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Jimmy & The Sleepers

Jimmy & The Sleepers

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Ce groupe de rockin' blues canadien nous vient d'Edmonton, dans l'Alberta. Il a régulièrement accompagné des bluesmen américains, lorsqu’ils tournent dans le grand Nord : Lazy Lester, Jimmy Burns, Larry Garner, etc. Le guitariste Jim Guilboche en est le leader. Dans le milieu du blues, il affiche déjà un sérieux pedigree. Il est soutenu par l’harmoniciste David Cantera, le drummer Grant Stovell, le bassiste Chris Brzezicki et le chanteur/showman Guy "Big Guy Slim" Gagne.

La musique des Sleepers est rugueuse, immédiate. Dès les premiers accords du "Snakes" de James Harman, elle éclate suivant un canevas proche de Billy Boy Arnold. Personnellement, j’apprécie tout particulièrement son impact direct, sans artifice, sans fioritures. Son blues transpire le vécu. Signé Little Milton, "The blues seem to follow me" en est une belle illustration. Les notes sont dispensées sur le fil du rasoir. Ou plus exactement sur le fil de ses cordes. Jim entraîne l'harmonica gouailleur de Crawdad dans son trip. Ces deux musiciens sont de parfaits compères. Ils aiment partager la même scène. Ces Canadiens ont le don pour ficeler du west coast jump. Ils le démontrent tout au long de la cover d'un des meilleurs titres du seigneur, George Harmonica Smith, "Oopin doopin doopin". La voix de Big Guy Slim est percutante, alors que David s’éclate sur l'instrument chromatique. Pour interpréter son "Not gettin' up", Jim a invité son ami Big Dave McLean au vocaux. Etabli à Winnipeg, Dave est un des plus grands bluesmen canadiens. La reprise du "Gotta move" d'Elmore James est un nouveau sommet de l’elpee. Une version sans concession, sans doute bien plus proche d’un Hound Dog Taylor. La slide libère une sonorité terne, implacable. Le timbre de Guy est haut et puissant. Le choix du répertoire est royal. "Come on" d'Earl King écrase tout sur son passage. Pour la circonstance, Mr Guiboche grimpe dans le rouge. Quel tempérament ! Quelle chaleur ! Il remet aussitôt le couvert lors d’une adaptation hyper-speedée du "I feel so bad" d'Eddie Taylor. Lorsque les Sleepers en reviennent au répertoire d'Elmore James, c’est d’une manière bien plus classique. Et "Make a little love" en est la plus belle illustration. Ils ralentissent enfin le tempo pour attaquer un bon vieux slow blues signé Muddy Waters : "Standing around crying". Un de ses meilleurs, assurément. La rencontre entre la slide et l'harmo est un véritable bonheur. Il serait injuste de ne pas souligner la solidité de la section rythmique. Elle assure sans la moindre faille. Le traitement en shuffle et à la texane de "Sugar coated love" doit réveiller tous les swamps louisianais. Et ce n'est pas fini, car Jimmy nous réserve encore son "Cricket boogie", un instrumental très rock'n'roll. Si cet album ne révolutionnera pas le blues, il mérite que vous y prêtiez une oreille attentive ; car dans le style, il est tout bonnement excellent.

 

 

Sleeper

Pleased to meet you

On doit avouer qu’après la première écoute, du troisième album de Sleeper, nous étions sur le point de tremper notre plume dans l’encre vipérine. Par bonheur ou plutôt par conscience professionnelle, nous avons remis plusieurs fois le morceau de plastique sur son support. Une patience qui nous permet, aujourd’hui, d’émettre un avis beaucoup plus nuancé. Bien sûr, aucune composition de ce " Pleased to meet you " ne possède la frénésie des chansons issues des deux premiers opus. Mais elles sont beaucoup plus équilibrées. Moins focalisées sur les guitares brumeuses, noisy. Les mélodies sont plus élaborées, souvent alanguies, voire même glamoureuses, comme sur l’excellent " Firecracker ". Les textes, écrits pour la plupart par Louise Wener, ont pris une place beaucoup plus importante. Elle y épanche ses obsessions, ses angoisses. Un peu à la manière de Damon Albarn. Le thème de la mort y est souvent évoqué, mais également le désir de découvrir le véritable sens de l’amour. A se demander, d’ailleurs, si Sleeper ne serait pas occupé de chercher à devenir le Blur féminin. Ces textes, elle les chante d’une voix aussi haletante que celle de Chrissie Hynde, leader des Pretenders. Pour enregistrer cet opus, Sleeper a cependant dû pallier au départ de Diid Osman, remplacé au pied levé, mais temporairement, par le bassiste de Madder Rose, Chris Giammalvo. Un disque qui bénéficie à nouveau, de la production de Stephen Street…

 

Sleeper

The it girl

Après avoir milité pour la cause de la new wave de la new wave, à l'instar d'Echobelly, d'Elastica et de Darling Buds, sur son premier elpee ("Smart"), Sleeper s'oriente aujourd'hui vers une forme musicale plus mod, plus glamour. Plus mod à cause des textes de Louise Weener qui traduisent, un peu comme chez Ray Davies des Kinks, une vision ironique de la société britannique. Des textes qui stigmatisent la corruption des partis politiques et désapprouvent la censure des opinions. Plus mod à cause du ton utilisé dans les chansons. Maniéré, lyrique, avec arrangements et orchestrations, plus proche de Blur que de Pulp, mais dans une version féminine. Plus glam dans l'esprit de la new wave du début des eighties. Pensez à Blondie, Katrina & the Waves ou à Altered Images; les inflexions vocales de Louise, frôlant même parfois celles de Nena. "The it girl" laisse cependant une place à deux fragments sculptés dans la britpop post "Inbetweener": "Lie detector" et "Dress like your mother"; et puis un excellent "Sale of the century", single contagieux, amer et mélancolique...