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The Nighthawks

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Dans l’univers du blues, The Nighthawks est certainement l'une des plus anciennes formations qui fréquente encore le circuit des bars et des clubs. Du blues que le combo mêle au R&B, doo wop et rockabilly. La figure de proue est Mark Werner, membre fondateur qui drive le combo depuis 1972. Un chanteur/harmoniciste dont les bras sont intégralement tatoués. Sa réputation, le groupe de Washington DC l’a bâtie sur le duo Mark Werner/ Jimmy Thackery. Guitariste, ce dernier embrassera une carrière solo dès 1986. Par la suite, toute une série de gratteurs vont défiler : Jimmy Hall, Jimmy Nalls, Danny Morris, Pete Kanaras, … Depuis plus de dix ans, ce rôle est assuré par Paul Bell. Le line up est complété par le bassiste Johnny Castle et depuis 2010 du drummer Mark Stutso. Les quatre musicos participent aux vocaux !

Après 40 années d’existence, on se doute bien que la discographie du band est imposante. Leurs deux derniers opus remontent à 2010 et 2012. "Last train to Bluesville" est paru chez Rip Bang, et "Damn good time", sur Severn. Ce dernier essai est paru sur le label Ellersoul, un label très actif qui avait publié l’an dernier un superbe long playing de 4 Jacks, formation impliquant le gratteur texan Anson Funderburgh.

"Walk that walk" ouvre la plaque. Soutenu par les chœurs doo-wop de ses trois acolytes, Mark chante ce rockabilly. Wenner prouve qu'il n'a rien perdu de sa verve à l'harmonica, poussant ses notes dans leurs derniers retranchements. Imprimé sur un mid tempo, "Livin' the blues" est un blues buriné par la voix nasillarde et relativement usée du leader. Son message passe pourtant en puissance. Il souffle dans son harmo comme si ses jours étaient comptés! Il est vrai qu'il a été opéré à cœur ouvert en 2012. Débordant d’énergie, "444 A.M." nous replonge dans le rockabilly. Paul Bell joue en pickin' alors que Mark a déjà rechargé son instrument de poche! Une voix soul, chargée de passion (NDR : probablement celle de Mark Stutso), interprète "You're gone", un blues classique. Wenner a récupéré le micro pour attaquer l’excellent "Honky Tonk queen", une plage captivante qui évolue dans un registre honky tonk/country rock. Elle est même le théâtre d'une nouvelle sortie des solistes. Ludique, "Got a lot of lovin'" opère un retour au rock'n'roll. Les vocaux sont partagés tout au long du blues/soul "Crawfish". "High snakes" constitue la première accalmie de l’elpee ; une tendre et douce ballade fort bien ficelée, au cours de laquelle Paul Bell brille sur les cordes. "The price of love" est incontestablement une des meilleures plages du long playing, un R&B très participatif caractérisé par les interventions vigoureuses à l’harmo alors que Bell est passé à la guitare slide. Et "No secrets" adopte la même formule ! Stutso chante "Nothin' but the blues", un blues unplugged. Empreint de pudeur et de douceur, il est enrichi par la présence d’une slide aux interventions de toute beauté. La reprise du "Louisiana blues" de Muddy Waters préserve l’authenticité de la version originale. De bonne facture, cet elpee s’achève par "Roadside cross", une ballade folk roots qui met en exergue la mandoline du Japonais Akira Otsuka.

 

The Nighthawks

Last train to Bluesville

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Cette formation issue de Washington DC pratique le roots blues depuis ses débuts. Soit près de quarante ans ; c’est-à-dire en 1972, très exactement. Mark Wenner en est le fondateur. Un chanteur/harmoniciste dont le corps est couvert de tatouages. C’est également le leader du quartet. Un combo responsable d’un nouvel opus. Acoustique, il est consacré à des covers de compos notoires. Lors des sessions d’enregistrement, l’excellent chanteur/drummer Pete Ragusa était encore à son poste. Mais depuis, il a quitté le navire. Il a été remplacé par Mark Stutso, un musicien qui militait, il y a peu encore, au sein des Drivers de Jimmy Thackery (NDR : pour votre info, sachez qu’il était le premier guitariste des Nighthawks!) Mark est aujourd’hui soutenu par le guitariste Paul Bell et le bassiste Johnny Castle. Les sessions d’enregistrement se sont donc déroulées ‘live’ et sous un format acoustique, au sein des studios de la Radio Satellite Sirius XM, à Washington.

Le disque démarre très fort par une cover du "The chicken and the hawk" de Big Joe Turner. La section rythmique libère énormément de swing. Un swing entretenu par la contrebasse de Johnny et les balais de Pete (NDR : de véritables caresses !) Mais la singularité de cette œuvre procède du jeu quasi manouche de Bell sur ses cordes acoustiques. Mark souffle dans son harmonica Hohner. Il est au sommet de sa forme. Et on sent que les deux musiciens éprouvent beaucoup de plaisir à jouer ensemble. Le "Nineteen years old" de Muddy Waters épouse un même profil. Mark chante comme possédé. Et ses interventions vocales sont convaincantes. Paul injecte beaucoup de passion et d’émotion dans les sonorités de sa National steel resonator. L’adaptation unplugged d’"I'll go crazy" de James Brown est une belle réussite. Le combo au complet participe aux chœurs doowop. L'attaque opérée sur "You don't love me" est directe. Le souffle de Mark réservé à son harmo est clair et impeccable. Un véritable régal ! Un style qui colle indéniablement au swamp blues. Et le "Rainin' in my heart" de Slim Harpo, dont le climat nous pénètre insidieusement, en est une parfaite illustration. La complicité échangée entre Mark Wenner au chant et à l’harmonica ainsi que Paul Bell au bottleneck est propice à la mise en valeur de canons du blues ; et en particulier "Can't be satisfied" et "Rollin' & tumblin'". Et comme tout roule, les Nighthawks osent s’attaquer à du pur rock'n'roll. En l’occurrence au "Thirty days" de Chuck Berry. L’intro du "Mighty long time" de Sonny Boy Williamson est bouleversante. Les sonorités fragiles dispensées par l’harmonica sont balisées par les accès de contrebasse (NDR : imposante !), concédés par Mr Castle. La voix de Mark est empreinte de respect et de réserve. Les six cordes peuvent opérer leur entrée et repasser à l’avant-plan, lors de cette plage destinée aux souffleurs. On épinglera encore un autre hommage réservé au génial harmoniciste, Little Walter, lors d’une adaptation de son "High temperature", enrichie de chœurs doowop. Tous à Ecaussinnes!

 

The Nighthawks

Still wild

Écrit par

Malgré plus de 25 années passées sur les routes du blues et du rock’n roll, les Nighthawks de Washington D.C ont toujours bon pied bon œil. Super tatoo Mark Wenner n’a pas changé.

Il démarre en rocker en se servant de sa voix si ravagée pour le "Tiger in your tank" de Willie Dixon. Pete Kanaras donne à sa guitare des accents surf pour introduire "The wild one", titre pour la route aux réverbérations métalliques. Les Nighthawks possèdent plusieurs faire-valoir, lorsque l’ambiance se fait soul. La voix riche et suave du batteur Pete Ragusa fait son apparition, un chant taillé pour les ballades et le R&B. A souligner les excellents "Jump into my fire" et "That’s the way love is" (proche du "Heard it through the grapevine" de Marvin Gaye). Mais si la voix de Pete possède manifestement plus de relief, celle de Mark est bien la plus sale, un mauvais genre qui plane en permanence ; et Mark, même usé, parvient encore à faire baver instinctivement son harmonica hargneux, teigneux même, sur "Read way back" (de Muddy Waters) et "I don’t play" (de Dixon). Toujours dans son style mauvais garçon, il reprend deux titres qui remontent à son 1er album solo, "Guard my heart" et le traditionnel "Washed my hands". Wenner adore souffler dans les aigus, à la manière de Jimmy Reed. Il le démontre ici sur "Illustrated man", composé par l’homme de Nashville, Fred James. Ne pas oublier le bassiste, un grand blond vêtu de noir : Jan Zukowski. Ce n’est sans doute pas leur meilleur album, mais les Nighthawks restent un groupe pour la route.