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Sparks dans la lune

Sparks, éternel laboratoire de la pop, poursuit son exploration de territoires inédits.…

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Sukilove

Drunkaleidoscope

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Sukilove aime le rythme et a décidé de s’en servir pour enregistrer ce « Drunkaleidoscope », leur nouvel album. Deux drummers ont ainsi participé aux sessions : Stoffel Verlackt et Helder Deploige ! Cet opus ressemble à un kaléidoscope sonore, au cours duquel l’ouverture d’esprit d’un Talking Heads rencontre la rage de Japandroids, tout en invitant le jazz mutant ainsi que des reliquats d’électro et de hip hop. Tout un programme ! Ce groupe belge –à géométrie très variable– est dirigé par Pascal Deweze (que l’on a déjà aperçu chez Metal Molly et Broken Glass Heroes). Et « Drunkaleidoscope » constitue son troisième opus.

Difficile de décrire en quelques lignes la musique de cette formation unique en son genre. C’est sûr, elle est expérimentale. Ainsi « Calm » vampirise judicieusement Spoon, le très drôle « Beatlesnake » (‘I’m a Beatlesnake, I’m a Beefheartsteak, Gainsbourgfake, Beach Boycake…’) lorgne vers la forme la plus pop de Battles, « Somehow Someday » butine généreusement Pollen alors que « Lancelot » évoque plutôt l’univers de Rafter. Bref à l’instar de son titre, « Drunkaleidoscope » part dans tous les sens. Sur cet excellent elpee, Sukilove féconde une pop mutante aux frontières floues mais passionnantes. Etonnant !

Sukilove se produira ce 21 novembre au Charlatan de Gand, le 7 décembre au Trix d’Anvers et le 12 janvier à De Grote Post à Ostende.

 

Sukilove

De Londres à Bruxelles…

Écrit par

C’est après avoir accompli une longue tournée à travers la Grande-Bretagne (Londres, Reading…) que les cinq Gantois de Sukilove sont venus déposer, un dimanche soir d’hiver bruxellois, leurs guitares sur l’estrade du Botanique. Environ cinquante visages clairsemaient timidement le parterre de la Rotonde pour découvrir le nouveau projet original du compositeur/guitariste/chanteur Pascal Deweze. Il est soutenu par quatre acolytes. En l’occurrence Stoffel Verlackt, préposé aux drums, Toon Offeciers, au piano, à l’orgue, au moog et aux samplings, Tim Vandenbergh, à la basse ainsi que Sjoerd Bruil, à la guitare. Qui se chargent également des backing vocaux. Projet créatif, rappelons-le, concocté en 14 jours à peine et directement suivi d’une tournée européenne (voir chronique Cd). Restait donc aux cinq ‘homo-érotico-rockeurs de nous présenter leur inclassable « Rusty Pop », sur scène.

Pour entamer le set, « New Begining », titre d’ouverture du premier elpee, pare le décor musical d’un pop-rock épique tambourinant. Les percussions se caressent de riffs doux et nous guident progressivement vers la découverte d’un bouquet électrique composé de 12 fleurs pop-rock dont 8 éclosent de l’album. Lors de ce trip musical, on assiste à un concert où les versants lugubres et nihilistes de « Static Moves » s’estompent graduellement et laissent place à un pop rock plus classique et moins expérimental que sur la galette. L’unique écho nous restituant l’atmosphère de l’album est répercuté à travers une superposition d’harmonies vocales en strates joliment architecturées. Les cinq voix parlent et s’épousent magistralement pour créer un univers singulier, particulier au groupe.

Un rock plus fragile et plus dénudé est effectivement dispensé en ‘live’ mais nous offre cependant un ensemble merveilleusement orchestré. Ce quintet est indéniablement constitué d’excellents instrumentistes qui font aisément la démonstration de leur expérience artistique. Malgré la météo glaciale pétrifiant la capitale, le combo le lance dans un final particulièrement agressif. Les guitares s’énervent en riffs plus durs et glissent, par intermittence, des instants psychédéliquement agités. On détecte, cependant, une certaine lassitude dans la voix de Pascal Deweze lors des intermèdes ; une fatigue certainement consécutive à une fastidieuse tournée anglaise.

Ecouter « Static Moves » avant de découvrir le groupe sur les planches, offre une perspective plus objective du potentiel de la formation gantoise.

De retour au pays, Sukilove se produira prochainement à travers la Belgique (Anvers, Gand et Laarne) et les Pays-Bas (Utrecht, Leeuwarden et Amsterdam) du 30/12/2009 au 17/04/2010. Informations disponibles sur le website Myspace du groupe : http://www.myspace.com/sukilove

Organisation : Botanique.

(Voir aussi notre section photos) 

Sukilove

Static Moves

Écrit par

Nouvelle alerte musicale sur la scène anversoise : Sukilove ! Usant de sa vaste expérience artistique, Pascal Deweze (Metal Moly, Mitsoobishy Jacson, Mauro Pawlowski...) nous offre un bouquet épineux d’une inclassable virtuosité. Douze fleurs du mal qui s’agitent sur les champs musicaux de notre plat pays et s’annoncent comme l’une des curiosités musicales de cette année 2009. D’une naturelle inventivité, le très expérimental « Static Moves » construit sa propre cathédrale de son. Pas d’étiquette pour le ‘ homo-érotico-rock sans prestige’ des cinq Anversois. Un ‘rusty Pop’ au nihilisme sombre et abstrait qui s’assied flegmatiquement sur tous les genres convenus. Autre particularité surprenante : les 12 pistes de ce quatrième elpee seront construites en à peine 14 jours. Exploit suffisamment rare pour être souligné. Quelques accords et quelques mots fraîchement cueillis chaque matin par Pascal Deweze et expéditivement enregistrés par le groupe le soir même. Seuls la voix et le piano viendront ultérieurement se greffer aux compos. La créativité se forgerait-elle dans l’instant et la spontanéité ?

Le résultat se fond dans une collection atypique de chansons brutes et intenses aux mélodies granuleuses. Un pop-rock-garage aux étranges dissonances multicolores. Le single « Choose Your Goods » exprime merveilleusement bien cette tendance où le son des guitares discordantes et la mélodie sont en désaccord. Sukilove s’amuse à jongler sans cesse avec les sonorités les plus diverses (pop, rock, garage, prog-rock, électro, soul, gospel, etc.) tout en manifestant une habileté saisissante pour effacer les lignes de clivage entre les influences musicales. La collision des sons se feutre et s’interrompt, la substance sonore se distille savamment. Sensation palpable à travers les esquisses sonores de « Fear » qui ébauchent des paysages tourmentés et angoissants, furieux et somptueusement hypnotiques.

Autre visage du quintette anversois : sa pop torturée rôde visiblement non loin des champs musicaux de Radiohead (« Leave Me Alone »). Lieu où les arrangements et la voix de Pascal Deweze réinventent les versants créatifs et expérimentaux de Thom Yorke (« 4AM » et « Contemplaying »). 

L’art abstrait délibérément hermétique de Sukilove nous offre un pop-rock alternatif et expérimental qui se révèle peu accessible à la première lecture. « Static Moves » se veut exigeant et requiert de l’auditeur un effort culturel d’adaptation avant de pénétrer pleinement dans l’univers singulier du groupe. Un incontournable pour tout amoureux de musique ‘autre’. 

En concert ce 13 décembre au Botanique de Bruxelles.

 

Sukilove

Good is in your bones

Écrit par

Chanteur à la voix d’or (entre McCartney et Beck), Pascal Deweze appartient à cette catégorie de musiciens flamands réputés pour leur créativité. Des artistes qui, au cours des années 90, ont intronisé la Belgique sur la carte mondiale de la pop. Après avoir dispensé sa power pop chez Metal Molly (et leur tube « Orange »), l’ami Pascal n’a pas chômé. Il a notamment apporté sa collaboration à l’enregistrement des albums de la formation batave, Bettie Serveert, joué chez Chitlin’ Fooks et fondé, en compagnie de Mauro Pawlowski (leader des Evil Superstars), les excellents Mitsoobishi Jacson et Shadowgraphic City.

Depuis quelques années, Sukilove constitue son principal projet. Le troisième album de sa formation a bénéficié du mixage avisé d’Aaron Prellwitz. Pas un type né de la dernière pluie, puisque quelques pointures ont déjà fait appel à ses services… dont Neil Young. Posée sur un tapis de guitares et de claviers fortement électrifiés, cette œuvre sombre et atmosphérique est alimentée par des rythmiques rock essentielles. Ce « Good is in your bones » fait même penser aux travaux solos de John Parish voire à un Tom Waits plus expérimental ; encore que certains aspects pop (NDR : les plus limpides !) s’inspirent manifestement d’un McCartney. Marécageux, psychédélique, ce disque - ma foi fort agréable à écouter - recèle trois compos absolument remarquables : « Mama », « Let’s Dive » et « Even the angels sin ». Dommage cependant que le reste ne soit pas de la même facture…