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Set Fire To Flames

Telegraphs In Negative / Mouths Trapped In Static

Le collectif canadien (13 musiciens !) Set Fire to Flames navigue en eaux troubles, loin des contingences rabâchées de la pop et du rock. Pas de refrains, ni de mélodies, chez ces terroristes de la matière sonore : juste des bruits, des silences et des résonances, et parfois quelques réminiscences musicales, proches du post-rock ambient de Labradford ou des envolées chaotiques de GY !BE (dont l'on retrouve d'ailleurs ici certains membres). Pendant une heure et demie, Set Fire to Flames largue donc les amarres (pop, rock, électro, jazz) et nous emmène loin, très loin, à la découverte de terres inexplorées, du moins en musique populaire. Ces bruits de portes qui grincent, ces souffles effrayants, ces échos d'outre-tombe : l'univers de ces Canadiens rappelle en fait celui des maîtres de la musique contemporaine, de Pierre Henry (" Variations pour une porte et un soupir ") à Morton Feldman (cette impression de temps figé, suspendu). Parfois, cependant, on reconnaît quelques notes déjà défrichées ailleurs, du côté donc de ces groupes du label Constellation. Mais rien de vraiment palpable : juste une impression, fugace, comme un courant d'air qui fait claquer les portes. La musique ( ?) de Set Fire to Flames est peuplée de fantômes (le tétanisant " In Prelight Isolate "), dont on ressent la présence mais qui se défilent toujours, dès qu'on les cherche du regard. Autant vous dire qu'on n'écoute pas ce disque dans le noir.