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Suarez

Vivant

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Suarez, dont le patronyme reste associé au charismatique Marc Pinilla, opère un virage à 180 degrés, en publiant ce nouvel opus intitulé « Vivant ».

Ce cinquième elpee correspond au dixième anniversaire du combo et propose une esthétique différente dans la direction artistique.

Abordant des univers davantage variés (« Nouveau Départ », « Céleste »), la formation assume une prise de risque évidente. Sans pour autant renier son passé, elle n’évite cependant pas quelques chansons passe-partout qui ont jusqu’ici forgé sa popularité (« Bienvenue »).

Les titres ‘grand-public’ s’enchaînent sans vraiment prendre leur envol et les thématiques gnangnans se ressemblent. Bref, cet elpee ne restera pas dans les annales. Au lieu d’un vent nouveau, le souffle se résume à une brise timorée…

Trois ans donc après avoir publié l’emblématique « Ni rancœur, ni colère », Suarez multiplie les efforts pour écrire un nouveau chapitre de sa carrière sans pour autant s’en donner complètement les moyens.

Malgré le changement de style, « Vivant » devrait ravir les aficionados de Suarez. Après l’étonnement, nul doute qu’ils y adhéreront...

Enfin, comme sur chaque LP, Pinilla et les N’Java ont adapté un tube retentissant de la variété. En l’occurrence « Sarà perché ti amo », un titre interprété à l’origine par le groupe de musique populaire italien Ricchi e Poveri, en 1981. Et si c’était la seule bonne nouvelle ?

Suarez

Dans le salon de Suarez

Écrit par

La salle de l’Ancienne Belgique est souvent le rendez-vous de belles soirées musicales. Mais quand un ‘petit’ groupe de Montois débarque à Bruxelles, le tapis rouge, c’est Suarez qui le déroule pour les spectateurs, constitué majoritairement de jeunes adultes. La salle comble les ravit, les pousse à en donner toujours plus. Plus que de jouer pour les fans, ils jouent avec eux. Simple, efficace, monstrueux, et bien d’autres adjectifs élogieux, Suarez a déjà tout des grands et peut-être même un peu plus!

La jeune Mariama arbore une tenue brillant de mille feux pour ouvrir cette soirée à l’AB. C’est seule, uniquement armée de sa guitare, qu’elle doit faire face à une salle pleine à craquer. Et le sourire affiché ne laisse planer aucun doute sur le plaisir partagé en compagnie du public bruxellois. Ses mélodies bien balancées instaurent une ambiance qui monte crescendo. De sa grand-mère Mathilde à son grand-père tchèque, la native de Sierra Leone nous emmène dans son petit monde, source de son inspiration. Elle remplit sa mission à merveille en chauffant ces spectateurs qui commencent déjà à pousser la chansonnette avec elle. Si les jours qui viennent la verront mettre le feu aux planches en première partie de Yaël Naim, cette douce voix aux rythmes entrainants devrait bientôt lui permettre de prendre son envol.

21h, les voilà enfin! Les cinq compères de Suarez prennent possession de la scène. Ils démarrent à cent à l’heure telle une voiture de formule 1. « T’étais comme » donne directement le ton de la soirée. Le public et le groupe ne font qu’un, un peu comme si les 2 000 personnes étaient sur l’estrade aux côtés du groupe. D’ailleurs, Marc Pinilla, le chanteur ne résiste pas et prolonge les morceaux encore et encore pour le plus grand bonheur de tous. Alors « On attend », « Le temps de voir » ces artistes déchaîner leur talent. Mais « Aie aie aie », comment vous décrire l’esprit qui règne sur l’assemblée quand viennent ces titres? Il faudrait presque inventer de nouveaux mots, un nouveau dictionnaire: ‘Le Petit Suarez’. Parce que citer les mots ambiance, partage, plaisir, simplicité… paraitrait tellement léger qu’il en deviendrait peu approprié. Mais après tout, « On s’en fout » de quelques mots maladroits, je préfère rester « L’indécideur » de service et vous laisser les choisir. Etre un phénomène inexplicable, c’est aussi la magie du groupe montois! On a juste envie de tous entrer dans « La danse », comme si l’Ancienne Belgique était leur salon et qu’ils jouaient pour un groupe d’amis. Et au-delà des mélodies fêtardes, Marc est aussi capable d’user d’une voix sensible, capable de réveiller quelques émotions qui font du bien. Elles restent là, en nous, sur le bord de notre cœur, « Juste pour voir » quand on va refaire appel à elles. Mais déjà vient l’heure du rappel et elles ont peur d’avoir été abandonnées. Mais puisque Suarez est généreux à souhait, ils offrent un petit cadeau à Mariama et lui font grâce d’un titre en leur compagnie. La salle est en ébullition. Et puis, ce concert atteint son zénith, son summum, les émotions tantôt laissées pour compte explosent dans tous les sens. Chacun voit « La vie en rose », tel « L’amant » devant sa bien-aimée. Un moment particulier… Tous au devant de la scène, ils se posent délicatement en harmonie avec ce public admiratif. Vient alors l’heure de se quitter… Un dernier titre, un chanteur qui descend parmi les fans, gagné par une frénésie, se fendant d’une déclaration d’amour auprès de l’auditoire bruxellois qui n’a pas failli à sa réputation. Un bouquet final pour clôturer cette soirée de folie, de pur bonheur pour les oreilles. Les cinq artistes quittent la scène, un peu à contrecœur. Aah « Qu’est-ce que j’aime ça » quand des groupes sont capables de voir grandir leur notoriété en gardant cette simplicité et cette proximité avec le public!

(Organisation : Nada Booking)