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Julia Drouot a coupé court…

De ses années de conservatoire, il reste à Julia Drouot peut-être le goût de ses fugues, non pas celles qui se jouaient au XVIIème siècle dans les salons des cours européennes, mais celle qui se chausse de semelles de vent. La chanteuse et compositrice a…

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Spiritualized

Let it come down

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Seul maître à bord depuis qu'il a viré Mike Money, Damon Reece et Sean Cook (NDR : ils ont fondé depuis Lupine Howl), Jason Pierce a entièrement écrit et co-produit le nouvel opus de Spiritualized. Un disque pour lequel il a reçu le concours d'une bonne centaine de musiciens, dont des choristes gospel et un orchestre symphonique. Excusez du peu ! Sans oublier les arrangements panoramiques (NDR : ça rime !). Ce qui donne une envergure particulièrement vertigineuse, majestueuse, aux onze fragments de ce " Let it come down ". Et s'il subsiste l'une ou l'autre envolée torturée, hallucinatoire, pour ne pas dire psychédélique, elles se fondent totalement dans l'expression sonore. Encore que le frénétique " The twelve steps " constitue l'exception qui confirme la règle. Peu ou pas d'artifices électroniques sur cette plaque, mais un perfectionnisme ambient qui, parfois, prend une forme filmique, voire cartoonesque. Pourtant, les mélodies manifestent un feeling fondamentalement pop. Des mélodies puissantes, limpides, contagieuses, qui valent leur pesant de rêve et de fascination. Un bien bel album !

 

Spiritualized

Pure Phase

Alors que la plupart des ensembles contemporains s'évertuent à contracter voire à écourter leur patronyme, Spiritualized a décidé de lui greffer deux appendices supplémentaires: Electric et Mainline. Ce qui à première vue ne change rien au style musical développé par la formation insulaire. Encore que curieusement sa popularité se soit mise à monter en flèche? Aux Iles Britanniques, bien sûr. Et à cause de cet album. Le deuxième du combo. Une œuvre déroutante, psychédélique dans le sens le plus visionnaire du terme. Une démarche qu'aurait probablement empruntée, un jour ou l'autre, le Floyd, si Waters n'avait pas dû remplacer Syd Barrett. Le décor planté, il ne vous reste plus qu'à vous laisser transporter pendant plus d'une heure dans ce monde futuriste. Dès les premiers accords, l'auditeur est totalement submergé par la tempête cosmique, agitée d'explosions spectrales, par cette texture luxuriante où cordes de guitare, tantôt en couches, chargées de feedback, circulaires, spasmodiques, tumultueuses ou distordues, se liquéfient dans l'espace interstellaire. Et puis, au fil du sillon, la solution épouse une forme plus languissante, presque relaxante, hypnotique. Sorte de carrousel qui tourne dans le vide, réverbérant des backing vocaux teintés de gospel et des lyrics dévotionnels murmurés, chuchotés, sur un lit de cuivres, de claviers mousseux ou de cordes symphoniques. Un superbe album!

 

Spiritualized

Etre indé, c’est la clef du succès

Écrit par

Programmé en première partie de Depeche Mode, Spiritualized a vécu une situation étrange. La formation n’a pas été annoncée. Aussi, quand les lumières se sont éteintes, le public pensait voir arriver leurs chéris. Du coup, il ne voudra même pas entendre Spiritualized ! Une musique tellement éloignée du groupe-vedette qu’elle restera incomprise, et c’est bien dommage. Car finalement, malgré les conditions épouvantables, le concert sera superbe. Rencontre avec le leader, ex-Spacemen 3, Jason Pierce, peu de temps avant de monter sur les planches, pour leur deuxième soir, à Forest National.

Je voulais que Spiritualized soit la continuation de Spacemen 3, mais de façon différente. Le projet Spacemen 3 était devenu stérile, très intense mais d’une intensité stérile : il n’allait nulle part. Les concerts étaient de plus en plus prévisibles. Or, ce que j’aime dans les concerts, c’est l’imprévisible, justement. Communiquer des sensations très diverses dans un seul show. C’est la raison pour laquelle j’ai fondé Spiritualized.

Ce qui est assez étonnant, c’est que vous pouvez jouer des mêmes accords, très longtemps sans que la chanson devienne ennuyeuse, lui communiquant même un côté hypnotique…

C’est une question d’intensité à faire monter graduellement. A force de jouer la même chose pendant un certain temps, les gens peuvent entendre leurs propres sons, des choses qui leur appartiennent personnellement. C’est un peu comme regarder une image de télévision qui ne se focaliserait sur rien de précis. On finit par créer ses propres images. Dans notre musique, on présente des choses minimales, directes. Les gens finissent par y entendre des mélodies. Et si ce qu’on fait ressentir est bien, c’est que c’est bon.

Sur « Lazer Guided Melodies », les six premiers morceaux sont assez courts, les six autres plus longs…

Il y a clairement deux parties. Dans la première, les chansons sont plus classiques. Ce qu’on construit est toujours basé sur des chansons. Il ne suffit pas qu’il y ait un bon son, il faut d’abord une chanson. On fait avant tout du rock et pas, par exemple, de la musique industrielle.

Que retires-tu de l’expérience ‘Depeche Mode’

C’est très étrange de se produire devant 10 000 personnes qui te détestent. Si on avait su, on n’aurait pas accepté cette proposition. Ce soir on va jouer un set plus radical, tant qu’à faire. Une telle expérience représente tout le contraire de pourquoi on a envie de faire de la musique. Dans de telles circonstances, les compos peuvent prendre une nouvelle signification, une mauvaise signification. Une chanson comme « Smiles » est destinée à faire naître le sourire sur les visages de ceux qui l’écoutent alors qu’ici, c’est tout le contraire. C’est perçu comme si on disait ‘fuck’ au public ! On ne va pas continuer cette tournée très longtemps. Au début, on se disait ‘pourquoi pas’ ? Mais finalement, on ne voit pas très bien l’intérêt. C’est curieux, c’est comme si on était dans une bulle en plexiglas, dans un monde parallèle qui ne permette pas de rencontre avec celui du public.

Quand as-tu commencé à t’intéresser à la musique ?

Quand ? Je ne sais pas. Mais comment, oui. J’ai commencé à m’y intéresser vers 16-17 ans. Je suis devenu passionné par les groupes américains : les Stooges, les Cramps, Gun Club, Fleshtones… Quand j’ai commencé à jouer de la musique, je suppose que c’était assez proche de ces groupes ; et petit à petit, on a commencé à se forger un son qui nous était propre. Mais on n’a jamais essayé d’appartenir à la scène indépendante. Parce que la scène indé, c’est le ‘mainstream’. Tout le monde veut sonner comme un groupe indé, c’est la clef du succès. Depeche Mode est un groupe indé ! En Angleterre, des labels comme Virgin ou RCA distribuent des labels indépendants, car ils ne peuvent se faire passer comme tels.

N’y a-t-il pas un projet pour changer les charts indés en charts alternatifs ?

Mais comment va-t-on déterminer qui est alternatif ou qui ne l’est pas ? Et qui en a quelque chose à foutre ? La plupart des groupes veulent sonner comme le dernier groupe à succès. Certains ont besoin de réagir contre quelque chose. Pour nous, on s’en fout. Et puis je pense qu’il est très facile d’être avant-garde, bizarre. Il est plus difficile d’essayer de créer quelque chose de beau. Très facile de reproduire des sons à la mode, surtout si c’est pour masquer l’absence de mélodie. 3% de la dance-music et de la techno est intéressante, mais les 97% qui restent, c’est du déchet. On essaie de se cacher derrière un style de musique. C’est comme les groupes qui se complaisent dans le sous-My Bloody Valentine. Ils oublient que sous le bruit, les mélodies de My Bloody Valentine sont fortes. Chez eux, c’est créatif.

(Article paru dans le N° 14 de juin 1993 du magazine Mofo)