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Sofy Major

Idolize

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Lorsqu’on chronique un album, il arrive que l’inspiration fasse défaut. Surtout lorsque le sujet à aborder est pauvre musicalement. Et si la biographie est aussi maigrichonne, bonjour le syndrome de la page blanche. Certains artistes ou groupes, à contrario, affichent un parcours tellement singulier ou émaillé d’anecdotes, qu’ils deviennent une aubaine pour le plumitif. C’est le cas de Sofy Major, dont le second elpee « Idolize », a été enregistré dans des conditions épiques. Et pour cause…

Octobre 2012, le band français débarque à New-York pour y enregistrer leur album, sous la houlette du producteur Andrew Schneider, propriétaire d’un studio à Brooklyn, sis près du canal Gowanus. Le 28 octobre, les musicos entament leurs premières prises et laissent leur matériel sur place. Au cours de la nuit, le cyclone Sandy s’abat sur la ville. Très peu de New-yorkais avaient pris les prévisions météorologiques à la légère. Lorsque nos voyageurs imprudents reviennent le lendemain, les eaux du Gowanus sont aux portes des locaux. Durant la journée, les chutes de pluie s’intensifient et le vent se renforce. Si bien qu’une partie du toit s’effondre. Ils tentent de protéger le matos et décident de partir se mettre à l’abri. Le 30 octobre, de retour sur les lieux, ils constatent que le studio est complètement sous eau. Tout le matériel est englouti. Sinistre total ! C’est alors que la solidarité entre musiciens a sauvé nos aventutriers du naufrage. Andrew et Dave Curran de Pigs et Unsane leur dénichent un nouvel endroit pour recommencer les sessions. Pas banale, vous en conviendrez, cette histoire.

Fondé en 2005, Sofy Major comptait alors cinq membres. Il est ensuite passé à un quatuor, avant de réduire son line up à un trio. C’est sous cette forme qu’il a concocté « Idolize ». Ce qui, en écoutant le disque, ne semble pas avoir eu beaucoup d’impact sur la musique des Clermontois. Elle est toujours aussi puissante. Hardcore et noise-rock y font bon ménage. Bien mise en avant, la section rythmique est solide. Les riffs de guitares sont sauvages et incisifs. Et quand Sofy Major relâche la pression, c’est pour repartir de plus belle, quelques secondes plus tard. Quant à l’aspect mélodique, il émane avant tout des parties vocales assurées par Mathieu Moulin, également préposé à la basse. Dave Curran (Unsane) apporte son concours au chant sur « Steven the Slow » ; ce qui communique un aspect encore plus ténébreux à la compo. Enfin, en guise de clôture, on a droit à une reprise du « Power of Their Voice » de Portobello Bones, un autre ensemble de punk-noise issu de l’Hexagone…

Une bonne claque comme je les aime ! En outre, le digipack est superbe. Une bonne raison de plus pour vous procurer cet opus…

 

Sofy Major

Ep

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Où l’on apprend que derrière les cris il y a un message. Sofy Major dévoile son premier EP qui se veut porte-drapeau. Armé de bonne volonté, d’autogestion (DIY) et d’esprit punk, le groupe pourfend de ses riffs, nos sacro-saintes valeurs capitalistes (shame on us !). Bon ben c’est bien beau tout ça, très humaniste, mais pas très neuf. Presque tous les groupes de hard-core noisy ont la même démarche sociale. Cette motivation à revendiquer justice, liberté, équité. Malheureusement les paroles hurlées à pleins poumons rendent incompréhensible cette bonne volonté et les saturations lancinantes fatigueront vite les profanes du genre. La déduction évidente de tout ce tralala est que : soit vous êtes des habitués de ce genre de message et de musique, et si vous n’avez toujours pas changé d’esprit, c’est peine perdue ; soit vous n’êtes pas habitués et je vous souhaite bonne chance pour le branlage intellectuel qui vous attend. Il ne faut pas nier, malgré tout, une bonne composition de la part du groupe, tout à fait honnêtement, ils peuvent se mesurer aux autres artistes humanistes, qui sévissent eux aussi sur la scène hard-core, sans aucune gêne. Petit clin d’œil : même si le groupe considère que ‘les médias alimentent la misère’, c’est quand même bien sympa une petite chronique. Non ?