CULK : entre smog et étoiles…

CULK a gravé « smogstar », son quatrième elpee ce 4 septembre 2026. Autour de Sophie Löw, également connue sous le nom de Sophia Blenda, la formation viennoise poursuit son exploration d’un présent traversé par les tensions, les élans de liberté et les zones…

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Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Snoop Dogg

Malice N’ Wonderland

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J’ai toujours éprouvé une certaine sympathie, voire admiration, pour ce vieux roublard de Snoop Dogg. Son flow nonchalant et unique ainsi que le mythe gangsta qu’il cultive en sont plus que probablement les causes. D’ailleurs, les singles ‘laidback’ « What’s My Name » et « Drop It Like It’s Hot », parcourus de beats tellement originaux ainsi que l’album « The Last Meal », paru en 2000, méritent assurément leur place au panthéon du hip-hop. Mais mon respect pour l’artiste ne s’est jamais traduit en béate vénération… Car après avoir écoulé près de 40 millions d’albums, le rappeur semble s’essouffler…

« Malice N Wonderland » constitue déjà le dixième long playing de Cordozar Calvin Broadus Jr. (NDR : absolument, même son véritable nom est sorti tout droit d’un dessin-animé !) Et première constatation, une foule de guests ont participé aux sessions d’enregistrement. Pas nécessairement une bonne idée. Elle est même carrément fatale. Le phrasé si séduisant du natif de Long Beach se suffit pourtant à lui-même. Pourquoi rameuter une foule de pseudo étoiles montantes afin d’agrémenter ses morceaux, alors que ses, trop rares, essais solos (« I Wanna Rock » produit par Dr.Dre ou « 2 Minutes Warning) s’avèrent de bien meilleure facture…

Les invités haussent rarement le niveau. A la limite, la présence de vieux briscards comme Kokane sur « Secrets » (NDR : déjà présent sur les meilleurs morceaux de « The Last Meal »…) et R. Kelly sur « Pimpin Ain’t EZ » apportent un léger plus. Mais pour le reste, c’est un véritable désastre pour un artiste qui, avec Dr. Dre, a écrit les plus nobles pages du hip-hop West-Coast. Le Dogfather se fait vieux. Une chose est sûre, il est en perte de vitesse. Aurait-t-il atteint la limite d’âge pour rapper ? Lorsqu’on entend ce que Gil-Scott Heron produit dans son registre, on se dit que l’âge n’est pas une excuse mais que l’argent anesthésie probablement l’inspiration. Les collaborations opérées auprès des jeunes chiots du hip-hop sont sirupeuses à souhait et lorgnent vers un R’n’B bas de classe. Et les sommets de l’horreur sont atteints par « Different Languages », lors d’un duo échangé en compagnie de la chanteuse R’n’B Jazmine Sullivan ainsi que l’autotuné « Pronto » (NDR : impliquant celui que le Snoop qualifie de neveu, Soulja Boy).

« Malice N Wonderland » est un disque à oublier au plus vite. Seuls les fans irréductibles du pape du G-Funk sont susceptibles de s’en contenter. Mais si l’étoile du Prince du hip-hop West-Coast est occupé de pâlir, il ne faut pas nourrir la moindre inquiétude à son égard, car il est en mesure de bien vivre de sa réputation forgée au cours des 90’s. Et puis, même s’il perd ses couleurs, son astre navigue à des années lumières au-dessus de celui d’un certain 50 Cents…

P.Diddy & Snoop Dogg

Bling Bling, Here Comes The King

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La curiosité a parfois de bien vilains défauts. C’est l’esprit plein de regrets que l’on aura prit la route vers Forest National, ce samedi 24 mars. En effet, I’m From Barcelona se produisait du côté du Botanique le même soir. Et entre les deux, il n’y a pas photo, on aurait préféré la seconde option. Mais la confirmation tardive de cet événement nous aura obligés à tenir nos engagements. Grrrr…

La soirée commence bien. A peine a-t-on pénétré dans l’enceinte du bâtiment que des mecs de la sécurité interdisent l’accès au parterre. Leur prétexte : ‘c’est complet ici, désolé’. La mine encore plus déconfite qu’au départ, on se dirige alors vers les gradins. Et là, oh surprise, des escaliers permettent d’accéder sans aucun problème au parterre… Super organisation messieurs ! Mais on ne s’en plaindra pas.

Sur scène, la première partie est assurée par Jibbs, DJ qui se contentera -dans un premier temps- d’enchaîner quelque uns des plus gros hymnes hip hop. Il sera ensuite rejoint par le rappeur C4 et un autre dont le nom nous a échappé. L’un des d’eux n’hésitera pas à aller pêcher une jeune fille du public. Une petite blonde évidemment bien roulée. Invitée à se diriger vers les coulisses, elle sera gentiment insultée par quelques membres masculins de l’assistance apparemment jaloux de ne pas obtenir le même traitement de faveur…

Une fois le set du DJ achevé, Forest National aura droit à un odieux matraquage publicitaire pour le parfum du business man Diddy, diffusé en boucle sur des écrans disséminés sur la scène. A 21h tapante, les lumières s’éteignent et ces écrans changent enfin de programme. En guise d’intro, un montage de clips consacrés de P.Diddy sur un fond sonore saisissant : les basses tellement ronflantes que la salle entière en vibrait. Après quelques secondes du fameux « Going The Distance » de Bill Conti joué par l’orchestre, le rideau se lève devant le rappeur autrefois connu sous le nom de Puff Daddy. Dans son costard tiré à quatre épingles, l’homme se lance soutenu par l’orchestre sur un « Victory » éclatant. Une entrée en matière qui traduira à merveille l’immensité de l’ego de l’homme et nous aura tout de même aidé à oublier que l’on râlait cinq minutes auparavant. Une demi-heure durant, il enchaînera quelques classiques, des extraits de son nouvel album et même deux ou trois reprises (un extrait du « Clocks » de Coldplay et « Sweet Dreams » d’Eurythmics repris en chœur par le public). Il ne manquera évidemment pas de dédicacer le show à la mémoire de feu Notorious B.I.G.

La trentaine de minutes suivante sera réservée à un Snoop Dogg, plus relax (on se demande bien pourquoi) et un chouïa plus simple. « Murder Was the Case » a ouvert un set qui n’aura pas vraiment laissé de souvenirs impérissables. Se sont enchaînés  « Drop It Like It’s Hot », « Gin & Juice », « That’s That Shit », « P.i.m.p » (de -et sans- 50 cent) et autres « Beautiful », agrémentées de chorégraphies plutôt ‘hot’ de danseuses sorties tout droit d’un clip ou d’un strip-club (biffez la mention inutile, s’il y en a vraiment une).

P.Diddy reviendra ensuite seul sur scène pour une nouvelle demi-heure de spectacle ‘m’as-tu-vu’. Accompagné d’un light show à faire exploser la cervelle d’un épileptique, Sean ‘Puffy’ Combs interprétera ses derniers singles « Come To Me » et « Tell Me » singularisés par des apparitions sur écran de Nicole Scherzinger (Pussycat Dolls) et Christina Aguilera avant d’être enfin rejoint par Snoop Dogg pour un avant-dernier acte en duo. Ensemble, les deux entertainers offriront un set plutôt brouillon et maladroit constitué essentiellement d’une sorte de medley mal agencée de titres tels que « Can’t Nobody Hold Me Down », « Been Around The World », « It’s All About The Benjamins », les « Hypnotize » et « Mo’ Money Mo’ Problems » de Notorious B.I.G. ainsi que « Jump Around » de House Of Pain.

Cette partie sera également agrémentée d’une apparition (toujours sur écran) de Busta Rhymes dans un prétendu duplex ‘live’ pour un « Pass The Courvoisier » au cours duquel toute l’assistance va se mettre à sautiller. Les deux personnages se retireront après un déballage de fausses flatteries, du style ‘Belgium, you’re the greatest audience’, certainement adapté sur-mesure pour chacune des villes qu’ils auront visité. Le spectacle s’achèvera pour nous sur le grand classique « I’ll Be Missing You », plutôt ennuyeux. De quoi en profiter pour se diriger vers la sortie avant la cohue.

En conclusion, l’ensemble du show à l’américaine valait bien le déplacement. Et même si l’on déteste royalement le personnage, il faut avouer que P.Diddy est un putain de showman. Quant à Snoop Dogg… Ben c’est Snoop Dogg, quoi, tranquille !

(Organisation : Live Nation)

 

 

 

Snoop Dogg

The Best Of

Et le Snoop brame par ses sinus qu’il est le boss (des ‘gangsta’), le pimp (d’Iceberg Slim), le gigolo, Al Capone, Malcolm X, Barry White et Eazy-E… Les biatches, le pèse, le lustre, le lucre : rien que de l’apparat, certes, mais quelle stupéfiante mise en scène. Qu’on aime ou pas cette débauche de cynisme et de mercantilisme, qu’on se sente écœuré par cette apologie de l’individualisme, du m’as-tu-vu, de la violence et du sexisme, on peut difficilement nier que ce type a pondu quelques tubes. Avec le Dre (son mentor, jusqu’à l’arrivée d’Eminem), Snoop Dogg incarne le G-Funk (pour « Gangsta-Funk »), ce rap West Coast qui s’abreuve au fleuve sacré de la soul et du… funk, et qui ne crache pas non plus sur un petit pétard, 24h/24. On ne vous déblatère pas l’histoire : elle est dans le livret. Seule précision tout à fait subjective : les meilleurs albums de Snoop, à savoir le premier (« Doggystyle ») et le dernier (« R & G (Rhythm & Gangsta) : The Masterpiece »), ne sont pas représentés ici… Bref, manque les plus gros cartons du type qui sait son nom, de « Who Am I (What’s My Name) ? » à « Signs » et « Murder Was The Case »… Un comble pour un « best of », qui fait ainsi les frais de la politique des majors. Mais les affaires sont les affaires, et Snoop préfère sans doute se défoncer et tourner des clips à la Playboy Mansion que de se casser la tête pour un cd de plus. Faudra-t-il qu’il se fasse canarder ou qu’il avale un joint de travers pour qu’on daigne sortir enfin une compile de ce nom ? D’ici là, tout le monde : ‘Bow wow wow yippie yo yippie yeah… Chuuuurch !!!’ (puis expirer la fumée).

Snoop Dogg

Paid Tha Cost To Be Da Boss

Le rap West Coast et son mélange de funk, de " bitches " et de flingues n'a plus trop la cote aujourd'hui. La violence clippée, c'est dépassé : voyez 2Pac et Notorious BIG, au cimetière, et Suge Knight, de nouveau en taule. Heureusement, les survivants du gangsta rap s'avèrent de futés businessmen… Prenez Snoop Doggy Dogg, rebaptisé Big Snoop Boss : alors que ses derniers albums furent des flops retentissants, voilà que l'ex-protégé de Dr. Dre se lance dans l'industrie du porno. Bingo : son DVD se vend à 150.000 exemplaires. Pas mal pour du cochon ! Le Snoop possède également sa propre ligne de vêtements, un label (" Doggystyle ") et même sa figurine Mattel (" Snoop Dogg Action Figures ") ! Mais aujourd'hui, il revient à la musique, avec un sixième album, sans doute son meilleur depuis " Doggystyle ", il y a… dix ans. Et comme Snoop a le sens des affaires, pas question de retomber dans les travers gangsta, plus très " aware " : cet album sonne ainsi comme un " Doggystyle " bis, mais version 2002. Autrement dit : chansons produites pas les Neptunes, DJ Premier, Hi-Tek et Jelly Roll, virages r'n'b (" I believe in you ", une chanson… d'amour !), featurings cotés en bourse (Jay-Z, Ludacris, Redman,…). A voir le titre, Snoop aurait " payé son dû pour être le boss " : finies les entourloupes, exit Dre, le rappeur à la voix nasillarde s'est débrouillé, cette fois-ci, tout seul (ou presque…). Les références G-Funk n'ont tout de même pas été balayées de son répertoire : " Suites N Booted " ou " Stoplight " (Parliament samplé, comme d'hab') en sont la preuve incontestable. Le reste se révèle d'une variété étonnante : soul à la Barry White (" Ballin' "), rap frétillant (" From Tha Chuuuch To Da Palace ", " You Got What I Want "), hommages old school à ses maîtres (" Paper'd Up ", reprise du " Paid in Full " d'Eric B et Rakim, " The One and Only " et ses samples de NWA, Ice-T et Ice Cube), ce " Paid Tha Cost… " dévoile les facettes multiples d'un Snoop Dogg requinqué, toujours prêt à défendre son image de " Boss " du hip hop. Devant tant de maîtrise et de talent, les autres prétendants au trône n'ont qu'à bien se tenir. Avis aux amateurs.