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Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

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Scout Niblett

Règlement de compte à OK Corral !

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La prévente relative à la double affiche réunissant Scout Niblett ainsi que de Kurt Vile & The Violators n’ayant pas obtenu le succès escompté, le spectacle a dû déménager à l’Orangerie du Botanique. Bref, il était donc logique que la salle soit bien garnie pour accueillir ces artistes.

Originaire de Nottingham, Scout Niblett est depuis peu quadragénaire. Elle s’est installée au States en 2003 et s’est fixée à Portland, dans l’Oregon, deux ans plus tard. C’est d’ailleurs au début de ce millénaire qu’elle a véritablement entamé sa carrière. Responsable de 6 albums à ce jour, son dernier « It's Up to Emma » est sorti en mai dernier. Au cours des dernières années, elle beaucoup bossé en compagnie de feu Jason Molina, Bonnie ‘Prince’ Billy et Steve Albini, ce dernier comme producteur. C’est aussi une passionnée d'alchimie et d'astrologie. C’est d’ailleurs un des thèmes de ses lyrics. A ses débuts, elle pratiquait une forme de blues indé, avant de glisser progressivement vers un post punk minimaliste. 

Kurt Vile est étasunien. Et il nous vient très exactement de Philadelphie, en Pennsylvanie. Avant d’embrasser une carrière individuelle, il militait chez War on Drugs, formation qu’il a quittée en 2005, cédant alors le relais du leadership à Adam Granduciel. Vile en solo, ce n’est pas tout à fait vrai, puisqu’il est soutenu par un backing group qu’il a baptisé The Violators, en 2009. Et jusqu’au pénultième elpee, Granduciel était encore de la partie. A la guitare, mais parfois aussi à la production. Paru cette année, « Wakin on a Pretty Daze » constituera certainement un des albums de l’année. On était donc curieux d’assister à sa transposition en ‘live’…

Il est 20 heures pile, quand Scout Niblett monte sur l’estrade. Seule. Juste armée de sa guitare. Et on peut affirmer qu’elle est curieusement fagotée. Elle dépose son sac à dos à ses pieds. Des grands pieds, puisqu’elle doit chausser du 47 fillette. Mais ses chaussures sont trouées, il faut le préciser. Elle a enfilé des chaussettes de laine rouge jusqu’au genoux. Et puis a revêtu une robe qui doit sortir de la garde-robe de son arrière arrière grand-mère. Elle a cependant un joli minois. Pas très souriante, quand même, elle a piqué une fleur rouge, dans ses cheveux, au-dessus de son oreille droite. A partir du second morceau, elle est rejointe par un drummer. Excellent, mais aux interventions à la fois parcimonieuses et percutantes. Puis du troisième titre, par un guitariste, tout aussi discret, mais dont les petites touches nuancent judicieusement les compos. En fin de parcours, il va prendre de plus en plus de place, notamment sur les morceaux les plus musclés. A la limite du grunge. Pas pour rien qu’elle cite Nirvana, Sonic Youth et Mudhoney, parmi ses influences majeures. Pourtant, tout au long de son set, je n’ai pas cessé de penser à PJ Harvey. Et en particulier à l’époque de « To Bring You My Love ». A cause de cette tension constante, qui va aller crescendo. Et puis de son style dépouillé, sauvage, viscéral, la voix campant plutôt un hybride entre Cat Power et Kim Deal, malgré des intonations parfois terriblement violentes. A l’instar de « Gun », morceau au cours duquel on a l’impression qu’elle est prête à se procurer un fusil pour régler ses comptes. Ses hurlements font même froid dans le dos. Probablement le résultat de problèmes de couple. Franchement, à la place de son mec, je m’exile au fin fond de l’Amazonie… Et pour accentuer cette impression, les coups de drums claquent comme de véritables balles. Meurtrières, implacables. Avant d’entamer le dernier titre, Emma Scott esquisse un léger sourire. Nous avoue être malade depuis quelques jours (NDR : elle a probablement chopé une bronchite), puis reprend son sac à dos et tire sa révérence. N’empêche on a vécu un excellent concert…

21h30, les lumières s’éteignent et les haut-parleurs diffusent un titre des Happy Mondays. Puis, Kurt Vile et ses Violators prennent possession de la scène. Kurt et son guitariste rythmique arborent une chevelure impressionnante, celle du drummer et du bassiste s’arrêtant au-dessus des épaules. Kurt change de gratte à chaque morceau. Et manifestement aux six cordes acoustiques, il est particulièrement habile. En se servant d’un tapis de pédales, il dissémine des sonorités élégantes, psychédéliques, en picking, torturées ou encore scintillantes. Il est même capable de dispenser des accords en ‘barré’ à l’aide de son pouce, comme Jimi Hendrix. Impressionnant ! Il tâte aussi de la gratte électrique ; mais il me semble bien moins à l’aise. Si bien qu’au début d’un morceau, il lâche son manche, empoigne le micro pour chanter, puis ne sait plus où il en est, regarde ses pédales et interrompt la chanson. Il récidive et se plante une seconde fois sur le même titre. Finalement, il en revient à une guitare acoustique et rétablit la situation. En fin de set, il reprendra la gratte électrique, mais sans se servir de ses pédales, preuve s’il en est que l’artiste est bien plus à l’aise armé d’une acoustique électrifiée, voire d’un dobro. En milieu de parcours, il va même nous réserver deux titres ‘unplugged’, « Peeping tomboy » et « Feel my pain ». Remarquable ! Vocalement, Kurt a un peu trop tendance à laisser traîner la voix ou alors à la tremper dans la reverb. Pourtant son timbre est aussi chaleureux et profond que celui de Lloyd Cole. C’est tout à fait flagrant sur disque, mais pourquoi ne profite-t-il pas de cet atout majeur sur les planches ? La question mérite d’être posée. Au fil du show, le second guitariste et le bassiste s’échangent leurs instruments, ce dernier en profitant alors d’injecter davantage de vibrato dans les sonorités électriques. C’est également lui qui circonstanciellement se sert de la boîte à rythmes. Il imprime ainsi un tempo de rumba à l’excellent, long et atmosphérique « Goldtone ». Hormis « Freeway », le band va puiser son répertoire au sein de ses trois derniers albums, l’entamant par le titre maître du dernier long playing, « Walkin on pretty day », et l’achevant, lors du rappel par celui du « Smoke ring for my halo ». Un bon concert, parsemé de quelques titres psychédéliques, hypnotiques, planants, de la meilleure veine, dont le sens mélodique des compos m’a parfois rappelé Robyn Hitchcock, mais pas aussi parfait que nous ne l’espérions…

(Organisation Toutpartout + Botanique)

Voir aussi notre section photos ici

 

Scout Niblett

This Fool Can Die Now

Écrit par

Au rang des filles bien sous tous rapports, Scout Niblett agite sa guitare et électrise nos sens. Cette fille aime la vie, les amplis qui grésillent, les riffs qui cisaillent les tympans. Mais tout cela ne dure qu’un temps. Car, si habituellement Scout Niblett s’accompagne de son seul batteur pour nous secouer l’échine, le nouvel opus change la donne et pose le ton. « This Fool Can Die Now » dispose des atouts nécessaires pour donner naissance à l’album emblématique d’une discographie sans faute. D’abord, les quatorze titres de ce nouveau disque imposent une improbable tripartite, une association de luxe composée de trois redoutables personnalités : Steve Albini, Bonnie ‘Prince’ Billy’ et Scout Niblett. Ensemble, ils accouchent d’un album apaisé où la rage ressurgit de temps à autres, mais brutalement, telle une incontrôlable convulsion (écouter « Your Last Chariot »). Ensuite, sur ce cd, Scoutt Niblett parvient à canaliser ses émotions et les chanter à l’unisson en compagnie de ce bon vieux Will Oldham. Et, souvent, c’est très touchant. La quiétude vient ainsi caresser l’œuvre de notre écorchée. Elle s’offre même deux reprises osées : une version épurée du « Comfort You » de Van Morrison et une émouvante réinterprétation du thème du film « River of no Return ». On quitte ce disque sous le charme, persuadé que, pour Scout, nous serons toujours prêts.

Scout Niblett

Kidnapped By Neptune

Elle est seule, à la guitare. Electrique. Dans l’air, bourdonne l’envie d’envoyer tout péter, à la face d’un monde qui somnole en croyant qu’on va lui foutre la paix. Mais la fille, menue, nerveuse sous sa perruque, compte bien réveiller le zombie qui sommeille aux tréfonds de notre âme. L’esprit farouche, oblique, elle attend la batterie. Et tout à coup, la voilà qui s’active : lourde, martiale, quasi diabolique. « Hot to Death » : l’Anglaise ne croit pas si bien dire… Et ça pète, donc, avant de s’abîmer dans le silence, qui n’annonce rien de meilleur : « Cheer me oooooon ! », éructe-t-elle sur « Pompoms », Infante majorette aux faux airs sainte-Nitouche. C’est qu’elle s’amuse la fifille, à tripoter ses cordes et son kit de batterie (comme si le rock n’était pas une affaire de sales gosses…). Steve Albini, derrière ses lunettes et son desk, écoute les mains jointes : arrivera-t-elle à se calmer ou désire-t-elle une bonne fessée ? ‘Un soupir exhala de sa poitrine. Le brasier s’embrasa d’une flamme vive sur l’autel de l’amour et laboura le sein des infortunés martyrs’. C’est elle qui mène la danse, celle qui réveille les morts. ‘Je veux leur sang, leur sang !’, s’écrie-t-elle dans un excès de rage. Cette fille n’est pas bien dans sa tête, mais sa musique est bonne. Combien pour la rançon ?

Scout Niblett

I Am

Au premier abord, Scout Niblett passe pour une délurée asthmatique tapant n'importe comment sur sa batterie en gueulant que personne ne l'aime. On ne serait d'ailleurs pas étonné qu'elle soit la copine de Kymia Dawson des Moldy Peaches ou la petite sœur de Daniel Johnston, vu qu'elle partage avec eux la même inspiration névrosée et les mêmes penchants amateurs… Mais à s'y pencher de plus près, il semble clair que l'Américaine n'a rien d'une harpie antifolk : ses chansons ont beau être mal attifées et son look hirsute, on décèle chez la jeune songwriter un talent indéniable pour raconter des histoires et mettre en musique l'Amérique white trash, avec trois fois rien (un drumkit, une guitare, un ukulélé) mais beaucoup de hargne. " I Am " a été enregistré en quatre jours aux studios de Steve Albini, le seul producteur capable de préserver cette rudesse de ton qui donne tout son sel au disque. Au lieu de polir ces chansons boiteuses mais habitées d'une foi inébranlable, Albini a préféré forcer le trait sous peine de passer pour un goujat : la batterie mise en avant et la voix rendue criarde conduit à un disque sans concessions, où l'émotion passe par la colère et le tintamarre. Sur " No-Ones Wrong " et " I'll Be A Prince (shhh) ", Scout Niblett gueule à pleins poumons, pas contente, se défoulant sur ses cymbales comme sur un mec qui se paierait sa tête. Elle ne rigole pas, la Niblett : sur " Drummer Boy ", il y a même des guitares stoner, genre Kyuss dans un appart' trois pièces… " We're All Gonna Die ", murmure-t-elle sur " Your Beat Kicks Back Like Death " : après un bon caca nerveux, voilà que la blonde se tape une déprime. Ah, les filles ! Faut toujours qu'elles fassent des caprices. Allez, ce n'est pas grave… Les règles, voilà tout.