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Saint Etienne

Finisterre

Saint Etienne s'est toujours donné pour mission périlleuse de composer la chanson pop ultime, l'anthem (euro)dance idéal, le tube FM incendiaire. Douze ans que ça dure, et toujours pas la timbale, le podium, la piste aux étoiles. Au bout du compte, Saint Etienne s'est petit à petit engoncé dans une formule sans cesse remâchée, au risque de ne jamais conclure, mais surtout de ne plus séduire. C'était sans compter sur l'énergie et la persévérance de Pete Wiggs, Bob Stanley et Sara Cracknell, qui cette fois-ci semblent au bord de la réussite. Le Saint-Graal à portée de main, le trio anglais n'a plus qu'à prier Saint-Top of The Pops pour que leurs chansons se transforment en hits et forcent enfin les portes de la gloire et des dancings de la planète. Car ce " Finisterre " n'est pas avare en pépites dance-floors (" Action ", " Amateur ", " Shower Scene " qu'on croirait piqué à New Order, " New Thing ") et en slows downtempo, avec mirror balls et paillettes eighties en option (" Summerisle ", " Stop And Think It Over "). Finies les ambiances trop délétères de son prédécesseur " The Sound Of Water " (produit par To Rococo Rot et Sean O'Hagan des High Llamas), " Finisterre " roule plutôt des mécaniques sur les pistes de danse et sous les sunlights des tropiques. Tel le Phoenix qui renaît de ses cendres, Wiggs, Stanley et Cracknell sont donc repartis pour un tour (de carrousel) à tenter d'attraper la floche du succès. Parce que comme le dit leur ami Etienne Daho (fan de la première heure) : ‘Notre manège à nous, c'est eux !’

 

Saint Etienne

Tigerbaby

Depuis sa création en 1990, St Etienne n'a jamais vraiment pratiqué une musique conforme à notre sensibilité personnelle. Et pourtant ! Comment expliquer le plaisir ressenti à l'écoute de leurs CD ? Peut-être parce qu'ils se sont toujours montrés imprévisibles. Peut-être également à cause de cette attitude baroque qu'ils n'ont jamais abandonnée. Celle d'exagérer la mode des seventies, par exemple. Mais c'est sûrement dans sa musique qu'il faut aller chercher la réponse. Car il ne faut pas renier les qualités exceptionnelles que possèdent les membres du groupe. Peter St John Wiggs et Robert Arkady Stanley dans le domaine technique, et Sarah Jane Cracknell au niveau vocal. En tous cas, la technopop de leur nouvel elpee, " Tigerbay ", a encore réussi à nous mette en boîte… comme des ados ! Et à nous émoustiller. Par sa diversité, surtout. Pensez qu'en quinze titres, le groupe passe en revue la musique de film, la techno pop, la ballade romantique, le trip hop ‘portisheadien’ et l'électrodance. On a même droit à une composition acoustique qui nous rappelle Kristin Hersh des Throwing Muses. Quel paradoxe pour un groupe synthétique ! Soulignons également l'apparition ponctuelle d'Etienne Daho déclamant un poème au beau milieu d'une chanson. Un excellent album donc, qui démontre que contrairement à l'équipe de football, St Etienne fait toujours partie de l'élite, mais musicale, cette fois…

 

Saint Etienne

Tiger Bay

Saint-Etienne incarnerait-il l'idéal pop des nineties ? C'est en tous cas ce que bon nombre de magazines spécialisés tentent de nous faire croire. Nous on veut bien. Mais si "Foxbase alpha" en 91 et "So tough" en 93 nous avaient presque convaincus, "Tiger bay" nous a confortés dans notre réserve. Pourtant, cet opus ne manque pas de qualités. Cinématique, mélancolique, il libère un electro bubblegum scintillant, ‘glamour’, sensualisé par la voix androgyne de Sarah Cracknell. Mais ces manipulations synthétiques reflètent une telle image glacée, uniforme que nous ne parvenons toujours pas à nous en délecter. Enfin, si cette solution, née de l'imagination de Wiggs et de Stanley, représente la face la plus brillante de la pop britannique, il est à craindre (ou à espérer) que d'ici peu nous allons revivre une nouvelle explosion punk...

 

Saint Etienne

Etaler sa tête sur une pochette, c’est ridicule…

Écrit par

Expérience pour le moins inhabituelle, l'interview de Saint Etienne s'est déroulée pendant le soundcheck. En effet, ni Pete Wiggs qui répondait à nos questions, ni Bob Stanley n'y participaient. Pour ce dernier, c'est normal, il n'est même pas sur scène pendant le concert auquel il assiste en tant que spectateur. Donc, sur fond de musique de Saint Etienne (la voix de Sarah Cracknell est quand même présente), on parle du dernier album, "Tiger Bay".

Sur cet album, contrairement aux précédents, les titres s'enchaînent sans transition ‘parlée’. Pourquoi?

Pete: On aimait cette formule, car elle possède un petit côté ‘soundtrack’ qui liait les morceaux entre eux et donnait une certaine unité à l'album. Elle contribuait à former des images dans la tête de celui qui écoute le disque. On n’y a pas eu recours, cette fois, parce qu'on cherchait quelque chose de différent, mais aussi parce que ça coûte affreusement cher en ‘royalties’. Pour la circonstance, on a utilisé un grand orchestre et il nous a coûté moins cher.

Sur ''Tiger Bay", figurent des chansons plus soul, assez mélancoliques...

C'est un album plus diversifié que les précédents. C'est une volonté qui était présente dès l'écriture. On ne voulait plus seulement balancer des mélodies répétitives sur des beats dance. Les textes sont devenus plus désenchantés. Des histoires d'amour tristes (rires). Quand j’écris des textes, je deviens curieusement d’humeur mélancolique...

Il y a eu peu de temps entre la sortie de ''Tiger Bay" et celle de "So Tough". Explication?

Oui, mais on a quand même enregistré des singles inédits et une chanson de Noël en compagnie de Tim Burgess des Charlatans. Il faut dire qu'on aime beaucoup notre studio. Son confort nous manque assez vite. On devient malades (rires). C'est un petit local dans lequel on travaille toujours ; il est aussi grand qu'une chambre à coucher. Et on bosse constamment sous la houlette du même ingénieur. Enfin, on n'aime pas de trop longs temps morts entre les sorties.

Le studio, c'est votre labo?

En quelque sorte. On aime essayer d'écrire la chanson pop parfaite qui sera numéro 1. Mais quand on travaille dessus, elle se transforme tellement. C'est la raison pour laquelle, je pense, qu'on n'a jamais décroché de gros hit, alors que certaines chansons pourraient l'être, si elles étaient enregistrées différemment. En définitive, on finit toujours par faire ce qu'on aurait envie d'entendre plutôt que ce qui permettrait de vendre. Dans les chansons les plus commerciales, à priori, il existe toujours un élément qui les empêche de l'être vraiment (rires).

J'aime bien Kylie

Il y a toujours le risque de devenir vulgaire, de sonner comme Kylie Minogue, non?

J'aime bien Kylie Minogue. Vraiment (rires). Quand on l’avoue, les gens ne parviennent jamais à savoir si on est sérieux. Mais on est toujours sérieux quand il s'agit de musique. Et si on a une occasion de travailler avec elle, on la saisit. Parce que c'est marrant. On ne pense pas aux conséquences.

"Pale Movie", de ce point de vue, est très ‘limite’.

Oui (rires). Cette chanson a été un enfer à mixer. Ces guitares flamencos... En plus, elle change constamment de mesure.

Que penses-tu des Pet Shop Boys ?

Je les aime beaucoup. "Behaviour" est un grand album. Nous sommes souvent comparés à cause de la dimension ironique. Pourtant, on n’enregistre jamais de disques avec ironie! Aussi parce que Bob, comme Neil Tennant, a été journaliste ; ce qui nous rend suspects. On nous reproche de trop bien connaître le milieu... Et je ne suis même pas sûr que les Pet Shop Boys soient ironiques. Une chanson comme "Being Boring" ne peut pas l'être, elle est trop forte pour ça. Et je crois qu'ils ont été terriblement déçus qu’elle n’ait pas récolté beaucoup de succès, car elle était très personnelle.

Et Pulp?

Ils sont très bons. Ils commencent à vraiment marcher, non? C'est fou de penser qu'ils sont arrivés à ce stade. Jarvis est quelqu'un qui pourrait tomber dans le ridicule s'il n'était si ‘cool’, si drôle.

New Order?

J'ai été très fan, aux débuts. Et de Joy Division. C'est extraordinaire la manière dont ils ont évolué. Depuis le groupe aux guitares un peu sinistres jusqu'à cette pop. Et puis, leurs pochettes sont fantastiques. Celles de Factory nous ont sûrement beaucoup influencés. On prend des illustrations qui nous plaisent sans qu'elles aient besoin de se raccrocher au contenu du disque. Pour celui de Noël, on avait choisi d’illustrer la pochette par l’image d’une vache. Aucun rapport avec Noël (rires). C’est ridicule d'étaler nos têtes sur les pochettes. Quel intérêt? En France, c’est souvent le cas. Egalement aux Etats-Unis. Là-bas, nos singles paraissent généralement avec nos tronches dessus. Même chose pour "Tiger Bay". C’est terrible! (rires)

Vous vous faites remixer en même temps que vous remixez d'autres artistes...

Ce qui est amusant quand on remixe les autres, c'est qu’il y a également un travail d'écriture, d'une certaine manière, puisqu'on peut atteindre un résultat très différent de l'original Tu as une vision très générale de la chanson et tu en donnes ton interprétation personnelle. On écoute quelquefois le morceau et on sélectionne un extrait dont on trouve qu'il conviendrait comme sample. Pour "Rodney King" des Boo Radleys, on a samplé le passage qu'on voulait et on en a fait une boucle. Et au fur et à mesure qu'on y travaille, on déniche d'autres idées pour emmener la chanson encore plus loin que l’originelle. Au final, ce n'est plus vraiment les Boo Radleys mais ce n'est pas Saint Etienne non plus. C’est assez étrange. Se faire remixer est très excitant aussi. Et puis surtout entendre ce que d'autres vont faire de ta chanson! !

Article paru dans le n°25 de juillet 94 du Magazine Mofo