Née d’un père sculpteur et d’une mère folksinger, il était difficile pour Simone de ne pas devenir artiste. Elle est née à Hawaii ; mais dès son plus jeune âge, elle a été bringuebalée aux quatre coins des Etats-Unis. Elle n’a d’ailleurs jamais réellement eu le temps de prendre racine. Elle a appris la guitare à Seattle, suivi des cours de perfectionnement de chant à New York, et vit aujourd’hui à Venice (NDR : c’est un quartier sis à l’ouest de Los Angeles, en Californie). Malgré tous ces déménagements, la jeune songwritrice en est déjà à son troisième album. Elle n’a donc pas perdu de temps. Et puis son deuxième elpee, « I am the man », avait reçu d’excellentes critiques de la part de la presse spécialisée.
Pour enregistrer « Yakiimo », elle a reçu le concours du producteur Mark Alevers, un personnage dont la carte de visite mentionne des collaborations opérées – notamment– auprès de Will Oldham, Calexico, Lambchop et Silver Jews. Enregistré à Nashville, cet opus s’ouvre sous les meilleurs auspices. On y retrouve tous les éléments qui avaient fait la richesse des précédents essais. Sa voix nasillarde empreinte de quiétude. Ce folk minimaliste dominé par la sèche. Et puis les interventions circonstancielles et judicieuses de violons. A l’instar de « Candy Bar Killer » et « Victoria Anne », deux des meilleures plages de l’elpee. Malheureusement, à mi-parcours, l’intensité commence à faiblir pour se diluer dans une certaine forme de banalité. Dommage ! Car incontestablement, Simone White a du talent ; mais sur « Yakiimo », elle n’y révèle pas tout son potentiel. Après avoir commis deux œuvres particulièrement abouties, on attendait beaucoup mieux de sa part. Question de temps ? On l’espère.