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Seefeel

Seefeel

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Ces pionniers d'un son unique sortent de leur tanière après dix-sept années d'absence. Le pari est audacieux ; car que reste-t-il au final de la pertinence des débuts, de cette époque dorée où Seefeel défrichait les à-priori musicaux et osait plus qu'aucun autre groupe le brassage des genres? Première signature de Warp tolérant la présence de guitares, le groupe faisait alors référence en matière d'innovation. Trois albums épatants plus tard (« Quique » en 1993, « Succour » en 1995 et « CH-VOX » en 1996), le groupe décide de poser ses balises. S'engouffrant alors dans la brèche, pléiade de formations ont alors emprunté ces chemins sis entre Rock Indie et Techno minimaliste, pour le meilleur et parfois le pire.

A l'occasion du vingtième anniversaire du label devenu légende, Mark Clifford et Sarah Peacock, les membres fondateurs, se sont laisser convaincre de procéder à une éphémère réunion. S'adjoignant les services d'Iida Kazuhisa et de Shigeru Ishihara, respectivement batteur et bassiste au sein des ex-fêlés de Boredoms, Seefeel renaissait de ses cendres. L'alchimie se révélant et l'engouement lui emboîtant le pas, l'idée de reprendre les choses là où elles s'étaient arrêtées a donc germé dans l'esprit de ce petit monde. Ce qui explique la sortie de « Faults », un Ep dont le titre générique a été incorporé dans cette dernière production éponyme. Alors, si les choses n'ont pas fondamentalement changé au sein de Seefeel, si on navigue en paysages connus (ces loops de guitares qui se fondent sur des beats hoquetant, la voix éthérée de Miss Peacock, les vagues successives de parasites ondulatoires), s'ils n'ont peut être plus l'avantage du terrain, ces architectes sonores ont encore le génie nécessaire pour élaborer une plaque d'excellente facture. Du bruit industriel maté par les fragmentations synthétisées de « O-One One » au déboîté entêtant du beat hypnotique de « Dead Guitars », de l'intrigant « Faults » au fantasmagorique « Making », du faussement linéaire « Stepdown » aux larsens sous traitement distillés sur « Aug30 », Seefeel (s') offre un voyage onirique déconcertant qui se termine en boucle sur « Sway », morceau cyclique qui résume à lui seul le travail entrepris à l'aube des années nonante.

Prisme aux multiples facettes et renvoyant chacune le reflet d'un monde différent, cet opus est à l'image de cette musique inclassable et contradictoire. Avatar (au sens premier du terme, qui signifie changement) d'un style hybride qu'il aura lui-même contribué à engendrer. Mais nul besoin d'être un alien pour saisir toute l'étendue d'un Art majeur décliné sur un monde meilleur.