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Denver ou DNVR ?

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Shawn Pittman

Make it right

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Originaire de l'Oklahoma, Shawn Pittman réside depuis longtemps à Dallas. Âgé de 45 ans, ce guitariste appartient à une génération de gratteurs doués tels que Anson Funderburh, Mike Morgan ou encore Pat Boyack. Il a publié ses premiers elpees, "Burnin' up" et "Something's gotta give" (NDR : produit par Jim Gaines), à la fin du siècle dernier, sur le label Cannonball de Ron Levy. C’est à cette époque que Shawn décide de s’établir dans la capitale du Texas. Cependant, après avoir gravé une dizaine d’albums, il décide de faire un break. En 2013, il retourne dans l’Oklahoma pour y suivre des cours en informatique. Mais il est toujours contaminé par le virus de la musique (NDLR : ouf !). Ainsi, en 2018, il enregistre un nouvel opus en compagnie de son ami, le batteur Jay Moeller (Fabulous Thunderbirds). Intitulé "Everybody wants to know", il sort sur le label allemand Crosscut. Et il vient de graver un nouvel LP, un disque qui vient de paraître chez l’écurie batave CBH.

Pittman est à la tête d’un trio, puisqu’il est soutenu par le Turco-allemand Erkan Ozdemir, à la basse, et son fils Levent, à la batterie. Les sessions se sont déroulées au studio Heyman, à Copenhague. Erkan jouit d’une solide expérience en tournée. Il a ainsi il a accompagné de nombreux artistes lors de leurs périples en Europe, dont Memo Gonzales (pour les Bluescasters), les gratteurs des Mannish Boys, Frank Goldwasser et Kirk Fletcher, Trudy Lynn, et Johnny Rawls, entre autres… Il a également monté The Ozdemirs, avec ses deux fils, le guitariste Kenan (26 ans) et le drummer Levent (25 ans). Shawn est un artiste taillé pour la scène. Il aime se produire en live et a d'ailleurs déjà accompli trente tournées sur le Vieux Continent !

Dès "Done tole you so !", on entre directement dans le vif du sujet. Un blues rock imprimé sur un mid tempo dont les accents texans semblent empruntés à ZZ Top, même si la voix est moins déjantée, plus juvénile. Et Shawn en profite pour s’autoriser une sortie cool sur les cordes. Les envols de guitare dispensés tout au long de "Finger the trigger" sont manifestement inspirés par Albert King. "Make it right" s’enfonce au cœur du boogie pur et dur. Le son est métallique, volontiers primaire, inspiré des collines du Mississippi. Une attaque rudimentaire et sale qui est reconduite sur le lancinant "I feel good". Particulièrement soudée, la section rythmique imprime un Diddley Beat tout au long de "There will be the day", alors que la basse ronflante d’Erkan facilite l’envol de cordes. Caractérisé par son intensité dramatique, le blues lent "How long" est inspiré par Otis Rush et Magic Sam. Shawn opère deux incursions dans le swamp blues louisianais à travers "Let it go" et le superbe "Fair weather friend", digne de Slim Harpo, deux pistes bien cool. Le long playing nous réserve encore deux bons shuffle texans. Tout d’abord, "Woke up screaming", abordé à la manière de Stevie Ray Vaughan, et en finale "I'm done", une compo allègre chargé de groove. Ses Ozdemirs le poussent alors à slider comme Hound Dog Taylor… 

Shawn Pittman

Edge of the world

Écrit par

Originaire de l'Oklahoma, ce jeune chanteur/guitariste n'a encore que 36 ans ; mais il fait son chemin lentement et sûrement. Il s’est établi à Austin, la capitale du Texas. Au cours des dernières années, il a publié toute une série d’albums, et très précisément pour le label italien Feelin' Good. Shawn ne dispose pas d'importants moyens financiers. Il enregistre chez lui, assurant pratiquement toute l’instrumentation. Il a tenté un pari audacieux : envoyer une maquette chez Delta Groove, à Los Angeles. Et le label est tombé sous le charme. Pour concocter « Edge of the world », Shawn a bénéficié du concours de son ami Lewis Dickson, un procureur à la préretraite. A la composition.

L'ouverture est imparable. Du texas blues rock par excellence. Nous sommes plongés dans un des clubs d'Austin. Issu de la plume de Howlin Wolf, ce "Sugar (Where'd you get your sugar from)" est une rampe de lancement idéale pour notre Shawn. Il libère constamment ses cordes sur une assise rythmique bien solide. Il a dû s'y reprendre à plusieurs fois, puisqu’il cumule le chant, la guitare, le piano, la basse et la batterie. C’est un véritable homme-orchestre. Si vous appréciez les premiers elpees des Thunderbirds, la musique de Pittman devrait vous plaire, même si bien sûr, Kim Wilson et l'harmonica sont absents. Néanmoins, Pittman tolère la présence d’un saxophoniste, Jonathan Doyle. "Leanin' load" est imprimé sur un tempo très vif, presque rock'n'roll. Face au sax baryton, la guitare, dans un style proche de Jimmie Vaughan, exerce son emprise sur l’espace sonore. Tout comme lors du très rythmique "Scent of your benjamins", une compo au cours de laquelle il décoche des flèches très incisive, dans l’esprit de l'aîné des Vaughan. Autre surperbe tranche de rock'n'roll, "Almost good" aurait pu garnir un de ces mythiques juke-boxes issus des fifties. Une compo balisée par le piano et le sax qui aurait pu également figurer au répertoire d’Ike Turner. "One of these days" adresse un  clin d'oeil au blues contemporain, celui qui sévit au sein des juke joints dans les collines, au Nord du Mississippi! "Edge of the world" emprunte la trame rythmique rituelle de Howlin' Wolf. Reverb, les cordes de guitare sont excellentes. Les accords de piano omniprésents. Un plaisir évident des oreilles, proche ici du son d'Otis Rush. "That's the thing" est une autre réussite. Répandant ses parfums de bayous louisianais, cette plage rappelle le regretté Guitar Slim. Les sonorités dispensées tout au long de "Maintain" sont primaires, rudes à l'extrême, une sensation accentuée par les percussions quasi tribales de Shawn. Surprenant ! Mr Pittman empoigne sa slide pour aborder "I've had enough", un Chicago bourré de charme. Son instrument ronronne sur un profil rythmique en béton. Bouleversant, "Somebody gonna lose, somebody gonna win" évoque le mythique bluesman Texan, Sam Lightnin' Hopkins. L’artiste est seul avec sa voix et ses cordes amplifiées. L’intensité est à son paroxysme. Et c’est à la sèche qu’il achève cet elpee lors de la ballade "If I could (make the world stop turning)". 

Shawn Pittman

Triple Troubles

Écrit par

Shawn Pittman est un jeune chanteur guitariste. Un Texan devenu extrêmement prolifique depuis son retour aux affaires musicales. Faut dire que depuis le début de ce nouveau siècle, il s’était montré plutôt discret. Son agence de promotion européenne, en réalité italienne, Feelin' Good, a monté son propre label et nous propose le troisième chapitre consacré à Mr Pittman. Pour concrétiser ce projet, il a reçu le concours de deux très grands amis ; en l’occurrence les frères Jason et Johnny Moeller, respectivement drummer et guitariste des Fabulous Thunderbirds. Ils se sont donc enfermés aux studios Fort Horton (NDR : c’est dans leur fief, à Austin), propriété du révérend Billy Horton. Mais cet opus est issu de deux sessions qui se sont déroulées à dix années d’intervalle. Neuf titres datent de mai 2002 et six nouveaux de mai 2010. Et elles réunissent les mêmes acteurs au même endroit. Des séances en prise directe, sans le moindre artifice technique. Et pas de trace de basse, les deux guitaristes assurant, à tour de rôle, le rôle de soliste et de rythmique.

Jason Moeller a fait le plein de groove pour attaquer "Hand it off", un instrumental qui ouvre l’opus. Une compo dont la densité sonore me rappelle un titre de Savoy Brown, qui date de près de 40 ans! Les deux gratteurs sont déjà bien en verve. "Tell me" est une compo issue de la plume de l'ami Doyle Bramhall. Un pur shuffle made in Texas! Le ton est donné. Puissante, la machine est sur rails. Pittman assure le chant, les deux guitaristes croisent le fer en permanence. Toujours aussi teigneux et percutant, Moeller va droit au but sans cacher son jeu. La musique est marquée au fer rouge de l’empreinte du Texas. Nous ne sommes pas très loin de ce que les T-Birds dispensaient talentueusement, il y a trente ans déjà, sous la conduite de Kim Wilson et Jimmy Vaughan. Les musicos prennent leur pied et ils le partagent. "Be my queen" emporte tout sur son passage. Place ensuite à l'exercice du blues lent. "24 hours ain't enough" fleure bon cette atmosphère propre à Austin. Johnny gratte. Shawn est passé au piano. Le son des cordes est sale, brut, primaire à l'extrême pour revisiter le répertoire de Jimmy Reed. La rythmique prend son rôle de basse tandis que le soliste sort du bois. La cover du superbe "My home is a prison" de Lonesome Sundown est un des sommets de l’opus. Une plage qui trempe dans un swamp blues d'une torpeur indescriptible. L’intensité et le dépouillement sont alors à leur paroxysme. "Movin" est un morceau instrumental que Pittman avait déjà retenu sur son elpee "Movin & groovin". La fête des guitares bat son plein. Enfin, si on peut s’exprimer ainsi. Car l'envol opéré sur "One thing on my mind" fait encore son malheur, au cœur de ce climat désespéré du blues des marais. Pittman repasse aux ivoires lors de la reprise du "Train blues" de Bob Dylan. L’ambiance est bien plus allègre. A cause du piano roadhouse et des cordes. Moeller en profite pour se libérer. Les trois derniers titres ont été mis en boîte cette année. Tout d’abord le vigoureux "Too much noise", au cours duquel les deux frères se déchaînent. "Step by step" ensuite. Une plage déjantée, qui rend plus que probablement un hommage à Jimmy Reed. Et en final, le palpitant "Do yo best & can' da best". Une œuvre sans concession, mais surtout sans prétention, pour ces artistes dont le plaisir évident est de ne pas lésiner sur la sueur pour vous apporter un peu de bonheur…

Shawn Pittman

Too hot

Écrit par

Il y a deux ans, Shawn a signé chez Feelin' Good Productions, une boîte italienne dirigée par le Transalpin Tano Ro. Le label avait déjà publié "Moovin' and groovin", une compilation consacrée aux quatre premiers albums de Pittman. Lors de sa 10ème tournée accomplie outre-Atlantique (NDR : c’était en novembre 2009), le jeune Texan comptabilisait 18 dates de concerts en 19 jours. Il lui restait une seule date de libre. Au cours de laquelle il s’est rendu aux studios Electric Honey. Après 4 heures de travail acharné, il avait mis en boîte ce "To hot".

L’elpee réunit quinze plages dont une majorité de reprises. Shawn est soutenu par son backing band de tournée. Ils sont tous de nationalité italienne : Martin Iotti à la basse et Emanuel Zamperini aux drums. En outre, il a invité l’harmoniciste Max Lugli, le leader des Helltones qui participe à plusieurs compos. La voix de Pittman diffère très fort de ce qu’il nous propose en studio. Elle est très certainement fatiguée par l’accumulation de prestations concentrée sur une brève période. Le tempo s’avère, en général, plutôt uniforme, même si on y recèle davantage de morceaux rapides.

La plage d'ouverture est royale. Une reprise du "How many more years" de Howlin' Wolf. Le concours de Lugli à la musique à bouche est déterminant. Ses interventions sont versatiles. L'offensive est lancée. Imprimé sur un tempo vivace, "Secret weapon" véhicule des accents louisianais. Surtout au niveau du chant… qui me fait penser à Lazy Lester. Aussi, on n’est pas trop surpris lorsqu’il adapte aussitôt son "The same thing could happen to you". Le rythme est implacable. Les cordes vocales sont épuisées, corrodées. Mais l’organe est idéal reprendre cette chanson issue des swamps. Pittman appuie sur le champignon pour attaquer le classique de Larry Williams, "Slow down". Du pur rock'n'roll. Idéal pour se déhancher devant les planches. Pas de répit, puisqu’il embraie par "Geronimo rock", un boogie rock issu de la plume de Jerry McCain. Sans transition, il aborde "Next door neighbor". Max Lugli opère son retour à ses côtés. Une intervention au cours de laquelle, le souffleur de Reggio étale toutes les facettes de son talent. La machine est en surrégime. Et persiste dans son emballement sur l’instrumental très rythmique, "Lookin' good". Place ensuite au hit texan "My love is here to stay", une compo signée Anson Funderburgh/Sam Myers. Shawn incarne le rôle d'Anson. Max celui du regretté Myers. L’adaptation du "Can't stand to see you go" de Jimmy Reed nous replonge en Louisiane, un morceau au cours duquel Mr Lugli souffle dans les aigus avec un réel bonheur. Pittman nous réserve encore quelques shuffles fricotés à la sauce texane : "Play a little while", "Business man" et le "Where you get your sugar from" d’Eddie Kirkland. Pittman parvient quand même à changer quelque peu de registre. Notamment en sculptant dans le funk "Burnin' up", titre maître de son elpee publié en 98, et le "Reap what you sow" de Mance Lipscomb. La sortie est aussi royale que l'entrée. Il s’agit du titre maître. Une compo écrite par Jerry Mc Cain, un fabuleux harmoniciste né en 1930. Et inévitablement, Max Lugli participe à cette version remarquable. La brûlure ne dure que trois bonnes minutes. Mais elle est intense. 

Shawn Pittman

Undeniable

Écrit par

« Undeniable » constitue le dernier elpee de Shawn Pittman. Autoproduit, c’est son huitième destiné au marché américain. Et il a été enregistré aux States. Aux studios Wire Recordings, à Austin. Shawn est soutenue par Pat Schramm à la basse et à la guitare rythmique ainsi que du drummer notoire des T-Birds, Jason Moeller (T-Birds). Le titre de l’elpee est lourd de signification : la musique reproduite sur cet opus baigne dans le texas blues. Et elle est basique, sans la moindre fioriture. Et émane de tout ce qui touche à Pittman. Ou que Pittman touche : sa guitare, son ampli, ses doigts, ses compos…

"Hard to hold on" ouvre l’elpee dans ce style texan, décrit dans le premier paragraphe. Les notes dispensées par Shawn sont parcimonieuses, mais franches et directes. Et le résultat est excellent. Shuffle classique, "Young girl" semble émaner en ligne droite du chaudron d'Austin. Pittman est uniquement épaulé par sa section rythmique. Il chante son couplet avant de rapidement s’évader aux cordes. Son exercice de style, il l’accomplit sans filet. Et il s’en sort impeccablement. Il récidive tout au long de "Change of heart". La voix de Shawn n’est gère assurée, mais elle tient la route. Dès qu’elles en ont l’opportunité, les cordes prennent le large. "Who's your man" est imprimé sur un tempo extrêmement rapide. Un boogie blues converti en rock'n'roll furieux. Pat Schramm assure une rythmique implacable ; ce qui permet au leader de se divertir à souhait. Très offensif, "The hard way" est un autre shuffle. Les musiciens montent en puissance. Leur pouvoir de séduction progresse, mais dans la mélodie. Blues lent, "Somebody please" transpire le vécu. Une compo troublante, brûlante, au cours de laquelle l'artiste baigne dans son élément. Son timbre a retrouvé tout son aplomb. La section rythmique est sur le velours. Elle n'a plus qu'à porter le leader qui atteint alors le sommet de son art. Superbe! "Righteous woman", la plus longue plage de l'opus, s'étire paresseusement. Pas d’effervescence, mais une incontestable efficacité. Le rythme décélère encore tout au long de "Sucker for love". Shawn sort le grand jeu et nous livre un solo d'une pureté inouïe. Mr Pittman est passé derrière le piano lors du boogie woogie instrumental "Blues for Juanita". Et il tire parfaitement son épingle du jeu. Slow blues, "Mindin' my own business" navigue sur le delta du long fleuve tranquille. La guitare concède des accents métalliques. Très sonore, amplifiée, la basse de Pat établit l'assise nécessaire pour accomplir ce type d'exercice de style. L'album s’achève par un excellent instrumental : "Lookin' good", un boogie shuffle très dynamique. La guitare nous prend à la gorge et ne nous délivre de son étreinte qu'à la toute dernière note.

Shawn Pittman

Meridian

Écrit par

Shawn est originaire de l'Oklahoma. Il vient de fêter ses 35 ans. Il rejoint la liste de cette jeune génération qui se réclame de l’héritage laissé par feu Stevie Ray Vaughan. A l’instar de Sean Costello, Nick Curran, Joni Lang ou encore Mike Welch. Très jeune, il prend goût au blues à l'écoute de maîtres comme John Lee Hooker, Jimmy Reed, Lightnin' Hopkins et Elmore James. Puis tombe sous le charme des exploits forgés par Anson Funderburgh et Mike Morgan. Il part s'établir à Dallas pour y assouvir sa nouvelle passion. Il perfectionne sa technique au contact de Hash Brown. Il transite par les Icemen, auprès de Jason Moeller (Fabulous Thunderbirds) et Paul Size (ex-Red Devils). En 97, il sort son premier album : "Burnin' up". Puis embraie par "Something's gotta give". Deux opus édités chez Cannonball. En 99, il se fixe à Austin. En 2001, il édite "Full circle", un disque pour lequel il reçoit le concours de Double Trouble et des frères Moeller. En 2005, il concocte "Stay", avant de se retirer de la scène musicale, afin d’exercer un job dans le privé. Mais en 2007, il participe à un projet collectif baptisé "Texas Northside Kings" (Dialtone). Il s’y réserve quatre plages. Depuis, il a repris goût au blues. Et pour cause, il vient d’enregistrer un nouvel elpee. Onze nouvelles compos sculptées dans un Texas blues parfaitement assimilé. Une œuvre autoproduite, dénuée de la moindre sophistication : la voix et les cordes de Shawn sont uniquement secondées par une section rythmique classique, basse/batterie.

"Edge of the world" ouvre la plaque. L’effervescence est bien palpable. Un blues saignant, percutant. Le jeu aux cordes de Shawn est nerveux, franc, direct. Digne des meilleurs moments de Jimmie Vaughan. La voix est en retrait, mais demeure très musicale. C'est manifestement du vécu. Du ‘live’! La rythmique est lancinante. A l’instar du "Spoonful" de Dixon revus et corrigés par Howlin' Wolf et Cream (NDR : c’était il y a une éternité) ; mais en y incorporant des cordes bien plus éloquentes. Et cette approche aux cordes reste très personnelle tout au long de la ballade quasi éthérée, ‘hendrixienne’, "Fortune and fame". Le style rugueux et contemporain de Pittman colle parfaitement au blues venu du Mississippi voisin. Et "Make the world stop turnin'" en est une belle illustration. Les percussions sont placées bien à l'avant. Les accords de gratte sont très réverbérés. Répétitive, la rythmique produit ses effets hypnotiques escomptés. En fermant les yeux, on imagine facilement être transporté au cœur d’un de ces juke joints poisseux, dans les collines du Nord du Mississippi. Shawn nous entraîne alors vers Chicago. Celui du blues urbain des fifties. Primaire, mais parfait, le riff de slide est emprunté à Elmore James, tout au long du contagieux "My luck has changed". Shuffle saturé de groove, "No such of a thing" est imprimé sur un rythme proche du géant Howlin' Wolf! Les différents éléments de l'ensemble s'emboîtent à la perfection. Autre shuffle par excellence, mais texan, "Mr Dime Dropper" lorgne manifestement vers Mike Morgan & the Crawl. Blues rocker à la Chuck Berry, "Make people dance" nous invite à roller sur la piste de danse. Transpiration garantie ! Le tempo adopté sur "Let's blow this joint" est plus intense encore. Très T-Birds de la grande époque. Sur rails, la machine est alors propulsée à plein régime. Blues indolent, généreux, très downhome, "High maintenance woman" épouse une tonalité de guitare proche de Lightnin' Hopkins. On croirait presque entendre celle du vieux Texan. Son fantôme, peut-être ! De toute bonne facture, cet opus s’achève par "Hurricane", une plage instrumentale très électrique, impitoyable. Sachant l’épilogue proche, Pittman s'y libère. Shawn a également commis une autre galette cette année, "Movin' & groovin'", sur le label italien Feelin' Good.

 

Shawn Pittman

New King in town

Écrit par

Shawn est originaire de l'Oklahoma. Il a appris le piano et la batterie avant de se tourner vers la guitare, à l'écoute des albums de Jimmy Reed. En 92, il se fixe au Texas, à Dallas très exactement, où il participe à de multiples jams au sein de différents clubs de blues. Il comptait déjà deux albums à son actif, "Burnin' up" en 98, et "Something's gotta give" en 99, tous deux parus sur Cannonball. Shawn est aujourd'hui âgé de 26 ans et il veut marquer le coup, en sortant ce 3ème album sur son propre label, sous la houlette de Jim Gaines. Il a également fait appel à la section rythmique de Double Trouble ; en l'occurrence Tommy Shannon, Chris Layton et le claviériste Riley Osborne. Parmi les autres invités on retrouve Preston Hubbard, John et Joe Moeller.

Comme nous sommes au Texas, tout débute par un bon shuffle. Il s'intitule "New king in town". Et il ne faut guère attendre bien longtemps avant que ne fuse les premières notes dispensées en solo, par l'ami Pittman. Pas étonnant, dès lors, que ses interventions soient stimulées par le concours de Double Trouble, comme au bon vieux temps de Stevie Ray. Traversées par des cordes qui sonnent bien métalliques, la reprise du "Runnin' shoes" de Juke Boy Bonner est imprimée sur un rythme boogie. Pour rester sur l'impression de SR Vaughan, il reprend le célèbre slow blues "I smell trouble", à la manière du maître. "Distress signal" est un shuffle rapide au cours duquel les texans Pittman et Moeller échangent un duel de guitares. Ils s'entendent comme larrons en foire pour conjuguer leurs riffs très rock'n'roll. "It's your turn" est un southern rock bien solide. Shawn semble très à l'aise tout au long de cet exercice. Les notes de sa guitare sont lacérées au couteau! La machine est lancée. Le rockin' blues texan s'alourdit sur "One of these days", au cours duquel l'orgue de Riley Osborne vient en renfort. La cover du "It takes a lot to laugh, it takes a train to cry" de Bob Dylan est du très beau travail. Entamée au piano, elle est bien vite enrichie par les cordes en transe. "One thing on my mind" est un rockin' blues lent, dramatique. Trafiquée par le jeu de pédales de Shawn, la guitare peut décoller. "Hell or high water" est interprété en trio par Shawn, Chris et Tommy. Et cet exercice de style ressemble furieusement au "How many more years" de Howlin' Wolf. Musicien de scène par excellence, Shawn Pittman se produit chez nous au cours de ce mois de novembre. Ne le manquez surtout pas!

 

Shawn Pittman

Something's gotta give

Écrit par

A l'âge d'or des Fabulous Thunderbirds, la place blues au Texas, c'était Austin. Aujourd'hui, c'est bien la grande ville, Dallas-Forth Worth qui est devenue le centre de gravité du Texas Blues. Shawn Pittman, jeune chanteur guitariste compositeur, signe ici son 2ème album (après "Burnin' up"). Un chapitre musical bien plus personnel que le premier ; et qui demandera, sans doute, plus d'écoute pour l'assimiler.

Nous sommes au Texas, le shuffle est donc bien présent, comme sur "Just a game". Shawn n'est pas un guitariste extraverti mais quand il le veut, il sort des soli sans faille. A l’instar de "Make it through", caractérisé par une intervention inspirée d'Albert King! On trouve aussi 3 instrumentaux dont le galopant rocker "Cruisin'", au cours duquel Riley Osborne au piano tente de suivre les cordes. Pittman referme par "That first drink", un trip dans le Delta! Très bon album qui démontre une forte maturité pour son jeune âge. Il délivre ici un album très varié, découpé en 11 fragments dont une seule reprise, réussie il est vrai, du "Something to remember you by" de Guitar Slim. La plage d'ouverture, "Something's gotta give", est une présentation qui indique bien le style de ce nouvel album. Le rythme est dansant. La section rythmique porte les autres musiciens. La guitare de Shawn, le plus souvent en mode rythmique, et l'orgue de Riley Osborne se mêlent dans ce décor très riche. Le célèbre concitoyen Mike Morgan apporte son appui sur "Payin' the price".