Un clip corrosif pour Ministry

Il va sans dire que Ministry n’a jamais été un grand fan de « Hair Mussolini », surtout maintenant qu’il bombarde le peuple américain presque quotidiennement avec des inepties générées par l’IA et destinées à se mettre en avant. Al Jourgensen et ses acolytes…

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The Delgados

Universal Audio

Écrit par
Ignorant le carrousel des modes, les in, les out, les revival et les has been, The Delgados trace sa route dans le grand paysage chahuté de la pop britannique. Le quatuor écossais fait office de valeur secrète et sûre pour tout qui est avide de mélodies travaillées mais simples, d’harmonies douces mais amères. S’il n’a jamais ni défrayé la chronique ni trusté les premières marches des podiums, le groupe de Glasgow n’en vaut pas moins le détour. Cet « Universal Audio » sera une agréable entrée en matière pour tout qui les découvrirait à l’occasion de ce déjà 5e opus. Et de succomber au charme des voix d’Emma Pollock (au touchant velours) et d’Alan Woodward (plus acerbe). Et de se laisser bercer par ces arrangements où les claviers et les cordes se relaient pour construire un petit univers salé/sucré. Car derrière ces chansons tout en subtilité se dessine une mélancolie nourrie de ruptures, de peurs et de doutes. Ce qui n’empêche pas de battre du pied notamment sur le catchy « Everybody come down », digne de feu The Primitives. Le nouveau maillot jaune de la pop anglaise, j’ai nommé The Delgados !

The Delgados

Hate

Écrit par

Après avoir commis trois elpees taillés dans le folk pop visionnaire, les Delgados ont été invités à réaliser la bande sonore d'un film documentaire consacré à l'œuvre de l'artiste iconoclaste Joe Coleman. Un travail, au départ, assez décousu, que Dave Fridman (Flaming Lips, Mercury Rev) est parvenu à refondre par une mise en forme splendide. Un mélange de beauté et de mélancolie qui s'est concrétisé sur l'album " The great eastern ". C'est dans le même esprit que le quatuor a décidé d'enregistrer " Hate ". Mais en faisant, tout d'abord, appel à l'ingénieur du son Tony Doogan, considéré aujourd'hui un peu comme le cinquième membre du groupe. Et pour mettre la touche finale, les bandes ont été judicieusement retouchées par… maître Fridman en personne ; qui en assure, en outre, la production. Résultat des courses, l'univers sonore imaginé par les Delgados, tout au long de " Hate ", n'a jamais été aussi proche de celui des Lips ou du Rev. L'instrumentation basique se fond ainsi à merveille dans les arrangements et les orchestrations de cordes, parfois enrichies de chœurs. Somptueuse, cinématique, la musique glisse comme une rivière qui charrie des sentiments de douleur, d'esthétisme et de mélancolie, des sentiments alimentés par les contes ténébreux et bouleversants d'Emma Pollock et d'Alun Woodward, des contes qu'ils chantent de leurs timbres tellement fragiles et vaporeux ! Un bien bel album !

 

The Delgados

Peloton

Laika, They Might Be Russians, Rollerskate Skinny, Throwing Muses et surtout Mercury Rev auraient influencé cet ensemble glasgowégien, que nous ne serions pas surpris. Le Velvet et les Pastels également. Mais là, c’est une évidence. Pourtant, chez les Delgados, il y a tellement de fraîcheur, qu’n’on a jamais l’impression de se farcir un recyclage. Que du contraire. Parce que leur musique recèle une foule de nuances subtiles et d’idées ambitieuses, aventureuses mêmes, susceptibles de sonder l’underground sans pour autant abandonner une piste mélodiquement pop, sûrement tracée. En intitulant son deuxième album " Peloton ", et en s’inspirant de Pedro Delgado, champion cycliste espagnol qui avait brillé au tour de France voici quelques années, pour choisir son patronyme, le groupe a peut-être encore l’intention de gagner quelques étapes. Mais revenons à leur dernier opus. Tantôt fragile, tantôt rebelle, souvent capricieux, il alterne climats atmosphériques, tantôt traversés d’une section à cordes, tantôt d’une flûte, enrichis par la conjugaison des vocaux moelleux d’Emma Pollock et d’Alun Woodward, et climats électriques bourdonnants, presque ‘mybloodyvalentinesques’, comme sur le superbe et sinusoïdal " Russia orthodox ". Remarquable !