur manque d'inspiration ; car le génie de CS procède de leur capacité à composer des chansons évidentes et fichtrement bien balancées. De petites perles déposées dans un écrin sonore qui porte définitivement leur griffe.

« Crystal Stilts » l'éponyme, « Silver Sun » ou l'imparable « Shake the Shackles », sont interprétés avec ce détachement improbable, à mi-chemin entre attitude Baggy et Cool, portée à son paroxysme.

En premier rappel, à la demande du public, « The SinKing » surprend une set list écrite à la hâte sur un carton de tarte (NDR : parfaite illustration d’une non-attitude désarmante). Et cerise sur le gâteau, le final est réservé à « Half a Moon », une plage dont l'aura va scintiller au cœur des dernières réverbérations propagées par des amplis surchauffés.  Pour une première apparition de Crystal Stilts sur le sol belge, le combo de Brooklyn a fait très fort. Pas de « The Dazzled », cependant ; dommage, mais qu'importe!

La salle se transforme alors en dance-floor et le DJ prend les commandes. Les jolies filles affluent de partout ; et votre serviteur s'esquive dans la nuit, un sourire béat suspendu à ses lèvres cristallisées.

Organisation: Democrazy

Crystal Stilts

In love with Oblivion

Écrit par

Dans le sillage du premier album « Alight of night », le nom de Crystal Stilts et apparu dans les astres. Si le ciel semble s'assombrir à l'aube de ce second opus, au titre fantasmagorique, l'univers de ces New-Yorkais semble définitivement s'illuminer au long de ces onze plages de très haute tenue.

Si leur shoegaze-psyché reste agrippé au bitume fumant, leur son semble avoir gagné en maturité et se démarque assurément de nombre de combos naviguant sur un surf rock aux accents hypnotiques.

Pour entamer ce voyage en terre d'oubli, « Sycamore tree » s'enfonce dans une forêt étrange à bord d'un bolide qui traverse le temps et l'espace en laissant dans son sillage une traînée de poudre blanche. Débouchant sur un paysage aride où la voix de Brad Hargett se faufile et se promène comme chez elle.

« Through the floor » s'avère tout simplement irrésistible et la suite de cet elpee s'avale comme un timbre de LSD, procurant son lot de visions extatiques et de plaisirs immédiats.

Quand atterrit l'O.V.N.I. « Alien Rivers », dans la nuit psychotrope, les sens viennent à s'oublier au bout de sept minutes dix-huit brumeuses où le fantôme de Jim Morrisson danse avec Dieu lui-même.

« Half a Moon », « Invisible city » et « Blood barons » s'envolent dans un registre plus enjoué, mais ne sombrent jamais dans la facilité.

Tout simplement épatant d'un bout à l'autre, résolument jouissif et impeccablement mis en orbite par la production de JB Towsend, guitariste du groupe, « In love with Oblivion » jette un pont entre Brooklyn et certaines étoiles qui illuminent le firmament.


 

Someone Still Loves You Boris Yeltsin

Let It Sway

Écrit par

Les tourbières russes brûlent depuis quelques semaines ; mais ne comptez pas sur Someone Still Loves You Boris Yeltsin pour éteindre l’incendie à l’aide de leur combustible sonore. Car leurs morceaux sont ‘tout feu tout flamme’. Ce groupe au patronyme interminable a donc décidé de rappeler à notre (bon ?) souvenir, cet ex-président russe, grand amateur de vodka, décédé le 31 décembre 1999. A moins qu’il ne cherche à redorer son blason…

Ce quatuor nous vient de Springfield, dans le Missouri. « Let It Sway » constitue son 3ème album. Il fait suite à « Broom » et « Pershing », publiés respectivement en 2005 et 2008. Le combo jouit du soutien de la presse spécialisée, depuis ses débuts ; et en particulier de Spin Magazine et Pitchfork. Pour enregistrer ce nouvel elpee, SSLYBY a reçu le concours de Chris Walla, à la mise en forme. Un producteur responsable des plus belles pages écrites par Death Cab for Cutie et The Decemberists. Un coach de rêve. Le José Mourinho de la division indie-pop en quelque sorte ! Et le résultat est à la hauteur. « Let It Sway » regorge de mini-tubes tels qu’« In Pairs », « All Hail Dracula » ou « Sink/Let it Sway ». Bien sûr, l’influence de Weezer est palpable ; et en particulier sur « Phantomwise ». Mais au moins, le band pallie partiellement le relatif manque d’inspiration des Californiens, constaté au cours de ces dernières années. Et puis leur son est rafraîchissant. Sans oublier un art à ficeler des mélodies power pop aux paroles mélancoliques (‘I can’t believe you haven’t killed me yet’, clame joyeusement le chanteur, Philipp Dickey). Un très chouette album ! A découvrir le 12 octobre au Democrazy de Gand ou au Stuk de Louvain, le 14 octobre.

Still Flyin’

Never Gonna Touch The Ground

Écrit par

A San Francisco, rares sont les jours sans soleil. Et dès qu’il disparaît, Still Flyin’ se charge de compenser cette absence, le temps de quelques chansons. Chez Still Flyin’ le monde est beau. Les êtres humains voient la vie en rose. Les jardins sont en fleur. Ca vous rappelle quelque chose ? Apparemment, la musique de Still Flyin’, le nouveau projet du chanteur/compositeur Sean Rawls, s’adresse d’abord aux néo-hippies du monde entier. Et puis indirectement, à celles et ceux qui vivent mal leur quotidien. Ce vétéran de la scène pop, s’était déjà illustré au sein de Master Of The Hemisphere ou encore Je Suis France. Pour la circonstance, l’Américain a reçu le concours de quatorze personnes ; et prévoit des spectacles visuels aussi alléchants que mémorables.

Premier opus de ce collectif, « Never Gonna Touch The Ground » a été enregistré à San Francisco et mixé par des membres d’Architecture In Helsinki. La musique est riche. Très riche même. Les musiciens talentueux. Hormis sur les plus énergiques « Good Things It’s A Ghost Town Around Here » ou encore « Dead Memory Man », le climat baigne dans une quiétude certaine et une bonne humeur permanente, reflétant ainsi l’idéologie de cette communauté pacifique. La version contemporaine des sixties prônée par Si Sean Rawls peut paraître décalée, mais elle est sincère, et puis sa transposition en musique constitue un excellent antidépresseur.

 

Someone Still Loves You Boris Yeltsin

Pershing

Écrit par

Second ouvrage des ‘springfieldiens’ au nom improbable, « Pershing » aurait certainement fait de la peine à Boris Yeltsin. Loin de toute hype, Someone Still Loves You Boris Yeltsin tente de se tailler une petite réputation dans l’univers indie à travers un essai bien forgé mais trop gentillet. « Think I Wanna Die », « You Could Write A Book » et « Modern Mystery » sont autant de titres qui justifieraient les comparaisons entre SSLYBY et The Shins, opérées par la presse Outre-Atlantique. Du moins si celle-ci évoquait des Shins amplement moins inspirés et dirigés par Josh Rouse. « Heers » et « Some Constellation » auraient par ailleurs carrément pu être extraits de l’un des ouvrages de ce dernier.

L’intention de Someone Still Loves You Boris Yeltsin y est très certainement. Mais le quatuor tapisse sa pop estivale d’une enveloppe power pop mid-90’s un peu trop désuète et policée pour être prise au sérieux. Pourtant, les onze plages de ce recueil sont tout à fait digestes. Il est donc dommage que « Pershing » ne laisse qu’un vague souvenir après son écoute. Un troisième recueil moins prudent serait plus que bienvenu… 

 

Chris Stills

Chris Stills

Écrit par

Première réaction en apercevant les contours du disque : ‘c’est qui ce type ?’. On apprend alors qu’il s’agit du fils de Véronique Sanson. Inévitablement, on évalue le risque encouru : ‘s’il couine comme sa mère, on est mal barrés…’. Mais on se rassure, dégottant, ici et là, de nobles collaborations en compagnie de Jean-Louis Murat, Stephan Eicher ou encore Ryan Adams. Moins sceptiques qu’au départ, on lance donc la galette du Franco-américain dans le lecteur en se laissant bercer par son contenu, démarrant sur un reposant « Golden Hour ». Mais dès le deuxième titre, tout bascule déjà. Hélas ! La voix du jeune homme irrite et se noie dans une marée de guimauve dans laquelle le reste de l’album continuera de baigner, à quelques exceptions près. Sur les quatre titres chantés dans la langue de sa mère, seul « Kitty Cathy » sauve les meubles (merci Jean-Louis !). Sur ceux interprétés dans la langue de papa (Stephen Stills), c’est un honorable « For You » (merci Ryan !) et les potables « Story Of A Dying Man », proche de Brendan Benson, et « Landslide » qui sortent du lot. Si ce n’était pour ces rares bons morceaux, d’aucuns auraient certainement jeté cet album dans le bac ‘blues soldé’…

Stiltskin

The Mind´s Eye

Révélé par la bande sonore d'une pub consacrée aux jeans ‘Levis’, Stiltskin possède toutes les caractéristiques nécessaires et indispensables pour plaire au grand public. Les onze fragments de "The Mind's Eye" en sont en tous cas un parfait témoignage. Des compositions dont la structure mélodique semble avoir été filtrée successivement dans la mélancolie geignarde de Nirvana, le lustre hymnique de U2 circa "Boy" et la perspective glacée, hypnotique de Cure. Super groupe en gestation !

 

Crosby, Stills & Nash

After The Storm

Sans le concours de Neil Young, David Crosby, Steve Stills et Graham Nash n'ont gravé ensemble ou individuellement qu'un seul elpee accompli, le tout premier. Passons sous silence l'excellent "If I could only remember my name" de Crosby, puisque ce morceau de plastique résulte essentiellement de la rencontre entre l'élite des musiciens de la West Coast organisée fin des sixties, début des seventies à cet effet. Eponyme, la première expérience du trio constitue avec ses "Judy Blue Eyes: suite", "Marakesh Express", "Guinnevere" et "Woman Ships", un album incontournable de l'histoire du rock et de la pop. C'est d'ailleurs en 1969, au festival de Woodstock que CS&N se sont véritablement révélés en interprétant ces compositions. Flanqué de Neil, le groupe connaîtra pourtant encore des heures de gloire. Mais à l'issue de cette lune de miel, les événements vont se dégrader pour finalement atteindre quelques années plus tard, un seuil véritablement dramatique. Et pourtant, lors du vingt-cinquième anniversaire de Woodstock, Crosby, Stills & Nash nous avaient paru reprendre quelque peu du poil de la bête. Il nous a fallu cependant déchanter à l'écoute de cet "After The Storm". Les voix ont beau se conjuguer en harmonie, l'étincelle ne jaillit plus. Elle nous paraît même éteinte, pour l'éternité. Triste à pleurer !