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Sirius Plan

Tout en cassant les codes…

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La release party de Sirius Plan devait se dérouler le 23 mars 2016, soit le jour des attentats perpétrés à Bruxelles. Le band avait été bloqué à Paris. Le concert a donc été déplacé un bon mois plus tard. Et il est quasi-sold out. Le premier elpee de la formation, « Dog River Sessions », est paru l’an dernier. Il avait fait l’objet d’une chronique dans Musiczine (voir ici)

Une image du Delta est figée sur un écran tendu devant le podium. Et à 20h20, le ‘making of’ de cet elpee est présenté en images. Dix minutes au cours desquelles on découvre, en toute décontraction, un reportage consacré aux sessions d’enregistrement, aux concerts accordés dans les bistrots ou encore sur la Dog River. Et à 20h30, l'écran se lève, alors que les filles déboulent sur les planches. Elles sont accueillies par un tonnerre d'applaudissements. Pas de Big Mama (B.J. Scott) en vue, ni sur les planches, ni dans la salle.

La coiffure de Skye est plus courte. Mais ses cheveux blonds sont toujours aussi étincelants. Elle s’installe à gauche de l’estrade. Claire se plante à droite, et Gaëlle derrière ses fûts. Le set s’ouvre par « Du Rose Dans Les Veines», le premier single extrait de l’opus. Une petite leçon de morale qui proclame que l’amour est une solution universelle. Les trois filles pratiquent une forme de folk/blues/rock susceptible de remuer les tripes. Les harmonies vocales sont particulièrement raffinées. La voix de Gaëlle est plus rock. Celle de Skye, sensuelle. Et de Claire, enjôleuse. Bref, un micro, trois voix, deux guitares et une batterie : la recette est simple et terriblement efficace. En outre, elles se débrouillent aussi bien dans la langue de Voltaire que celle de Shakespeare. La musique de Sirius Plan est à la fois lumineuse, élégante et instinctive, tout en conservant une taille humaine. Sans prise de tête.

« In The City » est imprimé sur des percus puissantes. Mais ce sont les harmonies vocales à trois voix qui font la différence. Elles sont même parfois divines. A l’instar de « Moi l’animal », une nouvelle compo. Ou de « Là », qui s’achève par des incantations amérindiennes. L’atmosphère générale du set baigne dans le Bayou. « Big River », une surprenante cover de Johnny Cash, en est une belle illustration. Une pirogue s’enfonce dans le Delta. Les alligators guettent… Mais sains et saufs, les explorateurs débarquent à Baton Rouge.

Ballade empreinte de délicatesse, « Old Man » est une chanson qui aurait pu figurer au répertoire de Neil Young, même si on y ressent la patte de Rick Hirsch, responsable du mixing et de la production. Claire sort une petite cuillère de sa musette et enfile une bague qu'elle sort de sa poche gauche. Puis elle la tapote sèchement contre le bijou. Magique !  

Petit conciliabule sympathique au sujet du 'W'. Les Françaises charrient Gaëlle dont les tâches ménagères semblent la rebuter. Un morceau au cours duquel elle doit répondre ‘Whuai’. Ce qui déclenche un fou rire général dans l’auditoire. Le train est « Sur Les Rails » et nous entraîne à travers les grandes plaines. Les filles l’annoncent : place au quart d'heure américain. « Wish I Could » est un slow crapuleux ; mais surtout le nom d’une association caritative qui vient en aide à la Louisiane, et dont elles sont les ambassadrices. Une autre reprise. Celle du « Come together » des Fab Four. Et elle est allègre. Le concert s’achève par le swinguant « Plus Que Parfait ». Skye et Gaëlle remercient la foule. Claire s’était déjà éclipsée, mais revient en courant pour le saluer également.   

En rappel, Sirius Plan rend hommage à feu Prince, à travers une version bouleversante de « When Doves Cry ». On est littéralement sur le cul ! Mais, cerise sur le gâteau, celle de « La Complainte De la Butte » (paroles: Jean Renoir, musique : Georges Van Parys) est interprétée a cappella et clôt le spectacle en beauté, tout en cassant les codes. Epatant !

(Organisation : Ancienne Belgique)

Sirius Plan

Dog River Sessions

Écrit par

Sirius Plan et un trio féminin old school fondé en 2011. Il réunit une Belge et deux Françaises. Soit Gaëlle Mievis (B.J. Scott, The Banging Souls), Skye et Clare Joseph. La première est namuroise. La deuxième –blonde et sauvage– Normande (Caen). La troisième –brune et ténébreuse– toulousaine. Les filles se croisaient souvent lors de concerts et festivals. Une nuit, dans une chambre d'hôtel, elles décident de jammer jusqu'aux petites heures. Sirius Plan vient de naître…

L'album a été enregistré en Alabama, sous la houlette de Rick Hirsh, sur les rives de la Dog River, ce qui explique son titre. Gaëlle la Namuroise aime le rock poussiéreux et le blues issu des marécages du Bayou profond. Clare Joseph est fan de métal et de Tori Amos. Son style à la guitar box est très personnel. Skye possède une voix rocailleuse. Elle pense que du sang noir coule dans ses veines. Depuis sa plus tendre enfance elle aime le métal, mais aussi le blues.

La musique de Sirius Plan est à la fois lumineuse, élégante et instinctive, tout en conservant une taille humaine. Sans prise de tête. Une forme de folk/blues/rock capable de remuer les tripes. Les harmonies vocales sont particulièrement raffinées. Bref, un micro, trois voix, deux guitares et une batterie : la recette est simple et terriblement efficace. Et enfin, elles se débrouillent aussi bien dans la langue de Voltaire que celle de Shakespeare.

L’opus s’ouvre par une plage qui a précédé sa sortie, le délicat « Du Rose Dans les veines » (Si les mots sont des balles. Tue moi d'un 'je t'aime'). Une petite leçon de morale, qui proclame que l’amour est une solution universelle. « Plus Que Parfait » aborde les thèmes de la légitimité d'être. Chaque humain est ce qu’il est et ressent la vie suivant sa propre perception. Il possède sa propre personnalité et la défend. Quelques palabres en anglais introduisent « Interlude # Where Are Y'All From ? » ; et au bout de 30 secondes, le band attaque un des morceaux essentiels du long playing, « Old Man », une piste qui reçoit le concours du guitariste Rick Hirsch, également responsable du mixing et de la production.

Dévastateur, « Old Man » aurait pu être signé par Neil Young. Caractérisé par ses sonorités de grattes et ses vocaux savoureux, il a pourtant été composé par le trio. Sur la cover du « Big River » de Johnny Cash, c’est BJ Scott (NDR : elle veille sur les filles) qui s'arrache les cordes vocales, alors que Sirius Plan assure –et c’est un luxe– les chœurs. Nouvel intermède de 53 secondes baptisé « Interlude # Welcome To Veet's ! » qui précède « In The City ». La piste démarre unplugged, bénéficie de clappements de mains et s’achève par l’intervention d’une trompette à la fois sobre et séduisante.

Interprété dans la langue de Molière, caractérisé par son refrain accrocheur et magnifié par les 3 voix, « Là » vous incite à fermer les yeux afin de goûter pleinement cette pièce à la fois douce et visionnaire. Une guitare étincelante amorce « Being Is Beautifull », un des autres titres essentiels du long playing. Un futur single ? Un futur hit ? Il en a, en tout cas, le potentiel, même si c’est la plage la plus longue de l’LP. Nouvel intermezzo : « Interlude # 1975 », prélude à « Whish I Could », le nom d’une organisation caritative qui se consacre à la Louisiane. Le reflet du grand cœur des trois filles qui ont le souci du partage. « Interlude # Easy Ride » annonce « Sur Les rails », un autre excellent cocktail guitares/voix.

Un seconde reprise : « La Complainte de La Butte » –paroles : Jean Renoir, musique : Georges Van Parys– une vieille chanson que les filles parviennent à adapter en cassant littéralement les codes. Une belle réussite !

En ‘live’, le trio est épatant. Pas étonnant que Laurent Voulzy, Emmanuel Moiré et Louis Bertignac l’ont emmené en tournée pour assurer leur supporting act.