Le rire de Will Paquin

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Le parfum de vie de Goudi

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Tahiti 80

The Sunshine Beat Vol. 1

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Plus grand monde ne semble se soucier des élégantes et régulières sorties de Tahiti 80 sous nos latitudes… pourtant les Français ont toujours le même talent pour composer des hits aux mélodies imparables. Et ils le démontrent, une nouvelle fois, tout au long de « The Sunshine Beat Vol.1 », un album présenté comme une collection de chansons nées de la rencontre entre la quintessence de la sunshine pop chère aux Beach Boys et du power beat de Big Star.

Depuis ses débuts (NDR : en 25 ans, le combo a gravé 7 elpees) la bande à Xavier Boyer, à l’instar de leurs compatriotes Phoenix, défend une certaine idée de la pop. Considéré comme un groupe culte au Japon, comme ses acolytes le sont aux States, Tahiti 80 tisse des mélodies ultra ‘catchy’, alimentées par une voix claire, une ligne de basse caoutchouteuse et des mélodies réellement imparables (« Natural Reaction »). La corrélation entre le band versaillais et rouennais est d’ailleurs évidente sur des titres comme « Hurts » ou « Wonderboy ». Que de bonnes ondes pop ensoleillées sous les tropiques de Tahiti 80 !

Tahiti 80

Tahiti 80 a plus d'une corde à son arc...

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Si mes souvenirs sont bons, la dernière fois que si peu de monde s'était déplacé pour un concert rock à la Maison de la Culture, c'était en 2002. Le 21 décembre, très exactement. Mais pour un spectacle qui se déroulait au beau milieu de l'après-midi. Etonnant, lorsqu'on sait que depuis, ces rendez-vous ont toujours été couronnés de succès. Mais un peu moins de 150 personnes pour accueillir Tahiti 80, lorsqu'on sait qu'au Japon ils se produisent devant des dizaines de milliers de personnes, donne à réfléchir. Manque de promo ? Absolument pas ! Même s'il faut reconnaître que l'annonce de l'affiche n'a guère été matraquée sur les ondes radiophoniques… Une mauvaise date ? Probablement. D'abord, en automne il y a prolifération de manifestations de ce type. Et elles font suite aux festivals estivaux de plus en plus nombreux et de plus en plus onéreux. Or à la rentrée, les portefeuilles des jeunes sont vides… Une tentative d'explication qui en mérite d'autres. Mais une chose est sûre, les absents de ce vendredi 23 septembre 2005 ont eu tort !

Finaliste du Concours Circuit, Minerale pratique une musique particulièrement rafraîchissante. Une sorte de britpop dont les mélodies contagieuses balayées de sonorités de guitares bringuebalantes peuvent rappeler House Of Love. En outre, le timbre vocal de Jack est capable d'inflexions aussi haut-perchées que Guy Chadwick, voire de Peter Perrett (Only Ones). Un chanteur/guitariste qui passe épisodiquement à la sèche. Tout comme le claviériste a la faculté de est capable de se distinguer aux six cordes. Vêtu d'un élégant costume de grenadier (?), le bassiste se sent comme un poisson dans l'eau (NDR : oui je sais, le jeu de mots est facile) ; et lorsque tout le groupe s'arrête de jouer et se fige dans un salut militaire, il ressemble à un soldat de plomb. En fin de parcours, le groupe intègre habilement le « Love will tear us apart » de Joy Division dans une de ses chansons, démontrant à nouveau son goût prononcé pour la musique insulaire. Une chose est sûre, il y a du talent chez Minerale. Et à force de travail, il pourrait finir par payer.

Révélation de la dernière édition du festival d'Hiver Rock, qui s'est déroulée en février dernier, Malibu Stacy vient d'enregistrer un Ep 5 titres. Un disque qui prélude la sortie d'un premier album. Mais la formation liégeoise ne veut pas brûler les étapes. Et souhaite donner le meilleur d'elle-même pour le concocter. Ce qui explique pourquoi le combo travaille dur et tourne inlassablement à travers la Belgique ; histoire d'être au top le jour J. Mais l'expérience acquise se traduit à travers leurs sets, de plus en plus soignés et de plus en plus explosifs. En outre, le chanteur, Dave de Froidmont, s'impose de plus en plus comme la tête de proue du band. Non content de disposer d'un timbre vocal puissant, sensuel et souple, mais il se révèle un fantastique showman. Il bondit sur les planches à la manière d'un Paul Smith (Maxïmo Park) ou se contorsionne comme Iggy Pop. Enorme différence, Dave est toujours habillé, et même bien fringué. Agile comme un chat, il lui arrive de descendre du podium pour rejoindre l'auditoire, avant d'y retourner comme s'il était monté sur ressorts. Pas étonnant que parfois, le fil de son microphone reste coincé dans les retours de scène. Episodiquement, il se saisit d'un micro astatique, accentuant ainsi l'aspect sauvage des mélodies alimentées par des riffs de guitare incisifs, des drums frénétiques, une basse pulsante, et éclaboussées par un moog aux sonorités désuètes. La musique de Malibu Stacy peut faire penser à Pavement et Weezer. Mais les influences sont tellement diluées, qu'il est difficile de les discerner. Et c'est là tout le mérite de la formation liégeoise. Le public est conquis et sollicite un rappel. En échange, Dave lui demande de quitter ses sièges et de s'approcher de l'estrade. Le pari est gagné.

Auteur d'un troisième album en mai dernier (« Fosbury »), Tahiti 80 est donc reparti en tournée. Un périple pour lequel la formation rouennaise s'est adjoint un cinquième musicien : un percussionniste (NDR : capable de doubler aux drums lorsque Sylvain passe aux claviers). Un choix judicieux pour une musique qui lorgne de plus en plus vers le funk, la soul et le r&b. La première chose qui frappe chez Tahiti 80, c'est la voix de Xavier Boyer. Un beau gosse qui doit faire tomber une multitude de filles en pamoison. Xavier passe en outre régulièrement aux claviers, instrument installé sur le devant de la scène. Limpide et fluide, sa voix surfe sur des mélodies chaloupées et paradisiaques. Qu'illumine des textes toujours chantés dans la langue de Shakespeare. Des lyrics qui traitent essentiellement d'amour et des flirts de l'été. Barbe de trois jours (NDR : on dirait le sergent Garcia qui aurait bu un élixir de jouvence), Pedro - le bassiste - entretient le groove. Tout comme le drummer, par ailleurs. Mais Sylvain est également capable de donner une coloration jazzyfiante à son drumming. A charge pour Mederic de fignoler les sonorités de ses interventions presque cliniques à la six cordes. Une chose est sûre, le son est parfaitement clean. Mais manifeste beaucoup plus de punch que sur disque. Et lorsque Pedro coiffe une tête de panda, c'est pour amorcer une fin de set endiablée. Un épilogue au cours duquel le groupe va interpréter un « Never forget » et un « Changes » totalement irrésistibles. Lors de ce dernier morceau, Pedro va même rejoindre Sylvain pour donner davantage d'intensité percussive à la compo. En guise de rappel, Tahiti 80 va tout d'abord nous proposer un morceau mid tempo, puis le slow « Something about you girl". Et alors qu'on pensait qu'il allait terminer sur un mode mineur, la formation normande s'est replongée dans le funk excitant à travers « Heartbeat ». Beaucoup plus atmosphérique, le deuxième rappel nous a même démontré que les instrumentistes avaient plus d'une corde à leur arc…

 

Tahiti 80

Ballroom

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Tahiti 80 appartient à cette catégorie de groupes dont j’ai toujours entendu parler mais dont la musique m’était finalement inconnue… « Ballroom » constitue pourtant son sixième elpee ! Phoenix (NDR : des Versaillais) et Tahiti 80 (NDR : des Rouannais) partagent l’honneur d’être plus populaires à l’étranger (au Japon surtout…) que dans l’Hexagone…

Toujours emmenée par Xavier Boyer et Pedro Resende, la formation propose des morceaux taillés dans une même pop que celle de leurs illustres confrères. A l’instar de l’inaugural et très efficace single « Crush ! ». Entre ballade pop romantique (« Love by Numbers » et son saxo), vignettes pop sautillantes (« Coldest Summer ») et mélodies accrocheuses (« Seven Seas »), « Ballrooms » souffre cependant de quelques pistes plus faibles, comme sur le très mollasson « The God of the Horizon ». Ce qui n’empêche pas l’ensemble de tenir parfaitement la route ; et la présence du décidément omniprésent Richard Swift, déjà responsable de la mise en forme des très beaux long playings de Foxygen, The Shins et Damian Jurado récemment, n’y est pas étrangère. La conjugaison du son organique et synthétique solidifie le son, une cohérence qu’on retrouve de bout en bout dans cette musique dansante et mélancolique à la fois. Tahiti 80 constitue sans doute une découverte tardive pour votre serviteur, mais une excellente découverte avant tout…

 

Tahiti 80

The Past, The Present & The Possible

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Du changement pour la formation rouennaise, puisque le quatuor s’est élargi à un sextet, les deux musiciens participant aux tournées, Julie Barbagallo et Raphaëll Léger ayant rejoint définitivement le line up. Du changement également à cause de l’introduction d’éléments électro dans leur musique. Une première pour le combo, qui jusqu’alors, avait toujours privilégié la pop basique.

“The Past, The Present & The Possible” constitue leur cinquième opus, un oeuvre dont le titre est significatif d’une volonté de faire évoluer leur musique. Mais dans le domaine du possible. Electronica et boîtes à rythmes se sont donc immiscés dans l’expression sonore conventionnelle pour délivrer une électro pop riche, sophistiquée, à la limite ‘philspectoresque’. Parfois teintée de soul (« Darlin’ (Adam & Eve song) »), susceptible de libérer un bon groove (« Gate 33 ») ou sculptée dans la house mancunienne (« Solitary bizness »). Pensez à Happy Mondays ou aux Stone Roses. Si la plage d’entrée (« Defender ») est imprimée sur un tempo krautrock, malgré ses quelques accents de claviers vintage, « Crack up (extended) » nous plonge dans une électro tribale de plus de 8’, digne des Chemical Brothers. Mais en général, hormis le plus ténébreux « Nightmares », l’opus baigne dans un climat allègre, ensoleillé. Les superbes harmonies vocales ‘brianwilsonesques’ entretiennent ce climat ; mais également les ballades mid tempo (NDR : la seconde partie du titre maître et « 4am »), abordées dans l’esprit de Nada Surf. Un album sympa à écouter, mais qui ne recèle toujours pas de hit potentiel…

Tahiti 80

Activity Center

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Après avoir tâté de la soul et du rhythm’ blues sur “Fosbury”, sous la houlette des Yankees de N.E.R.D., expérimenté l’une ou l’autre aventure en solitaire (Xavier sous le pseudo Axe Riverboy, Pedro au sein d’un projet électro-dub baptisé MaRadioStar et Médéric à travers un concept electro lo fi répondant au patronyme de Rainbow Dogs), Tahiti 80 a décidé d’en revenir à ses sources. C'est-à-dire à de la pop fondamentale et sophistiquée. Qui navigue aujourd’hui quelque part entre les Zombies et Nada Surf, sans les envolées de guitare. C’est d’ailleurs le groupe rouennais qui s’est chargé de la mise en forme des douze plages de l’opus. Un disque dont le titre est inspiré d’un jouet Fischer Price destiné à l’éveil du nourrisson. Les musiciens de la formation ont même expliqué qu’il recèle tellement de boutons et d’alternatives, qu’ils ont fait le rapprochement avec leur studio. Les harmonies vocales sont limpides, parfois même ‘brianwilsonesques’, les mélodies ensoleillées, contagieuses, rafraîchissantes, l’instrumentation impeccable, la production raffinée (il y a même quelques arrangements de cuivres sur le slow très sixties « Fire escape » ainsi que sur « Come around » et un zeste de clavier vintage épice « Unpredictable »). La plupart des compos sont allègres et vous donnent même envie de les fredonner sous la douche. Alors que manque-t-il (NDR : rien à voir avec le coureur cycliste français décédé en 1987) à Tahiti 80 pour faire la différence. Le succès. Et là, il n’y a que le public qui peut décider…

 

Tahiti 80

Fosbury

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Jusqu’ici la magnifique formule de Tahiti 80, quatuor normand de 10 ans d’âge n’a été performante... qu’au Japon! Mais là-bas, les Rouennais sont interprétés dans les karaokés locaux, ce qui leur vaut cette étrange situation : ils sont inconnus dans leur pays ou presque, et de véritables stars en Asie, sans qu’ils comprennent vraiment, ni pourquoi l’Europe les boude, ni pourquoi le Japon les adule... Nous, non plus, on n’a pas d’explication. En toute logique, la pop de Tahiti 80 devrait être reconnue mondialement, tant leur mélange de soul, de musique électronique et de pop sixties est efficace sur disque. Leur troisième met la rythmique plus en avant, au même plan que la mélodie, mais n’arrache pas les oreilles pour autant. Les chansons restent accessibles à tous, mélodiquement efficaces, ayant un pouvoir extraordinaire : celui de donner une pêche festive, de mettre de bonne humeur même le pire des déprimés. Il y a sûrement quelque chose de paradisiaque dans « Fosbury », mais quoi ? La voix aiguë ? Les arrangements qui tiennent à la fois du passé de la pop et de son futur ? Les chœurs volatiles ? Le fait qu’il s’agit d’un métissage entre musique noire et musique blanche ? Allez savoir...

Peut-être doit-on trouver l’explication dans le titre que le groupe a donné à ce dernier album. « Fosbury », c’est bien sûr Dick Fosbury, un sauteur en hauteur américain couronné à Mexico en 1968. Le gaillard n’avait pas tenu compte des railleries générales sur sa façon si peu académique de pratiquer son saut... en franchissant la barre à l’envers de ce qui se faisait habituellement! Depuis, le saut à la Fosbury a fait école et une bonne moitié des sauteurs utilise la technique dorsale qu’il a inventée. Tahiti 80 veut visiblement, lui aussi, faire fi de l’incompréhension des gens, garder sa propre identité, cultiver sa différence et - qui sait? - un jour influencer toute une génération de musiciens. Ce 3e opus, le plus accompli de la carrière de Tahiti 80, contient aussi le discours le plus optimiste et positif qu’on ait entendu cette année. Tous les côtés mélancoliques du précédent ont été gommés pour notre plus grand plaisir.

Tahiti 80

Une musique noire jouée par des blancs…

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Fondé en 1993, ce groupe rouennais rencontre un succès phénoménal au Japon. Par contre, en France, il est considéré comme marginal. Peut-être parce que les chansons sont interprétées dans la langue de Shakespeare. Ou que leur musique n’accroche pas le public hexagonal. Pourtant, le combo ne manque pas de talent. Et puis, au fil des albums, il n’hésite pas à se remettre en question. Avant de se produire en concert à la Maison de la Culture de Tournai, Xavier Boyer, parfois rejoint par ses acolytes, nous a accordé cette longue interview…

Tahiti 80 pratiquerait de la pop moderne traditionnelle. C’est ce que mentionnait un article, paru dans un magazine de presse musicale spécialisée. Partagez-vous ce point de vue ?

(Cacophonie ambiante) Ce n’est certainement pas ce qu’on a pu déclarer. En outre, ca ne veut rien dire du tout. Donc…

Oui, il me semble !

On a toujours beaucoup écouté les artistes issus des sixties. C’est la source d’inspiration basique de notre son. Des sixties, mais aussi des seventies. Parce qu’il existait une approche dans l’écriture des morceaux qui a peut-être un peu disparu aujourd’hui. Mais on a toujours suivi l’évolution musicale. Tant à travers la musique électronique que noire : la soul, le hip-hop, le dub ou le reggae. Notre objectif était ainsi de mêler tradition et modernisme. Pas de rester bloqué dans le passé ; car si c’est pour refaire ce qui a déjà été fait, ce n’est pas très intéressant. Mais lorsqu’on parvient à combiner des éléments hétérogène, le résultat est  généralement original et assez personnel.

Vous appréciez la musique des sixties, et en particulier les Beatles, les Zombies et les Beach Boys. Que vous ont apporté ces groupes sur le plan musical ?

Je pense que les années 60 étaient une époque au cours de laquelle les compositeurs étaient encore capables d’écrire des chansons. Elles recelaient de véritables progressions harmoniques et on pouvait compter jusqu’à 50 accords par morceaux. La totale quoi. Que ce soit au niveau du songwriting, de la performance ou du son, à la fois très intéressant et caractéristique. On osait expérimenter des trucs que personne n’oserait tenter aujourd’hui. Hormis Radiohead, peut-être. Mais c’était plein de charme. Ces artistes étaient alors très, très jeunes et ne prenaient pas trop de recul. C’est absolument la période clé de la musique moderne. Mais également, ils plaçaient chaque fois la barre très haute. Ainsi quand l’un sortait un 45trs, l’autre devait absolument faire mieux. Et puis ils n’hésitaient pas à nous gratifier de singles élaborés qui atteignaient les 6 minutes. C’est la raison pour laquelle on est très branché sur cette époque. On y découvre encore et toujours des idées…

Vous avez déclaré que l’élément le plus important dans votre musique était la voix car elle crée la mélodie des morceaux. N’avez-vous jamais pensé chanter ‘a capella’ ?

Euh… On devrait ! Je pense que c’est une des particularités et un des avantages de l’anglais. La voix occupe une position centrale, tout en s’associant complètement aux autres instruments. Elle devient même instrument tout en véhiculant des idées à travers les paroles. Lorsqu’elles sont exprimées en langue française c’est différent. Le texte prime et surtout on est confronté à certaines contraintes dans le rythme. C’est la raison pour laquelle on a fait ce choix. Cet équilibre nous semblait intéressant et nous permettait de concrétiser nos idées. Maintenant, j’ignore si on va se lancer dans l’a capella. Nous allons encore patienter quelques années, pour laisser passer ce qui est encore une mode. On va attendre un petit peu et lorsque ce sera démodé, on tentera l’exercice de style…

En 1976 paraissait un film de Michel Lang qui s’intitulait ‘A nous les petites anglaises’. Vu votre succès au Japon, n’êtes-vous pas occupés de réaliser une version musicale de ‘A nous les petites Nippones’ ?

Non, non, nous n’avons jamais adopté cet état d’esprit. Nous sommes sérieux. Nous privilégions davantage l’aspect musical que l’attitude rock’n’roll. Nous ne saccageons pas les back-stages. Nous n’avons pas encore cassé de guitare sur scène ; et les groupies, nous les saluons, c’est tout. Nos fans féminines sont très gentilles et nous offrent de petits cadeaux.

Oui mais entrer en concurrence avec Bon Jovi là-bas, est-ce flatteur ou agaçant ?  

Nous sommes très contents lorsqu’on parvient à contrecarrer le pouvoir de domination exercé par Bon Jovi. D’autant que ce groupe est absolument affreux. C’est à la fois un rêve et en même temps un objectif pour chaque formation pop, quand tu débutes, de jouer une musique qui te plaît mais en même temps susceptible de plaire au plus grand nombre. C’est le principe même de la musique pop. Les Beatles, par exemple, en constituent l’exemple le plus parfait. En préservant leur intégrité artistique, ils recueillaient un succès commercial énorme. Si à notre échelle on parvient à marcher sur leurs traces dans un pays comme le Japon, c’est plutôt flatteur. Et si on réussit à piquer des fans à Bon Jovi et consorts, c’est encore mieux !

Votre nouvel album est plus black, plus funky, la rythmique davantage mise en avant, la musique me semble plus sensuelle, dansante, parfois même proche d’un certain disco. J’y détecte même un peu l’âme de Prince. Une réaction ?

C’est absolument l’esprit au sein duquel baigne l’album. Entre la sortie du 2ème et 3ème cd, par exemple, le marché nippon nous a sollicités pour réaliser une compilation. On a donc dû sélectionner les morceaux en piochant quelque peu dans le catalogue de notre maison de disques. Mais on a remarqué qu’elle possédait la collection de tous les Stax et Motown. Or nous avons toujours été des mordus de ces labels. Et tout en nous gavant de musique, surtout dansante, à cette époque, on se tapait aussi des DJ sets. Je pense que ces influences ont toujours été présentes dans notre musique. Par exemple, le premier morceau qui nous a lancé, c’est « Heartbeat ». On y retrouvait déjà ce mélange entre rythmique noire et mélodie blanche. Donc pour ce nouvel album, on décidé de se livrer à fond dans ce style, en enlevant un peu de guitare pour disposer tous les éléments rythmiques quasiment au même niveau que les voix. On a voulu enregistrer un album qui corresponde au feeling de l’instant. Pas qui se focalise sur un genre déterminé. Au final, je pense que notre manière d’écrire colle bien à cette orientation rythmique. Et le résultat est différent de tout ce qu’a pu proposer n’importe quel autre groupe jusqu’à ce jour. Et dans le futur, pourquoi pas, nous pourrions intégrer des éléments traditionnels empruntés à la musique brésilienne ou autre…

Vous aimez également Sly Stone et Marvin Gaye, mais également Curtis Mayfield. Etes-vous collectionneurs de vieux vinyles de ces artistes ?

Oui… (rires) Nous disposons tous d’une belle collection de disques du style. On les a dénichés aux Etats-Unis et au Japon. Aux States, parce qu’il y existe le plus grand éventail à des prix concurrentiels et au Japon, car on y dégote les trucs les plus pointus. C’est un peu cher mais en bon état et on a donc pas mal chiné là-bas. On a chiné au Japon (rires).

Par quel hasard avez-vous bénéficié du concours de Neal Pogue et Serban Ghenea ?

Ce sont des choix du cœur que nous avons un peu provoqué, comme la plupart des collaborations décrochées, jusqu’à présent. Deux albums nous ont toujours marqués chez Serban et Neal. Le premier album de N.E.R.D. et celui d’Outkast, notamment la partie d’André 3000. Ce sont des disques qui nous bottent particulièrement, à cause du son, des rythmiques et de cette pulsation très en avant. Mais pas comme du R’n’B trafiqué par des producteurs pour mettre la chanson en retrait. Bref, on est un peu allés au culot et on a foncé tête baissée. C’était nos deux premiers choix. Et lorsqu’on les a contactés on s’est dit que peut-être l’un des deux accepterait de mixer un compo. Mais finalement, ils étaient tous les deux hyper emballés. A un tel point que nous avons dû les départager pour attribuer les morceaux. Par la suite, notre collaboration a été plus étroite avec Neal. Nous avons ainsi parachevé le disque ensemble, au studio. Quelque part c’est aussi assez flatteur de pouvoir bénéficier du concours de telles pointures qui bossent pour des artistes célèbres. Et il est aussi gratifiant de voir de tels personnages être réceptifs à notre musique ; puis qui acceptent de travailler à des prix inférieurs à ceux exigés pour les stars renommées. Mais tout s’est déroulé de manière naturelle…

Et Linda Lewis ?

Pour Linda Lewis, le choix était plutôt marrant, car on avait décrété que si nous devions échanger un duo avec une chanteuse, nous opterions d’abord pour Minnie Riperton et puis Linda. Mais en même temps nous ne savions pas trop nous y prendre pour la contacter. Et puis, c’était un peu con-con de dire ‘on aimerait bien écrire des chansons pour toi ou alors que tu viennes chanter sur notre disque’. En fait, je l’ai rencontrée lors d’une émission de radio en Angleterre, à laquelle elle participait. Donc, j’arrive à l’entrée et je vois son nom sur le registre. Je demande donc à la standardiste si c’est bien la chanteuse Linda Lewis. Mais elle ne la connaissait pas du tout. Quand je suis entré dans le studio, j’ai vu une femme habillée en noir et coiffée d’une coupe afro. C’était bien elle. Lors de l’émission, je suis parvenu à l’impressionner, car je connaissais toute sa carrière. Après cet épisode, on a gardé le contact et on l’a appelé le moment venu. Et ça c’est génial aussi de pouvoir travailler en compagnie d’artistes dont tu apprécies la musique, dont tu es fan.

La mise en forme de votre nouvel album est hyper raffinée, une sensation accentuée par le falsetto des vocaux, un raffinement qui évoque, pour ma part, Todd Rundgren voire Scritti Politti. Qu’en penses-tu ?

Todd Rundgren forcément ; mais Scritti Politti, je connais très, très peu. Quand on a sorti notre premier album, beaucoup de gens nous parlaient de Prefab Sprout, Style Council ou d’autres groupes du style qu’on connaissait vaguement ; mais qui, au final, n’étaient pas du tout des influences pour nous. Mais je pense que par la suite on s’est inscrit dans une lignée de musiciens blancs jouant de la musique noire. Mon objectif n’est pas de parvenir à chanter comme Marvin Gaye, mais de communiquer une émotion. Par exemple, Todd Rundgren c’est vraiment quelqu’un dont on admire la démarche artistique, même s’il s’est parfois planté. Mais au moins, il a été jusqu’au bout de ses idées ! En ce qui concerne le son, tu le trouves très léché. Etonnant, parce que c’est l’album le plus brut qu’on ait enregistré. Il regorge de premières prises. De trouvailles que l’on a conservées. Mais effectivement, on est d’un naturel soigneux. Peut-être que pour le prochain, on effectuera des prises encore plus brutes. 

Pourquoi avoir intitulé l’album « Fosbury » ? Etes-vous devenus accros au saut en hauteur ? Ou alors avez-vous voulu vous servir d’une métaphore pour traduire le grand bond que vous tentez de réaliser dans l’évolution de votre musique ?

Nous aimons beaucoup le sport. Et on y a décelé cette portée métaphorique. En fait, nous avons choisi ce titre aussi à cause de son rôle d’outsider, qu’il incarnait à l’époque. Sa technique était unique. Tout le monde le montrait du doigt. Craignant même qu’il mette sa vie en danger. Qu’il se brise la nuque. Mais dans cette histoire, le plus intéressant, c’est qu’au départ, il n’était pas pris au sérieux, mais qu’au final, il a décroché la médaille d’or et récolté les acclamations. Ensuite, il s’est retiré de la compétition et s’est impliqué dans des mouvements pacifiques. En analysant un peu son parcours, on a voulu, en quelque sorte, défendre une ambition musicale. Essayer de convaincre les gens. Ne pas enregistrer le même disque que son voisin. Mélanger des genres qui ne sont pas, à premier abord, compatibles…  

Jeanne d’Arc a été brûlée à Rouen ; mais vous chantez quand même dans la langue de Shakespeare. N’avez-vous jamais entendu des voix s’élever pour que vous vous exprimiez dans celle de Molière ?

Un jour, nous participions à une émission sur France Inter. Nous nous produisions en showcase et une vieille dame réagit à l’issue de celui-ci en nous demandant pourquoi on ne chantait pas en français. Guy Carlier lui répond alors que les Zombies n’ont jamais chanté en français. Quand on se rend à l’étranger, il est courant de s’entendre dire que nous pratiquons une musique aux influences américaines et anglaises mais adaptée à la sauce française. Après, je pense que c’est le style qui dicte un peu la langue.

Votre reprise de « So You Want to Be a Rock 'n' Roll Star » des Byrds, vous la jouez encore en live ?

Non, plus aujourd’hui. Mais elle était plus Rock’n’Roll que Star… (rires) On y avait inclus un solo et un intermède psychédélique au beau milieu. Elle ne figure plus à notre répertoire depuis que nous disposons de suffisamment de morceaux personnels. C’est vrai qu’à une certaine époque on interprétait pas mal de reprises. Récemment on s’est quand même attaqué à l’une ou l’autre reprise et notamment une d’Epic Soundtracks.

Votre premier mini-album « Twenty Minutes » est sorti à 536 exemplaires ? Je suppose que vous en avez conservé quelques-uns dans un coffre fort…

J’en ai 3 chez moi. Non je ne dirais pas mon adresse je n’habite pas au ‘bip’. Et en plus on récupéré quelques exemplaires, parce qu’on en avait filé 10, à un copain, qui bossait à la Fnac de Nantes. Il n’en avait vendu que 6 du paquet. Je n’ai par contre pas récupéré l’argent, mais bien les 4 autres Eps en circulation.

Apparemment, vous n’aimez pas les groupes à guitares… Une raison ?

Non, non, j’aime bien les groupes à guitares. Mais c’est comme pour le saxo, je n’aime pas les solos. Ils ont salopé beaucoup de morceaux au cours des dernières années. Par contre, on a toujours détesté la noisy pop. Et un groupe comme My Bloody Valentine. Enfin, pas tout à fait celui-là, car au départ l’idée était intéressante, mais l’armée de suiveurs qui ont pris le train en marche n’a strictement rien apporté. Aujourd’hui, un autre courant refait surface, la ‘New Wave’… On nous a souvent taxés de revivalistes parce qu’on a composé un morceau qui rendait hommage à Ray Davies ; alors que cette démarche nous tenait à cœur. Lorsque certains artistes se mettent à piller les années 80, donc la ‘New Wave’, on n’entend pas beaucoup de voix s’élevant pour clamer que ce n’est pas nouveau ce qu’ils proposent. The Raptures, c’est quand même un bon groupe. Pourtant 20 ans auparavant des formations new-yorkaises pratiquaient déjà cette forme de ‘funk blanc’, mais ils y ont ajouté une voix qui chante comme ça ‘Hwuuuuuuu uuuuuuuh’. Finalement, c’est un peu la même technique que celle utilisée pour le cinéma. On reprend un concept intéressant, mais on le remet au goût du jour.

Phoenix, ce sont des potes à vous ?

On ne les connaît pas du tout. Et ce n’est pas bien. Mais je pense qu’ils ont la même attitude à notre égard. Mais le plus marrant, c’est que nous sommes souvent comparés. C’est sans doute parce que les deux groupes puisent leurs références aux mêmes sources américaines, tout en conservant cet esprit pop/rock français…

Tahiti 80

Wallpaper For The Soul

Avec " Puzzle " (trois ans déjà), les Français de Tahiti 80 avaient cassé la baraque au Japon : 120000 exemplaires vendus au Pays du Soleil Levant, et un n°1 au hit-parade : le single " Heartbeat ". Mieux que Deep Purple en son temps ! En France et chez nous, l'album passa davantage inaperçu : n'est pas qui veut prophète en son pays, dit le dicton… Ce " Wallpaper For The Soul " devrait réparer cette injustice, pour autant qu'on aime la pop sucrée et parfois lisse de ces quatre garçons dans le vent, qui connaissent par cœur le répertoire des Beach Boys, des Kinks et des Byrds. Avec un budget de 200000 euros, rien que ça, Tahiti 80 s'est donc lancé dans l'exercice délicat du second album : mieux produit et plus luxuriant que " Puzzle ", " Wallpaper For The Soul " nous donne ainsi à entendre quelques mélodies bien troussées, aidées en cela par une artillerie lourde (cuivres et flûtes chipés chez Love, pluie diluvienne de cordes à la David Whitaker, chœurs rappelant le Bohemian Rhapsody de Queen, etc.). De la soul millésimée (" 1000 Ways ", très Curtis Mayfield) à l'électro polie aux entournures (" Fun Fair "), " Wallpaper For The Soul " ravira tous les fans de ritournelles joliment orchestrées, ces " symphonies de poche " chères à Brian Wilson. En embauchant Richard Hewson, derrière les baguettes, un personnage notoire pour ses arrangements accomplis sur l'album " Let It Be " des Beatles, Tahiti 80 ne pouvait assurément pas se tromper… Et pourtant, c'est là que le bât blesse : à préférer la surenchère à la simplicité (ce qui plaisait dans " Puzzle "), les Français s'enlisent parfois dans un pompiérisme agaçant. " Wallpaper For The Soul " a beau être souvent épatant, il se révèle parfois indigeste. Une couche de papier peint en trop, voilà tout !