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Sebastien Tellier

Confection

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Difficile de dénicher un véritable fil conducteur dans la discographie de Sébastien Tellier, le fantasque barbu français qui prend un malin plaisir à constamment brouiller les pistes… Après avoir opéré un magnifique exercice de style disco-électro-pop sur « Sexuality », en 2008, le producteur dingo s’était quelque peu égaré dans ses délires ‘mystico-mélalo’, en publiant un « My God is Blue » beaucoup moins inspiré, et à prendre au second (voire davantage…) degré...

Bonne nouvelle, « Confection » nous dévoile une excellente récolte musicale. L’artiste en est revenu à une forme instrumentale particulièrement efficace. Empreintes de sensualité, de romantisme et de charme, ses compos transpirent même une classe folle. Seul le magnifique (cette basse !) « Amour Naissant » inclut des vocaux. Cinématographique, cette œuvre nous replonge, pour notre plus grand plaisir, à la belle époque de « La Ritournelle » et de « Politics ». Lors des sessions d’enregistrement, Tellier a reçu le concours de Tony Allen (batteur de Fela Kuti) et de Rob (le claviériste de Phoenix). Sans oublier le grand manitou Zdar à la production. Et incontestablement, la mise en forme est parfaite. Entre ballades pop interprétées au piano dans l’esprit de Gainsbourg (« Coco ») et morceaux à la fois curieux et intéressants (« Hypnose »), Tellier nous gâte de sucreries rétro, comme s’il avait voulu illustrer un film décadent, langoureusement fantasmé.

 

Sebastien Tellier

Le monde en bleu…

Écrit par

Sébastien Tellier est un drôle de personnage. Une sorte de gourou qui refuse qu’on le considère comme tel. En fait, il a recours au second degré pour créer du rêve. Un rêve susceptible de nous entraîner dans un monde meilleur… Peut-être peint en bleu. Il nous aime. Et nous aussi on l’aime! Pendant plus de deux heures, ‘Maman’ nous va nous bercer dans l’abîme bleu de son répertoire électro ‘old school’. Il comble ainsi ses fidèles réunis pour une ultime bénignité au Cirque Royal, ce lundi 27 novembre…

Owlle assure le supporting act. Un set inévitable, plutôt moyen, mais nécessaire. Pas vraiment novateur, non plus. Imaginez Florence and The Machine récupérée par la ‘french touch’ ! Une prestation très propre, irréprochable, mais sans surprise ni audace. Néanmoins, la formation a fort bien réussi la délicate mission de chauffer l’atmosphère. Cadencée, l’électro-pop de la lauréate du tremplin ‘Rock En Seine 2012’ est même parvenue à inciter une parie du public à se trémousser, et même à se dandiner langoureusement sur son titre-phare, « Ticky ticky ». Ensuite c’est l’attente…

Le moment qu’on aime le moins ; car l’ambiance créée par la première partie retombe et le ballet des roadies nous impatiente. Pendant ce temps on se demande pourquoi il est si difficile de trouver des ‘pepitos’ en Belgique. Et puis c’est n’importe quoi cette histoire de ‘pepitos bleus’ ; mais c’est si bon…

Sébastien Tellier a construit un mouvement sur des falaises de biscuits : les fameux Pepitos. Autoproclamé ‘Maman’ par tous les membres de l’Alliance bleue, il propage ainsi ses ineptes mélopées, tout au long de sa nouvelle galette.

21 heures. Les deux musicos qui accompagnent Tellier montent sur l’estrade et entament l’intro de « Pepito bleu ». Kitsch, le décor nous plonge immédiatement dans l’ambiance. Des buissons en plexi se dressent sur le podium. Des lumières bleues inondent un escalier de cabaret sur lequel apparaît finalement Sébastien, tel un Christ rédempteur. Le Cirque Royal se transforme dès lors en sanctuaire prêt à accueillir toute la spiritualité de ce dernier album.

‘Ce soir ici à Bruxelles, nous célébrons ensemble notre amour de l’alliance bleue.’

Sur ces mots, ‘Maman’ sangle sa Gibson bleue électrique et plaque les premiers accords du second titre : « Against the Law ».

‘Coiffeur pour lui, pour elle. Coiffeur pour lui. C’est quoi cette histoire de coiffeur ? C’est n’importe quoi. Oui, mais c’est beau!’

Pas de doute on nage en pleine ‘Absurdie’, et ce n’est que le début.

‘C’est le moment de danser et de s’amuser, merci’.

Sébastien embraie alors par « Cochon ville » et invite le public à se dénuder sur l’estrade du Cirque Royal.

‘Alors vous n’êtes pas assez bourrés à Bruxelles, pourtant vous avez une sacrée réputation !’

Le concert est lancé. Le rythme funky. Le sanctuaire se transforme en dance-floor au grand dam de la sécurité. Les disciples les plus hystériques dansent sur la scène, mais pas en simple appareil, comme souhaité… malheureusement. On ne verra que quelques torses nus et des couples qui s’emballent ! 

Après avoir serré la main aux plus téméraires d’entre eux, il décrète : ‘Le concert est fini. Vu le prix des places c’est normal !’ Puis ajoute, ‘Je demande une clope et une vodka.’

 Un roadie vient lui allumer une bonne vielle cigarette et le ravitaille en boisson. ‘Maman’ s’arrête sur la dernière marche de l’escalier et entame le magistral « Russian Attractions », sa vodka à la main ! What else!

Un quidam de la salle a même la chance de se faire baptiser. Remonté au sommet de son escalier, ‘Maman’ pose sa main sur la tête innocente de l’inconnu, pendant qu’un son lourd et vibrant tout droit sorti d’un film de Carpenter retentit. Enorme !

C’est assis devant son piano qu’il nous interprète « Roche ». Il se permet même une petit pause après le fameux ‘amoureuse de Sébastien’, profitant de l’acclamation du public pour nous remercier, le sourire aux lèvres.

Il termine la première partie de son set par une version plus longue, plus rythmée de sa « Ritournelle ». Manifestement le meilleur titre du spectacle.

Le premier rappel nous entraîne dans la quatrième dimension. Tellier y interprète la « Dolce Vita ». C’est un grand fan de Christophe et il lui rend hommage.

Il nous accorde même un deuxième rappel. Ses discours amusent la galerie. Il joue un peu de Metallica, un peu de Garou !! Le trio se transforme en jukebox. On lui demande. Il s’exécute.

Manifestement, il n’a pas envie de s’éclipser. Il est heureux et ça se ressent. Et effectivement, il est conscient de vivre un concert d’exception. Une partie de la salle se vide pourtant à ce moment ; sans doute les spectateurs non-initiés qui estiment cette partie du show un peu trop loufoque…

‘Depuis toujours, je suis partisan du moindre effort.’

Et pourtant, il n’a pas lésiné sur la sueur et s’est montré d’une grande générosité, pour nous offrir ce moment privilégié…

Sébastien n’est pas un compositeur de génie, mais c’est un interprète génial qui assume le rôle imaginé pour chacun de ses albums. En perpétuelle évolution, ce type d’artiste est souvent incompris et dénigré, parfois à tort ou à raison.

‘Célèbre le bleu prophétique, c’est de lui que naîtra ta joie impérieuse. Par toi l’alliance bleue se diffusera sur la terre et règnera sur la bonté de ton cœur… Suis-moi, rejoins l’alliance.’

Faites comme nous, chers lecteurs, rejoignez l’alliance bleue…

(Organisation : Botanique)

Set-list :

Pépito Bleu
Against the Law
My Poseidon
Cochon Ville
Fingers of Steel
Russian Attraction
Kilometer

Rush
Divine
Sexual Sportswear
La Ritournelle

Encore

L’amour et la Violence
Yes it’s Possible

(Voir aussi notre section photos ici)

 

Sebastien Tellier

My God is Blue

Écrit par

En constante remise en question, Sébastien Tellier nous revient sous les traits (NDR : la pochette !) d’un gourou repeint en bleu. A moins que ce ne soit sous la forme d’un prophète de la mystérieuse ‘Alliance Bleue’. Totalement barré ou résolument décalé, le Français avait fort à faire pour offrir un digne successeur au magnifique « Sexuality », sorti en 2007. « My God is Blue » n’atteint pas les mêmes sommets que l’ode à Marc Dorcel mais devrait néanmoins ravir les fans du plus sérieux des candidats successeurs à Gainsbourg (NDR : on ne parle pas du génie de l’homme à la tête de chou, bien sûr). Les synthés vintage nous invitent à osciller entre grandiose et ridicule ; en outre, Tellier n’hésite pas à recourir à des chœurs ‘célestes’ ou même des cloches. Très inégal, « My God is Blue » assume sa grandiloquence avec humour et classe lorsqu’il ne se plante pas. Ainsi, si on s’extasie à l’écoute du disco magnifique « Cochon Ville » ou du délicatement pop « Mayday », il faut se farcir le plus que dispensable « Russian Attractions ».

Si Tellier n’existait pas, il aurait fallu l’inventer. Et il a au moins le mérite d’exister. Je reprendrai bien une dose de Pepito Bleu, et tant pis si je risque une overdose de kitsch progressive !

Sébastien Tellier se produira au festival de Dour, ce 13 juillet. Le barbu assure en live ! Rendez-vous, dès lors, à la messe païenne célébrée par cet attachant génie-arnaqueur ! 

 

Sebastien Tellier

A prendre au second degré

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Assister à un concert de Sébastien Tellier, c’est pénétrer dans un univers singulier. Faut dire que sa sélection à l’Eurovision (où il y représentait la France), ses multiples participations à divers talk shows pour la télévision on française, sa contribution au fil ‘Steak’ de son ami Quentin Dupireux (Mr. Oizo) ainsi que son look de Sébastien Chabal rock n’roll, ont de quoi aiguiser la curiosité. Pourtant, d’un point de vue strictement musical, je ne connais vraiment que son imparable tube « Divine ».

Impossible de vous décrire le concert de Housse de Racket qui se produisait en première partie. J’avoue avoir volontairement boudé le groupe. Un boycott justifié par la qualité de leur album : le pire achat musical effectué depuis des années. Ces jeunes Parisiens constituent, à mon humble avis, la plus grande imposture du XXIème siècle. Leur humour à deux balles et la caution de Bertrand Burgalat pour le duo ne sont pas suffisants pour masquer leur médiocrité.

Vers 21h, Sébastien Tellier monte sur les planches. Sa classe semble naturelle ; mais elle est surtout travaillée : veste de costume pailletée, lunettes de soleil et bouteille de vin blanc (NDR : elle sera vide à la fin du concert). Les premières chansons son convaincantes : « Roche », « Sexual Sportswear » ou « Kilometer ». Issus de son dernier opus, ces titres passent parfaitement bien la rampe de la scène. « Divine » chauffe le public et la cover de Daft Punk permet à l’ambiance de monter encore d’un cran (NDR : cette reprise n’est pas anodine, car son dernier elpee est produit par Guy-Manuel de Homen-Christo, des vétérans de la scène électro française). Le clou du show sera planté en fin de parcours, lors du magnifique « L’amour et la violence », caractérisé par son refrain imparable ! Il achève ce mini hymne en se couchant ‘sensuellement’ sur son piano (le second degré est permanent chez l’artiste hexagonal).

Si la musique est bonne, le principal charme d’un concert de Sébastien Tellier, c’est Tellier lui-même… Le chanteur assure constamment le spectacle et n’hésite jamais à faire le clown. Toujours drôle, il va quand même parfois très loin dans ses délires. Imitations, private jokes, anglais approximatif ou improvisations ridicules, Tellier cultive un certain sens de l’absurdité. Mais ce détachement communique à sa musique d’autant plus de force. Assumant à merveille son côté Gainsbourg, ses interventions enthousiasment le public. Un bien chic type ce Tellier. Et très décontracté. Bien loin de la hype provoquée par son exhibition à l’Eurovision ! Il ne se prend pas au sérieux, c’est une certitude ; et son contact naturel avec les spectateurs apporte une dimension supplémentaire à l’ensemble. Quel artiste pourrait en effet quitter le podium, une cigarette consumée dans le nez, sans avoir l’air totalement grotesque ?

Organisation AB

Sebastien Tellier

Sessions

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Nous sommes en 2005, un jour de décembre. Sebastien Tellier s’enferme en compagnie du pianiste Simon Dalmais pour une session acoustique de son répertoire. De cette rencontre naîtra un album où des titres issus de « L’incroyable vérité » (2001) et de « Politics » (2004) trouveront un nouvel éclat dans le dépouillement : un piano, une voix, une guitare. Enregistré sous la houlette du producteur Alf (Air, Phoenix…), « Sessions » montre au grand jour tout le talent mélodique de Tellier qui, lors de ses albums précédents, ne parvenait pas toujours à se démarquer. Le barbu au costume blanc cassé, la cigarette au nez (vérifiez sur la pochette) offre des versions magnifiées de ses morceaux intemporels (« Bye bye », « Black douleur », « Kissed by you »…). Une fois de plus (et sans doute mieux qu’auparavant), « La ritournelle » invite au voyage le plus onirique. En dix plages, Tellier nous emmène ailleurs, dans un monde où la beauté est intacte. Homme de tous les culots, il nous propose une version personnelle de « La dolce vita », de Christophe. Le risque paie car, si cette reprise frôle le pathétique, elle réussit à émouvoir en l’évitant de justesse. Classe. Enfin, cerise sur le gâteau, il achève sa performance par un inédit (« Classic »). Intense et intime.

Sebastien Tellier

Politics

Il faut se le farcir, le Tellier. Déjà son premier album s’avérait plutôt gonflant, malgré la hype, malgré Air (les patrons de son label), malgré sa gueule de Robinson shooté à la tisane. Ici, le bonhomme ose l’album concept : donner chapitre aux opprimés, aux Indiens, aux Africains. Ca s’appelle « Politics », et si c’est culotté, c’est aussi, musicalement, très laid. C’est bien que Tellier nous parle du sort peu enviable des Africains (« Wonderafrica »). Là où il a moins de mérite, c’est quand il décide de le chanter sur fond de pop eighties du plus mauvais goût, avec un accent ‘qu’on croirait presque didon didon que c’est notre ami Johnny Clegg !’ On ne parlera pas des cuivres pourris, du yoddle, de l’easy listening à la brésilienne, des références à Benny Hill, des synthés qui dégoulinent, des relents progressifs, des paroles débiles, ni de la seule chanson qui vaut la peine qu’on s’y attarde (« La Ritournelle », qu’il est facile de trouver jolie vu la laideur atterrante des autres titres). On dira donc juste que ce disque est horrible et d’un énième degré qu’on a du mal à cerner. Pourvu que Tellier ne se lance jamais dans la politique… (et surtout qu’il arrête de nous casse les c…).