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Son Of Dave

Blues at the Grand

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Son of Dave, c'est le patronyme utilisé par Benjamin Darvill pour baptiser son projet. Agé de 46 balais, il est originaire de Winnipeg, au Canada, mais vit aujourd'hui à Londres. Au cours des 90’s, il a milité au sein du groupe de folk/rock Crash Test Dummies. Il joue de la guitare, de la mandoline, du piano, de l'harmonica, se sert de boîte à rythmes et chante. Il est également auteur et compositeur. SoD compte à ce jour 5 elpees à son actif. Le dernier, "Shake a bone", est paru en 2010 ; et il avait été très bien reçu de la critique. Pour concocter ce « Blues at the Grand », il a de nouveau joué à l’homme-orchestre, ne tolérant pour collaborateurs que la présence de Martina Topley Bird ainsi que du claviériste Will Foster. Benjamin a conservé une certaine filiation au blues. Comme harmoniciste, il puise d’ailleurs son inspiration chez de vieux bluesmen comme James Cotton et Sonny Terry?

Les instruments se mettent en place : piano, harmonica, boîte à rythmes et saxophone. Son of Dave est sur les rails pour transporter "Well, well, well", un boogie accrocheur, parcouru par la voix overdubbée de Miss Topley Bird. Une cadence syncopée prévoit une "Hot summer night". De sa voix sans éclat qu'il force pour dominer les harmonies vocales féminines, Benjamin crie sa joie de vivre cette chaude nuit d'été. Les drums imposent le tempo alors que chaque couplet est ponctué de quelques phrases à l'harmonica. Pop/soul, "We goin' out" est une piste très dansante, contagieuse, caractérisée par le travail impeccable opéré par Jimmy Hogarth à la production ; chiadées, les voix féminines et masculines se répondent à propos. Une formule reconduite sur "Titty shake", une forme de ‘work song’ adaptée au XXIème siècle. Les voix et les percussions cèdent ensuite le relais à de timides envolées à l'harmonica et au saxophone. "They let too many people in" navigue quelque part entre hip hop et R&B. Si la voix est volontiers grave, elle est capable d’adopter d’autres registres. Le recours à la musique à bouche est destiné à renforcer le caractère hypnotique du tempo de cette compo relativement dense. Et lorsque la voix de Darville plonge dans les graves, c’est pour mieux pénétrer dans le blues basique. Ballade empreinte de délicatesse et d’esthétisme, "Old Mexico" est subtilement sculpté dans les cordes de guitare acoustiques d’inspiration hispanique. Et le résultat est particulièrement grisant. Malgré ses percussions électroniques et les boîtes à rythmes, "Miss Katalin" lorgne vers le mythique Sonny Boy Williamson. A cause des effets sur les vocaux et de l’harmo. Ballade mélodieuse, "Bow wow" baigne dans la douceur. Même la voix est paisible. Et la présence de claviers est destinée à renforcer l’aspect contagieux de cette plage. Une face séduisante qu’on retrouve sur "Lay your hands", morceau au cours duquel le timbre fragile de Martina s’immisce discrètement. Encore un titre pop/soul, "Poor me". Une composition cependant chargée d’accents exotiques et à la structure complexe. Son of Dave nous quitte sur "If only". Sa voix, le piano et son harmonica aussi. Si ce disque est de bonne facture, on regrettera sa brièveté. A peine une demi-heure, c’est un peu court, cher Benjamin !

 

Son Of Dave

Shake a bone

Écrit par

Benjamin Darvill est né à Winnipeg, au Canada. Il est âgé de 43 ans et a choisi pour pseudo Son of Dave (NDR : on suppose qu’il s’agit du fils de Dave). Au cours des 90’s, il a milité chez les Crash Test Dummies. Il s’est établi à Londres, il y a une dizaine d’années. Il affectionne se produire en solitaire, vêtu d’un costard trois pièces ‘années 50’, une cravate très colorée, parfaitement nouée autour du cou, et coiffé d’un couvre-chef en feutre. Il chante, joue de la guitare, des percus (NDR : modestement !) et de l’harmonica, dans lequel il souffle comme un possédé. Il cite d’ailleurs James Cotton et Sonny Boy Williamson 2 comme maîtres. Il signe une bonne partie de son répertoire, même s’il n’hésite pas reprendre, à sa sauce, d'authentiques canons du blues, à l’instar de "Mannish boy", "Rollin' & tumblin'" ou encore "Crossroads". C’est le producteur Alex McGowan qui l’a découvert. Dès leur première rencontre, McGowan l’invite à entrer en studio ; mais il faudra plusieurs mois avant que Benjamin n’accepte la proposition. Son of Dave aligne alors successivement "02" en 2006 et "03", en 2008. Pour votre info, sachez qu’auparavant, il avait déjà sorti un opus intitulé "01". Sans oublier un long playing publié, avant 2002, sous le patronyme de Wild West Show. Manifestement, Darvill ne se creuse pas trop les méninges pour choisir le titre de ses elpees. Et prend sans doute, pour exemple, la discographie du Led Zeppelin.

Pour concocter ce nouvel album, il a traversé l'Atlantique et s'est rendu à Chicago, sous la houlette de Steve Albini. Une œuvre dont le style, né d’un mélange de blues et de pop, est toujours aussi déjanté. "Rock & roll talent show" ouvre la plaque. Les sonorités déversées par l’harmonica sont nerveuses, saccadées, industrielles. Les percus sont assurés par une boîte à rythmes. Puis une voix frémissante, ample, susceptible de pousser des cris indescriptibles, comme si elle émanait d’outre-tombe, entre en scène. Déjà l’intensité est à son paroxysme et on est proche de l’envoûtement. D’ailleurs, on ne  se rend guère compte que nous venons de glisser vers le titre maître. Une compo imprimée sur le rythme du chemin de fer. Le train est lancé à toute vapeur sur les voies ferrées. Il se rend vers l'Ouest lointain. Il règne sur cette plage un climat de transe permanent, proche de la jouissance. Furtivement, une vision de la Louisiane se dessine, lorsque l’harmo emprunte la sonorité improbable d’un accordéon décharné. La fatigue commence à produire ses effets. "She just danced all night" s’insinue lentement et s’enroule tel un serpent autour d’un arbre frêle. La voix devient soudainement proche. Les percussions campent bien sur leur position. La musique à bouche va et vient. Et pénètre votre subconscient de plus en plus profondément. Le timbre vocal est susceptible d’embraser plusieurs octaves. En cours de périple, on imagine débarquer sur une plage de Kingstown. Et pour cause, la rythmique de "Voodoo doll" emprunte un profil quasi reggae. A cet instant, Robert Plant passe pour un vieux sage. Retour au calme lors de l’indolent "Guilty". Une compo séduisante qui baigne intégralement dans le blues. Tant le chant que les petites phrases instrumentales, destinées à entretenir un climat chaleureux. "Revolution town" est une compo fébrile et spasmodique. Dave est véritablement possédé par sa musique. Et on n’est pas au bout de nos surprises, puisque bien que balisé par un harmonica, "Stiletto" concède une véritable mélodie. "You all but stay" est un autre titre lent. Un blues qui a du vécu. Tout au long de cette plage, il démontre qu’il est capable de créativité. Saturé de techno funk blues, "Ain't nothin' but the blues" relève spécifiquement du concept Son of Dave. "The way we roll 'em" clôt cette œuvre. Un morceau qui nous replonge au sein d’une autre époque. Celle angoissante et oppressive, au cours de laquelle les esclaves noirs trimaient dans les champs de coton. Une œuvre fort originale, concoctée par un personnage très énigmatique…