Nous sommes à l’aube des années 90, sortant d’une décennie moribonde, le monde du rock s’apprête à connaître en connaître une autre, probablement une des plus riches de son histoire.
Pléthore de groupes issus d’horizons différents voient le jour et donnent naissance à un son nouveau.
Les guitares se taillent la part belle du lion : elles crient, se diluent dans l’espace, explosent, crachent et prennent le contre-pied.
Des noms émergent, gravitent les uns autour des autres, montent au firmament, étincellent parfois ‘just for one day’ ou s’inscrivent à long terme dans les livres d’histoire.
My Bloody Valentine, Slowdive, Pale Saints, Sway. Ah, ben, non, pas Sway.
Parce que Sway est né bien plus tard. Sway a écouté ces groupes, et a été stigmatisé par le son de ses illustres novateurs.
Nous sommes en 2012 et « This Was Tomorrow » annonce la couleur.
Le Rock est cyclique. Eternel recommencement. Comme la mode. Comme le monde.
Alors, pourquoi bouder son plaisir ?
Parce que Sway n’apporte rien de bien original, hormis de subtiles touches d’électronique parsemées ça et là et qui du reste ne dénaturent pas leur « Pygmalion » ?
Certes, mais loin d’être une simple resucée, cet album dévoile une véritable identité, celle d’Andrew Saks, le nostalgique à l’origine de ses sonorités évanescentes d’hier, mais qui résonnent encore à nos oreilles, au temps présent, avec bonheur.
Cet elpee tente d’ailleurs de s’émanciper à l’une ou l’autre occasion.
Mais étrangement, c’est quand il rappelle vivement ces illustres prédécesseurs qu’il est le meilleur (« Palos Verdes», « What I Know » ou « Tunnels », qui à lui seul semble faire la somme du Shoegaze en trois minutes quarante trois).
Un disque qui souligne un trait sous la ligne du temps, parce qu’aujourd’hui est le demain d’hier.